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Vivre l'authentique Route Napoléon, de Saint-Vallier à Barrême

Chapitre 9 : 2 mars 1815 dans l'après-midi, de Saint-Vallier à Escragnolles

Parvenu à Saint-Vallier aux environs de seize heures, Napoléon ne pouvait se permettre qu'une courte halte, car il restait du chemin à faire pour parvenir au but fixé pour passer la nuit : Séranon.
C'est donc avant dix-sept heures, un regroupement satisfaisant ayant été obtenu, que l'on se remit en marche.
Au sortir de Saint-Vallier, on retrouve aisément l'ancienne «Route des Alpes». Ayant emprunté la N 85, nous la quitterons immédiatement pour prendre la petite route qui s'engage sur la gauche, en face du Grand Pré. Un panneau nous indique d'ailleurs que nous sommes sur la bonne voie. Il s'agit d'une ancienne voie romaine joignant Vence (Ventuis) à Digne (Dinia), via Castellane (Salinae) et Senez (San itium).
Ce chemin est goudronné sur plus de trois kilomètres, mais ce handicap ne nous empêchera pas de le parcourir à pied car après avoir dépassé la chapelle Sainte-Luce, laissée sur notre droite, nous surplom bons les ruines de tumuli et d'anciens camps préhistoriques.
Ici la roche est reine et si le lieu s'appelle «Caillassou», ce n'est pas le fait du hasard.
Nous atteignons enfin une petite place à partir de laquelle le chemin n'est plus goudronné et ressemble à ce qu'il était en 1815.
Après quelques centaines de mètres, nous traversons la rivière Siagne, toute jeune encore, sur un ouvrage pittoresque, le «Vieux Pont», qui était déjà là au XVIIIe siècle.
En deux lacets, la route monte brusquement pour nous offrir une magnifique vue sur le pont. La végétation est faite de petits arbres semblant pousser avec peine dans une nature sauvage qui paraîtra de plus en plus hostile à ladite végétation, à mesure que nous nous élevons.
Au lieu-dit «Lechen», nous longeons une vieille ferme au mur taluté ; elle vit passer l'Empereur. Son âge en témoigne et nous la respecterons en longeant ses murs. Mais pourquoi donc suscite-t-elle en nous des idées templières?

La voie romaine

Nous atteignons une fourche. Prenons la voie montante, celle de gauche. Le sol va, dès lors, changer d'état. La terre va rapidement céder la place à la pierre.
Et la voie romaine apparaît. Dans toute sa beauté, conservée en dépit de l'âge et les chutes de pierres; ses fondations demeurent ...
Peut-être, cette voie que nous trouverons en un état de conservation de plus en plus étonnant en nous approchant d'Escragnolles, a-t-elle été entretenue au Moyen-Age et tout au long des siècles ... Mais nous devons penser que le tracé lui-même existait avant Rome. Les celto-ligures l'utilisaient il y a plus de 2500 ans!
Le commandant Octobon, spécialiste reconnu des «Castellaras» et camps antiques, cite un «itinéraire» repris par Napoléon, itinéraire permettant de passer de la région de Grasse à celle de Castellane ... il traversait «le territoire de Saint-Vallier, célèbre par le grand nombre de camps qu'il possède, s'infléchissait vers la Siagne, le long du tracé encore suivi par le véritable «Chemin Napoléon», remontait le cours de la Siagne, d'abord sur sa rive gauche, puis sur sa rive droite, en défilant sous le castellaras du Collet des Pins : il passait près de la chapelle Saint-Martin ...»
Cette description confirme bien l'antiquité du chemin et la présence d'habitats celto-ligures. Avant d'atteindre cette chapelle Saint-Martin, nous retrouvons le chemin en un état de conservation étonnant. Plus étonnant encore ... un petit passage pavé a bien joué son rôle à travers les siècles : protéger le chemin contre un torrent dévastateur par crises! Et quel point de vue!
Nous dominons le vide et, en face, à quelques hectomètres, nous suivons des yeux le parcours de l'actuelle Route Napoléon, la N 85.

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Et voici la chapelle ... En grand danger!

Sans toiture, livrée aux intempéries, à la pluie comme à la neige, son mur ouest largement fendu dévoile le mal qui la mine. La laissera-t-on disparaître, alors qu'elle est un témoin pouvant abriter les promeneurs qui, demain, viendront fouler ce sol en une salvatrice redécouverte? ...
Nous poursuivrons notre montée sur un merveilleux chemin semblant surgi du passé ...
J'ai succombé sous le charme, un jour de mars où il neigeait. La nuit n'était pas loin et, en montant de la chapelle vers Escragnolles, j'imaginai ... une longue file de soldats harassés, montant dans le froid, dans la neige, comme moi en cet instant ...
Et je crois bien les avoir entendus parler.

