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Monuments de Castellane et ses alentours

La Tour de l'Horloge

Édifiée en pierres brutes de taille vers 1360, cette massive tour carrée est percée, en cintre brisé, de l'une des deux seules portes de cette première enceinte construite à cette date, qui donnait accès à la ville : la porte du couchant.
Cette position stratégique explique l'importance de sa plate-forme ceinturée de mâchicoulis qui dominait le départ des douves au pied de la colline. Le fossé, alimenté par le Verdon et les eaux de ruissellement du Roc, couraient le long des murs jusqu'à la porte du Mazeau, en face du flanc gauche de l’église actuelle. Une herse descendait de la voûte le long des coulisses de pierres afin de ferme la rue Soubeyrane. Derrière la tour grimpe une ruelle dans la colline, dénommée : rue de la Poudrière, mais plus aucune plaque ne la marque : pourtant la grotte servant d'entrepôt aux munitions s'ouvre toujours intra-muros à flanc de coteau.
Le XVIIe et le XVIIIe siècle apportant un peu de calme après la tourmente médiévale, l'art de la guerre évoluant, les corbeaux ceinturant encore l’édifice furent soulagés de leur muraille de créneaux afin de les recouvrir d'un toit de tuiles. Sera adjoint bientôt une construction cubique surmontée d'un cylindre coiffé d'un campanile en forme de bulbe en fer forgé, où est installé tout le mécanisme de l’horloge.
Cette merveille d'artisanat vieille de près de deux siècles fonctionne à la manière des carillons de nos grand-mères. Une tige de fer monte jusqu'au marteau et l'actionne pour marquer les heures et les demies en frappant la cloche.
L’employé municipal est chargé de remonter l'appareil c’est-à-dire de hisser périodiquement les poids sur une hauteur de quelques dix mètres à l’aide d’une antique manivelle. Au début de ce siècle, le son du carillon portait haut et clair jusqu'aux moissonneurs du fond de la vallée. Aujourd'hui, beaucoup plus discret, il ne réveille personne ...
Produit par un mécanisme basé sur le bras de levier, le son est proportionnel à la force du poids qui l'actionne. Le son étant plus faible, le poids a dû s’alléger avec les années…

Les Oratoires et Petra Castellana

Perchée au sommet du Roc, surplombant le Verdon de 190 mètres, Notre-Dame-du-Roc veille sur Castellane et ses habitants qui la vénèrent depuis sa première construction, (chapelle du château), présumée pendant la première partie du IXe siècle.
Pour y accéder, nous pouvons emprunter deux sentiers se rejoignant, dont l'un part derrière l'église Notre-Dame-du-Sacré-Cœur. Celle-ci devait être encadrée de deux clochers ... mais des fondations furent creusées à l'emplacement des anciennes douves, qui, à cet endroit, collectaient les eaux de ruissellement du Roc. Les fouilles furent si profondes et les sous-bassement si importants que les crédits destinés au deuxième clocher y furent littéralement engloutis. Nous nous élevons peu à peu au rythme des oratoires de ce chemin de croix, nous permettant, au fil de nos pas, de découvrir le vaste panorama de la cité, dans son écrin de collines serties de montagnes, barré par l'éclair d'argent du Verdon.
Les quatorze stations de pierres de taille furent inaugurées le 29 novembre 1868 et décorées vingt ans plus tard de biscuits polychromes représentant les scènes de la Passion. Bientôt paraît Petra Castellana, couchée au flanc méridional de la colline, dans la sérénité d'ouvrage rendu à la nature. Il faut aller très loin dans notre mémoire collective pour comprendre ou saisir, l'émergence de notre devenir. Nous avons claqué les portières de nos automobiles et sommes redevenus les voyageurs qui arrivent et découvrent au même rythme que nos pères qui ont construit ces murs devenus des cailloux. Petra Castellana nous regarde venir, accrochée sur des pentes affolées de genêts ; Notre-Dame du Roc veille sur les empreintes d'une vie difficile que nul ne connaît plus. Le tracé des ruelles reste dans l'herbe folle avec ça et là des pans encore de murs mais si inaccessible qu'ait été un tel village défendu sur ce roc abrupt, épineux et sauvage, il n'a pu résister pour être et devenir.

