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Petites histoires du Verdon

L'oppidum de Buffe-Arnaud à Saint-Martin-de-Brômes

A la fin du IIe âge de Fer, l’arrière-pays marseillais est dominé par les tribus celto-ligures de la confédération Salyenne. Lors de cette période, on constate la multiplication des habitats fortifiés connus dès le début de l’âge de Fer (dès le début de l'âge oppidums). Cette abondance est sans doute  due au climat général de troubles, notamment à l'encontre des Massaliotes avec qui les populations entretiennent des relations commerciales parfois tendues. En 124 avant JC après plusieurs expéditions militaires, à l’appel de ceux-ci, les Romains décident de mettre fin au problème Salyen et s'emparent de leurs principales fortes avant de s'installer définitivement en Provence. C'est sans doute au cours de cette campagne que l'oppidum de Buffe- Arnaud est détruit. Situé au confluent du Verdon et du Colostre, sur le territoire de la tribu des Reii, le site de Buffe-Arnaud est occupé dès le VIe s. av J.C., puis, après une phase d'abandon, est réoccupé à partir de la fin du IIIe s. av J.C. Durant cette deuxième phase d'occupation, il s'agit d'un village fortifié de 5 000 m² environ, protégé par un rempart renforcé d'au moins deux tours dont une tour-porte exceptionnelle rappelant l'architecture militaire grecque. Dans le secteur de cette porte ont été retrouvés des fragments de deux crânes humains qui étaient sans doute "exposés" dans le passage couvert et que l'on peut lier à la pratique du "culte des têtes coupées'', La présence de traits de catapultes romaines et les traces d'incendies attestent de la bataille qui a sans doute été livrée contre les troupes de Caïus Sextius Calvinus et de son issue fatale.

Napoléon 2, le retour...

Le 1 mars 1815, Napoléon Bonaparte, échappé de l'île d'Elbe, débarque à Golfe-Juan avec quelques fidèles, bien décidé à reprendre le pouvoir. Pour cela, il lui faut rejoindre Paris en traversant la Basse Provence et la vallée du Rhône ou l'on ne lui est guère favorable. L'empereur décide plutôt d'emprunter l'arrière-pays et les montagnes alpines jusqu’à Grenoble, suivant une route qu'il avait ordonné de construire quelques années auparavant. Mais, fâcheuse surprise, Napoléon découvre que la route n'a jamais été réalisée et c'est donc par de mauvais sentiers et des chemins muletiers enneigés qu'il se met en marche. Deux jours plus tard, il entre dans Castellane où on lui réserve un accueil tiède. Une plaque commémorative rappelle cependant qu'il déjeuna à l'ancienne sous-préfecture, rue Nationale, avant de gagner Barrême, puis Digne et Malijai le lendemain. C'est un siècle plus tard que l'on nommera "Route Napoléon "la RN 85, qui n'existait pas au temps de l'Empereur. Mais l'itinéraire véritable, à travers les cols de montagne, est plus difficile à suivre.
Il est balisé "Voie Impériale ".

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1851: Les Varois défendent la République

Le 2 décembre 1851, Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, dissout l'Assemblée législative de la Seconde République pour restaurer l'Empire. Si à Paris et dans les grandes villes du pays, ce Coup d'Etat est rapidement accepté et les rebellions maîtrisées, de nombreux bourgs et villages s'insurgent tout particulièrement dans les départements du Var et des Basses-Alpes. De La Garde-Freinet à Digne, des hommes attachés aux valeurs de la République, la « Bono » s'organisent et prennent les armes en quelques jours, décidés à marcher vers les Préfectures ou les centres du nouveau pouvoir. Dans les cantons « rouges » de Moustiers, Riez, Valensole on se met en marche vers Digne. A Baudinard, Montmeyan ou Artignosc on s'organise pour se diriger en colonne vers Aups. Aux Mées et à Aups  la révolte populaire sera durement réprimée par le pouvoir central. Et dans les mois qui suivirent les Insurgés furent traqués et impitoyablement jugés. Plus de deux mille interpellations dans le Var et plusieurs centaines de déportés, principalement en Algérie. La Troisième République réhabilitera ces femmes et ces hommes. 1851 reste une date importante de l’histoire des villages varois, oubliée des livres d'histoire. Souvent, les mots de Liberté et d’Égalité peints au porche des églises, comme à Aups ou une Marianne de bronze sur la place du village comme à Artignosc rappellent l’attachement ancestral des Varois et des Bas-Alpins aux valeurs de la République.

