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Autour du Verdon

Le Verdon est plus qu'une rivière. C'est un pays, une région, qui nécessiterait plus d'un livre pour en parler correctement.
Et cette région est au cœur de la Provence, plus grande encore, entourée de part et d'autre de la Méditerranée, des Alpes du Sud et du Rhône. Cette page sera consacrée aux quelques villes et villages des Alpes du sud, qu'il vous faudra explorer pour réellement les découvrir. Si d'aventure vous venez dans les Gorges du Verdon, vous ne manquerez pas de pousser votre visite un peu plus loin.

Parcs régionaux et nationaux du Mercantour et du Lubéron

Quelle nature riche ! Alors restons d'abord dans la nature.
Géographiquement déjà, la Haute-Provence s'encaisse entre de rares beautés. Le Canyon du Verdon creuse ses gorges remarquables sur plus de vingt-un kilomètres, entre Rougon et Aiguines. La route de La Corniche Sublime permet de découvrir toutes ses merveilles de nature sauvage et des à-pics impressionnants. A pied, il faut toute une journée pour arpenter et s'émerveiller tout au long du sentier Martel, baptisé du nom du premier "explorateur" du canyon en 1905.
Le Parc national du Mercantour protège, depuis 1979, 68 500 hectares entre les Alpes Maritimes et la Haute-Provence. Jouxtant le parc naturel italien de l'Argentera, le Mercantour est un parc de haute montagne qui offre des paysages souvent aigus et une faune très abondante. Il est le seul parc français où les loups sont revenus de leur "propre initiative" négligeant la frontière entre la France et l'Italie. Quant au Parc naturel régional du Luberon, est-il encore nécessaire de le présenter tant son cadre merveilleux a été vanté par toutes les stars de la chanson, du cinéma et même de la politique qui se sont empressées d'acheter un "mas", qui autour de Gordes, qui dans les chênes d'Oppède-Le-Vieux. Il est un des derniers reflets de la Provence si chère à Camus.

La Haute-Provence

Pays abrupt, la Haute-Provence a transformé l'habitat humain en véritable excroissance ventousée aux rochers. Est-ce l'invasion des Sarrasins, particulièrement violente et meurtrière dans cette région ? Est-ce tout simplement un instinct de protection inhérent à l'homme ?  En tous cas, ainsi ont été créées de petites villes perchées qui donnent la réplique, en grandeur nature, à ces fameuses crèches provençales que les enfants construisent pour les peupler de santons pendant les fêtes de la Noël. Blotties sous leurs tuiles rouges comme sous des écailles, ses hautes maisons font penser à des tortues de roches, austères. Enchâssées l'une contre l'autre, elles se relient par des rues si étroites et au pave- ment si acerbe qu'elles ne peuvent souvent être empruntées qu'à pied. Dans ces pays, le vent souffle fort. Trop fort même pour les flèches de pierre des clochers imposants. Ainsi une des spécialités architecturales de la Haute-Provence, ce sont ses campaniles en fer forgé qui coiffent les églises et où la cloche reste suspendue à tous les vents. Particulièrement ouvragés, certains de ces campaniles sont de véritables chefs-d’œuvre de ferronneries, comme à Sisteron ou aux Mées.
Longtemps, la Haute-Provence est restée une région difficile d'accès où les réseaux de communication se limitaient à des chemins muletiers. Ainsi la route traversant le Canyon du Verdon n'a été achevée qu'en 1973. Au milieu du XIXe siècle, les ponts eux- mêmes étaient encore rares.
Autant dire que Napoléon a du s'inquiéter lorsqu'il a traversé ce pays âpre lors de son retour triomphal de l'île d'Elbe. Suivant un itinéraire qui allait devenir la Route Napoléon, il passa par Castellane, Digne, dormit au château de Malijai. Épreuve qui inquiétait l'Empereur; la forteresse de Sisteron ne lui opposa aucune résistance, faute de poudre à canon... Napoléon était passé, mais dans quelles conditions ! Aujourd’hui, plus de soucis, les routes et sentiers de la Haute-Provence sont bien ouverts afin que chacun puisse se délecter de ces villages perchés et de ces paysages primordiaux qui embaument tant de flagrances chères au midi. Le magnifique campanile qui coiffe la Tour de l'Horloge de Sisteron.

