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Flore dans le Verdon

Iris pseudacore

Ce grand iris jaune, fréquent au bord du Verdon où il fleurit aux mois d’avril et mai, nous est également familier pour son omniprésence sur les armes des rois de France, mais alors sous le nom de fleur de lys. Selon la légende, lors d’une bataille mal engagée contre les Goths, Clovis ne dut son salut qu’à la fuite, traversant une rivière sur un tapis de fleur jaune, notre iris. Clovis l’adopte alors comme emblème, qui sera repris sur les blasons des rois de France lui conférant le statut de fleur de « Louis », qu’une déformation au fil du temps transformera en « fleur de lys »

Lys Martagon

Hôte rare des sous-bois montagnards, sa floraison spectaculaire, de fin juin à mi-juillet, le rend cependant "inratable" par ses grandes fleurs roses ponctuées de brun aux pétales enroulés en dehors. Nommé "racine d'Or" par les alchimistes, il était utilisé dans la double quête (hélas! toutes deux vaines) de l'élixir de longue vie et de la pierre philosophale qui étaient l'objet même de cet art chimérique. Martagon serait ailleurs une référence à la planète Mars, l'astronomie étant une composante importante dans les recherches des alchimistes.

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Amandes et amandiers

Pendant longtemps l'amande fut à la base d'une intense activité économique sur tout le plateau de Valensole, où la présence d'amandiers est mentionnée dès le XVIe siècle. Mais l'arbre dut être introduit bien avant car ce sont les Romains qui sélectionnèrent les amandiers doux, dont les fruits sont utilisés en cuisine. Au me siècle, la région fournit plus du tiers de la production nationale. L "amandiculture" générait alors toute une organisation sociale et un savoir spécifique. On distinguait différentes variétés, choisies pour la qualité de leurs amandes et la dureté de leur coque: tendre, demi-dure ou dure... Chacune avait ses qualités et ses défauts, un coût et une utilisation. La Princesse, amande "fine", était la plus répandue autour de Valensole; Riez donna son nom à une variété "la demi-tendre de Riez". De l'avis de tous, la Fourcouronne, amande à coque dure, était la meilleure pour le nougat, l'un des desserts de Noël. Ces amandes étaient surtout vendues aux négociants et aux confiseurs d'Aix pour la fabrication du célèbre calisson, lors de grandes foires, dont la plus renommée était celle de Valensole, à la Sainte-Catherine (25 novembre). Traditionnellement ce jour-là, toutes les amandes laissées à terre dans les champs pouvaient être glanées librement On y envoyait parfois les enfants. Mais l'événement était ailleurs: à la foire, où les amandes, mondées, fruits d'une saison de travail, étaient apportées en sac de plusieurs kilos. Mais avant cette ultime étape, il avait fallu gauler, ramasser, ôter l'enveloppe (dégover), laisser sécher et surtout casser la coque de plusieurs centaines de milliers d'amandes. Le dégovage se faisait fréquemment en famille, le soir, et constituait un revenu familial non négligeable. Le cassage, ensuite, était réalisé dans un grand bâtiment (le cassoir*) pour le compte des négociants et des courtiers, ou des plus gros propriétaires de la région. Au cassoir, malgré la cadence rapide et le bruit du cassage, l'ambiance était conviviale.., et chaude, car les coques d'amandes débarrassées de leur "noyau" servaient à chauffer le bâtiment.