Les villages de l’Artuby

A l’écart des grands flux et doté de ressources essentiellement vivrières (malgré ses forêts surexploitées dès le XVIIIe siècle), le canton de l'Artuby présente un maillage serré de petits villages et de nombreux hameaux, séparés les uns des autres de quelques kilomètres seulement.
L’implantation des hommes s'est faite à l'image de la région, mosaïque de petites plaines, de vallons, de montagnes et de collines qui cloisonnent l'espace sans jamais le fermer. Au milieu d'un territoire essentiellement boisé, chacun de ces villages et de ces hameaux s'est campé sur une hauteur ou un promontoire, face à sa vallée ou au "plan cultivable. "
A l’échelle individuelle, de nombreuses fermes reproduisent cette implantation. Au bord d'un replat défriché et mis en culture, les bâtiments s'adossent aux collines et tournent leurs fenêtres vers le sud. Ce sont généralement de longues constructions à un étage et plusieurs fois agrandies. Les toits de tuiles à une seule pente accompagnent le dénivelé et le ruissellement de l'eau de pluie. Au rez-de-chaussée se trouvent les granges et les bergeries. A l'étage se tenait la famille. Chacune de ces fermes, isolée, commandant un micro-territoire bien individualisé offre l’image de la tranquillité.  Avec l'exode rural, nombreuses sont celles qui été laissées à l’abandon mais une certaine reconnaissance de leur valeur se développe. Les itinéraires de l'Artuby croisent nombre de ces habitations.

La résistance dans les Basses-Alpes  

Sur la chapelle de La Melle, une plaque commémorative rappelle l'histoire douloureuse du village. Lorsqu'en novembre 1942, bafouant ses engagements, l'armée allemande décide d'envahir la zone dite libre, des mouvements clandestins de résistance se mettent rapidement en place dans tout le sud du pays. Entre Castellane et Digne, sur la route Napoléon, les conditions sont idéales pour l'établissement d'un " maquis ". Les hautes montagnes, les reliefs difficiles que les forces allemandes connaissaient mal, offrent aux jeunes hommes des Mouvements Unis de Résistance, la possibilité de se cacher et de s'entraîner tout en surveillant la vallée de l'Asse. Les petits groupes, faiblement armés, tentaient dans des conditions difficiles de mettre des bâtons dans les roues des chars des envahisseurs. Il fallait souvent changer de camp. La ferme de la Haute-Melle servit ainsi de base pendant un temps. L'entraînement et les conditions de vie étaient difficiles et les opérations dangereuses. Si l'on pouvait compter sur le réseau et les amis restés au village, il fallait aussi affronter la délation et les représailles. A Saint-Julien-du-Verdon en juin 1944, 11 jeunes résistants dont 4 lycéens âgés de 17 ans furent froidement abattus. Le village de Brandis parmi d'autres (Costevieille) fut incendié. Sur de nombreuses routes et chemins des environs, une croix de Lorraine et quelques noms chantent la mémoire de ceux qui ont risqué leur vie, et parfois l'ont perdue pour libérer la région!

Le petit bison de Ségriès

Seule trace d'art pariétal paléolithique en Haute-Provence, le bison gravé de Ségriès fut découvert fortuitement en 1963 dans un petit abri sous roche qui était encore occupé aux périodes historiques (traces d'aménagements à l'intérieur). Cette découverte fut l'objet de vives polémiques dans les années soixante. En effet, à cette époque, l'art paléolithique était inconnu à l'est du Rhône, et ce bison fut considéré comme un faux. Aujourd’hui, à la lumière des découvertes réalisées en Italie et à la grotte Cosquer, les archéologues peuvent affirmer que ce petit bison fut réellement gravé par un homme du paléolithique supérieur il y a environ 15 000 ans. Mesurant 29 cm de long sur 19 cm de haut, il présente à la fois des caractéristiques de l'art pariétal figuratif franco-cantabrique (sud-ouest de la France et Espagne) que l'on peut admirer à Lascaux, Niaux ou Altamira entre autres, et des caractéristiques de l'art pariétal des régions méditerranéennes (absence de sabots et rigidité des membres). À 60 cm environ en arrière du bison, se trouve un triangle isocèle qui pourrait, lui, être contemporain. Malheureusement, l'original a été détruit par suite d'un acte de vandalisme.