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La faune en haute-Provence

La faune des Alpes du Sud, que ce soit en Haute-Provence comme dans les contreforts des premiers sommets, a particulièrement souffert de l'exploitation et de la transformation des terres. Entre les pesticides qui détruisent les insectes, les bons comme les mauvais, et la mécanisation des espaces sauvages, beaucoup d'espèces ont disparu. Symbole de la Haute-Provence et du pays dignois en particulier, le papillon a été une des premières victimes de la destruction de l'environnement traditionnel. On dénombre pourtant près de 1 300 espèces sur ce territoire. 600 volettent autour de Digne dont le musée municipal possède une collection exceptionnelle. Pour les amateurs de couleurs en subtils mouvements, les ballets de papillons de la Haute-Provence composent de merveilleux kaléidoscopes, dès les premières chaleurs.
Comme beaucoup de campagnes, les Alpes du Sud regorgent bien-sûr de rongeurs : musaraignes des Alpes, souris des neiges avec un petit pompon lisse au bout de la queue ...
Autrefois, on paraît le col des souverains de sa fourrure, mais la royale hermine se fait de plus en plus rare et bien heureux ceux qui arrivent à saisir la course de sa robe fauve l'été et immaculée l'hiver, à peine marquée de noir à l'extrémité de la queue. La marmotte reste bien sûr l'emblème des Alpes du Sud et la marotte de tous les pro- meneurs. Guetteur vigilant, la marmotte s'assoit sur ses pattes de derrière pour repérer les intrus et siffle pour donner l'alerte à ces camarades, elles se glissent alors dans leurs tunnels qui leurs servent aussi de chambre pendant les rigueurs de l'hiver. Les oiseaux se distinguent avec des rapaces comme les buses ou les éperviers. Corbeaux et corneilles planent souvent au-dessus des endroits moins habités. Tandis que les tétras-lyres ou la perdrix des neiges jouent à cache-cache avec les chasseurs dans les plus sauvages recoins des Alpes du Sud. Sur les hauteurs, le bouquetin et le chamois aiguisent leurs sabots et leurs cornes. Surnommé "antilope des Alpes", le chamois se découpe gracieusement sur les rochers en pointant ces fines cornes mutines. Plus massif, arborant de larges cornes annelées, le bouquetin se complaît à la sieste au soleil. Un papillon butine une lavande.

La flore

La végétation des Alpes du Sud glisse habilement de la méditerranéenne à l'alpine. Le chêne vert, le cyprès, l'amandier, l'olivier et les plantes odorantes comme la lavande cèdent leur place aux conifères plus résistants aux froids : sapins, épicéas, mélèzes. Les troncs noueux et tordus concèdent les pentes abruptes aux allures droites et fières. Les feuilles se transforment en aiguilles. Les odeurs aussi abandonnent le sucré pour l'entêtante présence de la résine de pin.
Quant aux fleurs ... L’œillet, l'iris et le coquelicot se transforment en chardons, rhododendrons, gentianes ou en rarissime Edelweiss, presque aussi mythique que certaines orchidées. Scintillant de mille reflets sous la rosée du petit matin, un Edelweiss.

Le barrage de Serre-Ponçon et ses environs

Avec ses 3 000 hectares et ses 1 270 millions de m3 d'eau, le lac de Serre-Ponçon se range parmi les plus grands lacs artificiels d'Europe. Il est né de la volonté de discipliner la capricieuse Durance qui prend sa source au Mont Genèvre. Maigre en hiver, elle se transforme en un torrent impétueux dès que la fonte des neiges lui redonne un peu de nerf. Elle en devient d'autant plus irascible qu'elle reçoit aussi les eaux du Queyras et de l'Ubaye qui sont des rivières de la même trempe alpine. Aujourd'hui ce lac est réputé tant pour la diversité de ses paysages que pour la multiplicité des sports que sa belle surface permet désormais de pratiquer : voiles, ski-nautique, canoë ... Terminé en 1960, ce barrage fut le premier en France à être réalisé selon les techniques en vigueur aux États-Unis pour les très grands ouvrages. En grande partie élevé grâce à des alluvions du bassin de la Durance, il s'élève de 123 mètres pour une épaisseur de 650 mètres à la base et un volume maximum de 14 millions de m3. Une centrale électrique a été aménagée souterrainement dans un rocher, le Serre-de-Monge. Elle peut produire annuellement jusqu'à six milliards de KWh.

Chorges

Commençant le tour de ce lac par la gauche, on attaque le site par le Belvédère Ivan-Wilhem. Ce splendide point de vue a, bien-sûr, été baptisé du nom de l'ingénieur qui a conçu le barrage de Serre-Ponçon. Situé à une altitude de 847 mètres, ce belvédère a été élevé dans l'axe de la crête du barrage et permet une vue profonde sur les près de 20 kilomètres qui séparent l'ouvrage d'Embrun. Chorges se tient un peu en retrait du barrage. On y remarque la "Pierre de Néron", impressionnante stèle en marbre rose qui serait le socle d'une antique statue disparue. Elle est dominée par le clocher particulier qui date du XIVe siècle et qui se dresse sur deux étages. De la rive on peut apercevoir la chétive silhouette de la Chapelle Saint-Michel qui se tient humble mais déterminée sur son îlot. A certaines époques de l'an- née, le niveau de l'eau monte si haut que la petite église paraît flotter sur les rides de l'onde. Le Pont de Savines enjambe le lac par-dessus les ruines du village immergé par la mise en eaux. Plusieurs historiettes courent sur le site : par temps calme, lorsque les eaux sont vraiment claires, on peut encore apercevoir les ruines de maisons abîmées sous la grande vague du progrès ... Certaines nuits des amoureux en barques auraient entendu sonner, sous la surface, la cloche de l'église ...