A Escragnolles

Parvenu au village, dont la partie ancienne et la rue principale n'ont pas dû changer beaucoup depuis 1815, Napoléon fit encore marquer une halte.
Peyrusse et ses mulets chargés des caisses du trésor étaient en difficultés dans la montée, très attardés.
Fallait-il les attendre?
Durant cette halte Napoléon va rencontrer l'abbé Chiris, curé du village et la vieille mère du général Mireur, mort en Egypte. Ce dernier, natif d'Escragnolles, avait fait chanter «la chanson de Rouget de l'Isle» aux Marseillais. Il est, en quelques sorte, le «créateur» de «La Marseillaise». Mais où la rencontre de Napoléon et de Madame Mireur eut-elle lieu? Sur la petite place, devant l’auberge, comme l’affirme une plaque, ou chez Madame Mireur, selon une autre version.

Chapitre 10 : 2 mars 1815 – Soirée, d’Escagnolles à Seranon

La halte d'Escragnolles ayant permis, comme les précédentes, à la majorité des trainards de rejoindre le gros de la troupe, on repartit sur le chemin ouvert par Cambronne jusqu'à Séranon, but de la journée.
Il faisait déjà nuit quand ils quittèrent Escragnolles.
Depuis Saint-Vallier la «Route des Alpes» de 1815 ne suivait pas le tracé actuel. Il en sera de même après Escragnolles.
L'antique chemin descend sous le village qu'il ne traverse pas, puis passe par Saint-Pons et va jusqu'aux Galants se confondre avec le S.D.2. A ce dernier hameau, l'authentique chemin remonte vers l'actuel tracé de la N 85 qu'il traverse deux virages après la longue ligne droite passant sous les rochers de l'Audibergue. Il monte ensuite, plus rectiligne et à pente plus faible, pour atteindre le lieu-dit «Frontignac».
Durant cette montée, la vue est superbe. On domine la pénéplaine d'Escragnolles et le regard porte loin sur ces Maures que chanta Jean Aicard avec son célèbre Maurin. Évidemment, quand Napoléon passa ici il ne put jouir de cette vue en raison de l'obscurité. Il devait être aux alentours de 21 heures et ils marchaient depuis six heures du matin ... Mais revenons à ce chemin montant vers Frontignac; il est relativement bien conservé avec ses murs de soutènement semblables à ceux que nous avons rencontrés comme à ceux que nous découvrirons plus loin ... La nature est sauvage, faite de buissons et de maigres pins qui deviendront forêt peu avant Frontignac. C'est ensuite la descente vers Mounégon ; une source est là. Napoléon y but ... dit-on.
Et ce chemin continue sa descente en pente douce vers La Clue. Nous y rejoignons la N 85, à son croisement avec la route de Caille. Nous suivrons alors la nationale (Bonjour le goudron!) pendant quelques centaines de mètres pour prendre, sur la droite, l'ancien chemin, de terre, qui nous conduit à Broundet où l'Empereur passa une courte nuit.
Pour les marcheurs voulant éviter à tout prix le goudron de la nationale, il leur suffira de la traverser à hauteur du carrefour avec la route de Caille. Ils trouveront alors un chemin quasiment plat qui, dans les pins, les amènera au Camping de Séranon, non loin de Broundet.

Une nuit à Broundet

Napoléon passa quelques maigres heures dans une gentilhommière (osera-t-on l'appeler château?) appartenant au maire de Grasse, le marquis de Gourdon que Napoléon avait rencontré dans la matinée.
La réserve de bois du marquis fut entièrement consommée pour entretenir les feux de bivouac.
Quant à l'Empereur, il dormit dans un fauteuil. Cette illustre présence aurait dû permettre au «Château de Broundet» de recevoir un peu plus de considération de la part de ses propriétaires et des services chargés des Monuments Historiques ...
Car, aujourd'hui, seuls des pans de murs subsistent alors qu'il y a une soixantaine d'années la demeure était encore habitée. Est-ce une conséquence de l'incompréhension, coupable à nos yeux, de cette véritable richesse que constitue l'authentique Route Napoléon? Richesse historique, touristique, économique pour une région à la recherche de moyens ...
Nous ne quitterons pas Broundet sans noter une anecdote nous renseignant sur l'effort fourni par la troupe durant cette journée. Sur ce parcours Escragnolles-Séranon, Napoléon rencontrant des muletiers de Caille réquisitionna leurs bêtes pour porter les sacs de ses hommes, harassés par leur longue marche du jour.
Or, les muletiers suivront la troupe et, dans la nuit, récupèreront leurs mulets, allant ensuite fêter l'événement à Caille ... Cette anecdote nous prouve l'extrême fatigue des grognards, tellement harassés qu'ils s'endormirent tous, sans, apparemment, monter la garde.