L'Olivier

L'arbre légendaire du monde méditerranéen symbole de paix, de force et d'éternité (il vit plusieurs centaines d'années et peut facilement renaître de sa souche) atteint, sur le territoire du Parc, t'extrême altitude à laquelle il peut s'acclimater. Sa culture, qui nécessite chaleur et luminosité, ne franchit pas les montagnes qui bordent le Grand Canyon. L'olivier est inconnu à Castellane, mais on le trouve encore sur les adrets de Moustiers, où il cependant été cultivé qu'à partir du XVIe siècle. Sur tout le de Valensole, il a longtemps occupé de vastes champs, souvent complantés de blé. Aujourd'hui, les oliveraies ne se rencontrent plus qu'aux marges de quelques villages. Sur les collines du Var, et tout autour des Basses Gorges, l'olivier fait encore largement partie du paysage. Les restanques*, ou bancaou, ces murets de pierres qui tracent des lignes régulières aux flancs des collines, ont souvent été aménagées pour sa culture. Le climat et le sol se prêtent admirablement à son tempérament qui, à l'état naturel, réclame peu d'eau et se contente à peu près de tous les types de terrains. Pourtant, une oliveraie, pour être productive, est plus exigeante. Elle demande un peu d'irrigation, l'entretien du sol, et une taille annuelle précise que l'on opère entre février et mai. Grâce à ces attentions, l'olivier donne ses fruits sans compter Il est aussi le symbole de la générosité. Les bonnes années, la production par pied peut atteindre plus de 30 kg. C'est essentiellement l'huile, principale composante de la cuisine méditerranéenne, qui est à l'origine du développement de la culture de l'olivier 11 faut compter 100 kg d'olives pour obtenir environ 20 litres d'huile. Ce rendement dépend cependant fortement de la variété et de la qualité des olives. Malgré leur intérêt économique et le caractère sacré de l'arbre, de nombreuses oliveraies sont tombées en désuétude, envahies par les herbes et les genêts. Quelques propriétaires cependant, continuent d'entretenir un petit nombre d'arbres dont ils portent les fruits au moulin le plus proche au début de l'hiver (Aups, Manosque ou Oraison) pour faire presser "leur huile", objet de fierté. La définition d'une Appellation d'Origine Contrôlée autour de Manosque lui redonnera peut être bientôt sa véritable place.

Chêne vert, un dur de la feuille

Le chêne vert est, avec le pin d'Alep, le local de l'étape. Il dominait, avant l'arrivée de l'homme, les vastes forets qui couvraient alors toute la Provence. Bien adapté au climat méditerranéen, il résiste à la sécheresse estivale en "vernissant" le dessus de ses feuilles, que l'absence d'hiver rigoureux lui permet de garder toute l'année. Bordées d'épines sur les jeunes pieds, ces feuilles le font souvent confondre avec le houx ou avec son cousin le chêne kermès. Opération paradoxale, son séchage, délicat, nécessite de l'immerger tout d'abord un à deux ans dons l'eau. Bois de piètre qualité, il était réservé aux usages grossiers, et n'est plus guère utilisé que comme bois de chauffe. Donnant un excellent charbon de bois, il est l'explication de l'omniprésence des charbonnières en Provence qui témoignent de cette activité florissante jusqu'à l'entre-deux guerres.

Cade

Cade et genévrier sont deux cousins de la famille du cyprès (Cupressacées). Franchement méridional, le premier se reconnaîtra aux deux (cade = ca-deux!) lignes blanches qui ornent la face supérieure de ses aiguilles (une seule bande chez le genévrier), et à ses baies, plus grosses que celles du genièvre, et qui virent au brun-rouge en mûrissant Particularité des genévriers, seuls certains pieds portent des baies car les fleurs mâles et femelles sont sur des pieds différents. On parle de plantes dioïques (littéralement "deux maisons") pour qualifier ces espèces qui font "maison" à part Obtenue par distillation du bois, l'huile de cade est réputée pour ses vertus dermatologiques. Utilisée de toute éternité en médecine vétérinaire pour soigner les gales des moutons, entretenir ou soigner les sabots des chevaux, elle accède à la célébrité dans les années vingt, quand un homme d'affaires américain l'idée de l'incorporer dons des savons. Une marque est née dont la promotion va marquer toute la génération de "bébés Cadum". Les baies de cade peuvent, comme celles du genévrier, être utilisées comme condiment, mais plus âpres et moins parfumées, elles sont nettement moins appréciées.
Chêne kermès Espèce du maquis, le chêne kermès se présente comme un buisson touffu aux petites feuilles piquantes que seule la présence de glands permet de rattacher sans hésitation à la famille des chênes. Caractéristique du midi méditerranéen occidental (il est ici en limite d'aire), son nom latin Quercus coccifera (qui porte des cochenilles) est une référence à la présence de galles provoquées par la piqûre d'une cochenille. Au Moyen Age, Montpellier, ville drapière, fit fortune en exploitant une teinture tirée de ces galles, "les graines écarlates".

