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Moustiers-Sainte-Marie

Petit histoire de Moustiers-Sainte-Marie, à environ 1h de voiture de Castellane.

Introduction générale

Porte aval du Grand Canyon, Moustiers-Sainte-Marie bénéficie du label "Villages et cités de caractère". Bâti en amphithéâtre à 634 mètres d'altitude, composé de deux quartiers distincts séparés par le torrent l'Adou, le village est célèbre pour deux raisons : sa faïence et son étoile à cinq branches accrochée à une chaîne de 227 mètres de longueur tendue entre les hauts rochers surplombant le village.
Perchée au-dessus des Gorges du Verdon la commune de Moustiers-Sainte-Marie tire son nom de l'ancien monestarium fondé par les moines de l'île de Lérins et l'évêque Maxime de Riez qui, en 432, avaient choisi d'y installer une communauté. Toutefois, il semble que le site était déjà occupé 12000 ans avant l'ère chrétienne.
Comme toute communauté religieuse de ce type, celle de Moustiers suscita l'attrait des populations voisines ce qui finit par donner naissance à une bourgade de plus en plus importante. Au Mie siècle les habitants avaient fortifié les lieux et construit les premières maisons. Les portes de Notre Dame, des Oules et le Portail Vieux dataient de cette période et marquaient le périmètre sur lequel s'étendait le village.
L'impétueuse Adou qui a creusé la faille sur laquelle est construit le village délimitait les quartiers historiques de Moustiers. Le faubourg des Paillerols abritait le vieux clocher, le couvent des Servites et deux tours surplombant les remparts. Cette partie de la ville fut détruite en 1382 par Charles de Duras car les habitants avaient pris le parti de la Reine Jeanne contre celui du Comte d'Anjou dans le cadre de la guerre de succession qui opposa les deux clans. Les moustierains refusaient les deux partis puisqu’ils ne croyaient pas à la mort de la reine Jeanne.
En prêtant serment d'allégeance au Comte d'Anjou, Moustiers reçut en remerciement le statut de ville indépendante du domaine Comtal en 1385. Mais cette guerre avait fait perdre au village les trois quarts de sa population.
Néanmoins, avec son architecture homogène, ses maisons anciennes ornées en encorbellement, ses toitures, ses ruelles chevauchées de voûtes et d'arcades, ses dédales de placettes, ses vestiges de remparts dont une porte fortifiée du XVème siècle, ses fontaines, ses ponts étagés le long de l'Adou, ses chapelles, le village conserve aujourd'hui un réel cachet médiéval.
Moustiers mit deux siècles pour retrouver la démographie qui était la sienne avant l'assassinat de la Reine Jeanne. Il faut dire que la commune fut épargnée par les guerres de religions et pu se consacrer à son développement économique. Ce dernier fut construit autour de l'eau : tannerie, papeterie et surtout poterie. Car c'est du travail de l'argile qu'allait naître ce qui fait aujourd'hui la notoriété de la ville : la faïence.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles la ville eu à souffrir des intempéries et des inondations qu'elles provoquèrent, notamment en 1685, 1692 et 1702 avec la destruction par les eaux en crue de murs d'endiguement du torrent, d'une partie de la Grand’ Place et de moulins à blé.
Sa véritable renaissance au XVIIIe siècle, Moustiers la doit à la famille Clérissy qui ouvrit la page de la faïence. Une histoire de même pas deux siècles puisque à l'époque de la Révolution, cette activité était déjà en déclin. Cependant, d'aussi courte durée fut elle, la production de faïence fut marquée par un tel dynamisme et une telle créativité qu'au début du XVIIIe siècle des femmes et des hommes éclairés purent relancer la tradition faïenciaire de la cité. Aujourd'hui, le village compte 630 habitants mais est devenu un lieu incontournable de la tradition et de l'artisanat en Provence.

Histoire de la faïence

Ce n'est pas un hasard si Moustiers-Sainte-Marie regroupe aujourd'hui 16 ateliers et une trentaine de magasins de faïence. Au XVIIIe siècle la ville fut un des principaux centres de production de faïence française de renommée internationale. Elle a su reconquérir ses lettres de noblesse à partir de la création de son Académie en 1928. L'apparition de l'art céramique est à mettre à l'actif de la famille Clérissy, une ancienne dynastie de potiers à Moustiers. Depuis l'Antiquité, compte tenu de la présence dans la région de sols argileux, la production de poteries et de céramiques s'est imposée en Provence. En 600 avant Jésus-Christ, les Phocéens apportèrent via Marseille le premier tour de potier que connut la région. Autant dire qu'un véritable savoir-faire s'était développé sur lequel ne demandaient qu'à éclore des idées et des initiatives nouvelles, telle celle des Clérissy qui passèrent de la poterie à la faïence.