Chapitre 11 : 3 mars 1815 au matin, Seranon le Mousteiret

Ils sont partis très tôt en ce 3 mars 1815. Cambronne et son avant-garde, d'abord, en pleine nuit, puis l'Empereur avec le gros de la troupe avant que le jour ne se lève.
Il fait très froid ; la neige recouvre la campagne et les chemins, aussi il vaut mieux marcher que rester trop longtemps immobiles. L'expérience de la Russie n'a pas été oubliée!
Certes, on a eu du bois pour les feux allumés tout autour de Broundet ... mais il est dur de s'assoupir quand le froid vous envahit le dos et que le feu vous empourpre le visage. Et la couverture humide de neige est-elle de quelque secours quand on passe la nuit dehors, en hiver, à plus de mille mètres d'altitude ...
Un mauvais chemin descend de Broundet vers la chapelle de Gratemoine que nous retrouvons telle qu'elle était en 1815. La route passait là, aujourd'hui cachée sous le goudron de la N 85. Il en sera ainsi dans la grande ligne droite qui suit ... Un jour on s'arrête pour regarder un immeuble, un rocher, une fontaine ... devant lesquels on est passé pendant des dizaines d'années dans s'arrêter, sans les regarder.
Et le jour où on s'arrête, ô surprise! Cela m'est arrivé en plusieurs points de l'authentique chemin mais ma plus grosse surprise je l'ai ressentie ici, quelques centaines de mètres après Gratemoine, au bout de cette ligne droite où une suite de bâtiments entre deux âges devait fatalement m'arrêter un jour.
Mais pourquoi ai-je attendu si longtemps? C'est la question que je me posais en cette fin d'une belle journée de septembre, face à la porte de l'ancien bureau de poste de Séranon, si loin du village, anormalement loin ...
M'étant approché de la porte en espérant y trouver une date, je vis une large plaque sur laquelle je lus : «Poste Télégraphe Téléphone» et très au-dessus, dans un cartouche : «Séranon».

Point de date!

Souvent elle est au-dessus de la porte or, à cet emplacement habituel ... une figure inattendue, stupéfiante! Tout simplement un diable, tête en relief, grandeur (humaine) nature. Oui, une tête de diable ou plus précisément, le «Baphomet» des Templiers.
Des questions affluaient : datation de cette sculpture? De l'immeuble? ... Origine de cette maison et sa fonction avant d'être transformée en bureau de poste?
La plaque de marbre sous (et légèrement encastrée dans) le Baphomet ne recouvrait-elle pas une autre inscription pour l'occulter?
Beaucoup de questions touchant à l'Histoire, certainement, à l'ésotérisme, peut-être ...
Et des réponses pour le moment incertaines ou trop extraordinaires pour être écrites dans le présent ouvrage ...
J'eus, néanmoins, une explication quand à l'issue d'une conférence donnée à Grasse, Madame la Présidente du Cercle Littéraire de cette ville me confia qu'effectivement, autrefois, les Templiers avaient possédé une Commanderie à cet emplacement. Mais poursuivons notre chemin comme ils le firent, en ce 3 mars 1815.
La carte de Cassini nous laisse entendre que la route du XVIIIe siècle passait très près de l'actuelle route, toutes deux longeant la même rive d'un torrent nommé «le Riou R» sur l'ancienne carte, R étant mis pour Rau, le nom actuel de Rieu Tort Rau, plus précisément). Et nous retrouvons alors les mêmes noms aujourd'hui comme hier, en 1815 : Aco de Caille, Ville Haute, La Doire ... puis Taulanne dont le château se trouvait, comme aujourd'hui, non loin de la route. Qui aurait pu alors imaginer qu'il deviendrait le club house et l'Hôtel d'un magnifique golf ...

Auberge Laugieret départ de Broundet

A hauteur du château, Napoléon se serait arrêté à une auberge Laugier. On lui aurait servi du bouillon chaud ainsi qu'à son entourage et Laugier aurait également fourni quelques mulets à la troupe.
Cette auberge est là, au bord de la route, toujours auberge et bien entretenue. La grande porte, ouvrant au nord, indique les anciennes écuries, indispensables en des temps où la marche et le cheval étaient les seuls moteurs véhiculant le voyageur ... depuis l'Antiquité!
C'est peut-être de cette écurie que furent extraits les mulets. Tenons-nous, enfin, une auberge où pénétra réellement Napoléon? Nous le pensons bien qu'aucune auberge ne soit indiquée dans ces parages sur la carte de Cassini qui, pourtant, aimait les signaler ...
Nous sommes alors au Logis du Pin, un nom ne figurant pas, lui non plus, sur la carte de Cassini.
La consultation de cette carte et surtout l'étude du terrain nous laissent à penser que l'actuelle nationale 85 suit, à peu de choses près, l'authentique chemin, entre Le Logis du Pin et Le Mousteiret.
Ainsi, de Séranon au Mousteiret, la Route Napoléon se superpose pratiquement à l'authentique voie. Cela suppose que le marcheur ou le cavalier voulant emprunter cette dernière devront utiliser une voie goudronnée.
Heureusement, un parcours plus proche de la nature existe.
Au départ de Broundet, où coucha l'Empereur, nous emprunterons tout simplement le S.D.2 passant près des ruines de la chapelle Sainte-Brigitte, puis sous celles du Vieux Séranon pour atteindre La Doire, à travers une belle forêt. Nous prendrons alors le chemin des Baux, puis laisserons ce hameau sur notre droite pour rejoindre la D 2211 que nous traverserons, continuant vers le Défens de la Serre ; nous sommes alors sur une piste cavalière longeant le torrent des Bonnes Fonts.
Nous suivons cette piste jusqu'à sa rencontre avec la petite route, peu fréquentée, allant du Mousteiret à la Rivière. C'est cette dernière route qui nous conduira en un petit kilomètre, au Mousteiret. La nature y est belle, les maisons anciennes et nous y fûmes fort bien accueillis ...