Gaspard de la Meije

Lieu de peurs et de superstitions depuis l'Antiquité, la haute montagne était, jusqu'au XVIIe siècle, quasiment vierge de tout contact avec la civilisation, sauf au passage des cols qui, de tout temps, avaient été franchis par les hommes des deux versants alpins. Les mouvements d'idées du siècle des Lumières puis de la période romantique modifièrent peu à peu l'image de la montagne et contribuèrent, dès la fin du XVIIIe siècle, à développer un engouement croissant pour l'alpinisme. Vers 1870, alors que les plus grands sommets des Alpes avaient été conquis, la Meije (3 983 mètres) restait invaincue. Whymper, vainqueur du Cervin, la jugeait « protégée contre toute tentative d'escalade ». C'est alors qu'un guide local, Pierre Gaspard, tente, à quarante-trois ans, l'ascension pour accompagner le jeune Boileau de Castelnau. Gaspard est une forte personnalité, un homme instruit, aux idées généreuses. Le 16 août 1877, parvenu au pied de la muraille, il juge lui aussi l'escalade impossible ; son client persiste, et pour ne pas le laisser « se casser la tête seul », il s'élance et parvient au sommet par la face nord, au bout de dix-sept heures d'effort. «Ce ne sont pas des guides étrangers qui arriveront les premiers », s'écrie-t-il, triomphant. Les alpinistes célèbres étant alors suisses, anglais, ou américains — tel Coolidge, grand vainqueur des sommets de l'Oisans. Gaspard escalada cinquante fois la Meije, réussit vingt-trois premières ; à près de quatre-vingts ans, devenu l'ancêtre d'une véritable dynastie de guides, il conduisait encore des cordées sur les cimes de l'Oisans.

Histoire du protestantisme gapençais

Elle est liée à celle de Guillaume Farel, né à Gap en 1489, d'une influente famille de notables. Destiné au sacerdoce, il intégra, dès le début de ses études à Paris, le cercle de Meaux réuni autour de Lefèvre d'Étaples. Ce cercle, première expression de l'esprit de la Réforme, prônait une référence constante à l'Évangile et à ses valeurs. Rapidement Farel devint un adepte de la Réforme et commença à prêcher dans sa ville natale, dès 1522. L'année suivante, il devait s'exiler à Bâle. En 1530, à Neuchâtel, il se livra à une véritable guerre iconoclaste. Appelé par des disciples de plus en plus nombreux et influents, il rentra à Gap, en 1561, et parvint, sans violence, à y faire accepter le culte réformé, qui fit, dès lors, de grands progrès au sein de la bourgeoisie.

Les Vaudois, pauvres du Christ

Vers 1173, un riche marchand de Lyon, Valdès, abandonne ses biens pour vivre dans la pauvreté. Il se fait traduire en provençal les Évangiles et des textes des Pères de l'Église. Se considérant comme l'héritier des apôtres, Valdès mène une vie de prédicateur errant, vivant d'aumônes. Il rassemble, autour de lui, une fraternité d'hommes et de femmes, les pauvres de Lyon ou pauvres du Christ. Ceux-ci prêchent, citent les Évangiles, appellent à la pénitence. Ils refusent mensonge et serment, condamnent la violence, rejettent certaines pratiques de l'Église catholique, telles que les prières pour les morts, la vénération des saints et l'idée du purgatoire. La cène se célèbre une fois l'an — le jeudi saint — sous les espèces du pain, du vin et du poisson. Les pauvres de Lyon entrent en conflit avec l'Église. La prédication, réservée aux clercs, pose problème. Jean Bellesmains, archevêque de Lyon, veut la leur interdire. Valdès et ses disciples se refusent à y renoncer. Excommuniés et bannis du diocèse de Lyon en 1181, les vaudois se rendent en Bourgogne, Bresse, Provence, Languedoc, Aragon et Lombardie. Ils sont anathématisés, en tant que schismatiques, par le pape Lucius III lors du concile de Vérone de 1184. En Languedoc, au début du XIIIe siècle, les vaudois côtoient les cathares. Certains, tel Durand de Huesca, se réconcilient avec l'Église. Les autres, jugés hérétiques, subissent le sort des Bons Chrétiens. Quatre-vingts vaudois sont brûlés vifs à Strasbourg, en 1211, comme ces sept autres capturés, en 1214, près de Najac. Condamnés lors du concile de Latran de 1215, les vaudois sont poursuivis par l'Inquisition, créée en 1233. Beaucoup se réfugient en Piémont et dans les Alpes. Dans la vallée de la Vallouise, à la fin du XVe siècle, ils sont pourchasses par l'inquisiteur Albert de Catane ; certains: réunis à Dormillouse, le Montségur du Pauvre, se font exterminer. Nombre de ces vaudois émigrent alors en Lubéron. En 1532, au synode de Chanforan, les vaudois s'affilient à la Réforme. Ils sont encore persécutés dans le Lubéron, au XVIe siècle, et en Piémont, aux XVIe et XVIIe siècles. De nos jours, il y a, dans le monde, environ vingt-cinq mille vaudois vivant surtout en Amérique latine et en Italie, et dirigés par la Tavola, groupe de sept personnes, élu chaque année par le synode de Torre Pellice en Piémont, le siège de leur Église.