L'abbaye de Boscodon

Située dans un très beau cadre de Montagne, à 1150m d'altitude, à 3 km du Lac de Serre-Ponçon, l'Abbaye de Boscodon est un remarquable monument du XII siècle, ce fut la principale maison de l'ordre de Chalais (ermites) qui s'est répandu au Moyen-Age dans le Dauphiné et la Provence. Son architecture est proche de l'art cistercien. Mise à sac à plusieurs reprises, elle subit des restaurations au XVe, XVIIe, et XVIIIe siècles. Abbatiale, sacristie, chapelle et chapitre ont retrouvé leur beauté d'origine ainsi que l'ai- le des moines et celle des officiers, malgré les modifications dont elles furent l'objet. Devenus hameau depuis 1791, les bâtiments de l'abbaye (classés M.H. en 1974) jurent rachetés dès 1972 par l'Association des Amis de l'Abbaye de Boscodon (reconnue d'utilité publique en 1990) qui en assure le remembrement et la restauration, et y promeut des activités culturelles. La communauté religieuse Notre Dame de Boscodon l'anime sur le plan spirituel qu'il en soit, une nouvelle Savines-le-Lac se dresse sur la rive ...
Dans l'épaisse forêt qui la domine, se niche l'Abbaye de Boscodon. Construite en pierres blondes du pays, la cargneule, par des moines chalaisiens en 1130, elle fut très prospère au point de survivre à la disparition de l'ordre de Chalais et de devenir Bénédictine en 1408. Vendue comme bien National après la révolution, elle déchut en bâtiments agricoles jusqu'en 1972. En cour de restaura- tion, elle abrite désormais une petite congrégation de nonnes dominicaines et accueille des personnes désirant faire une retraite. Autour de l'abbaye s'élèvent de puissants sapins et mélèzes où les moines ont capté une source protégée par une voûte de pierres, la Fontaine de l'Ours.

Pontis

A Pontis, l'école communale, qui n'a jamais compté qu'une seule classe, s'est transformé en musée de la scolarisation des Alpes. Mais c'est aussi à ses Demoiselles et à leur coiffure que Pontis doit sa renommée. Mais ne vous affolez pas, mesdames, et ne rêvez pas, messieurs ! Splendides chandelles de pierre rouge surmontées d'un gros rocher, ces Demoiselles Coiffées s'appellent aussi, par ailleurs, "Cheminées des Fées". Elles s'alignent comme d'éphémères œuvres d'art d'un hasard géologique à l'âme d'artiste dont le ciseau aurait pour nom érosion.
De Sauze du Lac, on peut découvrir un paysage farouche de calanques qui s'effritent et qui évoquent les étendues sauvages qu'ont été ces Alpes du Sud, frétillante de vie sauvage. Parc animalier, la Montagne aux Marmottes reconstitue dans un espace naturel cette vie qui florissaient au cœur de ces futaies et des ces rochers, âpres. De véritables marmottes vous invitent à venir découvrir les merveilles de la forêt : fleurs, arbres, animaux et même une grotte préhistorique ...
A la "Montagne aux marmottes" on peut approcher des marmottes et visiter la reconstitution d'une grotte préhistorique.

Embrun

Trônant à la pointe du lac, Embrun domine la Durance du haut de son "Roc". Vieille métropole ecclésiastique, Embrun se distingue par sa cathédrale Notre-Dame-du-Réal, qui date des XIIe et XIIIe siècles. Anciennement Notre-Dame-des-Bois, elle offre un des plus beaux exemples d'art Lombard, en particulier au travers de ses deux lions et ses deux couples de colonnettes supportées par des atlantes. Un insolent conte populaire raconte que le petit personnage emprisonné entre les deux colonnes de gauche serait le pingre prévôt qui rechignait à payer les ouvriers bâtisseurs. La Maison des Chanonges se dresse, depuis le XIIIe siècle, comme l'un des uniques témoignages de l'architecture civile médiévale de cette région.

L'Ubaye - Barcelonnette

Encaissée, l'Ubaye resta très longtemps la vallée la plus isolée de France. La route qui relie Barcelonnette à la basse vallée de la Durance ne fut vraiment terminée qu'en 1883.
Barcelonnette naquit du caprice de Raimond Bérenger, comte de Barcelone et de Provence. Il décida de se faire construire, là, une grande bâtisse qu'il baptisa Barcelonne, en 1231... Puis les siècles en firent Barcelonnette. En 1821, deux frères de Jausiers, les Arnaud, ferment leur filature et partent "faire" fortune au Mexique... fis entraînent dans leur sillage beaucoup de jeunes aventuriers de la vallée, au point qu'à la fin du XIXe siècle plus de la moitié des hommes de 20 ans de la vallée sont devenus des "Barcelonnettes" ou "Mexicains", abandonnant les hauteurs des Alpes pour la Pampa. Mais la guerre de 14-18 et la révolution mexicaine briseront le rêve ...
De retour au pays, certains de ces "Mexicains" firent bâtir des villas luxueuses qui forgent la personnalité de Barcelonnette. La Villa de la Sapinière est l'une des plus somptueuses d'entre elles. Jusque dans la tombe même, les "Mexicains" inscrivirent aussi leur épopée dans de remarquables monuments qui ornent le cimetière. C'est bien depuis les années trente, que les amateurs de glissades ensoleillées sur poudreuse viennent chausser leurs skis au pied du "Chapeau de Gendarme" et du "Pain de Sucre". Ainsi, Le Sauze (1380 m) pourrait pratiquement revendiquer l'anecdotique titre de plus ancienne station de ski française. 