Chapitre 12  : 3 mars 1815 : avant dix heures, Le Mousteiret – La Batie

La carte de Cassini ne nous a pas trompés!
Elle indique le départ de la route de 1815, en direction de Castellane, au milieu du groupe de bâtiments anciens du Mousteiret et c'est bien là qu'est l'authentique chemin. Sur les lieux nous rencontrons une habitante ne demandant qu'à nous renseigner. «Le Chemin Napoléon? ... Oui, il passe bien ici, vous voyez, il continue jusqu'à La Bâtie à travers la colline ...» Je voyais bien le chemin qu'elle me montrait et le reconnaissais. Il était semblable à celui que j'avais vu en d'autres parties de l'itinéraire. Très avenante, elle ajouta : «La colline s'est effondrée un peu plus loin et je ne sais pas si le chemin est praticable jusqu'à La Bâtie.»
Je la remerciai, lui demandant si le passage de marcheurs, près de chez elle, la gênerait. «Pas du tout», me répondit-elle, apparemment heureuse que l'on s'intéressât à son coin de Provence si intimement lié à l'Histoire.
Me désignant une belle bâtisse : «Dans cette maison, Napoléon coucha.»
Certes, la bâtisse est encore très belle, en pierres apparentes, la porte d'entrée encadrée d'un chaînage de pierres claires et de taille ...
Devais-je la détromper? Je m'y risquai : «Qu'il y ait couché me semble impossible mais sans doute s'y est-il restauré dans la matinée».
C'est fou ce que l'Empereur a pu manger au cours de ce «voyage», du moins si l'on croit toutes les anecdotes ...Mon interlocutrice accepta la contradiction avec bienveillance et gentillesse. «Peut-être, en effet.»

La richesse de la Haute-Provence

Les habitants de ce pays compris entre Grasse et la Haute Provence sont d'une extrême gentillesse, parfaitement faits pour un tourisme qu'ils ignorent et qui les ignore. Pourtant l'Histoire et la Nature y sont deux richesses à combiner. Certes, ici l'art de vivre n'est pas lié à l'argent mais ce dernier pourrait fort bien permettre à une population jeune de vivre décemment chez elle.
Le Mousteiret présente encore une caractéristique remarquable. En effet, dans un rayon de cent mètres autour de l'immeuble précédent nous trouvons les «trois» routes, à savoir d'abord l'actuelle N 85 dite «Route Napoléon», ensuite des vestiges de la route de la première moitié de ce siècle, celle qui fut nommée, en 1932, «Route Napoléon», et enfin, près de là, l'antique, l'authentique «Chemin Napoléon».
L'étude de ces trois routes est fort instructive. En particulier elles nous permettent d'étudier attentivement les infrastructures de la route baptisée en 1932. Un mur de pierres nous montre la technique d'édification de tels murs vers 1900. Ce qui nous permettra de dater d'autres murs en d'autres parties du parcours. Il ne me restait plus qu'une formalité à accomplir; parcourir ce chemin de 1815, d'antique origine, du Mousteiret à La Bâtie. Le chemin part donc de la plus belle bâtisse du Mousteiret, maison quasi-bourgeoise dont l'importance surprend en un tel lieu. Voilà en tous cas un monument existant en 1815, devant lequel passa l'Empereur, et qui est en parfait état de conservation.
Un exemple à signaler ...
Je m'engageai dans une montée en pente douce qui allait me faire passer sous la «Crête de la Blachette». Cette ancienne voie domine alors la route actuelle sur environ deux kilomètres. On y retrouve la conception des routes antiques édifiées à mi-pente. Certes une partie de la voie a subi l'effondrement de la colline qui entraîna, il y a quelques années, la N 85. Mais le passage est toujours praticable et nous irons jusqu'au ravin de la Colle où le chemin descend sur la Bâtie, dans un espace boisé.