Lavande et lavandin

Le lavandin cultivé sur le plateau est un hybride de deux espèces sauvages: la lavande "à feuilles larges", que l'on trouve en plaine et dans les collines, et la lavande "à feuilles étroites" plus montagnarde. Stérile, comme la plupart des hybrides, le lavandin est multiplié par bouturage. De jeunes rameaux sont coupés puis plantés en "nurserie" pendant un an, le temps de développer leurs racines. Ils sont alors repiqués dans les champs où ils produiront, à partir de la deuxième année, et pendant 5 à 7 ans, L'huile essentielle est obtenue par distillation, la coupe et la récolte se sont mécanisées. L'huile essentielle de lavande fine est utilisée en Lavande aspic parfumerie. De composition très différente l'huile essentielle de lavandin est réservée aux produits lavandin lessiviers et cosmétiques, les parfumeurs préférant l'extrait de lavande "fine" des montagnes. Bien qu'il n'art pas besoin de pollinisateur; puisque stérile, I, lavandin est un grand pourvoyeur de nectar à l'origine d'un miel justement réputé. Entre d'Azur et montagnes le plateau de Valensole est une étape importante dans la transhumance des ruchers.

Truffes

S'il existe plusieurs espèces de truffes, seule la Tuber melonosporum, la truffe noire du Périgord et de Haute-Provence, déchaîne la convoitise des gourmets. Ce "diamant noir" comme on a pris l'habitude de l'appeler selon l'expression du cuisinier Brillat-Savarin, est un champignon qui ne se développe qu'au contact des radicelles des chênes et du noisetier - on parle de mycorhize (de myco, champignon et rhize: racine) — avec lesquelles il échange des éléments nutritifs. À la fin de l'automne, le mycélium, fin filament qui constitue le "corps" du champignon, fabrique la truffe (qui correspond au chapeau des champignons "classiques") au sein de laquelle se différencient les spores. Dans les truffières, l'ensemencement se faisait traditionnellement en saupoudrant le pied des jeunes plants de copeaux de truffe pour une première production six à dix ans plus tard, sur 20 à 40 % des pieds. Depuis une quinzaine d'années, les jeunes plants sont mycorhizés "in vitro" avant d'être plantés dans une truffière. Ils produisent alors plus rapidement, en quatre à huit ans, et avec un meilleur rendement (de 60 à 80 %). À côté de ces plantations spécialisées (propriété privée), on peut trouver dans les bois des chênes "truffiers" mycorhizés naturellement, mais ils sont rares. La truffe est douée de propriétés anti germinatives, elle inhibe la pousse de l'herbe au pied des arbres qui l'hébergent, ce qui permet de repérer ceux-ci au "brûlé" qui entoure leur souche.
Trois animaux peuvent aider l'homme à repérer le précieux champignon: le cochon, le plus efficace, mais un tantinet encombrant; le chien, qui peut atteindre des prix (g)astronomiques quand il est bon truffier; et la mouche, réservée aux amateurs, car plus aléatoire. Cette petite mouche, une Hélomyzide, pond ses œufs dans la truffe après avoir creusé un terrier qu'elle garde farouchement. Aux heures chaudes et calmes de janvier, on peut la repérer en passant doucement une baguette autour du pied des chênes "brûlés". Son envol signale la présence d'une truffe. Bonne chance et bon appétit.

Noisetier

Chasse-noisette Corylus avellana, le noisetier ou coudrier doit son nom latin à la cupule qui entoure la noisette (en grec, korus, origine probable de corylus, signifie casque) et la gourmandise des romains, qui le cultivaient déjà, en particulier dans la province d'Avellino. Arbre aux mille usages, dont la liste tient du catalogue de Prévert, Sourcier? Vous y taillerez votre guette. Gourmet. L'huile de noisette, délicatement parfumée, est réservée aux salades, perdant toute saveur dès qu'on la chauffe.
  • Ereinté ? Très énergétiques et riches en vitamines les noisettes feront de vous le Popeye des sous-bois,
  • Stressé? /es fruits secs sont une des raisons, avec l'huile d'olive et le vin (si, si), de la résistance des méditerranéens aux infarctus, Enfin, le noisetier est, avec le chêne pubescent et vert, une des trois espèces truffières,

