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Traditions dans le Verdon

Les marchés de Provence

Rendez-vous hebdomadaire des habitants et des visiteurs, le marché est un le moment convivial et  incontournable. Sous les bâches colorées des étals, les produits sont variés et tout aussi colorés: camaïeu brun et vert des olives aux multiples variétés, des fruits séchés, rouge et vert des légumes, blanc du fromage de chèvre, frais, sec, poivré ou parfumé au thé jaune d'or du miel. L'été, plus question de traverser ce jour-là les places en voiture: les marchands de tissus provençaux, de faïence et de buis ont envahi les trottoirs. Et c'est une joyeuse animation faite de bruit, on se hèle, de parfums et de chaleur. Goûtez la caillette, les pieds-paquets (recette ancestrale qui passe pour le nec plus ultra de la cuisine provençale...), le saucisson de sanglier, la fougasse aux grattons, à l'huile, aux olives, l'huile (car l'huile se goûte) et si c'est l'hiver, cherchez les truffes. Quelques producteurs en proposent sur les marchés. Il faut demander et de derrière les tréteaux on vous sortira un carton ou un panier plein de ces merveilles encore couvertes de terre. La choisir est plus délicat. Elle doit être ferme sans être dure, parfumée sans être éventée, mais vous aurez le droit de les toucher, de les humer... et d'en parler. N'hésitez pas. En général tout finit au café le plus proche.

Récolte et distillation de la lavande

La récolte traditionnelle à la faucille est pratiquement abandonnée au profit de la coupe mécanique. Si vous randonnez sur cette traversée de la Haute-Provence entre le 15 juillet et le 15 septembre, vous aurez certainement l'occasion d'assister à la récolte ou de rencontrer, sur les petites routes de montagne, de lourds chargements de bottes de lavande acheminés vers une distillerie. Celle-ci, identifiable par son hangar flanqué d'une haute cheminée, est toujours installée à proximité d'un ruisseau, d'un puits ou d'une source, car d'énormes quantités d'eau sont nécessaires pour refroidir le serpentin.
La distillation de la lavande est effectuée classiquement par entraînement des esters odorants dans un courant de vapeur d'eau qui traverse les bottes de fleurs et se condense dans un serpentin. Le mélange d'eau et d'essence se décante ensuite dans un vase : l'essencier.
Quant à la « paille » distillée, elle est utilisée comme combustible du foyer et suffit largement à cette opération car il en reste souvent autour des alambics.

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Les usages de la lavande

Si les qualités de la lavande et du lavandin sont multiples, l'industrie des parfums en absorbe la plus grande partie de la production :
  • les parfums de luxe utilisent la lavande fine ;
  • les produits cosmétiques font appel aux essences de lavande et de lavandin ;
  • les produits détergents d'entretien ou désodorisants n'utilisent que le lavandin.
L'industrie pharmaceutique, comme la tradition rurale provençale, connaissent depuis longtemps les vertus de la lavande officinale dont l'essence est à la fois bactéricide et cicatrisante, donc utilisée pour le traitement des plaies, brûlures ou piqûres d'insectes. L'essence de lavande est également efficace en friction et massage contre les courbatures et la fatigue musculaire et les sportifs l'utilisent même pour s'échauffer les muscles. Quant aux petits sachets de fleurs séchées et aux simples bouquets de lavande, tout le monde connaît leur pouvoir d'éloigner les mites tout en parfumant le linge. Enfin l'infusion de lavande a de multiples vertus.