La station Pra-Loup 1600

Elle est désormais reliée par télécabines et par une route à la nouvelle station du Super-Sauze. Sur ces pistes, notre belle championne du Monde de super- géant, Carole Merle, commença de glisser vers le pays des merveilles médaillées. Au marcheur endurant, le sommet du "Chapeau de Gendarme" offre un splendide panorama sur la vallée de Barcelonnette et sur les gorges du Bachelard. Créée dans les années 60, la station de ski de Pra- Loup a su rendre célèbre ses pistes. Son symbole, une tête de Loup noir hurlant, est désormais célèbre dans l'Europe entière. Mais c'est non seulement ses pistes mais aussi son riche et précieux cadre naturel qui ont fait son attrait. Les randonneurs comme les skieurs peuvent découvrir les beautés de la vallée de Gimette comme celles du col des Tuiles. Le nom de Faucon-de-Barcelonnette viendrait des oiseaux de proie qui, à une lointaine époque, était familiers des lieux. Ce petit village fut le berceau du célèbre Saint Jean de Matha. Il fonda l'Ordre des Trinitaires et fut le médiateur qui se chargea de racheter aux Sarrasins leurs prisonniers chrétiens. Le couvent de son ordre sert aujourd'hui de retraite. Patrie des pionniers de l'émigration vers le Mexique, les frères Arnaud, Jausiers arbore une remarquable église du XVIIIe. Sa nef unique se voûte en berceau composé de blocs de tuf taillés et son décor baroque se synthétise dans un autel des morts très original, orné de crânes et d'os sculptés. Un des "Mexicains" fit construire à son retour le château des Magnans en néo-gothique. Deux ouvrages guerriers ponctuent les alentours. Le Fort de Tournoux s'accroche à la montagne pour chevaucher la ligne des crêtes entre l'Ubaye et l'Ubayette. Il culmine à 2 000 mètres après une ascension de 700 mètres de dénivelé. Il fut non seulement construit entre 1843 et 1865, mais aussi creusé puisque des souterrains relient les différentes batteries entre elles. Roche-La-Croix date de 1931-1940. Il avait été conçu dans le programme Maginot pour être totalement autarcique, un peu comme un monastère de guerre. L'arche marque la frontière entre la France et l'Italie. Le Pont du Châtelet ouvre la route vers Fouillousse. Il impressionne par son unique arche qui s'élance à 100 mètres au-dessus du vide, depuis 1880. L’Eglise de Maurin incite au recueillement. Solitaire dans la montagne silencieuse, cette chapelle Saint- Antoine se trouve blottie au cœur de son cimetière comme si celui-ci désirait la protéger d'une autre avalanche aussi violente que celle qui emporta la première chapelle du XIIe en 1531...

Le col d'Allos et les environs 

La route du Col d'Allos se couvre de neige de novembre à mai. Mais ce manteau blanc et glissant ne rebute pas les amateurs de sports d'hiver qui connaissent bien les stations qui étendent leurs domaines skiables de part et d'autre du col. Le Val-d'Allos réunit Allos, la Foux-d'Allos et Le Seignus, stations de ski très fréquentées qui proposent un des plus grands domaines skiables de France tout en essayant de conserver un cachet très régional avec leurs constructions en bois. Le lac d'Allos brille de son turquoise vif dans un cirque surplombé par des pics déchirés. Avec ses soixante hectares, il est le plus grand lac d'Europe à ces altitudes (2 230 mètres). Le Mont Pelat est un des sites de réintroduction du bouquetin ...

Colmars-les-Alpes

Cette petite ville est située à 1250 mètres d'altitude dans un cadre boisé magnifique qui annonce déjà les beautés naturelles du parc du Mercantour. L'origine de son nom a du nettement influencer le destin de cette charmante petite forteresse aux rues étroites et aux placettes si typiquement méridionales. En effet, elle serait née d'un temple érigé sur la colline et dédié au dieu romain de la guerre : Mars. La Colline de Mars (Collis Martis) devient Colmars. Mais son emplacement stratégique lui valut une systématique confrontation avec tous les conflits territoriaux de la turbulente histoire de France... Malgré les multiples incendies qui ponctuent cette épopée, qu'ils soient guerriers ou accidentels, Colmars a réussi à garder de beaux remparts flanqués de petites tours carrées qui datent de François 1er, ainsi que les forts de France et de Savoie avec leur caponnières qui le relient à la cité, conçus par Vauban à la fin du XVIIe. Au fond d'une gorge étroite rebondit la cascade de la Lance dans un fracas sauvage qui rafraîchît et rassérène.

Seyne-les-Alpes

Verrou de la Vallée de la Blanche depuis des siècles, Seyne-Les-Alpes domine la Durance et l'Ubaye d'un côté, le Bès et la Bléone de l'autre. Ville frontière entre la Savoie et la Provence, son histoire a subi les aléas des invasions et des conflits d'intérêts politiques. Sa première église fut détruite par les Maures en 900. Si déjà l'implantation du christianisme avait donné lieu à de sinistres persécutions, les Guerres de Religion y déchaînèrent leurs massacres et incendies, avant que la place forte ne soit concédée aux Protestants. La Grande Tour (XIIe) continue d'ailleurs de monter la garde pour prévenir les éventuels rançonnages dont la ville fut longtemps l'otage. Sur ordre de Vauban, un fort vient entourer cette prestigieuse ancêtre de guerre en 1691. Imposant monument du roman montagnard, l’Église-Notre Dame-de-Nazareth ancre sa croix latine dans la terre de La Blanche depuis le XIIIe siècle.