Saules

Buvons un coup, buvons-en deux. Proposez un coup à boire, les pieds bien au frais dans quelque rivière et vous êtes sûr de voir s'installer les compères saules et peupliers. Ce n'est pas pour rien qu'ils sont de la même famille! Au moins quatre espèces de saules bordent le ruisseau que longe le chemin. Ils ont tous en commun, et c'est ce qui fait leur "Genre", des chatons dressés, deux ou trois étamines, et des feuilles allongées à pétiole (la "queue" de la feuille) court. Ensuite, pour les distinguer les uns des autres, c'est un peu plus difficile, sauf peut-être le saule drapé, aux feuilles longues et fines, à bords enroulés, vert sombre dessus et blanc argenté dessous. Les quelques vieux et gros troncs taillés "en têtard" (le tronc est rabattu à I m ou 2, le moignon produisant des jeunes rameaux souples et longs) qui subsistent çà et là rappellent l'utilisation qui en était faite en vannerie. Mais ce sont les maris fougueux qui doivent le plus aux saules, puisque c'est de leur écorce qu'a été isolé l'acide acétylsalicylique, nom scientifique de l'aspirine.
Les fruits d'or, ou des pistoles plein les poches. Malgré son climat montagnard, la région de Castellane développa dès le XVIIIe siècle la culture des arbres fruitiers en plein champ. Autour des villages et de la première rangée de jardins potagers, s'étendait une zone de vergers, souvent complétés de pommes de terre ou de blé. Les pommiers et les poiriers furent très répandus durant tout le me siècle, fournissant des récoltes lucratives. Mais la spécificité de la région, comme de toute la vallée de l'Asse, tenait à la production de "pistoles", prunes séchées et aplaties qui ressemblaient à l'ancienne pièce de monnaie, d'où son nom. La variété "perdigon" ou "perdigale" était la plus courante dans la région de Castellane. La production cessa entre les deux guerres, mais dans toute la vallée de l'Asse et dans la ville elle-même, on remarque encore quelques séchoirs à prunes: sous les toits, ils se présentent comme un étage percé de larges ouvertures verticales. Ces ouvertures étaient parfois closes par des ventaux de bois, qui ont en général tous disparus. Le séchoir lui-même a souvent été transformé pour pouvoir être habité. Les hautes ouvertures ont ainsi été remplacées par des fenêtres standard, tant et si bien qu'il devient difficile de les discerner...

"Du pin sur la planche"

Entre Saint-André-les-Alpes et Courchons, le parcours est essentiellement bordé de pins. Une bonne occasion de rendre hommage à ces grands pionniers que furent tous les résineux qui doivent à leur fruit le nom générique de conifères (étymologiquement, qui porte des cônes). Au cours de l'évolution, la nature n'a eu de cesse d'améliorer les "performances" de la vie. Au début, les algues: simples et efficaces, mais limitées par la nécessaire présence d'eau tant pour la reproduction que pour la nutrition, ce qui les confine aux milieux aquatiques. A l’Ere primaire, une première révolution permet de sortir du bain: les fougères partent à l'assaut de la terre ferme, grâce à l'invention des vaisseaux conducteurs et de la sève. Des ébauches de racines captent l'eau nourricière dons le sol et l'acheminent, grâce à ces "vaisseaux conducteurs", cellules tubulaires alignées bout à bout, dans les tiges et les "feuilles" (chez les fougères, on parle de frondes) pour les nourrir. Par contre, il y a encore des progrès à faire pour la reproduction. Spermatozoïdes et ovule ont toujours besoin d'une goutte d'eau pour se rencontrer, ce qui explique que les fougères restent inféodées aux zones fraiches. Les conifères trouvent la solution à l’Ere secondaire. Au lieu de confier leur spermatozoïde au bon gré des courants, ils l'enferment dans une structure particulière, le grain de pollen, judicieusement muni de deux petits ballonnets (des cellules spéciales remplies d'air), qui le rendent transportable par la voie des airs. A nous les grands espaces et les terres vierges, les conifères couvrent alors le globe (enfin, sa partie émergée). Ce n'est qu'à l’Ere tertiaire qu'ils seront détrônés par les plantes à fleurs grâce à quelques modifications de la graine et une subtile alliance avec les insectes, mois ceci est une autre histoire...