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Notre-Dame-du-Roc

Notre-Dame contempla de son promontoire les péripéties d'une histoire qui ne l'épargna pas. Témoin muet des sanglants combats qui ruinèrent la baronnie des Castellane, elle permit la fuite de Boniface VI "le Troubadour" par le souterrain qu'elle dissimulait sous sa nef. (Celui-ci fut transformé en crypte en 1890). Pillée en 1560 par les Huguenots, rebâtie sous sa première forme en 1590, elle accueille une communauté dans son ermitage de 1663 à 1672. Celle-ci doit déménager compte-tenu de son délabrement, ce qui nécessite une nouvelle reconstruction en 1703, mais elle s'avère de qualité médiocre et une restauration est nécessaire en 1775. La révolution affectera surtout son mobilier. En 1876 sa façade est reconstruite et la statue primitive déposée au bord de l'abîme remplacée par l'œuvre actuelle d'une hauteur de plus de six mètres et d'un poids de 20 tonnes, acheminée, -dit-on, par l'assemblée des femmes dévotes depuis Castellane ... !
Les pillages, abandons, reconstructions ont laissé des stigmates ... ainsi l'autel est décalé par rapport à l'axe de la nef ... et sur les murs se discernent des formes anciennes. Des mobiliers successifs s'offrent aujourd'hui encore à nos regards dont une vierge de marbre du XVIIe siècle. Déplorons le vol récent des tableaux qui l'ornaient ... (signature de Jenti-1736- pour celui du Maitre-Autel).
Castellane devenant chef-lieu de Bailliage en 1281, Notre-Dame fut chapelle royale et, autant que faire se put, y furent affectés des Pères ou des serviteurs de la paroisse qui eurent charge de garde, et d'entretien ainsi que charge de sonner l'angélus et tous les autres offices de la semaine ... Le dernier de ces sonneurs vécut au début de ce siècle. Son office ponctuait la vie quotidienne. Outre ce devoir, la coutume voulait qu'il montât pour sonner la cloche afin d'éloigner la grêle ou l'orage lorsque ceux-ci menaçaient.
Notre-Dame-du-Roc n'étant pas avare de miracles éloignait de la plaine la calamité. Les cultivateurs reconnaissants offraient alors une assiette de blé ou de céréales pour l’ordinaire du bien aimé sonneur ... Il fut hélas suspendu de ses fonctions après avoir eu les mains brûlées par la foudre qu'il avait si longtemps éloignée. Cependant, de nos jours, on entend encore carillonner la cloche de Notre-Dame du Roc. Mais pour connaître l'heure, ne vous fiez pas à son nombre de coups. Chaque promeneur peut aller à sa guise rendre visite à l'édifice bien aimé de la populaire madone. Pour y accéder, la clé est disponible à toute heure du jour. Ainsi, elle va et vient entre la chapelle et le presbytère, entre des mains qui se tendent, se la transmettent, de même que des bonjours s'échangent naturellement tout au cours de ce sentier.
Et si les sons de cloche ne font point toujours le miracle de conjurer le mauvais temps comme cela le fut durant des siècles, ils réunissent toujours ceux qui l'entendent et la main qui tire la corde n'est plus vraiment anonyme dans cette chapelle qui vous accueille et vous abrite pour tout le temps que vous lui accordez.

Place de la fontaine aux Lions – Rue du Mitan

L'origine de la fontaine remonte à l'époque médiévale. Elle servait aux besoins de la ville fortifiée ; elle servit encore à nos grands-parents qui la virent surmontée d'un obélisque de pierre, comme en témoignent d'anciennes photographies. Elle était alimentée par une source située au-dessus de la route menant à Notre-Dame du Plan. La source se troublant parfois, du fait de l'arrosage agricole, les habitants allaient alors se ravitailler devant la poste actuelle à un puits comblé maintenant, dont la profondeur nécessitait un système de treuil mécanique à chaînes hissant des godets. Aujourd'hui, toutes les fontaines de Castellane sont alimentées par l'eau de la ville et sont donc potables.
En face de la fontaine, un immeuble en pierre froide attire le regard par son architecture. Cet immeuble était l'hôtel de la "Mule blanche" dont on pouvait voir l'enseigne, en début de ce siècle, suspendue à la potence en fer forgé qui subsiste encore aujourd'hui. La porte principale est décorée de deux lions en bois sculpté, par analogie aux noms des anciens propriétaires, et de là, selon toute hypothèse viendrait le nom de la fontaine dite "aux lions", ce qui par us et coutumes, la distinguait des autres en la situant. Cette place était appelée "place aux herbes" : durant les jours de marché, elle était réservée aux cultivateurs des environs pour écouler leurs légumes, et autres produits fermiers. Pendant ce temps, près des Halles, il était alors coutume de hisser un drapeau jusque vers le milieu de la matinée, déterminant par là le temps imparti exclusivement aux commerçants castellanais ; une fois le signal amené, c'était au tour des professionnels extérieurs d'exercer leurs ventes.