Chapitre 13 : 3 mars 1815, dans la matinée, La Batie-La Garde

A la Batie, nommée la Bastide sur la carte de 1815, nous partirons du petit pont reliant le village à la N 85. Nous sommes alors face à l'Hôtel Restaurant des Chasseurs ... qui n'existait pas en 1815...
Dès la sortie du pont, engageons-nous sur la droite et rejoignons la maison située au bord de la nationale à quelques dizaines de mètres en amont de l'hôtel. Nous atteindrons cette belle maison en traversant la nationale pour découvrir, contre et juste avant le mur du jardin, un chemin qui le longe. Nous avons retrouvé l'authentique chemin recouvert d'un tapis d'herbe verte, du moins au début de ce tronçon et ... au printemps.
Le chemin ne tarde pas à attaquer la pente du petit col de Luens et à rejoindre la N 85 à mi-col. Nous emprunterons alors cette nationale jusqu'au sommet car elle recouvre la voie de 1815.
Au col, à plus de 1000 mètres d'altitude quand même, la N 85 est large et recouvre à la fois le chemin de 1815 et la route du début de ce siècle. De cette dernière, nous découvrons des vestiges au hasard des rectifications effectuées depuis 1930 voire 1950. Ce qui nous donne souvent une idée de la largeur de la route qu'empruntaient automobiles et cars de tourisme entre les deux guerres.
Du col de Luens à La Garde nous ne retrouverons, hélas, pas trace de l'antique chemin.
Parmi les vestiges de la route modifiée nous découvrirons des lambeaux de route goudronnée, des virages à petit rayon de courbure et un très joli petit pont de pierres à une arche enjambant le «ravin de Maupas»;
La nationale 85 descend alors rapidement sur La Garde en deux virages et deux lignes droites.
Nous trouverons aisément, sur la gauche, dans la deuxième ligne droite, l'ancienne route goudronnée qui recouvre, ici, le chemin de 1815.
Nous la prendrons et elle nous conduira à l'entrée de la rue principale de La Garde, comme y pénétrèrent, le 3 mars 1815, vers onze heures, Napoléon et une partie de ses braves ...    Une partie seulement car les difficultés avaient étiré la colonne sur plusieurs kilomètres. Peyrusse, notamment, était très en retard, avec ses mulets lourdement chargés et une arrière garde, déjà fatiguée, ramassant les trainards avec difficultés.     

Chapitre 14 : 3 mars 1815 en fin de matinée, La Garde-Castellane

«La Garde» ... on pourrait croire que ce nom vient du passage de la garde Impériale, un jour de mars 1815, et l'on commettrait une erreur car le nom figure sur la carte de Cassini, dressée bien avant.
En fait, face aux possibles invasions venues de sud par l'antique voie que nous venons de suivre, il y avait en ce lieu une fortification, disparue depuis longtemps, «montant la garde» pour Castellane. C'était donc «la Garde de Castellane». Le village nous apparaît comme un village fossile dans sa partie principale qui n'a pas dû changer beaucoup depuis 1815. La rue principale aux maisons anciennes mais bien entretenues était alors le passage obligé de la route.
Aujourd'hui, la nationale 85, passe au-dessus du village qu'elle évite pour le bien de tous et la paix des villageois. Mais que de changements en moins de deux siècles dans l'art de voyager! En 1815, on avait les moyens de locomotion de l'Antiquité et des routes de trois mètres de large suffisaient ... Nous quitterons donc La Garde en empruntant la rue principale traversant le village dans sa longueur et se continuant jusqu'à la route actuelle ; nous emprunterons cette dernière jusqu'à la petite chapelle Saint-Sébastien perchée sur un talus d'où elle domine la N 85.
Après la chapelle et un enclos nous trouvons aisément, sur la gauche de la nationale, le départ d'un chemin qui semble s'engager imprudemment dans la pente. Là est pourtant l'antique voie, celle suivie par Napoléon en ce 3 mars ... En effet, dès l'abord, la pente de la montagne que nous devons descendre semble peu propice au passage d'une route comparable à celle que nous avons retrouvée depuis Grasse.
Et cependant ... Nous sommes dans un agréable bois où nous découvrirons, par places, des murs de soutènement, les vestiges, pour tout dire, de l'ancienne voie.
La descente est une partie de plaisir. Le chemin est d'une largeur variable mais certainement assez fréquenté car, ici, point de buissons l’obstruant. Il apparaît comme entretenu : sans doute par le passage de ceux qui l'empruntent. Piétons, cyclistes ou cavaliers y seront à l'aise. En moins d'une heure nous aurons quitté La Garde, côtoyé la chapelle Saint-Sébastien, traversé le ravin de Destourbes ... et atteint un camping, près d'une agréable petite rivière fort appréciée à la saison chaude et ... particulièrement glacée en mars. Après le camping, le chemin est goudronné mais, hors l'été, nous n'y rencontrerons que peu de véhicules.
Nous atteignons la N 85 au début de la dernière ligne droite avant Castellane. Nous serons alors entre le Verdon, sur notre droite, et le bois de la montagne de Destourbes, sur la gauche.
Un très ancien mur de pierres brunies par l'âge et bordant la N 85 atteste que l'authentique chemin passait bien ici : il est de nos jours caché par le goudron de l'actuelle Route Napoléon qui, sur ce tronçon, porte bien son nom.