Magnan ou la culture du ver à soie

Magnan ou magnanerie, sont des toponymes très répandus dans toute la Provence. Ce sont aussi des noms de famille fréquents. Le mot fait référence à l'élevage des vers à soie, activité qui se développa dans toute la région à partir du XVIIIe siècle et se maintint plus ou moins jusqu’à la seconde guerre mondiale. L'élevage des vers ou sériciculture constituait un apport financier non négligeable pour les familles. Il se faisait directement à la maison où on lui réservait parfois une pièce entière pendant les trois mois de l'activité, car la larve a besoin de chaleur. Les vers, la "graine", achetés chez un producteur, ou lors d'une foire, étaient installés sur des claies en bois et nourris quotidiennement de feuilles de mûrier blanc (l'amourié) dont ils sont particulièrement friands. Un élevage de vers à soie peut ainsi consommer plus d'une tonne de feuilles en quelques semaines. La présence de mûriers à proximité de la magnanerie était donc indispensable, Les plantations allèrent bon train durant tout le XIXe, siècle, encouragées par les pouvoirs publics. Ils se multiplièrent le long des routes et des chemins et jusqu'au cœur des villages. Les municipalités mettaient d'ailleurs parfois en adjudication les feuilles des arbres communaux. La cueillette de ces feuilles, tout comme l'approvisionnement des larves était souvent le travail des enfants. Pour plus de facilité, les arbres étaient taillés bas, en  têtard. Arrivé à maturité, il fallait étouffer la larve avant qu'elle n'éclose et crève le cocon, qui était ensuite vendu à des filatures. L'activité des habitants se réduisait donc à celle de nourrice... On trouve la trace de cette économie locale dans toute la région sud du Parc : plateau de Valensole, vallée du Verdon et Haut-Var. Quelques mûriers remarquables par leur forme subsistent aujourd'hui dans le paysage.

Charbonnier

Charbonnier, quel métier! L'activité charbonnière est attestée depuis le XIIIe siècle dans différents documents tentant (déjà!) de raisonner l'exploitation de la forêt en Haute-Provence. Au siècle dernier, et jusqu'aux années 1960, être charbonnier est un métier à part entière. Certaines entreprises spécialisées emploient une vingtaine de charbonniers. Mais que pouvait-on bien faire de tout ce charbon de bois ? Les siècles précédents en ont fait une énorme consommation. Pour l'artisanat d'abord: forgerons, maréchaux-ferrants, faïenciers... alimentaient leurs forges ou leurs fours en charbon de bois. Le développement de l'industrie et la croissance des villes favorisèrent aussi cette source d'énergie, légère et facilement transportable. Après la dernière guerre mondiale, l'emploi du charbon à bois, déjà mis à mal depuis longtemps par le "charbon de terre", se raréfia, obligeant les charbonniers à changer d'activité et entraînant la perte de leur savoir-faire. Car la carbonisation est un art extrêmement précis. Il faut plusieurs jours pour construire la charbonnière : les bois sont petit à petit alignés verticalement autour d’un axe creux, formé de quatre branches droites, sorte de cheminée par laquelle on, introduit le feu. La « meule » ainsi formée est ensuite recouverte de branches plus petites, puis de feuilles et de terre. C’est la « peau » qui assure une certaine étanchéité à la construction. Tout l’art du charbonnier consiste ensuite à maîtriser le feu pour que le bois ne s'enflamme pas. La carbonisation des plus grosses charbonnières peut prendre plusieurs jours voire une à deux semaines. Il faut la surveiller avec attention, augmenter le tirage ou au contraire étouffer les flammes. Cette attention de tous les instants obligeait les charbonniers à vivre sur place dans un petit abri bâti pour l'occasion. Lorsque le site boisé avait donné tout ce qu'il pouvait on se déplaçait un peu plus loin. Le sentier d'interprétation des charbonnières à Baudinard, à travers l'immense domaine des Éouvières*, aujourd'hui propriété du Conservatoire du Littoral, fait revivre cette activité en conduisant le promeneur jusqu'aux basses gorges qui bordent la commune.

Les draps de Saint-André-les-Alpes

Région d'élevage, région de transhumance : les moutons ont joué dans l'économie du Haut-Verdon un rôle prépondérant. On élève l'animal pour sa viande mais aussi pour sa laine, qui, avec le chanvre, fournit l'essentiel des tissus domestiques et d'habillement. Au XIXe siècle, la haute vallée du Verdon, et tout particulièrement Saint-André-les-Alpes, développe l'industrie drapière, cantonnée jusque-là à la production familiale et à quelques tisserands. Rapidement, l'activité prospère. Vers les années 1840, l'ensemble de la vallée compte plus d'une vingtaine de fabriques employant 300 ouvriers. Saint-André se taille la part du lion avec une centaine d'employés, cardeurs et tisserands. Il faut dire que les conditions sont particulièrement favorables: la laine, matière première locale, est abondante. Le Verdon et ses affluents fournissent l'énergie nécessaire aux métiers à tisser mécaniques, et le climat, plus rude qu'en basse Provence, impose un travail "d'intérieur" en hiver. L'industrie drapière est une activité saisonnière qui se pratique pendant six mois de l'année. De Castellane à Allos, on produit des toiles assez grossières, appelées "ordeillats" ou "cadis". Mais ces tissus, extrêmement résistants, étaient réputés et exportés dans toute la Provence et le Dauphiné. Au début du XXe siècle, victime de l'affaiblissement des troupeaux, de l'exode rural et surtout, des carences en voies de communication de la région, l'activité drapière s'éteignit peu à peu. Seul, Beauvezer réussit à maintenir la tradition jusqu'aux années soixante. Privilège de la longévité oblige, on parle aujourd'hui des toiles de Beauvezer...

