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Entrevaux

Citadelle d'Entrevaux  

Aujourd'hui le village semble figé hors du temps, protégé par le fleuve et par ses bastions, et n'abrite plus que 160 habitants permanents très attachés à leur patrimoine.
Sur la route qui se prélasse de Digne à Nice entre les montagnes rugueuses, une citadelle agrippée à un piton rocheux signale au voyageur la présence d'Entrevaux, blotti au creux d'un coude du Var, 300 mètres en contrebas de ce nid d'aigle qui abrita sa garnison. Cet étonnant village, corseté dans des fortifications construites sous Vauban, souligne le caractère versatile des frontières humaines. « Place avancée du royaume de France », indique fièrement une inscription au- dessus du pont par lequel on pénètre dans Entrevaux qui fut longtemps en effet, un avant-poste aux marches du duché de Savoie.
Depuis la citadelle, située à 800 mètres d'altitude et à laquelle on accède par neuf rampes en lacets plutôt raides - œuvre de Vauban aussi -, Entrevaux ressemble à une grosse goutte de pierres et de tuiles enroulées, comme tassées au creux du fleuve. En bas, les noms des venelles, de la rue Cassecol à la rue Serpente, confirment le caractère accidenté de la topographie locale. Les hautes façades qui alternent, sur trois ou quatre étages, pierres apparentes et enduits patinés, semblent autant de navires désemparés, poussés les uns contre les autres par le Var tumultueux. Quant au bruissement qui s’élève du fleuve, relayé par les fontaines ponctuant ruelles et placettes, il berce les 160 Entrevalais permanents.

Témoignage d'un passionné

Ces vieilles maisons, qui n'ont pas changé depuis l'époque de Vauban, Alain Gibelin les connaît bien. Cet artisan maçon restaure en effet depuis plusieurs années le village qui l’a vu naître, en conformité avec les instructions des Bâtiments de France. La cinquantaine sportive, les cheveux grisonnants, longs sur la nuque, Alain Gibelin est à l'image des montagnes environnantes : un peu rude prime abord, réservé. Il est profondément attaché à son « pays ». Non pas tant aux vieilles pierres, d’ailleurs, qu'aux associations où s'expriment la solidarité et l'identité qu'a su préserver la poignée d'Entrevalais restés au village. Alain est tout à la fois pompier, conseiller municipal, membre de l'Association pour la protection du patrimoine entrevalais, fidèle de la  chorale, et enfin - pour terminer par le plus important - Saint-Jeanniste. La confrérie des Saint-Jeannistes, dont les origines remontent au Moyen Âge, est assurément la plus étonnante des associations qui rassemblent les habitants d'Entrevaux.

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Fête de la Saint-Jean

Tous les ans d’oratoire en oratoire les membres de la confrérie des Saint-Jeannistes hissent un buste argenté de saint Jean jusqu’à la citadelle.
 Chaque année à la fête patronale, les Saint-Jeannistes effectuent un pèlerinage jusqu'à la citadelle, une véritable épreuve pour les porteurs du buste de saint Jean, et une authentique démonstration de foi, loin des paillettes du folklore touristique. Mais c'est aussi une manifestation de bonne humeur, émaillée de chansons et de farandoles. Georges Bénis est capitaine des hallebardiers de la confrérie depuis quarante-quatre ans. Les yeux vifs et intenses, reconnaissable à sa couronne de cheveux blancs, « Jojo» - au village, tout le monde l'appelle comme ça ... - est lui aussi un des piliers de la vie d'Entrevaux. Il y a dix ans, avec son frère, il a arrangé le vieux moulin à huile situé de l'autre côté du Var, équipant sa roue à aube d'un moteur électrique. En février, une cinquantaine de propriétaires du village viennent y faire presser le fruit des oliveraies plantées sur les terrasses de pierres sèches qui cernent Entrevaux. C’est l'occasion d'une nouvelle fête, puisque tous ceux qui le souhaitent viennent chaque soir au moulin déguster des « beignettes », des tranches de pain grillées et simplement frottées dans l'huile. La salle basse et voûtée, dont les murs blancs sont imprégnés de l'odeur des olives, s'anime alors des conversations du petit cercle d'irréductibles.