Buis

Cet hôte des sous-bois clairs et des lisières est omniprésent sur le territoire du Parc et dans le secteur de Saint-André en particulier. Pratiquant la séparation, mais aussi la cohabitation des sexes, le buis présente en avril, à l'aisselle des feuilles, des bouquets de petites fleurs mâles (reconnaissables à leurs quatre étamines) courtisant une unique fleur femelle située au centre (et reconnaissable à ses trois stigmates) Sa curieuse odeur de "pipi de chat" cache bien un altruisme certain puisqu'on lui a reconnu des vertus sudorifiques, dépuratives, fébrifuges et cholagogues (qui aide à la digestion en "activant" la vésicule biliaire)!

Cerisier de Sainte-Lucie

Début juillet, au départ de Castellane, quand le sentier traverse des landes, on remarque les petits fruits rouge sombre du cerisier de Sainte-Lucie. Cet arbuste par ailleurs discret (on pourra cependant, avec un peu d'habitude, repérer ses feuilles vert clair luisant, finement denticulées et le plus souvent pliées en long au niveau de la nervure) est commun dans les friches, les lisières et les coteaux bien exposés. Sainte-Lucie est le nom d'un monastère de la Meuse réputé pour la qualité des petits objets, et en particulier des tuyaux de pipes, qui y étaient façonnés avec le bois de ce cerisier. Dur et dense, à grain très fin, d'odeur agréable, et donnant un beau "poli", celui-ci est en effet recherché en ébénisterie et pour la petite menuiserie de luxe. Acides et peu charnues, les cerises sont souvent dédaignées, d'autant plus que les amandes des noyaux sont toxiques. Rustique et vigoureux, le cerisier de Sainte-Lucie est par contre souvent utilisé comme porte-greffe.

Pivoine

Au bord du sentier, sur 100 mètres en montant à partir du carrefour vers Majastres, quelques pieds de pivoine officinale. Son nom latin, Paeonius, est un hommage à Paeon, médecin grec qui l'utilisa pour guérir Pluton d'une blessure que lui avait faite Hercule. On ne sait cependant s'il faut accorder beaucoup de crédit à cette légende relatée par Homère, la phytothérapie lui reconnaissant plutôt des vertus antispasmodiques et antiépileptiques. Mais la question ne se pose plus de nos jours, sa toxicité et son emploi délicat la réservant à l'homéopathie. Endémique des reliefs du sud-est de la France, elle est rare sur le territoire du Parc. Trop (?) spectaculaire, elle paye, bien que légalement protégée, un lourd tribut à la cueillette "sauvage". Merci de la respecter.

Hêtres et hêtraies

Assez commun en France, le hêtre ne se trouve, dans le Parc du Verdon que sur les ubacs frais ou dans les grandes Gorges. Gourmand en pluie (plus de 750 mm par an) et en humidité atmosphérique (ce qui lui fait fuir la sécheresse estivale méditerranéenne) le hêtre se trouve ici en "limite d'aire". La hêtraie de la Faye est un exemple de ces "hêtraies sèches sur calcaire" caractérisées par la présence de lavande, de buis et de trois espèces plus rares et plus discrètes, l'androsace de Chaix, protégée, et deux orchidées, la céphalanthère pâle et la corallorhize tridentée. Arbre à tout faire, le hêtre n'est plus utilisé aujourd'hui que pour son bois. Autrefois, ses faines étaient consommées, et on en tirait une huile utilisée aussi bien pour l'assaisonnement que pour l'éclairage. Son écorce et son charbon étaient des remèdes réputés contre la fièvre et les infections. Exploitée "en taillis" (après une première coupe, on laisse repartir plusieurs rejets d'une même souche) la hêtraie de la Faye donne du bois de chauffage.