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Quelques hommes illustres

Moustiers est la patrie de nombreux hommes illustres, notamment : Hugues Raymond, évêque de Riez (XIIIème siècle); 3 abbés de Lérins (XIIIème et XIVème siècles) ; les 4 Penna au XVIème siècle (amiral, mathématicien, médecin d'Henri III et juris-consulte) ; Bertet de La Clue, gouverneur de l'Illinois (XVIIIème siècle).
Vers la fin du XVIIe débuta le déclin de Moustiers. Un à un les ateliers fermèrent leurs portes. Epuisement des gisements d'argile, prix exorbitant dû au blocus continental de Napoléon des matières premières jusque-là bon marché comme les sels de verrerie ou le plomb, politiques fiscales, eurent raison d'une activité par ailleurs fortement concurrencée par l'émergence de faïence anglaise et de la porcelaine. Jusqu'à l'arrivée de Marcel Provence, ce fut donc la traversée du désert.

L'église Notre Dame

Notre Dame, ancienne église du prieuré a pour l'essentiel été construite au XIIe siècle. Au XVIe, on y rajouta le chevet plat à arcatures et les collatéraux. Avec ses cinq travées en berceau brisé dans le plus pur style Roman, la nef est particulièrement mise en valeur par la sobriété de ses décorations et ornements. Une sensation de puissance s'impose, renforcée par la présence de chapelles en berceau creusées en alcôve au XVIIe siècle dans l'épaisseur des murs latéraux. Les éléments les plus récents que l'on peut y voir sont des miséricordes sculptées tandis que le plus ancien est un sarcophage datant du Ve siècle avec un bas-relief représentant le passage de la mer rouge, faisant office de maître-hôtel. Le chœur ajouté au XIVe siècle est légèrement décalé par rapport à l'axe de la nef pour représenter la tête penchée du Christ sur la croix.
Le clocher carré en tuf de style lombard avec de nombreuses ouvertures en façade, a été construit sur trois niveaux au XIIe siècle. On disait qu'il tremblait sous les vibrations des cloches sonnant à toute volée, il a par la suite été consolidé. Aujourd'hui, il abrite une des plus anciennes cloches de la région fondue en 1447.

La légende de la chaîne et de son étoile

Entre les deux pics rocheux se faisant face au-dessus de la crevasse creusée par les intempéries s'étire une chaîne de 227 mètres de longueur au centre de laquelle brille une étoile à cinq branches. Selon la légende, il s'agit d'un ex-voto placé là à la demande du duc de Blacas qui, fait prisonnier par les Sarrazins durant les Croisades, avait fait le vœu d'accrocher une étoile d'argent au-dessus de la Chapelle Notre-Dame-de-Beauvoir s'il parvenait un jour à rentrer chez lui. "A tes pieds Vierge Marie/je suspendrai ma chaîne/Si jamais je retourne/A Moustiers dans ma patrie".
A ti ped Vierge Mario
Ma cadeno penjarai
Se jamai
Tourne maï
A Moustiers dins ma patrio
A tes pieds Vierge Marie Je suspendrai ma chaîne Si jamais je retourne
A Moustiers dans ma patrie.
A son retour, il ne manqua pas de respecter son serment. C'est Frédéric Mistral qui inventa cette légende. Ces vers sont de lui.
La chaîne originelle aurait été tout en argent, et l'étoile portait seize rayons comme l'emblème des Blacas. Elle fut enlevée en 1793 sous la Révolution puis replacée sous la Restauration. Plusieurs fois la chaîne et l'étoile tombèrent au sol. A chaque fois elles furent remplacées. Celle que l'on voit aujourd'hui date de 1957 et fut réparée en 1995 après s'être rompue.