Digne-les-Bains et sa région

L'implantation de Digne comme capitale de la vallée de la Bléone remonterait à des temps immémoriaux ... Bien avant la romanisation, dès l'époque protohistorique, ce site était déjà habité. Préfecture des Alpes de Haute-Provence, Digne a toujours joué un rôle prépondérant au cours de l'histoire: oppidum sous les gallo-romains, évêché au Moyen-âge, chef- lieu du département dès la Révolution Française, ville étape de la reconquête de l'Empire par Napoléon lors de son retour de l'île d'Elbe ... Animée, Digne se distingue aussi aujourd’hui par son nouvel essor thermal depuis 1975: elle reçoit plus de 10000 curistes par an.
Comme le soulignent les œuvres réalisées en place publique qui jalonnent ses rues, Digne s'est aussi transformée en muse de la sculpture avec une biennale internationale très courue. De bien marquantes et bien différentes personnalités ont arpenté cette cité, comme Pierre Gassendi (1592-1655) le célèbre mathématicien-astronome et polémiste qui en décousît philosophiquement avec Descartes, Mgr de Miollis (1753-1843) immortalisé sous le nom de Mgr Bienvenu Myriel dans "Les Misérables" de Victor Hugo, sans oublier l'aventureuse Alexandra David-Néel qui finit par délaisser le Tibet pour s'installer ici afin d'écrire ses souvenirs. Bien que datant du XIXe siècle, la Grande Fontaine dresse ses portiques doriques comme les emblèmes d'une vocation thermale que la ville assume depuis l'antiquité. Son originalité tient beaucoup à ses concrétions calcaires recouvertes de mousse qui donnent à l'ensemble un air de sanctuaire païen rescapé des siècles. De dimensions exceptionnelles pour une cathédrale romane provençale, Notre-Dame du Bourg date des XIIIe et XIVe siècles. Mais elle a été élevée sur les bases d'une première église plus ancienne.
Elle s'ouvre par un magnifique portail lombard aux lions. Sa crypte possède un autel mérovingien de marbre blanc. Le Campanile de la Cathédrale Saint-Jérôme (XVe) surmonte l'église depuis 1620. Plu- sieurs musées enrichissent la cité de leurs diversités : celui de Digne, celui des arts religieux, celui de la seconde guerre mondiale. Le plus visité reste la maison de l'exploratrice Alexandra David-Neel où elle vécut pendant quarante-deux ans. Ce haut-lieu de curiosité et de spiritualité abrite les souvenirs de l'aventure extrême-orientale de cette femme hors du commun. Baptisée "Samten Dzong" ou "Forteresse de méditation", cette demeure a reçu deux fois la visite du Dalaï Lama.  Cependant Digne n'oublie pas les richesses historiques de ses terres. Le Jardin Botanique des Cordeliers propose une collection de plus de 350 plantes aromatiques, potagères et médicinales dans une architecture typique des "jardins en carreaux" médiévaux. Digne s'élève aussi au cœur d'une véritable mémoire géologique de notre planète, protégée par une Réserve Naturelle Géologique de Haute Provence qui préserve la Dalle à Ammonites Géantes, ou des empreintes de pattes d'oiseaux.

Les Mées

D'étranges crocs de roche dominent le Bourg des Mées : les Pénitents. Conglomérats de galets éternellement unis par un ciment naturel, ces hautes silhouettes encapuchonnées, dont l'une porte encore l'ébauche d'une croix sur son cœur, auraient été des moines un peu trop sensibles aux graciles charmes de généreuses mauresques. A l'époque, les Sarrasins avaient envahi le pays et s'y distinguaient en répandant une violente terreur. Les seigneurs des environs s'unirent et, par une belle nuit, écrasèrent l'armée ennemie. Sept jeunes femmes maures furent capturées et confiées au seigneur des Mées, Rimbaud. Mais retournant chez lui, après les ardeurs du combat, Rimbaud se sentit d'humeur à d'autres assauts, plus doux ...
Quels étaient donc les talents ou les envoûtements connus de ces seules femmes ? Toujours est-il que, délaissant les affaires de ses terres, Rimbaud s'enferma avec elles derrière ses fiers remparts ... Rapidement, on se mit à parler d'ensorcellement et la jalousie aidant, on ne trouvait pas très naturel que Rimbaud passe tout son temps en compagnie de ces noiraudes qu'il aurait dû renvoyer à Arles afin que l'Eglise décide de leur sort. Dans le peuple, là superstitieuse crainte finit par faire souffler un vent de révolte et on menaça Rimbaud d'ex- communication s'il ne livrait pas ses circées d'outre-méditerranée ... Les sorcières orientales durent donc quitter la citadelle sous les yeux de tous les habitants des environs. Leur sortie ne s'accompagna que de silences et de battements de cœurs transis : leur beauté exotique figeait toutes et tous. Sur la crête de la colline en face, Saint Donat, l'ermite de Lure, sentit bien que tant de mignardises et joliesses réunies ne laissaient pas les moines indifférents. Malgré la rapidité d'un coup d'œil timide, la virilité frémissait déjà sous la bure austère. Pour éviter que les bons moines ne succombent au péché d'envie, l'ermite lucide les pétrifia sur place avant même que leur âme ne soit atteinte par la tentation. Ces belles odalisques avaient une telle réputation d'éveiller par leurs beautés la bête qui sommeille en chaque homme qu'un lieu-dit s'appelle encore les "Pourcelles" en mémoire de leur fascinant envoûtement.