Rosiers

Tous semblables et pourtant si différents, on les reconnaît au premier coup d'œil. Derrière l'églantier se cache en fait toute une diversité — une dizaine d'espèces se rencontrent dans le Parc, dont 5 ou 6 sur ce tronçon - capable d'animer plus d'une soirée de botanistes! Regardons de plus près les fruits sont gros, biscornus et poilus? C’est l'églantier des montagnes; Les feuilles minuscules et les aiguillons bien droits? C'est le rosier à feuilles de pimprenelle; Il pousse en sous-bois et ses feuilles aux extrémités arrondies sentent la pomme ? Voici le rosier "elliptique" Tout aussi parfumé mais à petites feuilles aiguës et plutôt adepte des lisières et  bords des chemins? Nous voyons le rosier agreste; C'est le plus commun au bord des chemins et des champs? Ce rosier des chiens doit son nom à la vertu supposée de sa racine, une fois bouillie, de soigner la rage!

Lys de Pompone

Tout au long du mois de juin, sur le talus qui borde la route, entre le pont et le chemin de Breis, dans les gorges de Rayaup, fleurit un des joyaux botaniques du Verdon : le lys turban (allusion à la forme de sa fleur) ou lys de Pompone, de son nom latin Lilium pomponium, en hommage à Pomponius Atticus, ami de Cicéron et grand amateur de fleurs. C'est une espèce rare qui se trouve ici en limite de son aire de répartition limitée au nord de l'Italie et aux Alpes du sud. Attention, spectaculaire et tentant par ses superbes et grandes fleurs rouge vif, il est totalement protégé : cueillette interdite!

Érable

Quatre critères permettent de différencier facilement les érables : la taille des feuilles, la forme et le nombre de leurs lobes, et l’angle formé par les deux ailes du fruit. Pour l’érable  champêtre, qui borde la descente au départ de Châteauvieux, les feuilles sont petites, à 5 lobes arrondis, et les ailes du fruit sont opposées (angle à 180°). C'est le plus fréquent à cette altitude où, espèce 'nomade fuyant la compagnie de ses congénères, on le trouve surtout en train de recoloniser des friches, ou en lisière de forêts. Son bois, dur et à grain très fin, est apprécié pour la confection de petits objets décoratifs tournés ou sculptés.

Ripisylve

Pour la végétation des bords de rivières, le problème de sécheresse, propre au climat méditerranéen, n'existe pas pieds au frais, grassement nourries pour la rivière et ses alluvions, les espèces de la ripisylve (de ripa, la berge, et sylva, la forêt), n'ont plus qu'un souci: garder leur place au soleil. Trois stratégies sont alors développées: les arbres, comme les saules ou les peupliers, se dépêchent de grandir pour profiter sans ombrage de la lumière.
  • Les lianes, comme le lierre ou la clématite, utilisent une variante économe de cette stratégie, le support offert par les troncs des arbres les dispensant de l'effort de s'en fabriquer un.
  • Autre tactique pour certaines plantes herbacées qui optent pour la précocité en effectuant une bonne partie de leur cycle avant que les arbres ne « mettent » leurs feuilles et ne leur fassent de l’ombre.
  • C’est la solution choisie par l’alliaire, crucifère blanche à odeur d'ail et par l'arum « pied de veau ». D'autres enfin se contentent de peu et s'adaptent, résignées à vivre à l’ombre des grands, dans la faible luminosité des sous-bois.

Le pin sylvestre

Facile à reconnaître à son tronc brun-orangé et ses aiguilles courtes, le pin sylvestre est l'arbre le plus commun tout au long des itinéraires de la zone de l'Artuby. Pour les botanistes provençaux, il est caractéristique de l'étage "supra méditerranéen", entre 500 et 1500 mètres, où, en compagnie du chêne pubescent, il forme l'essentiel des boisements naturels. Autrefois utilisé à de multiples usages, mâts de bateaux, poteaux de mines, menuiserie, placage, suivant la qualité très variable de son bois, il n'est plus guère destiné aujourd’hui qu'a l'industrie papetière, à la fabrication des panneaux de particules ou au chauffage domestique.