La grotte et la chapelle de Sainte Marie-Madeleine

La grotte de Sainte Marie-Madeleine domine la vallée et propose un point de vue admirable sur la vallée. Le sentier qui y conduit a été aménagé en 1874 mais l'établissement d'une chapelle dédiée à Marie-Madeleine est mentionné dès 1720 par l'abbé Solomé. Marie-Madeleine fait partie des trois Saintes Maries (Marie-Madeleine, Marie-Jacobé et Marie-Salomé) qui selon la légende ont débarqué en Camargue au début de l'ère chrétienne après avoir été chassées de Palestine. Marie-Madeleine s'était retirée en ermitage dans une grotte du massif de la Sainte-Baume où, dit-on, ses larmes auraient donné naissance à l'Huveaune, petit fleuve se jetant en mer à Marseille. C'est au temps du Roy René qu'on a commencé en Provence à vouer un culte particulier à cette Sainte, d'où sans doute la chapelle dans la grotte à Moustiers.

La chapelle Notre-Dame-de-Beauvoir

On accède à la chapelle Notre-Dame-de-Beauvoir en suivant le chemin accroché aux hautes parois rocheuses surplombant la source. Un chemin de Croix avec ses oratoires jalonne cette promenade escarpée. Chaque année pour le 8 septembre, à l'occasion de la fête de nativité de la vierge, un pèlerinage rassemble les habitants de Moustiers et des environs pour une procession jusqu'à la chapelle. Les premiers textes attestant de la présence de la chapelle datent de 1052. Edifice Roman à nef unique, Notre-Dame-de-Beauvoir a fait l'objet de constructions successives. Elle est surmontée d'un clocher en tuf coiffé d'une pyramide, érigé au XVIe siècle, en pleine époque Gothique. C'est à cette période qu'ont également été rajoutées deux travées et une abside pentagonale. Le portail d'entrée avec ses vantaux finement sculptés date du XVIe et, dans le chœur, le retable est du XVIIe siècle, posé là vers 1860.
La chapelle a semble-t-il toujours été un lieu de dévotion mariale. On "montait" y prier la Vierge pour l'implorer de redonner vie temporairement aux enfants mort-nés, afin qu'on ait le temps de les baptiser. Plus de 200 actes rédigés par les prêtres entre 1666 et 1670 et conservés dans les archives communales donnent foi à cette histoire. Les actes mentionnent le nom des enfants, de leurs parents, ainsi que ceux de leur parrain, marraine et paroisse d'origine, et signes de vie.
L'édifice a été érigé dans un cadre grandiose, depuis lequel s'ouvre un magnifique point de vue sur la vallée et le lac.   

L'Académie de Moustiers

C'est à Marcel Provence que la commune doit la création le 22 décembre 1928 de l'Académie de Moustiers. Constituée sous la forme d'une association, elle a pour vocation de développer et d'encourager les études consacrées à l'histoire de la faïence et des faïenciers de la région. Elle organise diverses manifestations et expositions dans le but de promouvoir "le prestige de l'art céramique et de la cité faïencière". Elle contribue également à l'enrichissement du fond du Musée de la faïence. Enfin, elle a tissé de nombreux liens avec d'autres organisations spécialisées dans les recherches céramologiques
Poète et écrivain, partisan de la maintenance des traditions provençales, Marcel Provence, de son vrai nom Marcel Joannon, voulait faire renaître l'art de la faïence à Moustiers alors que les derniers fours avaient éteint leurs feux en 1874. Le premier acte symbolique du militant de la faïence fut, le 24 août 1927, de rallumer un four dans la ville.
C'est donc de cette époque que date la relance de l'activité faïencière dans le village. Elle est à l'initiative de la création du Musée de la Faïence en 1929 et de sa collection. Tout au long du XXe siècle, la production de faïence de Moustiers-Sainte-Marie s'est accrue. Elle est aujourd'hui assurée par seize ateliers.
Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, l'âge d'or de la faïence à Moustiers, les principaux faïenciers locaux créèrent les décors constituant "la griffe" de Moustiers. L'Académie a très tôt entrepris un travail de recensement de ces décors en faisant appel à ses membres, aux artisans et aux collectionneurs susceptibles de lui fournir des photographies de pièces rares et anciennes. Ce travail, qui se poursuit encore aujourd'hui, est à l'origine de la création d'une photothèque unique permettant de mieux connaître les faïences de Moustiers, de découvrir de nouveaux décors et, éventuellement, de corriger les erreurs d'attribution quant à la paternité de telle ou telle pièce qui n'a pas été attribuée à son véritable auteur.