Sisteron

Comme si, de ses mains effroyablement noueuses, lm improbable géant avait écarté les rocs pour offrir le cours à la rivière, la montagne s'est ouverte pour laisser passer la Durance, là où les Voconces établirent Segustro et Jean-Louis Vaudoyer d'inscrire en lettre d'or vers sur le monolithe blanc fiché au pied de la Citadelle: "A Sisteron, tu penses moins au travail des mains mortelles qu'au jeu immortel des Titans" ! Et c'est bien depuis la rive gauche de la Durance que le curieux appréciera la plus belle vue de Sisteron qui grimpe à l'assaut de sa colline, couronnée par cette fameuse Citadelle qui inquiéta, un instant, Napoléon dans son retour triomphal de l'île d'Elbe. La ville semble prise de la passion de l'escalade tant ses rues étroites, grimpant avec entrain les flancs rocailleux.
Ces charmes balancés de Provence autant que des Alpes n'ont jamais mieux été évoqués que par les mots de Paul Arène, natif de Sisteron et auteur de "Jean des Figues" et de "La Chèvre d'Or". Outre l'Eglise Notre-Dame et son clocher à flèche pyramidale, Sisteron est célèbre pour ses cinq tours aux noms évocateurs. Erigées en 1370, elles demeurent les derniers vestiges de l'enceinte destinée à protéger la ville des bandes armées connues sous le nom des "Grandes Compagnies" qui envahirent la Provence afin de la piller. Ses sentinelles de pierre se nomment tour des "Gens d'Armes", de "Notre-Dame-du Fort", "Porte-Sauve", par laquelle s'enfuirent les Protestants, et tour de la "Médisance" pour celle où, prétend-on, les Sisteronaises de l'époque aimaient à se retrouver pour " ... échanger des propos anodins sur l'une ou l'autre des absentes ... ".
Au XIe siècle, une première Citadelle avait été érigée sur les restes des précédentes places-fortes. Mais il n'en reste rien, aujourd'hui. Fière et rassurante malgré les péripéties historiques dont les désastreux bombardements alliés d'août 1944, celle qui se dresse encore date en grande partie du XIIe. Mais elle a été moultes fois remaniée, en particulier sur les conseils de Vauban qui s'est penché avec beaucoup d'attention sur un "nouveau plan de défense" dont les directives ne furent jamais réalisées ... pour cause de manque d'argent, déjà! Au trois quarts détruite pendant la Libération, la Chapelle de la Citadelle, Notre-Dame -du-Château, date néanmoins du XVe siècle.  Elle allie le grès doré de Bevons au calcaire gris de Chambrancon et s'illustre, depuis 1980, de vitraux au symbolisme précieux du maître verrier Claude Courageux. Les alentours de Sisteron offrent aussi quelques surprises embaumant autant le mystère que le lavandin ou le sapin. Le Défilé de la Pierre Ecrite présente une longue inscription romaine en l'honneur d'un préfet des Gaules converti au christianisme, Dardanus, qui ouvrit ce passage. Le scribe y fait allusion à une mystérieuse "Cité de Dieu" dont les vestiges ont été relevés entre Chardavon et Saint-Géniez. Cette "Théopolis" aurait été un important centre spirituel et initiatique des premiers chrétiens mais aussi de leurs prédécesseurs. Un peu plus loin, sur le curieux Rocher de Dromon s'élève une modeste chapelle du XIe qui possède une crypte semi-souterraine, embellie de colonnettes et de chapiteaux. Certains chercheurs prétendent qu'elle aurait été élevée sur le centre mystique de "Théopolis". Près de Saint-Géniez, la forêt domaniale de Vançon aurait poussé dans le bassin d'un lac disparu lors d'un séisme.