Eglise Saint-Victor

Érigée sur des terres de l'Abbaye de Saint-Victor de Marseille et sur son initiative, c'est autour d'elle que se formera le Bourg, seconde partie d'une communauté éclatée dont la première était la ville haute, Petra Castellana. C'est peut-être la nécessité d'une identité sociale qui fait que Saint-André-du-Roc et Saint-Victor affichent une telle similitude. Bien qu'un premier sanctuaire ait existé au XIe siècle, il n'en reste rien d'apparent, et c'est fin XIIe siècle qu'il faut dater avec plus de certitude l'actuelle façade de l'édifice.
En 1260, pleine puissance de la Baronnie, cette église, proche du château, devient, avec Notre-Dame-du-Plan, paroissiale à la place de Saint-André-du-Roc. Elle le restera jusqu'en 1876, année inaugurale de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur.
En 1445, Notre-Dame-du-Plan a été désaffectée. Saint-Victor s'agrandit au nord d'un clocher (construit avec des pierres de Petra Castellana) puis d'une seconde nef (appelée du Rosaire). Les guerres de religions n'épargnèrent pas le mobilier intérieur. Saccagé puis mal entretenu, le sanctuaire se délabrera peu à peu. Il faudra attendre le ministère de Monseigneur Soanen, à la fin du XVIIe siècle, pour que quelques réparations d'extrême urgence soient effectuées (clocher ouvert, planchers détruits, les deux nefs fendues ...) et quelques usages abolis (création d'un cimetière hors des murs car il était coutume d'enterrer dans l'église). Vers 1670, la flèche du clocher s'effondre ; il faudra attendre 1780 pour que le dernier étage en l'actuel état remplace la provisoire toiture demandée par Mgr Soanen, travaux contemporains de la troisième et dernière nef au nord de la seconde. Il est facile de repérer les adjonctions successives à l'extérieur du bâtiment à côté de l'abside ...Il est par contre difficile de ne pas être choqué par le faite grossier coiffant la tour, interrompant les chainages d'angles de couleur ocre issus de Petra Castellana, et brisant l'élan harmonieux des magnifiques cintres du XVe siècle par des ouvertures anguleuses et disproportionnées.
Les seules saillies de l'austère façade sont celles de sa corniche lombarde et de sa ligne de corbeaux qui servait d'appui à un auvent (les églises et leur parvis furent longtemps des lieux de rassemblement en dehors du culte).
L'intérieur, fort sombre, abrite quelques pièces remarquables de mobilier dont un superbe retable de 1724 sur l'autel de la Vierge en bois doré, une chaire de bois travaillé de bas-reliefs, deux piliers de bois torse sculpté, et le maître autel (XVIIIe siècle) en bois doré agrémenté d'un tabernacle à baldaquin et de tableaux. Formulons le vœu que les efforts entrepris par les personnes s'occupant de Saint-Victor, afin de sauvegarder ce patrimoine, porteront leurs fruits. Nous les remercions car leur bénévolat permet chaque année l'ouverture de ces portes restées trop longtemps closes.

La Tour Pentagonale

Dominant le Bourg, fermant l'extrême hauteur de l'enceinte, point d'orgue au regard, comme un reflet dans la vallée de Notre-Dame-du-Roc, affirmant le caractère médiéval de Castellane, la Tour Pentagonale est l'un des ouvrages les mieux conservés. Malgré son toit qui remplace les créneaux originels de 1359, sa silhouette est restée inchangée et l'absence de constructions alentour restitue à ce lieu l'aspect qu'il devait avoir il y a six siècles. Toute la façade tournée vers la plaine et la ville était vide, et une série de plates-formes desservies par une volée d'échelles surplombait la vallée ; admirable poste de guet ... mais très certainement inconfortable pendant les rudes hivers au milieu de ces montagnes.
Fermée, percée de fenestrons, elle fut habitée au siècle dernier. Un pigeonnier occupe deux étages sous sa voûte terminale. Pigeons fermiers ou voyageurs ? Car ces derniers durent être utilisés, dispensant les messages aux quatre coins de la contrée comme les valets de villes dans le Bourg, charge tombée en désuétude seulement dans les années 60 ... Le valet de ville aurait pu ainsi vous informer de mille et un événements publics ou privés, ainsi ... les 14 août vous ne seriez pas arrivés en retard à la procession nocturne qui déroule son serpent lumineux de flambeaux jusqu'à Notre-Dame-du-Roc ...
Il n'aurait pas manqué de vous rappeler la fête patronale le dernier dimanche de mai, et vous auriez pu participer à la décoration de l'église et tendre du sommet des cintres jusqu'aux piliers latéraux de longs voiles bleus comme le manteau de la Vierge ; vous n'auriez pas omis d'honorer la Saint-Antoine d'hiver le 17 janvier et de manger à la messe les petits morceaux de fougasses offerts dans un torchon ; à son annonce, vous auriez pu choisir votre costume de style Empire pour participer à la "Bravade" des fantassins et cavaliers, qui commémorait en ce début de siècle le passage de Napoléon, en caracolant sur le "Tour de ville" ... Il vous dirait les dates des foires ou des marchés (les mercredis et samedis) ... il aurait diffusé l'avis de recherche pour votre chat ... ou annoncé un spectacle. Certes il n'aurait pas clamé les recettes de la morue aux poireaux, des pâtes fraîches aux noix, ou des crues…mais si vous les désirez, vous pouvez les demander aux personnes de ce pays ... Les vrais Castellanais connaissent leurs plats traditionnels.