Le Musée de la Faïence

La création du Musée de la faïence en 1929 est à mettre à l'actif de l'Académie de Moustiers et surtout de Marcel Provence. Par leurs dons, mais aussi par leur quête auprès de collectionneurs ou de propriétaires de pièces rares, les membres de l'Académie contribuent depuis cette époque à la constitution du fonds du Musée. Il est provisoirement installé dans la mairie. Il retrace l'histoire de la faïence à Moustiers, présente des pièces rares, l'œuvre des principaux faïenciers, les divers décors utilisés depuis le XVIIe siècle.

Ces faïenciers qui ont fait Moustiers

Pierre Clérissy

Un acte notarié datant de 1679 attribue à Pierre Clérissy la qualité de "faïencier". Historiquement, c'est la première fois que le terme est employé à Moustiers, village dont l'activité est alors la poterie. A cette époque, chez les Clérissy on est potier de père en fils depuis des générations. Mais dans le pays, ni les Clérissy ni aucun autre potier n'avaient encore fait de la faïence. Où et comment Pierre a-t-il appris l'art de la céramique ? Aujourd'hui encore, malgré de nombreuses recherches, le mystère reste entier. La légende attribue le don du secret de l'émail à un moine servite de Faenza (Italie).
Toujours est-il que jusqu'en 1715, notre homme restera l'unique « faïencier » de Moustiers. Puis, son fils Antoine et après lui son petit-fils Pierre II prendront le relais pour perpétuer l'activité familiale, tandis que petit à petit d'autres céramistes de renom.

Joseph Olérys

C'est en 1739 que Joseph Olérys ouvre son atelier de faïence à Moustiers. Ce Marseillais n'est pas un inconnu dans la bourgade. Il y a séjourné en 1721 et, on suppose qu'il a fourbi ses premières armes en travaillant dans la manufacture des Clérissy. Quand il revient à Moustiers, il vient de passer dix années en Espagne où il a occupé le poste de directeur artistique et technique de la fabrique d'Alcora, commune proche de Valence où, sous l'impulsion du comte d'Aranda, l'art céramique est en pleine expansion (aujourd'hui encore, Alcora reste en Espagne un centre de production de céramiques particulièrement dynamique). Exigeant des peintres travaillant sur ses pièces qu'ils signent leurs œuvres, Joseph Olérys fait aujourd'hui figure de fondateur du style Moustiers. Alors que les Clérissy s'en étaient tenus jusque-là à des décors peints en camaïeu bleu, Olérys utilise la polychromie rapportée d'Espagne. Il est semble-t-il à l'origine de nombreux décors utilisés ensuite par les autres fabriques.

Louis et Jean-Baptiste Ferrat

Ce sont les frères Ferrat qui ont introduit à Moustiers à la fin du XVIIIe siècle le petit feu, appelé aussi feu de moufle, en s'inspirant des pratiques utilisées par les céramistes de l'Est de la France. Cette technique nouvelle va permettre de révolutionner la gamme chromatique des faïences avec l'utilisation de couleurs vives et brillantes qu'il était impossible d'obtenir avec le grand feu. Après les camaïeux du début de la production et les polychromes du milieu du XVIIe siècle, les pièces produites dans l'atelier des frères Ferrat constituent aux yeux des spécialistes une troisième génération de faïences.

Plus qu'un village, un atelier de faïence et des techniques

Seize ateliers perpétuent aujourd'hui les gestes de maîtres faïenciers tels que ces derniers les pratiquaient il y a plus de deux siècles. Aux XVIIe et XVIIIe siècles les maîtres faïenciers contrôlaient l'ensemble du processus conduisant à la réalisation des faïences. Après avoir choisi leur argile, ils l'amendaient par des mélanges afin d'obtenir la meilleure matière première possible. Puis ils la lavaient dans des bassins de décantation, avant de la laisser quelques temps dans le "pastaïre" où elle subissait un véritable phénomène de pourrissement la rendant propre au travail dans les ateliers.
La terre était ensuite pétrie avant qu'on ne lui donne une forme particulière par tournage, façonnage ou moulage. Une fois sèche, la pièce ainsi obtenue doit subir une cuisson à 1000 °C, avant d'être immergée dans un bain d'émail contenant de l'étain. Ce n'est qu'une fois cette opération achevée qu'il devient possible de réaliser les décors, le faïencier préparant lui-même ses pigments de couleur. Une fois peinte la pièce retourne au four. Cette fois la température est poussée jusqu'à 900 °C. Au cours de cette dernière opération les couleurs se fondent dans l'émail. C'est la technique dite du "grand feu".
Vers la fin du XVIIe siècle, des maîtres faïenciers, en premier lieu les frères Ferrat, utilisèrent la technique dite du "petit feu".
Cette dernière consiste à poser les décors sur les pièces une fois que l'émail a été cuit. L'intervention du peintre s'en trouve facilitée, mais surtout la palette des couleurs disponibles devient beaucoup plus large. Cela nécessite une troisième cuisson à température plus douce, d'où le nom de "petit feu".