L’Asplenium de Jahandiez

On qualifie « d’endémique » une espèce qui n'est présente que sur un territoire plus moins restreint L'Asplenium de Jahandiez, ou Doradille du Verdon, ne se rencontre, à la surface de la Terre, que dans les Gorges du Verdon entre Castellane et Beaudinard. Discrète petite fougère, elle se développe sous les surplombs ou dans les fissures des falaises ombragées en petites touffes de frondes (nom donné aux « feuilles » d’une fougère) au rachis vert et aux pinnules (en quelques sortes les folioles de la fronde en partie soudée au rachis. Délicate à distinguer de deux de ses cousines aussi présentes dans le Verdon, la Doradille verte (rare dans le Verdon), et la Doradille de Pétrarque (au rachis en partie brun), l’Asplenium  de Jahandiez est, bien sûr, totalement protégée. Plaisir des yeux seulement.
Emile Jahandiez, à qui elle est dédiée, est un botaniste qui arpenta le Var et la Haute-Provence au début du XXe siècle et à qui l’on doit (avec son compère Abel Albert) un catalogue de plantes vasculaires du Var.

Fustet

Le fustet ou coquecigrue, doit son surnom « d’arbre à perruque » à la grande inflorescence pyramidale qui émerge du  printemps à l’automne de son feuillage. Rappelant les coiffures à la cour de Louis XIV, la « perruque » est d’abord rose pâle, puis gris argenté quand les fleurs fanent. C’est à l’automne qu’on le repèrera le mieux, quand il farde de rouge sang, au milieu de ses compères les érables, les coteaux et les sous-bois arides de Haute-Provence. Les feuilles, d’abord vert tendre à la belle saison, se reconnaissent à leur long pétiole et leur forme bien ovale. Plus de  doute si, en plus, quand vous les froissez, une bonne odeur de mangue s'en dégage. Le fustet, comme la plupart des sumacs, a été utilisé en tannerie pour la teneur en tanin de ses feuilles et de son écorce, ou en teinturerie, sa racine contenant des colorants jaunes et rouges. Mais il n'est pas le plus estimé pour ces usages.

Genêt de Villars

Si vous essayez de vous asseoir au sommet du Grand Margés, il y a de fortes chances qu'une partie charnue de votre anatomie ne vous dise pas merci. Comme agrippé au rocher, rampant à partir de la moindre fissure ou anfractuosité, un petit genêt vous signalera ainsi par quelque épine mutine, qu'il mérite un peu plus de respect. En effet, le genêt de Villars, qui fleurit dès le mois de mai, est un phénomène. Adepte de l'extrême, il dédaigne le confort et ne se trouve que sur les crêtes ou au sommet des falaises où les conditions, vent glacé et aridité, rebutent radicalement la plupart de ses congénères. Il est dédié à un grand nom de la botanique, Dominique VILLARS (1745- 1814), auteur de l'Histoire des Plantes du Dauphiné entre 1786 et 1789, fondement de l'étude de la flore alpine.

Etage flore : inversion d'étages

Quand, venant de la Palud-sur-Verdon, on découvre le panorama des gorges, passé e premier coup de cœur, un œil attentif remarquera que la couleur de la végétation, en bandes parralèles, souligne le paysage depuis le sommet du grand Margès jusqu’au fond des gorges. Particulièrement nette l'hiver, ce zonage permet de distinguer trois étages de végétation correspondant à la dominance des trois espèces de feuillus les plus caractéristiques de Haute Provence. Sous le grand Margés, les troncs dénudés aux nuances rougeâtres de la hêtraie. En dessous, les chênes blancs qui, marcescents, gardent leurs feuilles fanées tout l'hiver. Et, au bord des gorges, sur les coteaux les mieux exposés, le feuillage toujours vert du chêne vert. Jusque-là, rien que de très normal, puisque ces trois espèces se succèdent naturellement en altitude lorsque l'on s'élève depuis la Méditerranée vers les Préalpes. La surprise vient, quand continuant à balayer le paysage, le regard plonge dans les gorges. Sous le bord habillé de chênes verts, on retrouve des chênes blancs, et dans le fond des gorges, des hêtres. Cette « inversion d’étage » (de végétation) est dur au microclimat créé par l’encaissement des gorges, de plus en plus fraiches et ombragées à mesure que l’on s’y enfonce.