Vauban, architecte de génie et penseur novateur

A la fin du XVIIe siècle, une partie de l'Europe se coalise contre la politique territoriale de Louis XIV ; après les sanglantes incursions des troupes du duc de Savoie qui mettent à sac plusieurs villes de l’Embrunais et du Gapençais, Loue XIV envoie Vauban inspecter cette zone frontalière du Sud-est, qu'il pensait naturellement défendue par la barrière des Alpes.
Sébastien Le Preste de Vauban (par ajout a son patronyme du nom de son fief familial de l'Yonne) est, depuis 1687, commissaire général des fortifications ; âgé de soixante ans (il est né en 1633), il a acquis une grande expérience sur le terrain de la frontière du Nord-est, et établi pour la défense de ces points stratégiques des principes nouveaux qu'il saura admirablement adapter aux contraintes des régions montagneuses. Du nord au sud, il fait édifier ou remanier une douzaine de places fortes, dont Briançon, Mont-Dauphin, Château-Queyras, Seyne-les-Alpes, Colmars et Entrevaux.
De fait, aucun de ces puissants ouvrages militaires ne servira, d'autant qu'en 1713, le traité d'Utrecht redonnera à la France la région de l'Ubaye. De Vauban l'histoire a surtout retenu l'image d'un génial architecte militaire double d'un grand urbaniste  (on lui doit la construction de près de quarante places fortes et l'amélioration de plus de trois cents forteresses) et d'un homme de guerre. Mais Vauban, bien davantage qu'un « technicien », est avant tout un grand homme d'Etat dont l’idéal est de servir le roi en renforçant son royaume
C'est à lui que l'on doit le dessin actuel des frontières de la France, à quelques retouches près. Partant du constat, somme toute assez simple, de l'impossibilité de défendre une frontière où « places amies et ennemies » sont « pèle mêlées », Vauban conseille au roi de songer à faire son pré carré en procédant à une sorte de remembrement avant la lettre, « par traité ou par une bonne guerre ».
Il prône une véritable politique d'aménagement du territoire, dans laquelle l'amélioration des conditions de vie des habitants est gage d'une amélioration de la prospérité nationale, et par la même, d'un renforcement du pouvoir royal. Celle conviction va l'amener à s'intéresser à des domaines extrêmement variés. Il fait procéder à des enquêtes géographiques s'appuyant sur la cartographie, et des dénombrements de population qui en font un des précurseurs de la statistique moderne.
Se fondant sur ces analyses, il prône tout un ensemble de mesures qui rendront le royaume plus riche en améliorant le niveau de vie des paysans. Parmi les textes de ces propositions, publiés en douze tomes sous le titre de « Oisivetés », on trouve un « Traité de la culture des forêts », un « Traité de la cochonnerie » ou calcul estimatif pour connaître jusqu'où peut aller la production d'une truie pendant dix années, dans lequel il échafaude une croissance exponentielle de l'élevage des porcs, ou encore un « Mémoire pour la navigation des rivières », projet de réseau de voies navigables, destiné à favoriser communications et échanges. Ses nombreux déplacements dans les régions françaises lui autorisent des opinions parfois risquées sur certaines questions politiques : ainsi, pour éviter la fuite de nombreux protestants vers les pays voisins et désamorcer un problème intérieur avec les « nouveaux convertis », il conseille au roi une « réhabilitation » de l'édit de Nantes (Mémoire pour le rappel des Huguenots, 1689 et 1692). Enfin, à la fin de sa vie, en 1707, Vauban publie un important ouvrage d'économie politique : « Projet d'une dixme royale ». Il y développe un projet d'impôt très innovant ; plus égalitaire, ce système protège les pauvres tout en enrichissant le royaume. Publié sans autorisation, l'ouvrage dérange, car il menace les vieux impôts nés de l'usage; il est interdit et les exemplaires publiés condamnés à la destruction.
Très peu de temps après cette affaire, Vauban mourra d'une congestion pulmonaire, le 30 mars 1707. Il aura certes été le plus grand stratège de son époque, mais aussi un personnage curieux de tout, un travailleur forcené à la pensée libre et originale, et à beaucoup d'égards un précurseur, voire un visionnaire.