Les Halles

L'auvent de l'hôtel du Levant fut construit pour servir d'abri aux charretiers, transporteurs et autres routiers. L'hôtel étant à l'origine moins important qu'à l'heure actuelle (on remarque le raccord d'un bâtiment ultérieur au niveau des génoises), l'auvent était décalé sur la rue des bains. En son abri se tenait aussi le marché aux grains, d'où son nom de "halles". A cet effet, aux trois angles extérieurs, étaient disposées de grandes tables de pierre surmontées de trémies dans lesquelles les producteurs versaient leurs grains afin que les commissaires assermentés en mesurent la récolte.
Ces halles étaient aussi un des terrains de jeux favoris pour les garnements de l'époque. "la Caroge" était en vogue alors : ce jeu consistait en une joute entre deux équipes qui alternaient les rôles. Le chef de la première s'appuyait le dos au mur et alignait ses équipiers courbés face à lui, en file indienne, le premier joueur ayant sa tête sur son estomac. Sur cette chenille humaine, les membres de la seconde équipe s'élançaient tour à tour et prenant appui sur le dos du dernier, s'efforçaient, en survolant les autres, d'atteindre le leader leur faisant face. Ce genre d'exercice pratiqué sur des dalles de pierre nécessitait une constitution particulièrement solide vu les plaies et bosses récoltées, comme nous l'a rapporté certain doyen avec un brin de nostalgie, en se frottant le coude ...

Le Couvent des Augustins

En 1281, Charles 1er d'Anjou donna aux Augustins le château des Castellane. L'Ordre l'aménagea en couvent et l'édifice subit au cours des siècles maints aménagements dont le dernier consista en 1987 en la création de l'internat du collège en ses vénérables murs. Le cloître en constitue le centre autour duquel s'agencent les bâtiments. La galerie aux arcades romanes soutenues par des piliers décorés, à bases carrées, encadre une pelouse d'où émerge, sous un bouquet d'arbres un puits du début du siècle. Une porte s'y ouvre, au couchant, donnant accès à la chapelle qui fut celle des seigneurs et dont il faut donc dater l'origine avant 1260. Malheureusement des restaurations maladroites l'ont dénaturée. Elle s'épaule à une tour d'angle circulaire débordant dans les jardins de la rue des Bains. Les Augustins firent construire une église à l'aube du XIVe siècle, aidés en cela par Charles II d'Anjou, sur l'actuel boulevard Saint-Michel.
L'ancienne chapelle servit alors de sacristie au nouveau sanctuaire et ne sera rendue au culte sous le vocable de Saint-Joseph qu'en 1915. La décoration intérieure et le mobilier en firent l'un des établissements les plus riches et les plus appréciés de la Haute Provence. Il traversa l'histoire avec une relative sérénité. Mais l'église, que les guerres et la révolution avaient épargnée, fut détruite en 1876 ... pour élargir le boulevard Saint-Michel !
Le porche, témoin miraculé, a été reconstruit contre le mur de l'ancien château (il s'ouvrait originellement face à la porte de l'horloge), et s'encadre entre les pilastres de départ des voûtes. L'Ordre des Augustins disparut à la Révolution ; en 1793 une école d'enseignement public fut installée dans le couvent. Il devint plus tard collège religieux de garçons. En 1913, le Prince de Monaco l'acheta comme colonie de vacances ; il est actuellement propriété de la commune et du département.

La Fête du Pétardier - La Belle Judith

Cette fête célébrée annuellement depuis le mémorable 31 janvier 1586 prend source au pied de la porte baptisée depuis "La Belle Judith", mais aussi appelée de "l'Annonciade" en référence au monastère des pères servites (originaires d'Annonciade) installé en son voisinage ; ou "aux bœufs" car les animaux de boucherie acheminés depuis les campagnes environnantes étaient abattus sous son porche. Elle fut percée dans la muraille au XVIe siècle lors de l'extension des remparts, époque où les rues encaissées résonnaient de l'écho des outils des artisans œuvrant dans leurs échoppes, où de multiples commerces offraient leurs étals à une foule cosmopolite de résidents, paysans, voyageurs s'affairant sur des pavés parfois encombrés de bétail. Temps révolu où la communauté allait apprécier colporteurs ou troubadours sous l'auvent tendu devant Saint-Victor.
Mais de graves événements troublaient les esprits et les chemins, les guerres de religions secouaient l'ordre du royaume et depuis le triste épisode des frères de Mauvans (1560), catholiques et protestants s'entredéchiraient périodiquement sur la terre de France ... pas toujours pour de simples questions théologiques.
Ainsi le Baron d'Allemagne, descendant direct de Boniface V, général des troupes réformées en Provence en 1586 n'avait-il pas eu, en décidant d'attaquer Castellane avec son allié Lesdiguière et 1.500 hommes, l'idée de reconquérir les terres de la Baronnie dont il était l'héritier direct ? L'assaillant comptait sur l'effet de surprise, mais le corps de troupe ne fut pas assez discret et l'habitant averti eut le temps de renforcer ses défenses, de murer ses portes et de mobiliser armes et munitions.
Peu chaud à Lesdiguière de prendre une telle place ... D'Allemagne le convainc d'une attaque. Le seul moyen pour investir la place étant d'enfoncer une porte, celle de l'Annonciade fut choisie en regard de sa faiblesse et du nombre peu important de ses défenseurs. Un corps de troupe sous la direction du Capitaine Jean Motte s'attache alors à la pose des pétards. Sachez qu'un pétard était une grosse pièce de bronze, très lourde, de la forme d'une bombarde ; bourré de poudre. On accrochait la gueule contre la porte, et quand la poudre explosait, la force d'inertie due à la masse de la pièce faisait voler l'obstacle en éclat. Il va sans dire qu'une telle opération entraînait une exposition dangereuse aux jets d'armes des défenseurs ... corollaire fatal au capitaine recevant un chaudron d'huile bouillante jeté du haut des murs par la Castellanaise Judith Andrau. La troupe se disperse, choquée par cette mort spectaculaire de l'officier ... et peu encline à une nouvelle offensive ...
D'Allemagne et Lesdiguière lèvent le camp ; c'est l'échec. La population prononce alors le vœu solennel que la communauté commémorera cet événement pendant au moins un siècle : promesse fut tenue puisque celui-ci donne lieu à une fête et à des processions le long des remparts tous les 31 janvier depuis 1586. Des offices religieux, une chanson, ont même été écrits spécialement pour glorifier cet épisode, et la tour fut populairement baptisée du nom de l'héroïne l'ayant sauvée ... "La Belle Judith".