Chêne pubescent

La ou les Blaches, les Blacas, la ou les Blaques sont des noms de lieux dits fréquents sur toutes les cartes de Haute-Provence. Ils soulignent l'omniprésence du chêne qui forme, avec le pin sylvestre, la végétation dominante entre 500 et 1200 m. Pourtant, à la simplicité de sa situation (il est partout), correspond, comme souvent, un joli pataquès concernant son nom, dans lequel même les botanistes perdent leur latin. Chêne blanc pour les provençaux, il est appelé chêne noir dans le sud-ouest. Quercus humilis pour les botanistes "puristes", du celtique kaër quez, bel arbre, et du latin humilis, humble (peut-être parce que ce n'est pas le plus imposant de la famille), il est mentionné dans les anciennes flores comme Quercus pubescens ou Quercus lanuginosa (pubescens = poilu, lanuginosa = laineux, allusion au feutrage de poils blanchâtres de la face inférieure de la feuille). Finalement, c'est peut-être comme chêne truffier qu'il peut mettre tout le monde d'accord, même si quelque esprit chagrin fera remarquer qu'il partage avec le chêne vert l'honneur d'héberger le diamant noir. Difficile à travailler, le chêne blanc, parfois utilisé pour la confection des traverses de chemin de fer ou de petites charpentes, est surtout apprécié comme excellent bois de chauffage.
Pin d'Alep, traduction de son identité latine Pinus halepensis, est un nom un peu trompeur pour cet immémorial pilier de la végétation méditerranéenne. C’est au XVIIIe siècle qu'un naturaliste suédois, Cari Linné, reprenant une idée du français Tournefort, met en place la nomenclature « binomiale » qui prévaut encore de nos jours pour nommer toute la diversité du monde vivant. A chaque espèce, il attribue un nom de "genre" (ici Pinus, qui comprend tous les Pins), et un nom d'espèce (halepensis pour le pin d'Alep, sylvestris pour le pin sylvestre, etc.). L'utilisation du latin, langue morte, présente le double avantage de ne froisser personne et d'être « universelle ». Pour avancer dans sa classification, Linné fait appel à tout un réseau de collecteurs qui, des quatre coins du monde, lui font parvenir les échantillons auquel il attribue un binôme latin. C'est ainsi qu'un échantillon de pin lui parvient d'Alep (en Syrie), ce qui lui donne, peut-être à court d'imagination (il a nommé plusieurs milliers d'espèces animales et végétales) le nom d'espèce "halepensis". L'astragale, l'aphyllanthe ou l'érable, tous trois "de Montpellier", nommés à partir d'échantillons envoyés à Linné par la faculté de Médecine de Montpellier sont des exemples similaires.

Sorbiers

Sorbier domestique ou cormier, sorbier torminal, sorbier des Alpes ou alisier blanc, ces trois arbustes présents sur le trajet peuvent foire douter de la santé mentale des botanistes. En effet, entières pour le cormier, lobées pour le torminal, ou composées pour le domestique, il semble difficile de trouver des feuilles plus dissemblables. C'est au moment de la floraison que s'éclaircit le mystère. La classification des plantes se fait sur la structure des fleurs, ici blanches, à 5 larges pétales, en corymbes rameux. Les sorbiers sont recherchés en menuiserie et en ébénisterie pour les qualités exceptionnelles de leur bois. Stable et très résistant aux frottements, mais de séchage délicat, il était autrefois utilisé pour la fabrication des dents d'engrenage des moulins, des vis de pressai: ou encore d'objets de précision.

La route des fruits et des vins

En val de Durance, la vigne fut cultivée dès le XIe siècle, et, si aujourd'hui l'arboriculture fruitière tend à remplacer la viticulture, cette dernière demeure très présente sur les communes de Rousset, Espinasses, Théus, Monêtier-Allemont, produisant des vins de pays rouges, rosés et blancs. Mais, si des fruits sont produits dans la région, depuis le XVIe siècle, bénéficiant d'un fort ensoleillement, d'une faible hygrométrie et de la différence accusée des températures diurne et nocturne, la mise en eau du barrage de Serre-Ponçon, en autorisant l'irrigation par aspersion du bassin situé en aval du barrage, a donné un coup de fouet à cette production dans laquelle se distinguent la pomme golden delicious, la poire passecrassane et, aussi, mais dans des volumes moindres, la pêche redwing.


Verdon
Verdon
Verdon
Verdon
Verdon
pédalo dans le lac de Sainte-Croix
Accrobranche
Rafting
Pont de Galetas
Pont du Roc

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