Forcalquier et ses environs

Fière cité provençale qui tient le bassin entre la Montagne de Lure, la Durance et le Luberon, Forcalquier s'érige sur un passé de caractère fort indépendant. En effet, au Moyen-âge, elle devint la capitale de la Haute-Provence, arguant de sa souveraineté sur un vaste territoire s'étendant de Manosque à Embrun. Elle s'arrogea même le droit de devenir co-évêché avec Sisteron, ce qui reste une exception marquante dans l'histoire de l'Eglise. Lentement, au long des décennies, par le jeu des alliances matrimoniales, le Comté de Forcalquier rentrera dans le giron du Royaume de France au XVe siècle. L'Eglise Notre-Dame abrite les plus anciens transepts et cœur gothiques de Provence puisqu'ils dateraient du tout début du XIIe siècle. Les Franciscains vinrent s'installer à Forcalquier en 1236. Ils ont occupé jusqu'à la fin du XVIIe leur première fondation, le Couvent des Cordeliers. Les créations des Franciscains sont souvent baptisées "des cordeliers" car ces moines avaient pour usage de nouer une corde autour de leurs bures.
Place Saint-Michel, selon son habitude bien établie, l'archange pourfend un dragon, au sommet d'une pyramide : la forte vive fontaine renaissance. Tout à la fois gardiens de verdure et murs de murmures par temps de mistral, les Ifs du cimetière se transforment en remarquables figurants architecturaux. Massive et âcre, la Montagne de Lure fut pendant des années l'égérie sauvage de Giono: " ... l'échine monstrueuse du taureau de Dyonisos ... ". Curieuse description pour cette muse dont les paysages lui inspirèrent nombre de ses récits dont "Regain". Particulièrement boisé, le versant nord offre un profond contraste avec les garrigues aromatiques du flanc sud. A vocation montagnarde, Notre-Dame-de- Lure a été construite par les moines de l'ordre de Chalais en 1165. Saint-Etienne-Les-Orgues, qui se dresse comme un vigile sur la route du sommet, doit sa réputation passée aux nombreuses et prestigieuses médecines qui y étaient concoctées avec les plantes cueillies sur les pentes de la Lure. Ramassée autour de sa citadelle médiévale, Mane a vu les pierres de ses carrières participer aux plus belles constructions de la région dont Notre-Dame- de-Salagon. Construite sur un sanctuaire du VIe, Cette abbaye du XIIe siècle accueille dans son magnifique cadre roman un musée ainsi qu'un conservatoire ethnologique de la Haute-Provence fameux pour ses collections de plantes médicinales et aromatiques parfois très rares. Lui aussi en pierres de Mane, le Château de Sauvan s'enorgueillit d'être le "Petit Trianon Provençal", typique du XVe siècle. Sosie de Marie-Antoinette, la châtelaine de Sauvan aurait essayé de se substituer à la reine pouf lui permettre de s'évader de la Bas- tille. Mais celle-ci refusa, sachant que sa remplaçante risquait la décapitation. Avec ses deux églises dont l'une d'entre-elle était mentionnée comme église royale, Saint-Michel-l'Observatoire semblait déjà être voué aux cieux les plus religieux.
Il l'est désormais aussi au firmament le plus naturel puisque son observatoire, installé là grâce à la pureté de l'atmosphère dont jouit la région, s'élance vers le ciel comme un des plus perfectionnés d'Europe avec ses 14 coupoles et son télescope à la pointe de la technologie. Céreste fut longtemps un centre important du Christianisme avec la proximité du prieuré de Carluc où l'on peut encore découvrir des tombes à formes humaines. Fontaine-citerne sous voûte de pierres, le "Nid d'Amour" réunit deux sources qui jaillissent là devant un encorbellement du rocher. Cette vallée de l'Encrème se distingue aussi par son intérêt écologique. Outre que son sous-sol contient de nombreux fossiles d'animaux marins et de végétaux, elle accueille le plus gros rongeur d'Europe à particularité de constructeur frénétique: le Castor.

Lurs et Montfuron

Montfuron dresse avec fierté son Moulin à vent. Devenue village fantôme après la dernière guerre malgré sa réputation de "Balcon sur la Durance", Lurs a pourtant connu un passé prestigieux. Place forte épiscopale, elle fut longtemps la résidence préférée des Évêques de Sisteron. Derrière le château, ces prélats ont "laissé" une promenade ponctuée de quinze oratoires qui conduit jusqu'à Notre-Dame-de- Vie. Redécouverte par un groupe de graphistes amis de Giono, Lurs a retrouvé vie, petit à petit, dans le milieu des années cinquante. Belvédère du Luberon, Dauphin s'étire en ruelles caladées sous des passages couverts et entre de belles façades sculptées dans le beau calcaire de carrières voisines. Hameau restauré avec goût, Opédette domine une clue creusée par la Calavon. Reconnu comme l'un des plus beaux villages perchés de Haute-Provence, Simiane la Rotonde s'agrippe sur le rebord du plateau d'Albion, au-dessus des arômes colorés des champs de lavande. Riche en histoire et en belles demeures aux portes diamantées, Simiane doit son surnom de Rotonde à la forteresse qui se dresse au sommet de la pyramide constituée par les maisons du village serrées les unes contre les autres.
Banon ... Non, ce nom n'est pas seulement celui d'un délicieux fromage de chèvre, au lait cru et emmitouflé de feuilles de châtaignier. Banon, c'est avant tout un village magique, accroché à un flanc de collines, adulées aussi pour leurs champignons. Peuplé dès la préhistoire comme en témoignent les mégalithes encore visibles, le plateau de Ganagobie est surtout fréquenté aujourd'hui pour son magnifique prieuré fondé au Xe siècle par les moines de Cluny.

Manosque 

L'envoi de Jean Giono sur sa cité natale resterait forcément incompris par ceux qui ne feraient que rapidement traverser la cité manosquine. "Le véritable trésor de Manosque est sa beauté", écrivit le chantre de la Haute-Provence. Encore faut-il passer outre la ville nouvelle récemment éclose, en particulier sous l'impact économique du Centre de Recherches Nucléaires de Cadarache ! A l'image de François 1er, il faut se faire soupirant assidu et aller arpenter le cœur de Manosque. Alors on découvre en effet les beautés de celle que l'on continue de surnommée "La Pudique", selon une anecdote historique que le père du "Hussard sur le Toit" passa sa vie à contester ...
Cernée par les boulevards qui ont remplacé les remparts, la vieille ville se dessine le long de rues typiquement provençales, étroites, bordées de grands murs qui cachent de beaux jardins ou de fraîches cours ... D'étroits passages, les andrones et des venelles couvertes relient les rues entre elles. Autre- fois environnée d'entrepôts de sel, c'est à eux que la Porte Saunerie doit son nom. Elévée au XIe siècle, puis reconstruite au XIVe, cette gardienne de la ville La Porte Saunerie.  Le campanile de saint Sauveur est armé de deux assommoirs. Deux tourelles couronnées de beaux mâchicoulis l'encadrent. Longtemps artère principale de la ville, la Rue Grande a su garder tout le pittoresque architectural que lui a assigné le temps. Giono, enfant, passa beau- coup de temps au n014, atelier de son père cordon- nier. La façade gothique de l'Eglise Saint-Sauveur invite le promeneur à pénétrer dans une nef romane recoiffée d'ogives du XVIIe Chef-d’œuvre d'un maître ferronnier de Rians, le campanile du clocher carré se place comme un exceptionnel couvre-chef vanté par tous les amateurs de fer-forgé. L'Eglise Notre- Dame-de-Romigier porte le nom d'une Vierge Noire parmi les plus belles et les plus anciennes qui soient données d'admirer en France.