République des Escartons

En route pour la Gaule, César dut pactiser avec Donnus qui contrôlait les tribus du Briançonnais, de part et d'autre de la ligne des cols. Cottius, fils de Donnus, fit alliance avec Auguste mais conserva une réelle autonomie à son territoire qui devint la province des Alpes Cottiennes. L'administration des hautes vallées centrées sur Briançon fut confiée au préfet Bussulus. Après les invasions barbares, les communautés de ces vallées retrouvèrent leur cohésion. En 1343, fort de la charte de franchise que leur avait accordée le comte Humbert II avant de vendre le Dauphiné au futur Charles V de France qui les leur confirma, ces communautés rachetèrent les charges féodales pour constituer un espace démocratique, la république des Escortons. Cinq escortons (d’escartonare : répartir) la constituaient : de Briançon, du Queyras, d'Oulx, du Pragela et de Château-Dauphin, ces trois derniers faisant partie, aujourd'hui, du Piémont. Un escarton, préfiguration du syndicat intercommunal, regroupait les communautés d'une vallée, qui, ainsi, pouvaient répartir, entre elles, les charges et missions que chacune d'elle, prise individuellement, ne pouvait assumer. Chaque commune élisait son représentant à l'assemblée de l'Escarton ; chaque Escarton désignait ses élus pour les réunions de l'Escarton général, à Briançon. En 1713, le traité d'Utrecht porta un rude coup à la petite république, séparant les vallées françaises de celles du Piémont italien ; les habitants de ces vallées cédées regrettèrent longtemps leurs privilèges et gardèrent de fortes attaches avec le versant français (l'italien n'y fut enseigne qu'après 1880). La Révolution porta le coup de grâce à cette république qui avait duré près de cinq siècles.

Cyclisme

AIbert Londres les avait appelés « les forçats de la route ». C'est vrai qu'ils doivent beaucoup souffrir les coureurs, pour les franchir ces cols mythiques du Tour de France que sont l'Aubisque et le Tourmalet dans les Pyrénées, le Galibier et l'Izoard dans les Alpes. Mais les lacets de Brunissard et les pentes de la Casse Déserte ont aussi permis à Coppi et à Bobet d'écrire quelques-unes des plus belles pages de la légende de la Grande Boucle. Pendant que d'autres nourrissaient cette terre aride de leur sueur, de leur sang et, pour certains, de leurs larmes, Fausto et Louison y plantaient les fleurs étincelantes de la gerbe du vainqueur. « Le col tue lentement... », écrivait Antoine Blondin, mais celui de l'Izoard a placé, et à jamais, ces deux champions d'exception au Panthéon du cyclisme.

Le roi des montagnes

Aux environs du village du Glaizil, un château n'en finit pas de perdre ses pierres et s'enfonce chaque année un peu plus dans les ronciers. C'est le château de François de Bonne, le célèbre duc de Lesdiguières. Né à Saint-Bonnet, en 1543, descendant d'une ancienne famille mais modeste, il révèle rapidement ses qualités d'homme de guerre et, ardent partisan de la Réforme, devient, en 1577, chef des protestants du Dauphiné. Il se rend à Paris pour le mariage du futur Henri IV avec Marguerite de Valois, et n'échappe que par miracle au massacre de la Saint-Barthélemy. Il est nommé, par le roi, lieutenant général des armées de Piémont, de Savoie et de Dauphiné, puis, en 1591, gouverneur du Dauphiné, et remporte plusieurs batailles contre le duc de Savoie. Devenu maréchal de France en 1608, Lesdiguières s'efforce de réparer les méfaits des guerres passées et de faire vivre protestants et catholiques en bonne intelligence. Influencé par François de Sales, il renonce à ses idées calvinistes. Il meurt en 1626 après avoir accédé à la dignité de connétable de France, en 1622, dont il sera le dernier titulaire.