Transhumance

La transhumance est un moment fort de ces territoires voués à l'élevage des moutons. Moins qu'autrefois peut-être, mais avec la même régularité pendulaire, elle rythme l'année. C'est un instant poétique, presque magique; il suffit de voir les habitants de Castellane sortir sur le pas de leur porte et saluer le passage du troupeau pour s'en convaincre. La transhumance n'émeut pas que les touristes... La transhumance a une musique. Au tintement des sonnailles, s'ajoutent le bêlement des brebis, le bruissement de leur pas, le cri des hommes. Un souffle nous soulève, un sentiment de liberté nous gagne... C'est aux alentours de la mi-Juin que les troupeaux, grands ou petits, se mettent en marche et traversent la Provence pour atteindre les hauts plateaux alpins. Autrefois, les feux de la Saint-Jean marquaient le départ des bergers. A la Saint-Laurent, au milieu de la période de transhumance, les prêtres allaient bénir les hommes et les bêtes dans les alpages... La transhumance semble avoir existé de tous temps, mais c'est probablement les grandes abbayes qui en développèrent la pratique aux alentours du XIIe siècle, lorsque le calme politique revenu, et fortes d'immenses domaines pâturables, elles placèrent leurs richesses dans les troupeaux. Plusieurs milliers de moutons traversaient alors le pays, des bords de la Méditerranée aux sommets du Dauphiné. Les routes de transhumances étaient fixées. On appelle ces chemins des drailles* ou des carraires*. Leur importance était telle que la ville d'Arles, aux bords de la Crau, terre d'élevage, acquit ses propres drailles pour permettre le passage de ses troupeaux. Sur le plateau de Valensole, la "draille des troupeaux d'Arles" est encore notée sur le cadastre... Aujourd'hui, de nombreux troupeaux transhument en camion. Le procédé est plus rapide et moins fatigant pour les hommes qui, durant tout le temps du trajet, dorment peu et marchent la nuit. Mais certains bergers vous diront que la transhumance traditionnelle : à pied, respecte davantage l'équilibre des bêtes, les habitue au changement d'air. Durant trois à quatre mois, les hommes vont rester seuls sur les alpages, attentifs au temps, aux orages, aux assaliés: ces pierres plates sur lesquelles on dispose du sel que lèchent les brebis. Les conditions de vie des bergers se sont cependant considérablement améliorées avec l'avènement des voitures 4X4 et du téléphone mobile...