Artisans d'Entrevaux

Isolé, d'une beauté pétrifiée, Entrevaux a malgré tout conservé sa bonne humeur. Témoin, la rue qui sinue au cœur du village, baptisée rue de la Gaieté. Elle mène vers le tabac-presse qu'a repris et agrandi, depuis 1995, Christine Dozol. Cette rousse souriante à l'accent chantant propose aux Entrevalais une foule de produits - depuis les légumes frais provenant des fermes alentour jusqu'aux jouets pour les enfants - et dispense surtout sa bonne humeur. Elle a abandonné Nice pour revenir vivre au village de sa famille. Une solide dose de dynamisme lui permet de tenir boutique, toute l'année, de 8 à 21 heures.
Elle a pris le relais des anciennes échoppes, dont les enseignes en fer forgé, restées pendues au-dessus des portes basses médiévales, signalent toujours la trace. Pour compléter ses emplettes, il suffit de quitter le magasin de Christine par la rue du Marché, où les façades irrégulières semblent se bousculer l'une l'autre, et de monter jusqu'à la jolie petite place de la mairie, un des rares endroits plats du village, où les rayons du soleil musardent toute la journée. Là, Robert Lovera accueille des clients qui font parfois des kilomètres pour lui acheter une spécialité qu'il est seul à produire. Il y a huit ans, ce barbu au physique rebondi a mis au point la secca, une salaison de bœuf au goût fin, dont il garde jalousement la recette secrète. Trônant dans sa charcuterie, que les jambons pendus et les cuivres rutilants font ressembler à une caverne d'Ali Baba pour gastronomes, Robert ne vend d'ailleurs que des produits qu'il a goûtés et qu'il aime. Capable de disserter pendant des heures sur les qualités d'une viande et l'art de la bien préparer, il vous met l'eau à la bouche en quelques minutes de conversation ...

Témoignages des habitants

Lorsque le soleil nimbe les inquiétantes murailles de la forteresse verticale surplombant Entrevaux; le village devient le lumineux repère des vallées environnantes.      
En contrebas de la place de la mairie, à l'extrémité du pont qui enjambe le Var, un autre personnage, lui aussi gourmand de vie provençale, garde l'accès à Entrevaux. Né à Budapest, citoyen très britannique de Sa Très Gracieuse Majesté la reine Elizabeth - dont le portrait orne son salon -, Attila Szabo habite depuis douze ans les tours jumelles qui gardent la porte Royale. Ex-cadre d'une entreprise multinationale, passionné d'histoire, il a trouvé dans ce bâtiment du XVIe siècle un cadre de vie sans pareil. Peintre, il a aussi découvert à Entrevaux une source d'inspiration exceptionnelle.
Enfin, il a conquis sans peine l'amitié des villageois, fascinés par cet étonnant gentleman de 72 printemps, qui cultive soigneusement son image british. Écoutant constamment la BBC «pour garder l'accent » - mais il entend aussi couramment le latin, souvenir de son éducation chez les jésuites, et parle le hongrois, l'allemand et le français. Attila Szabo se délecte chaque jour du paysage mouvant offert par le Var roulant son flot capricieux en bas de ses fenêtres, et se réjouit des rencontres que favorise son atelier situé sous la lourde voûte de la porte Royale.
Puis, en prenant sur la droite, il faut descendre au pied des remparts qui enserrent Entrevaux, ne serait- ce que pour en prendre la mesure. Par la « Portette» qui y est ouverte, en longeant le Var, on aperçoit les oliveraies centenaires, avant de regagner l'intérieur du village par la seconde porte, la porte dItalie. À l'intérieur de son ancien corps de garde, un autre lieu de création vient de s'ouvrir aux visiteurs, l'atelier de poterie d'Agnès Jouffricau. Sous les hauts plafonds gardant le frais, elle y travaille la terre rouge et les oxydes de métaux pour créer une vaisselle dont les motifs régionaux s'inspirent du passé.

Faire revivre un village

L'association à laquelle elle adhère- Les Ateliers du haut pays, qui commercialise également la production d'une fresquiste et de deux agriculteurs - a décidé de s'installer ici pour aider à faire revivre Entrevaux. Cette volonté a été vivement encouragée par le maire, Gilbert Laurent qui exerce ses fonctions à quelques mètres du Planet, la placette où l'ancien hôpital Saint-Jacques l'a vu naître il y a 47 ans. Affichant la sérénité des gens qui travaillent avec bon sens, mais sans se prendre trop au sérieux, monsieur le maire rêve pour sa commune d'une vraie revitalisation. Pour cela, il est décidé à multiplier les demandes de subventions départementales, régionales, et même européennes s'il le faut! Avec une idée fixe: convaincre autrui de revenir peupler le village, pour lui rendre une vitalité à la hauteur de son patrimoine.
Témoin imposant du passé d'Entrevaux, sa puissante église rappelle que le village - et avant lui, la cité de Glandèves, sur l'autre rive du Var - fut le siège d'un évêché pendant quatorze  siècles. À l'extrémité de la nef unique, haute de douze mètres, une farandole d'angelots dorés sou- tient le plafond bleu étoilé du chœur. Sur les murs, une collection de tableaux des écoles provençale et flamande du XVIIe siècle juxtapose les portraits de saints et de personnages d'époque, de Louis XIII à
Descartes. Au visiteur d'aujourd'hui, qui s'étonne de trouver une telle ostentation dans un village si paisible, le prêtre sourit: «Le temps appartient à l'éternité. Et l'éternité appartient à Dieu ... »  
Aujourd’hui, l'activité du village est essentiellement touristique, et plusieurs artisans s'y sont installés.
 

Saint-Pancrace - Digne
Digne
Vallée de la Bléone - Digne
Digne
Provence

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