Cluny, Maïeul et la Provence

En septembre 909 ou 910, le duc d'Aquitaine Guillaume le Pieux fonde l'abbaye bénédictine de Cluny, en Mâconnais. Placée sous la protection directe du Saint-Siège, soustraite à toute tutelle laïque, elle devient à partir de 931 un grand foyer de réformation grâce au privilège que lui accorde le pape Jean XI, lui permettant d'accueillir en son sein tout moine souhaitant améliorer sa vie religieuse. Importance de la prière dans l'emploi du temps du moine, dévotion à la Vierge, pratique de la charité envers les pauvres, sont autant de spécificités du monachisme clunisien. À partir de l'abbatiat d'Odilon (994-1049), instaurateur, aux abords du premier millénaire, de la fête des morts, le 2 novembre, Cluny devient en outre la spécialiste du culte des défunts. Amis des papes, mais aussi des empereurs et des rois, ses premiers abbés jouent un rôle primordial dans la chrétienté médiévale : ils apportent leur soutien à la paix et à la Trêve de Dieu, travaillent à la diffusion de la Réforme grégorienne et à la résolution de la querelle des Investitures... L'abbaye de Cluny elle-même, où des reliques des saints Pierre et Paul sont déposées en 981, apparaît comme une petite Rome à ses contemporains, qui s'y rendent en pèlerinage ad limina apostolorum. Pour les accueillir, l'abbé Hugues de Semur (1049-1109) lance le chantier, en 1088, de l'abbatiale de Cluny III : plus grande église de la chrétienté jusqu'à la construction de Saint-Pierre de Rome, au XVIe siècle, elle est consacrée en 1095 par le pape Urbain II, ancien grand prieur de Cluny. C'est sous l'abbatiat d'Odilon, à partir de 998, que prend corps l'Ecclesia cluniacensis, vaste réseau d'abbayes et de prieurés dépendants de Cluny et de son abbé. Le nombre de ces dépendances dépasse le millier au XIIe siècle. Elles sont établies aux quatre coins de l'Europe en France bien sûr, avec les abbayes de Moissac, Vézelay, ou Saint-Gilles du Gard, avec les prieurés de Paray-le-Monial, de Souvigny et de La Charité-sur-Loire, mais aussi en Suisse, à Payerne ou Romainmôtier, en Italie avec Polirone, en Esapgne avec Nájera ou Carrión de los Condes, en Angleterre avec Lewes… Les clunisiens sont en outre particulièrement implantés en Provence. Dès 948 ils se sont établis dans le comté d’Uzès, grâce à la donation par l’archevêque Géraud de Narbonne, de Saint-Saturnin-du-Port, siège futur d'un grand prieuré, à l'origine de l'agglomération de Pont-Saint-Esprit.

Maïeul (954-994)

Sous l'abbatial de Maïeul (954-994), le , premier « grand abbé » de Cluny, la présence clunisienne en Provence se confirme. En effet, Maïeul, né vers 910, est d'origine provençale : son père, Fouquier, possessionné à Valensole, a dû quitter ses terres dans un contexte de lutte entre les grandes familles locales. Il a gagné le Mâconnais avec sa famille dans les années 916-918, peut être à la suite de déprédations commises sur ses terres par les pirates Sarrasins basés dans la région de La Garde-Freinet depuis la fin du IXe siècle. Or, devenu abbé de Cluny, Maïeul (à qui Jean, future évêque de Sisteron fait don du monastère de Gonagobie en 964 et qui reçoit celui de Saint-Armand, dans le comté de Saint-Paul-Trois-Châteaux, dès 958) est capturé en 972, au retour d'un séjour en Italie, a Orsières, une cluse des Alpes, probablement dans le Valais, par les sarrasins du massif des Maures. Il est libéré peu de temps après contre rançon, mais sa capture déclenche la « guerre de libération » menée au nom de l’abbé de Cluny par les comtes Guillaume II et Roubaud, qui mettent définitivement fin à la présence des Sarrasins en Provence orientale. Cette guerre de reconquête favorise le développement du réseau monastique de Cluny en Provence : dans les années 990, le comte Guillaume restitue à Maïeul la moitié de la villa de Valensole, jadis possession de son père Fouquier, où un prieuré est fondé après 993. Puis, peu avant sa mort en 993, il cède à l'abbaye bourguignonne sa villa de Sarrians. Entre 994 et 998, Roubaud, le frère de Guillaume, fonde le prieuré de Piolenc. En 988, les clunisiens s'implantent à Saint-André de Rosons... Maïeul reçoit également des biens à Condorcet, Rioms, Allex, Rompon. Le développement du réseau de Cluny en Provence se poursuivra après 994, date de la mort de Maïeul, qui sera rapidement canonisé : sous l'abbatiat les clunisiens s'implantent à Saint-Pantaléon, et dès avant 998, le prieuré de Saint-Saturnin-du-Port fonde des dépendances à Tulette et Colonzelle.