Rues et maisons de Castellane

Il est facile de remarquer, la similitude architecturale des habitations intra-muros du village. Les maisons s épaulant les unes aux autres sont bâties tout en hauteur, certaines atteignant cinq étages. Le rez-de-chaussée s'ouvre sur la rue, dans la majorité des cas par une grande porte de grange à deux battants, au linteau généralement droit constitué d'une poutre, ou à anse de panier, en pierre taillée et finement jointée. Cette ouverture est doublée d'une porte d'immeuble en bois massif, plein cintre ou cintre brisé, souvent de style Louis XIII et parfois encadrée de pilastres de pierre. Certaines maisons ont leur toit doublé au-dessus des génoises d'une terrasse couverte. Cette disposition correspond au style de vie qu'avaient leurs habitants, à savoir celle d'une population avant tout rurale, mais à l'habitat groupé.
Car compte-tenu de la configuration accidentée du relief et des moyens de communication, les cultures étaient rassemblées autour de Castellane ou autour des hameaux. Le rez-de-chaussée servait aux animaux de trait et au bétail ; les étages d'habitation, les combles et les terrasses de séchoir à fruits et à légumes, parfois de greniers à foin ; des potences et des poulies pendent, désormais inutiles, sous certaines génoises. De-ci, de-là, dans les rues, subsistent encore des maisons qui n'étaient pas habitées mais avaient charge de remise, entrepôts de matériel agricole et autres voitures, généralement surmontées de greniers à foin et à grains. Ce temps n'est pas si lointain puisque dans les années 50 l'un des derniers chevaux, vestige de ce mode de vie, occupait le rez-de-chaussée en face du no 9 de la rue de la Fontaine, sous deux greniers à foin. Dans le pays, les bœufs étaient utilisés par souci d'économie et de rentabilité. Ils étaient ferrés sur une placette dans le rue du Mitan et pour ce faire, l'animal était immobilisé dans un appareil constitué de quatre forts piliers en bois massif muni de treuils et appelé "travail". Après quelques années d'inactivité, il fut démonté.
En même temps, les maréchaux-ferrants disparurent, corrélativement aux forgerons, ainsi que les bêtes de somme et les petits métiers avec leurs outils : — les dernières charrettes furent construites dans un atelier situé dans la ruelle contigüe au flanc droit de l'église, — le savetier, les cordonniers qui étaient alors fabricants de chaussures, les ferblantiers, les horlogers, les potiers, les tisserands, les tailleurs, les chapeliers ... Fort heureusement, nous avons toujours la joie de voir revenir, avec le printemps, notre modiste, qui ouvre sa boutique et nous présente ses nouvelles collections.
Autour du Verdon

Saint-Thyrs - Robion - Saint-Trophime

De Castellane, pour vous rendre à Saint-Thyrs, Robion ou Saint-Trophime, à pied deux chemins y mènent ; en voiture, vous devez emprunter le vallon de Rayaup, défilé impressionnant et plein de charme. Dans ce vallon, baignez-vous dans les trous d'eau, et parvenu presque au plateau ayez le plaisir de vous désaltérer à la source sous les noyers. Alors ... faites trois vœux, gardez-les secrets, et si en cet instant vous entendez le coucou chanter, ils se réaliseront.
Au bord du plateau que vous abordez se dresse l'épique silhouette d'une chapelle, dédiée à Saint-Thyrse de Bithynie selon toute probabilité. Cette œuvre de dimension modeste présente une rare harmonie. De facture romane à son stade primitif, elle est décorée intérieurement de bandes lombardes qui sont généralement à l'extérieur des édifices. Réparée au XVII le siècle sur l'ordre de Mgr Soanen (époque de la partie haute du clocher) elle fut classée par les Monuments de France qui la restaurèrent voilà quelques années.
Par Robion, contre la montagne, montez, montez ... jusqu'à la chapelle blanche accrochée tout là-haut dans la falaise, peut-être alors y verrez-vous la source couler ... et si vous arrivez à boire son eau, vous vous marierez dans l'année ... Outre ce dicton, sachez que l'édifice troglodyte actuel date du XVIIe siècle. Elle était le but de processions annuelles, le 28 décembre, pour fêter le Saint-Patron du village (Saint-Trophime d'Arles). Cette coutume peut être rattachée aux traces d'habitations alentour et à celles d'un pont levis laissant supposer qu'elle fut l'ancienne paroisse de Robion. Déplorons le vol de sa stèle d'époque mérovingienne...