Chemins muletiers

Autour de Castellane et de Saint-André, nos itinéraires empruntent souvent d'anciens chemins que l'on dit "muletiers". Ces chemins ont joué dans le passé un rôle économique et social indispensable. Avant le XIXe siècle le réseau routier "carrossable" est peu développé en Haute-Provence. Nos routes modernes, reliant Digne ou Moustiers-Sainte-Marie aux Gorges du Verdon datent seulement de la fin de cette époque. Mais il ne faudrait pas croire que les villages aient vécu en totale autarcie. Il existait, au contraire, tout un réseau de chemins qui reliaient les habitants et l'on n'hésitait pas à faire plusieurs heures de marche pour se rendre à une foire, à une fête ou participer à une veillée. Usagers quotidiens de ces chemins, les muletiers assuraient une liaison économique et sociale entre la ville et les villages, entre la Haute et la Basse Provence. Ils transportaient essentiellement les produits locaux: draps de Saint-André, pruneaux de Saint-Julien-du-Verdon, fromages de Thorame ou blé excédentaire les bonnes années. Au retour ils rapportaient les denrées que les régions ne produisaient pas : l’huile d’olive, le vin, le sel, le savon. Ils transportaient aussi les bonnes et les mauvaises nouvelles, les messages, les cadeaux… Chaque muletier possédait plusieurs animaux et c’est souvent tout un groupe d’hommes qui conduisait une véritable caravane. Le trajet durait en général plusieurs jours, d’où le développement des auberges, des maréchaux-ferrants et des abreuvoirs le long de la route. Dans les villages le groupe de muletiers était important. Au XVIIIe siècle, sur la centaine de maisons que comptait Saint-André, une vingtaine était occupée par des muletiers. Ils possédaient leur corporation et leur saint patron : Éloi.
A l’écart des chemins muletiers, pour aller au plus vite, nos routes modernes ont choisi d’emprunter les vallées, rallongeant les distances mais réduisant le temps et les difficultés de parcours. Les moyens techniques ont permis d’aplanir les dénivelés, d’ouvrir les rochers, de contourner les montagnes. Les chemins d’autrefois permettent aux randonneurs de circuler en toute tranquillité, sans oublier que d’autres les ont parcourus bien avant comme le montrent les nombreux oratoires et les bornes disséminées ici et là.

La Sagne, Mais de produits de pays

Maison de Sagne, Saigne, Chassagne ou Chassaigne sont des noms de lieu très répandus dans tout le sud de la France. Ils font référence à une zone humide, presque marécageuse. Par extension, le mot Sagno, d'origine latine, désigne en provençal une plante caractéristique des eaux dormantes: le typha latifolia, plus connu sous le nom de roseau massette. On utilisait autrefois ses larges feuilles (coupantes) pour le rempaillage des chaises. Évidemment la ferme de La Sagne à Trigance se trouve dans la vallée du Jabron, tout près de la rivière. C'est une belle construction, typique des fermes de l'Artuby, qui depuis 1999 connaît une nouvelle vocation. Restaurée et aménagée dans le cadre d'un programme européen de développement rural (Leader II), La Sagne est devenue un espace de promotion et de vente de produits (très) locaux. Une vingtaine d'artisans et d'artistes ont trouvé ici un lieu d'exposition commun: faïences, cuir et bois tourné côtoient des spécialités culinaires, fromages de chèvre ou plats cuisinés, vins et confitures. La découverte de la gelée de pissenlit peut aussi faire partie du voyage! On trouve même à la "Maison de Produits de Pays" des jets et meubles anciens qui ne sont pas exposés que pu décoration...

Le Bacchu-Ber

Le 16 aout à la Saint-Roch, Pont-de-Cervières, un hameau voisin de Briançon, perpétue la tradition du Bacchu-Ber  ou Ba-Cubert. C'est une danse des épées, exécutée par neuf ou treize hommes vêtus de blanc et ceints de rouge, sous le couvert d'une couronne de fleurs. Le chœur des femmes, en costumes briançonnais, rythme la danse sur une mélopée à deux temps. Les danseurs passent à tour de rôle sous l'épée du voisin sans lâcher ni la garde ni la pointe de la lame. Ils esquissent ainsi étoiles, triangles, cercles, et carrés, et achèvent leur ballet en pointant leurs épées sur le meneur agenouillé. Le sens, l'origine et l'étymologie du nom de cette danse, dont il existe des variantes dons les vallées italiennes cédées par le traité d’Utrecht, restent obscures : commémoration de combats, rite solaire, sacrifice symbolique ?