Les décors des faïenciers de Moustiers

Les décors des faïences de Moustiers sont les motifs décorant les pièces de céramique produites par les faïenciers. Ces décors sont peints à la main par des décorateurs, à l'aide d'un pinceau fin. Le pinceau ne doit passer qu'une seule fois sur l'émail, en un seul trait : impossible de faire une retouche. Le geste du décorateur doit être sûr et précis, ce qui réclame une grande maîtrise de la technique et des couleurs. Afin de faciliter leur travail, les peintres utilisent des pochoirs, appelés poncifs ou poncis dans le jargon des faïenciers.
Les couleurs utilisées pour peindre les décors ont évolué au fil du temps et des techniques. Les décors sont classés par genre et sont pour les connaisseurs caractéristiques de leurs auteurs et des époques où ils ont été réalisés.
Les plus anciennes pièces répertoriées représentent des scènes de chasse dessinées par Gaspard Viry sur des céramiques de Clérissy, peintes en camaïeu bleu à partir d'œuvres d'Antonio Tempesta, artiste italien de la Renaissance. Viry et ses fils travaillèrent également à partir de dessins de Jean
Bérain, ornemaniste à la cour de Louis XIV, particulièrement inspiré par la mythologie et les arts antiques : personnages mythologiques, arabesques symétriques, éléments architecturaux, cariatides... Le décor "à la Berain" eu particulièrement son heure de gloire au début du XVIIIe siècle. Selon les experts le décor "aux fleurs de Solanée" connu un engouement particulier de 1740 à 1760.
En polychromie bien souvent, mais parfois aussi en camaïeu jaune, il est illustré par des bouquets construits à l'aide d'une fleur imaginaire, dont on a longtemps cru à tort qu'il s'agissait de la fleur de pomme de terre.
Le décor "aux guirlandes", lui aussi en polychromie ou en camaïeu jaune représente des guirlandes de fleurs peintes sur l'aile, c'est-à-dire sur les bords ou les côtés des pièces, tandis qu'une fleur ou un médaillon d'inspiration mythologique est dessiné au centre. Très réputé, créé par Olérys, le décor "aux grotesques" met en scène de petits personnages burlesques et des animaux fantastiques. Les grotesques sont peintes en camaïeu ou en polychromie.

Technique du petit feu

Avec la technique du petit feu introduite à Moustiers dans le seconde partie du XVIIIe siècle, les décors des faïenciers se parent de couleurs plus vives et plus brillantes, notamment à l'instigation des Fougue et des frères Ferrat. En camaïeu vert ou en polychromie, les décors se tournent vers des motifs naturels : oiseaux, fleurs et paysages.
A la fin du XVIIIe siècle fleuriront des décors plus rares: le "Louis XVI" constitué d'un médaillon enrubanné armoriés, reprenant des armoiries combinées avec les autres décors. Ces deux familles de décors cessèrent d'être produites au lendemain de la Révolution, on comprend aisément pourquoi. Mais pour autant les événements politiques survenus en 1789 ne semblent pas avoir influencé la création des faïenciers locaux. A la fin du XVIII siècle, c'est plutôt la polychromie douce qui s'impose à partir de couleurs claires, dont un vert tendre mettant en relief des scènes souvent inspirées par la mythologie.
Les faïenciers actuels de Moustiers travaillent de façon traditionnelle, estampage sur des moules de plâtre, coulage, décor peint entièrement au pinceau, seule la cuisson n'est plus au bois mais électrique.
Le village n'ayant pas de marque collective protégée, chaque atelier signe de son nom "... à Moustiers", ce qui est la seule façon de reconnaître une faïence contemporaine fabriquée à Moustiers.