Légende de l'auberge de Saint-Thyrs

Avant d'arriver à Saint-Thyrs, l'immense noyer vous accueillera sous son ombre dit-on mortelle car nulle culture n'y pousse, et si vous vous y allongez assez longtemps, les craquements de son énorme charpente et les murmures de l'eau de la source dans la conque vous raconteront la terrible légende de ces lieux.
Autrefois, sur cette route escarpée, caillouteuse et mal commode, qui va de Draguignan à Castellane, par Comps et Jabron, le voyageur, à la tombée du jour et surtout quand l'un de ces violents orages de montagne menace, s'empressait de rejoindre au plus vite ce relais faisant auberge, installé dans la massive bastide. Dans ces espaces inhabités, l'écho des pas des montures et du bandage des voitures cahotant dans la pierraille avertissaient bien à l'avance l'aubergiste de cette arrivée peut-être prometteuse. Il avait donc le temps de préparer chaudrons et victuailles, de raviver le feu. Les chevaux trouvaient à l'écurie fourrage et paille fraîche tandis qu'au-dessus teintaient les couverts dans les écuelles.
Les troupes furent toujours bien reçues, satisfaites, mais ... certains attendirent très longtemps le retour ou l'arrivée de l'étranger solitaire qui avait dû emprunter ce chemin ... et y faire halte ! Et ces soirs-là, la lueur rougeâtre filtrant à travers les ouvertures de la muraille, s'éteignait très tard ... Ces disparitions, ces lumières nocturnes, dans ces lieux déjà hantés par les fantômes des templiers, leurs trésors et leurs sanctuaires souterrains de Saint-Thyrs, Valcros, Saint-Trophime, firent naître dans l'imagerie populaire le tableau de cette nouvelle auberge rouge. Les légendes ont-elles leur part de vérité ? Toujours est-il que troublantes furent les pensées de celui qui, en l'an 1959, découvrit dans l'une des caves, sous la salle commune, un four muré, rempli de cendres ! Mais rassurez-vous, entre-temps, l'auberge acquise par une nouvelle famille racheta la légende en devenant "terre de prospérité" où habitèrent des nourrices réputées jusque dans le Var, qui remplirent la maison d'enfants joyeux et pleins de vie ... et il est bien connu que ce sont les enfants qui enlèvent les sortilèges!

Ville

Nous qui nous promenons à la surface des choses, où dans notre civilisation le signifiant a pris le pas sur le signifié, que d'ironie que de monter à Ville, où ce signifiant-là n'a plus de signifié. Dans le développé des barres rocheuses, une silhouette féodale suspendue au-dessus du Lac de Castillon accroche le regard et attire les pas vers une crête chaotique aux formes indéfinissables ... L'on se surprend bientôt à penser que de la montagne ont poussé des murs ...
C'est là où l'on voit la distance qui nous sépare de Ville, ce bond hors du temps qu'elle a fait par rapport à notre quotidien vécu. C'est pour cela qu'il faut se promener en Haute-Provence, où le contenu est quasiment innommable, où il faut rester au niveau des sensations et non du dire, au niveau du réceptif plutôt que du restitué. Ces paysages, parce qu'ils respirent, nous font sortir de l'univers habituel que nous proposent les médias où tout est traduit par les sons, les mots afin qu’il ne nous reste qu’eux pour déterminer notre devenir.
Ici, ce ne sont pas les mots qui nous déterminent. C'est ce que nous avons peut-être oublié, à savoir la complétude entre ce que nous sommes et là où nous sommes. Peut-être ici aurons-nous la chance de réapprendre à trouver, ou retrouver notre identité. "Ville, tellement haut qu'on y voit les aigles de dos". "Ville", racine de la commune de Demandolx, du nom de son seigneur, massacré en plein champ avec une partie de sa famille pendant les guerres de religions, à l'histoire intimement mêlée à celle de Castellane. N'en partez pas sans vous être rendu par un sentier d'où la vue se perd dans un panorama grandiose, à la chapelle romane de Conche assise sur un plateau derrière la crête, à 500 m de l'église Saint-Fortunat (fin XIe siècle) laissée hélas à l'abandon.

Eoulx

Au flanc de la Destourbe, Eoulx regarde l'enfilade du vallon creusé par le torrent du même nom, fort agréable à suivre par un chemin empierré et ombragé. Ce village perché et venteux (d'où son nom) ne consiste en fait qu'en quelques maisons écrasées par la masse imposante d'un château construit sur d'immenses caves voûtées. Les seigneurs successifs en furent Boniface de Castellane (1226), puis le Comte de Provence (1248).
Il fut offert par la Reine Jeanne en 1381 à Jean de Raymond dit Le Gros. Ses descendants ne le quitteront qu'à la Révolution. De vastes jardins à l'abandon s'échelonnent sous sa façade. Il fut rebâti au XVIIIe siècle, style qu'il affiche jusque dans ses gypseries et fut fréquenté par une élégante société au XIXe siècle ... En l'an 1988 les moutons en empruntent l'escalier d'honneur.
Trois chapelles entourent cet imposant édifice dont celle de Saint-Pons, du plus pur style roman primitif (non voûté) à la porte plein cintre. Malheureusement vouée aux intempéries, sans entretien aucun, elle se dégrade au fil des ans. Que pourrait-il en être sauvé ? Une voie, à flanc de colline, permet de rejoindre Saint-Thyrs et Robion à pied en passant par "la Rivière d'Eoulx".