Le long du Verdon

Et nous atteindrons le célèbre pont, style et époque «Reine Jeanne», sur lequel passèrent Napoléon et sa petite armée.
Aujourd'hui ce pont est interdit à la circulation : il y a quelques années d'énormes blocs se détachèrent de l'impressionnant «Roc» dominant la ville et touchèrent le pont. La fermeture, même aux piétons, est donc une mesure de sécurité justifiée.
Suivant le Verdon, l'Empereur a pénétré dans la ville, emprunté une ruelle et débouché sur la place Marcel Sauvaire aux vestiges anciens nous donnant une idée de ce qu'elle devait être en 1815.
La troupe a formé les faisceaux sur cette place aux environs de midi, pour une halte déjeuner qui s'imposait.
Dans le même temps, l'Empereur était reçu par le sous-préfet Francoul au n° 34 de la rue Nationale. L’immeuble de cette ancienne sous-préfecture provinciale où s'arrêta l'Empereur de tous les français existe toujours, au bord de la N 85, en plein centre de Castellane et si une plaque signale «l'événement», on peut regretter que la façade n'ait pas reçu le ravalement qu'elle mérite ... et qui s'impose.

Chapitre 15 : 3 mars 1815 - après midi, de Castellane à Taulanne

Tandis que l'Empereur prend un repas servi dans une salle de la sous-préfecture, puis s'entretient avec le sous-préfet Francoul et le maire Saint-Martin, Cambronne quitte la ville vers 13 heures avec son avant-garde. Il doit atteindre Barrême pour y préparer repas et logement pour son souverain.
A quinze heures, ce dernier monte Tauris et emprunte à son tour, entouré de son Etat-Major, la route de Digne. Il neige. Et il neigera sans arrêt jusqu'à Barrême, ce qui rendra l'étape particulièrement pénible pour les hommes et les bêtes. On notera que Peyrusse, très en retard, dut coucher à Castellane. Il ne franchira donc pas le col des Lègues à la nuit ; ce qui a son importance pour préciser le lieu où un mulet porteur du trésor chuta.
Mais intéressons-nous à la «Route des Alpes» de 1815. La carte de Cassini, ici encore, est d'un secours non négligeable. Que nous montre-t-elle?
Au sortir de Castellane se trouvait un carrefour, le même qu'aujourd'hui. Sur la droite partait la route de Saint-André par le village de Castillon. Depuis quelques dizaines d'années, Castillon repose sous les eaux de son lac artificiel et la route, déviée, emprunte le barrage et passe par Saint-Julien.
Mais c'est l'autre route qui retient notre attention.

" La Route des Alpes "

Au sortir de Castellane, donc, la «Route des Alpes» continuait droit dans la plaine de «la Palu» (orthographe de Cassini), village qu'elle côtoyait en suivant un long et large mur cyclopéen très ancien dont l'origine et le rôle exact nous sont inconnus.
Si la Palud existe toujours, il semble qu'en 1815 ce fut un village d'une certaine importance auquel appartenait la grosse ferme, au bord de la N 85, dans le deuxième virage, là où commence la montée.
Nous devons avouer que dans cette montée nous n'avons aucune certitude sur l'emplacement du chemin qu'emprunta l'Empereur.
Nous nous permettrons donc d'émettre une hypothèse en remarquant des sentiers coupant les actuels virages. La «Route des Alpes», autrefois, aurait suivi à peu près l'actuel tracé. La différence résiderait essentiellement dans les larges épingles qui n'existaient pas en 1815. Il faut dire qu'alors on circulait avec des moyens antiques. Et si l'on compare la carte de Cassini et une carte de 1990, on voit que, dans les deux cas et avec notre hypothèse, la route arrive bien à droite et au-dessus du hameau de Sionne ; hier comme aujourd'hui.
Nous prendrons ainsi le risque d'affirmer notre hypothèse en proposant comme voie suivie par Napoléon, la route actuelle amputée de ses larges épingles indispensables aux véhicules de notre temps et ignorées des ingénieurs antiques. Évidemment, il existe d'autres possibilités que nous indiquons dans les variantes pouvant être empruntées. Ensuite, du sommet du col, la route descendait à peu près comme aujourd'hui jusqu'au village de Taulanne qu'elle laissait sur sa gauche.
Une petite église était là ... elle existe toujours ... Peu après le village, sur la droite de la route, un vaste champ allait permettre une halte car un regroupement s'imposait après la dure montée.
Le soleil se couchait en ce 3 mars 1815 et ce lieu sera désormais le «Bivouac Napoléon».
Comme par hasard, presque en face, mais sur l'autre rive d'un petit torrent, se dressait le «Cabaret de Taulanne» mentionné sur la carte de Cassini et existant donc en 1815.
Un cabaret que les grognards prirent peut-être d'assaut ...