Le Verdon émeraude au pays de la Lavande

Les Gorges du Verdon constituent un des sites naturels les plus pittoresques qui soient. Son grand canyon, dont les méandres enchantèrent Jean Giono, ne fut exploré qu'au début du siècle dernier, en 1905. Il est situé à cheval sur les départements du Var et des Alpes de Hautes Provence. Les gorges du Verdon sont le fruit de l'érosion de la rivière qui, lentement, a taillé dans la roche calcaire ces immenses falaises. Dans cet espace naturel protégé vit une faune et une flore diversifiée et rare, dont certaines espèces font elles aussi l'objet de mesure de protection.
En 1997 sur le territoire des 45 communes riveraines de la rivière, le Parc naturel régional du Verdon fut créé. Il couvre une superficie de près de 18 000 km2 où vit une population de 20 000 habitants.
Parfois rapides, souvent sinueuses, les eaux du Verdon et leur vert caractéristique connaissent des passages plus calme. Il faut dire que tout au long de leur pérégrination jusqu'à la Durance, elles traversent quatre lacs artificiels où elles connaissent un cheminement plus serein.
Le lac d'Esparron couvre une superficie de 160 hectares. Celui de Quinson tout en longueur s'étend sur 11 kilomètres le long des gorges étroites et sauvages. Le lac de Sainte Croix, sans doute le plus fréquenté, présente le plan d'eau le plus vaste s'étalant sur plus de 2 200 hectares avec ses 10 kilomètres de longueur et ses 3 kilomètres de largeur.
Enfin, le Lac de Castillon s'étend sur environ 8 km de longueur pour une superficie de 500 hectares. Si l'environnement du Verdon a conservé son caractère sauvage, il n'en demeure pas moins que le cours d'eau a été domestiqué au cours du XIXe siècle. Sur les 170 kilomètres, la rivière est exploitée par Edf pour sa production d'électricité. Les barrages de Castillon, de Chaudanne, de Sainte Croix dont la mise en eau a nécessité la noyade de l'ancien village des Salles, de Quinson et de Gréoux font du Verdon un grand producteur de houille blanche.

Des sports de plein air

Moustiers est certes réputée pour sa faïence, mais la commune est aussi un haut lieu du tourisme en Provence pour tout ce qui touche aux sports et aux loisirs de plein air.
Depuis plus de vingt ans, la pratique du parapente y est quasiment quotidienne grâce à la présence sur le village et dans ses environs d'associations agréées pour l'initiation et la pratique de ce sport.
Il faut dire que vu des cieux de Moustiers, le panorama est sans pareil. Le regard porte sur les principaux massifs de la région : le Mont-Ventoux, la Ste-Victoire, la Montagne de Lure, le Luberon, les reliefs enneigés du Mercantour et des Écrins. D’autres sports aériens sont proposés: l'ULM et le vol à voile notamment.
La région est aussi le centre de nombreuses activités nautiques en raison de la présence toute proche de plusieurs lacs et du Verdon. Baignade, planche à voile, catamaran et dériveur, canoë et kayak, les possibilités sont tout autant variées que le nombre de prestataires et organismes spécialisés installés sur la région. On trouvera aussi sur place des sociétés de location de bateaux à moteur électrique ne nécessitant pas de permis, idéal pour remonter le cours du Verdon et le Grand Canyon.
La présence du Verdon et de ses gorges au relief tourmenté permet la pratique de sports d'eau vive et de plein air plus extrêmes. Le Rafting, la nage en eau vive et le canyoning dans les rapides, le rappel le long des parois abrupte, sont autant d'activités accessibles par l'intermédiaire des associations locales.
Pour ceux qui préfèrent des activités plus paisibles, Moustiers constitue le point de départ ou le passage obligé de nombreuses promenades ou de randonnées. En effet, le site se caractérise par la richesse et la diversité de ses sentiers. Au total, près de cent kilomètres de randonnée sont accessibles pour tout niveau, avec des parcours dont la durée varie d'une à plusieurs heures. Certains circuits à thème sont balisés, comme le sentier botanique. Pour les plus férus, la présence de plusieurs chemins de grande randonnée dans le secteur (GR 4, 49 et 99) offre des possibilités plus vastes.
Entre Durance, Verdon et Asse, le plateau de Valensole est le pays du lavandin, du blé, de l'amandier et du miel. Introduite à la fin du XIXe siècle, la culture de la lavande hybride y occupe une place prépondérante bien que plusieurs lavandiculteurs développent depuis quelques années la culture de la lavande fine. Trois variétés de lavandin sont présentes, grosso, sumian et super, mais avec 85 % des superficies exploitées, le grosso se taille sur ce bassin la part du lion.
 

Verdon
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Verdon
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pédalo dans le lac de Sainte-Croix
Accrobranche
Rafting
Pont de Galetas
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