Taloire

La piste qui mène à Taloire commence au pont du même nom enjambant le Verdon, grimpe à travers bois et clairières entre deux reliefs accidentés, randonnée agréable à l'ombre de grands arbres. Un grand champ pentu traversé d'un ruisseau annonce l'arrivée au village.
A droite du chemin bée une chapelle romane éventrée par le tremblement de terre de 1951. Les quelques maisons encore habitées sont groupées à l'entrée, au pied d'un étroit plateau semé de vestiges, au bout duquel semblent être les restes d'un oratoire, dont l'accès passe entre une massive bastide et une maison tour aux murs déformés. Ici furent trouvées plusieurs médailles romaines, 34 monnaies d'or, ainsi qu'un anneau honoraire, signe distinctif des chevaliers.

Valcros

Ce lieu se nomma Vaucroux (de Val creux) puis Valcroze. Au-dessus d'un vallon fort encaissé dans la forêt, posée sur un mamelon nu meublé de deux ou trois arbres dont un chêne immense vieux d'au moins six siècles, à la lisière d'un bois de pins, très austère, silhouette provençale typique, la ferme-château, encadrée de deux tours à dôme comblé couvert de tuiles cuissardes, éclaire d'un camaïeu d'ocres le cirque de collines. Contre le corps principal existait une chapelle carrée à croisée d'ogives. Une niche creusée dans son mur devait abriter une petite statue, à droite de son entrée, les restes d'un bénitier en faïence de Moustiers-Sainte-Marie enchâssé dans une coquille Saint-Jacques en staff témoignent des origines XVIIIe siècle de l'ensemble.
Par le travail d'entretien et de restauration qu'ont entrepris les propriétaires, cette propriété privée mérite grandement d'être respectée. Si ces terres furent données aux templiers du Ruoux par Boniface IV, comme l'atteste un document portant son sceau en 1205 ceux-ci ne se sont pas installés à cet endroit, mais ont édifié une forteresse située au nord-ouest des "rochers du fort", ruines quasiment inaccessibles si ce n'est par Robion et la Basse de la Doue.

Chasteuil

Chasteuil, route du bout du monde, tire son nom du latin Castellum et le site fut occupé depuis la plus haute Antiquité, en atteste la découverte de nombreuses médailles et monnaies romaines.
Le GR4 contourne, en venant de Castellane, le piton rocheux couronné des vestiges du vieux village. Là, les bases d’une tour carrée marquent la place du château surveillant le Verdon, nous rappelant la puissance de la Baronnie de Castellane dont elle faisait partie.
Les toits de Chasteuil se groupent comme frileusement autour de leur église, modeste chapelle du XVIe siècle, dédiée à Saint-Sébastien, dont le clocheton à l’appareil rustique et largement ajouré supporte deux cloches dont la silhouette n’est pas sans évoquer celle dite de « tourmente », équipées de contrepoids supérieurs hauts et larges permettant une prise suffisante au vent qui, dans la tempête, faisait sonnée le signal à la volée.
Vous serez sans doute heureux de faire halte près de la source au débit abondant qui coule dans ce village aux étroites ruelles. Le « poudé » (faucille) ne coupe plus l’aspic (lavande sauvage) pour alimenter le « peïrau » (alambic)… Mais les maisons d’aujourd’hui se restaurent grâce à l’initiative d’un groupe d’artisans qui désirent faire revivre la communauté en exerçant leurs métiers.

Rougon

Rougon tint une place prépondérante dans l'histoire de la baronnie de Castellane dont il fut place forte du glacis de défense. Ses seigneurs furent toujours mêlés de près ou de loin aux conflits qui agitèrent ce coin de Haute-Provence ... nombre de leurs voisins eurent souvent par ailleurs à se plaindre de leurs excès guerriers ... Leur château, dont les ruines couronnent l'éperon rocheux au-dessus du village, sera acheté par l'abbaye de Lérins qui en jouira jusqu'à la Révolution pendant laquelle il fut vendu comme bien national. Sa chapelle Saint-Christophe, illuminée pendant les fêtes patronales, ouvre son porche cintré au couchant. La nef de trois travées à cintre présente une décoration de rinceaux et feuillages : son sol carrelé de faïence jaune date comme l'ensemble du XVIIe siècle. Le Bourg accueillant est une halte agréable pour des randonnées dans la campagne et jusqu'à la barre des Catalans où reposent des fragments de fortifications ... La vue en enfilade des Gorges y est somptueuse, marquées à leur départ par deux rochers se faisant face, populairement baptisés -Samson et Dalila".