Cadran solaire

Chacun voit midi à sa porte. C’était vrai, au siècle dernier, dans le Briançonnais et le Queyras où les maisons des hameaux les plus retirés portaient, sur leurs façades, des cadrans solaires peints. Les progrès de l'horlogerie ralentirent leur installation mais ils sont encore nombreux — quinze à Saint-Véran — et se révèlent d'une grande diversité. Tous portent une devise, souvent en latin, sur le thème de la fuite du temps et de la fragilité des êtres et des choses : Vita fugit sicut umbra... Vulnerant omnes ultima necat... S'affichent, aussi, des sentences morales ou religieuses, des devises à la gloire du soleil, des maximes épicuriennes : C'est l’heure de boire. Leur décoration témoigne d'un art populaire fécond et parfois plein de fantaisie où dominent les symboles cosmiques les motifs végétaux et animaliers, souvent chimériques pour ces derniers. Les représentations humaines sont rares et se limitent à des visages inscrits dans le disque solaire. La collégiale de Briançon arbore un cadran soutenu par deux atlantes peints ; c'est aussi l'un des plus anciens (1719). L'influence de différents styles architecturaux se fait sentir : les plus anciens cadrans, portant volutes et coquilles, s'apparentent au style Louis XV au style Empire, se rattachent des réalisations plus austères. Ces œuvres furent exécutées par des artistes anonymes à l'exception du Piémontais Giovanni Francesco Zarbula qui réalisa, de 1 833 à 1870, une quarantaine de ces cadrans aisément reconnaissables à leurs oiseaux exotiques aux vives couleurs et à leurs corbeilles de fleurs dominant un encadrement géométrique peint en imitation marbre ou en trompe-l’œil. Depuis quinze ans, les cadrans solaires des Hautes-Alpes sont soigneusement restaurés et chaque année, de nouvelles créations perpétuent cette belle tradition.

Escrins, couyers, jacous

Du mobilier traditionnel des hautes vallées, que de trésors ont disparu, réemployés pour d'autres usages ou débités en bois à brûler ! Pourtant, dons les villages du Queyras autrefois coupés du monde pendant l'hiver, une activité artisanale sans égale s’était développée, avec la sculpture du mobilier et des objets quotidiens. Les coffres décorés, ou escrins, sont le fleuron de cet art populaire qui connut un âge d'or aux XVII et XVIIIe siècles. Taillés dans le tendre pin cembro aux chaudes couleurs, solidement, assis sur quatre pieds plats, ils sont, en dépit une fabrication rustique, décorés de motifs, géométriques curvilignes ou linéaires gravés au couteau, parfois à l'aiguille. Les motifs ne sont pas spécifiques au Queyras, mais appartiennent à ces archétypes symboliques fondés sur des formes géométriques simples et répétitives : rosaces, rouelles, étoiles, croix, chevrons... Ces coffres étaient fabriqués à l'occasion du mariage et les jeunes filles les emportaient avec leur trousseau ; la date de la cérémonie y est souvent gravée, ainsi que des initiales et parfois des dédicaces ou des sentences attendrissantes. D'autres meubles  chaises, lits, berceaux  et nombre d'objets usuels étaient semblablement travailles, parfois par les femmes : salières à couvercle pivotant dites sarreyrons, couyers (étuis de ceinture pour la pierre servant à aiguiser la faux), mesures à grains, quenouilles, tambours à dentelle, rouets  parfois surmontes du coq du Queyras, coffres à bijoux... Quant aux Jouets, les traditionnels jacous, poupées de bois sculptées, renaissent aujourd'hui des mains d'artisans spécialises : dès 1920, une coopérative a relancé cet artisanat, et produit des petites séries d'objets (meubles miniatures, animaux, jeux) peints à domicile comme par le passé.

Crèche

C’est à Greccio que saint François d'Assise installa une première crèche vivante, en 1263. Le poverello voulait ainsi témoigner de la pauvreté du Christ. A la fin du XVIIe siècle, des Napolitains réalisèrent des crèches avec de petits personnages  d'argile. Cet artisanat s'implanta en Europe à la fin du XVIIIe siècle, en particulier en Provence et à Marseille où les figurines furent appelées santons du provençal « santoun », petit saint. C'est avec de l'argile que le santon est fabriqué. Un premier exemplaire est modelé : il est utilisé pour réaliser un moule de plâtre blanc, nécessaire à la production d'une série de plusieurs exemplaires identiques. Pour chaque exemplaire, le santonnier place une boule d'argile dans une moitié du moule et la presse avec la seconde. Cette opération s'appelle l'estampage. Le santon est démoulé, ébarbé, lissé avec une éponge, puis est mis à sécher avant d'être cuit au four à neuf cent cinquante degrés. Il est, enfin, décoré avec de la peinture à l’eau. A Champtercier, à quelques kilomètres de Digne, un artisan, Monsieur Patrick Volpes perpétue, avec passion et talent, la tradition. Comme les autres santonniers, il a saint François d'Assise comme patron.

Saint-Pancrace - Digne
Digne
Vallée de la Bléone - Digne
Digne
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