Chapitre 16 : 3 mars 1815 dans la soirée, de Taulanne à Barrême

Il neigeait, il faisait froid à Taulanne, en ce lieu que nous nommons le «Bivouac Napoléon».
C'est pourquoi, malgré la fatigue, l'on ne s'attarda pas. Si ce n'est le temps nécessaire pour rassembler la troupe, resserrer la colonne avec ceux, du moins, qui n'étaient point trop attardés.
Ce dut être un spectacle extraordinaire que ces centaines d'hommes, éclairés par des torches dans cette neige qui tombait en gros flocons silencieux recouvrant la terre ; les arbres en devenaient fantomatiques!
Imaginons ... Il fait nuit et ils traversent le petit torrent ; aujourd'hui un petit pont de bois, presqu'une passerelle, nous permet de quitter la N 85 et d'emprunter l'authentique chemin de 1815, là où il se sépare, pour quelques kilomètres, de la nationale. Peu après le pont, une ruine dresse ses moignons de murs au bord de ce chemin. Etait-ce le «Cabaret de Taulanne»? Nous le pensons.
Alors qu'il fut un des rares cabarets existant au passage de l'Empereur, voilà donc ce qu'il en demeure!
La voie a conservé sa largeur, celle qu'elle avait il y a près de deux siècles et bientôt, alors qu'elle amorce sa montée, nous retrouvons ses structures de pierres sèches, semblables à celles que nous avons déjà rencontrées depuis Saint-Vallier. La végétation, quant à elle, est faite de petits pins paraissant souffrir d'un climat hostile ; à moins que ce ne soit d'un sol où la pierre est moins rare que la terre. Peu avant le sommet, le chemin devient sentier de par les arbustes et la végétation qui l'encombrent. Seuls les promeneurs ont maintenu le passage. Et pourtant, quel beau spectacle, alors!
Le regard plonge dans le vide. En bas est la N 85 et une gorge profonde et étroite où va s'engloutir le petit ruisseau de Taulanne qui sait être torrent fougueux quand les grosses pluies le nourrissent.
Un mulet porteur du trésor serait-il tombé ici? Certains le croient et cherchent même encore. En vain, sans doute.
Et cependant ... un habitant de Vallauris me confia avoir trouvé un beau Napoléon en or de 40 francs dans le ruisseau de Taulanne, très en dessous de l'ancienne route ...
Les hommes étaient nombreux, les officiers aussi, ils avaient reçu leur paye et quelques pièces purent s'échapper lors d'une chute dans cette neige où l'on glissait, sur un sol que l'on voyait à peine ... c'est du moins ce que nous pensons car Peyrusse ne passa point ici à la nuit, mais le lendemain, dans la matinée.
Au sommet de cette côte, la vue en plein jour est impressionnante.
Un oratoire nous attend près duquel nous marquerons une pause pour admirer le vaste panorama s'ouvrant en direction de Senez et Barrême et sur la vallée de l'Asse de B lieux. Tout en bas nous voyons les larges virages de l'actuelle Route Napoléon.

Hameaux au bord de la Route Napoléon

Puis nous entamons la descente, à flanc de montagne mais au pourcentage raisonnable, sur la voie de 1815 qui a conservé sa largeur. Sur notre droite la pente est raide et aucun garde-fou pour stopper une éventuelle chute. L'ancienne voie était certainement très dangereuse, surtout l'hiver ...
Après quelques certaines de mètres, le chemin a été emporté sur une courte distance mais un sentier demeure dans les éboulis, suffisant pour un piéton, un VTTiste ou un cavalier monté ... et nous retrouvons l'ancienne route, au sein d'une végétation intéressante. Puis nous atteignons un chemin plus large, récent, édifié par l'ONF. Nous lui devons de perdre l'authentique chemin jusqu' à «La Tuilière» que nous atteignons rapidement. Le chemin de 1815 y traversait, comme nous le faisons, le ravin de Taulanne ou coule la petite rivière que nous avons déjà traversée, en quittant le «Bivouac» de Taulanne.
Dès lors, la N 85 actuelle suit à peu près l'ancien tracé, le long et à distance variable d'une rivière, l'Asse de Blieux, que nous suivrons ainsi jusqu'à Barrême.
Mais avant de parvenir au but de cette étape du 3 mars 1815, nous traversons des lieux où passait obligatoirement l'antique voie.
Certes, beaucoup de noms ont disparus, depuis 1815. D'autres demeurent ou ont été transformés.
A Senez, ni l'ancienne, ni l'actuelle voie ne traversent le village ; elles sont superposées au lieu-dit «Le Moulin» où toutes deux contournent le rocher avant de s'engager dans deux lignes droites au bout desquelles part, sur la droite, ce qui était encore la N 85 il y a quelques années. Là se trouvait la voie de 1815. Aujourd'hui goudronnée, elle nous conduit à la rue qu'emprunta Napoléon pour pénétrer dans Barrême. Il n'y avait pas, alors, de pont pour traverser l'Asse de Clumanc, un affluent de l'Asse de Blieux que nous venons de suivre.
Et cette petite rue conduisit Napoléon à la maison du Juge Tartanson, en plein centre du village. Une maison dont la partie encore existante ne saurait donner une idée.
C'était alors la plus belle demeure du village avant que ne soit percée la route actuelle, la N 202 qui l'amputa de sa majeure partie.
Broundet ... puis la maison du Juge Tartanson les deux premiers immeubles où il dormit quelques maigres heures semblent marqués d'une étrange fatalité.