Meyrestre et la Palud-sur-Verdon

Meyrestre, ancien village de la Palud-sur-Verdon, fut plus peuplé que le bassin occupé maintenant, lieu très humide (la racine latine Palus indique en effet la présence de marécages ...) et fut nanti d'une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Meyrestre. Dans le cartulaire de Lerins (premier monastère de Provence à avoir été fondé en 405 par Saint-Honorat qui a donné son nom aux îles de la baie de Cannes), l'on trouve trace de l'installation, en 470, dans le quartier Saint-Maurice (ou Saint-Maurin), d'une colonie de moines de cet ordre. Ce quartier situé à mi-chemin de Meyrestre et La Palud, au bord des gorges, est pour le voyageur un havre de fraîcheur et de ravissement. En cet endroit, le tuf tendre du massif montagneux a été creusé par deux sources qui jaillissent en cascade dans un cirque de prairies suspendues. Une multitude de trous, de creux et de conduits ouvragent la roche. Certaines de ces anfractuosités sont assez importantes pour servir d'abris.
Au XIXe siècle, ces grottes, communiquant entre elles, servirent de greniers à foin, après avoir logé les moines qui y restèrent très certainement jusqu'au XVIIe siècle, au cours duquel on trouve mention du désert de "Saint-Maurice" en référence à ce sanctuaire rupestre. L'escalier de pierre taillé dans la roche et les traces d'attaches des murs qui fermaient ces abris attestent de cette occupation. Jusqu'à la fin du Moyen-Age la configuration de la Palud-sur-Verdon évolua. Elle était tout d'abord formée de trois quartiers dont Meyrestre était le plus important ; puis l'actuel village devint conséquent, grâce à la résidence, en son château, de la famille Demandolx, du XIVe siècle à la Révolution. L'actuelle demeure, bien endommagée, date dans son ensemble du XVIIIe siècle. Beaucoup plus ancien est le clocher du village (vestige du IXe siècle) et la chapelle intégrée à l'imposante église qui, elle, fut reconstruite vers 1870. Appartenait aussi à cette famille le "Manoir de Meyrestre", bâtisse actuelle du XVIIe siècle, à fenêtres à meneaux et encadrée de deux tours, abritée sur une plate-forme rocheuse au-dessus du Verdon, que devait occuper un vassal noblio-paysan.

Le Verdon

Le Verdon est omniprésent dans l'histoire de Castellane, qui naquit à cet endroit parce que la rivière y est franchissable, d'où la construction du Pont du Roc. Ses eaux alimentèrent les douves ; il détermina la structure de la ville : conçues pour évacuer les crues, les rues étaient en creux, les maisons s'épaulent entre elles soit directement soit à l'aide de petites arches. Elles bougent encore maintenant. Les barrages régulant le débit des eaux permettent désormais de se promener le long de son cours à moindre risque. Ses gorges très belles offrent la pratique des loisirs nautiques, de l'escalade, des randonnées pédestres le long de rives boisées restées sauvages. Le Verdon prenant un aspect touristique, nous entrons dans l'histoire prospective : Castellane devient ce qu'elle est parce que le Verdon est un phare dans notre civilisation de loisirs.
Les Grands Travaux de Marseille, aux environs de 1900, rendent, par le forage de tunnels (ouvrages destinés à la conduite forcée devant canaliser le Verdon), aujourd'hui possibles les randonnées au fond des gorges. Le sentier Martel, du nom du topographe de ce gigantesque projet abandonné demande 6 heures de marche, du Chalet de la Maline au Point Sublime, sens dans' lequel nous vous conseillons de l'emprunter. Votre marche sera balisée par des points remarquables dont :
  • la plage des Cavaliers, idéal pour un pique-nique
  • l'éboulis de Guègues, résultat des déjections du perçage du tunnel du même nom
  • la Mescla (confluent de l'Artuby)
  • le Belvédère de la Brèche Imbert
  • l'escalier de 240 marches
  • le site de Trescaïre
  • le chaos du couloir Samson
  • la Baume aux pigeons ...
…et à l'arrivée, la source du Merlet, tant désirée, jaillit à moins de 3 mètres du confluent du Baoux et du Verdon au pied du parking.
Le grandiose sentier de l'Imbut, praticable uniquement par des sportifs aguerris, présente de multiples difficultés et nous ne saurons que trop vous conseiller de demander le concours d'un guide. La route des crêtes égraine sur ses 20 km de corniche son chapelet de belvédères impressionnants surplombant les gorges. Par ailleurs, de Castellane, une demi-journée suffira pour grimper tranquillement avec vos enfants jusqu'aux Cadières de Brandis et d'y pique-niquer près du ciel, a l'ombre des pins qui se penchent sur l'exceptionnel panorama circulaire. Tous les lieux cités dans cet ouvrage sont accessibles par des sentiers pédestres, plusieurs circuits sont possibles, plus ou moins longs ou difficiles.

Verdon
Verdon
Verdon
Verdon
Verdon
pédalo dans le lac de Sainte-Croix
Accrobranche
Rafting
Pont de Galetas
Pont du Roc

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