Le poète de Canteperdrix

 S'il n'est pas né « au pied d'un figuier » comme son héros Jean des Figues, Paul Arène est un pur Sisteronais, fidèle à sa ville et à la belle Naïs qui l'a dédaigné. « J'ai ri, j'ai chanté, mais mon cœur a toujours pleuré », dit-il. À Paris, il fréquente Frédéric Mistral et Roumanille. Alphonse Daudet devient son meilleur ami. Il collabore aux Lettres de mon moulin, il en écrit lui-même quelques contes, murmure-t-on. À vingt-deux ans, en 1865, il écrit une pièce jouée à l'Odéon, puis une succession de romans et de contes, « des contes en forme de romans tant ils sont denses, des romans en forme de contes tant ils sont condensés », écrit Marie Mouron. Il meurt en 1896, après avoir écrit lui-même son épitaphe : « Je m'en vais l'âme ravie d'avoir rêvé ma vie ».
De « Colline », son premier livre, paru en 1929, jusqu'à « l'Iris de Suse » publié en 1970, peu avant sa mort, Giono reste un prodigieux conteur. Ses romans (une trentaine) ainsi que ses récits et chroniques, évoquent, presque tous, sa terre natale et le caractère pittoresque, parfois tragique mais toujours généreux de ses habitants. « Ils sont ce que les ont faits les quatre éléments sur ce point précis du globe » où « le tissu de la terre, le comportement des eaux, les gestes du vent, l'attitude de la lumière ne portent pas à l'avarice ». Né en 1895, à Manosque, il y est mort sans l'avoir vraiment quittée, sauf pour des périodes de vacances en Bochaine ou en Trièves et quelques voyages, en Italie et en Écosse. Dans Jean le Bleu, il raconte avec amour son enfance, sans heurts, entre un père cordonnier, athée, et une mère repasseuse, catholique pratiquante. Dans l'échoppe paternelle, il se plaisait d’écouter les récits de son grand-père, carbonaro piémontais ; il en gardera un esprit assoiffé de liberté, des idées pacifistes, quelquefois anarchistes. De 1935 à 1939, il tente de fonder, avec des amis, une communauté sur le plateau du Contadour, dont l’idéal est décrit dans « Que ma joie demeure ». En 1934, il avait publié « Le grand troupeau », où il dit toute son horreur pour la guerre à laquelle il avait dû participer dans sa jeunesse ; il est d'ailleurs incarcéré quelques mois pour ses opinions en 1940 à Marseille. Après la deuxième guerre mondiale, le caractère de ses œuvres a changé. Autrefois très lyriques et animées d'un souffle épique  (Regain, Batailles dans la Montagne, Le chant du monde) elles sont plus réalistes et dépouillées comme Angelo, Le hussard sur le toit, Le bonheur fou. Mais toutes gardent l'empreinte de cette Provence qu'il a tant aimée.

La cité de Dieu

L`inscription du défilé de Pierre-Écrite cite un lieu, Théopolis, vers lequel le préfet des Gaules, Dardanus, fit construire une route « en faisant tailler des deux côtés les flancs de ces montagnes ». Dardanus, converti au christianisme au début du Ve siècle, échangeait une correspondance avec Saint Augustin ; a-t-il tenté de matérialiser la mystique « cité des âmes » du saint, en fondant une communauté de laïcs dans cette région retirée du monde ? Le texte précise que Théopolis était entourée de fortifications. Faute de vestiges, certains la situent près de la crypte de Dromon, d'autres, au hameau de Chardavon où est attestée, au IXe siècle, la présence d'une petite communauté monastique suivant la règle de saint Augustin. Les archéologues ont fouillé en vain, et cherchent encore...

Saint-Pancrace - Digne
Digne
Vallée de la Bléone - Digne
Digne
Provence

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