L'exil de Tartanson

Après Waterloo, le juge Tartanson sera accusé par des habitants de Barrême d'avoir aidé Napoléon en lui assurant gîte et couvert. Et le juge fut déporté ... au fin fond ... du département des Basses Alpes, à Banon.
Un exil auquel il ne saura se résoudre. Il écrira donc en «haut lieu» la requête qui suit et qui nous fut confiée par Maître Tartanson, avocat à Digne-les-Bains et descendant du Juge.
A Son Excellence
Ministre Secrétaire d'Etat des Finances
Monseigneur
J'ai été remplacé le 12 Décembre dernier au Bureau de Barrême, Département des Basses Alpes, que j'occupais depuis quatre ans : ce remplacement est la suite des calomnies par les quelles on m'a représenté à L'administration comme partisan de Buonaparte. J'ai cru qu'il était de mon devoir d'éclairer L'Administration à cet égard et je viens de L'extrémité de la France pour répondre à toutes les inculpations dirigées contre moi.
Voici les faits qui me concernent et dont la vérité est attestée par Mr Le Maire actuel de la commune de Barrême, par le Sous-Préfet de Digne et par le Préfet du Département des Basses Alpes.
Buonaparte vint loger chez moi par le droit de la force le 3 mars 1815. 11 me fit pour m'engager à l'accompagner, les offres les plus brillantes, que je rejettai. Il me les fit réitérer par Le Général
Bertrand ; malgré tous les refus il me déclara qu'il voulait m'être utile et qu'il m'avancerait dans ma partie. Ces offres eurent plusieurs Témoins.
Bientôt je marchai contre lui à la tête de ceux qui dans la commune de Barrême prirent volontairement les armes pour défendre la cause du Roi.
Après l'arrivée de Buonaparte à Paris, je ne lui demandai aucun avancement comme l'administration peut s'en convaincre par l'Examen des Pétitions faites à cette époque.
Le bruit des offres qui m'avaient été faites s'étant répandu, beaucoup de Gens présumèrent d'après les Evénements d'avril que je ne devais pas être fâché de la réussite de Buonaparte: ils me connaissaient bien mal ceux qui imaginaient que je pourrais penser à mon intérêt particulier, quand il s'agissait du bien de la France, avais-je jamais crains d’exposer mes intérêts et même ma vie quant il était question du Salut des autres. (Voyez L'imprimé ci joint) mais que m'importait l'opinion de ceux qui ignorent ce que c'est que le véritable amour du bien public. Ceux que je fréquentais parmi lesquels étaient les Royalistes les plus déterminés, tels que le Maire actuel, savaient que j’étais entièrement dévoué à la cause de L'honneur et du Roi ; que j'avais rejeté L'acte additionnel et que J'étais prêt au premier signal à reprendre les armes pour la cause du Roi.
Aussi m'ont-ils constamment rendu la plus complète Justice, et ceux qui ont formé le projet de me nuire n'ont pas osé me dénoncer auprès du Sous-préfet de mon arrondissement ni auprès du Préfet. Il aurait été trop facile de les confondre. Ils ont mieux aimé me représenter sous de fausses couleurs auprès des personnes qui ne fussent pas en rapport direct avec les autorités Locales de mon domicile et des communes environnantes.
Les Certificats joints à cet exposé vous en garantiront l'exactitude et J'espère que L'administration ainsi éclairée sur mon compte me rendra la place que J'occupais depuis plusieurs années et dont ma conduite toute dévouée à la cause du Roi et de la Patrie m'a mérité de ne pas être exclu.
Je suis avec un profond respect,
Monseigneur
De Votre Excellence
Le très humble et très obéissant serviteur Tartanson
Les pièces justificatives ont été adressées à Monsieur Le Directeur Général de L'Administration de L'Enregistrement et des Domaines
Paris le Janvier 1816

Saint-Pancrace - Digne
Digne
Vallée de la Bléone - Digne
Digne
Provence

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