Vestiges historiques

Une historiette court sur cette Notre-Dame-de-Romigier qui conte l'étymologie de son nom. La statue aurait été cachée au IXe siècle pour échapper aux fureurs sarrasines. Au siècle suivant, en sarclant un de ses champs, un paysan la découvre sous un buisson de ronces, appelé "roumi" en Provençal. En marbre de Carrare, c'est un sarcophage des IV et VI siècles qui fait office d'autel.
L'Hôtel de Ville présente une des plus belles bâtisse de Manosque. L’Église de l'Ancien Couvent de la Présentation a été décorée par le peintre d'origine arménienne Jean Carzou dont Manosque abrite la fon- dation. Sur le thème de l'Apocalypse, Carzou image, entre autres, les quatre cavaliers maudits sous les oripeaux de génocides : les amérindiens, les arméniens, la Saint-Barthélemy et les camps de concentration...
Mais le peintre laisse filtrer un message d'espoir au travers de sa Femme-Arbre qui invoque la renaissance de la terre après les désastres provoqués par la folie du genre humain. Si le Centre Jean Giono, permet de découvrir au cœur de Manosque l'œuvre écrite et cinématographique de l'écrivain, sa demeure "Le Paraïs" permet de saisir l'ouverture d'esprit, la curiosité et l'ardeur joyeuse du labeur qui l'animaient. Du sommet du Mont d'Or, parmi les ruines d'une tour, le grimpeur peut découvrir la vallée de la Du- rance et le Luberon, mais aussi la sainte-Victoire et la Sainte-Baume. Et comme Giono il s'apercevra que les toits au-dessous de lui s'agencent comme " ... les plaques d'une armure ... » pour préserver la pudeur de cette cité !
Mais, au fait, pourquoi Manosque s'enorgueillit-elle d'être "La Pudique" ? A cause des assiduités amoureuses du plus charmeur des rois de France et de La Vierge Noire N.D. de Romigier. Navarre, François Premier. En effet, il serait venu découvrir Manosque lors de son règne. Il fut accueilli par la fille du consul qui, selon l'usage, lui of- frit les clefs de la ville sur un coussin de velours rouge. Péronne de Voland était une bien mignarde damoiselle et le roi s'empressa de lui faire sa cour. La belle préféra se défigurer aux vapeurs de souffre que d'encourir ainsi les avances du roi ...

Gréoux-les-Bains et ses environs

Sur le plateau de Valensole, les champs de céréales et de lavandins s'étendent à perte de vue, dominés de temps à autres par les noires échines tordues de vieux amandiers, derniers survivants d'une agriculture provençale traditionnelle aujourd'hui complètement révolue.
On se croirait en pleine page de Giono. Pas étonnant, c'est bien là que le romancier de la Provence a enraciné une bonne part de ses drames. Construite en hémicycle autour d'une commanderie templière, sur un éperon rocheux, Gréoux garde son caché impressionnant de sentinelle médiévale. Ville d'eaux depuis la plus haute antiquité, avec sa source sulfureuse à 37°, son établissement thermal troglodyte connaît un vif succès qui n'est que l'écho de celui que lui accordèrent déjà les Romains. Une piscine thermale du Ier siècle ainsi qu'une stèle aux nymphes de 176 av. JC ont été d'ailleurs découvertes sur le site. La commanderie de l'Ordre du Temple domine le village de son puissant donjon carré dont la stature raconte encore, bien des siècles après leur massacre, la force de caractère de ces moines guerriers qui constellèrent la Provence de leurs constructions toujours nimbées de légendes de trésors ou de pratiques surnaturelles.

Saint-Martin-de-Brômes, Esparron-de-Verdon

Saint-Martin-de-Brômes n'échappe pas non plus aux mystères avec ces vieilles maisons romanes dont les porches et les portes portent de biens étranges inscriptions. Avec son clocher pyramidal à trois baies, l’Église romane du XIe fait pendant à une noble tour templière du XIVe siècle qui révéla, il y a quelques années, un bien beau secret. Elle abritait une tombe romaine du IV siècle dans laquelle un squelette pourvu de menues monnaies reposait toujours dans son cercueil en plomb. Selon les racontars locaux, Saint-Martin serait aussi réputé pour ses escargots, dont la coquille spiralée symbolise dans plusieurs cultures fécondité et renouveau.
Une figure locale, le "Grand Pierre" aime à répéter à qui veut l'écouter: "Manger des escargots de Saint-Martin tous les matins, c'est la santé pour l'éternité". A Esparron-de-Verdon, le château des Castellane domine le lac artificiel de sa splendide façade du XVIIIe siècle épaulée par le donjon dont les créneaux surveillent la vallée depuis le XI siècle. Fief de la Famille de Castellane, le château d'Allemagne-en-Provence connut des épisodes dramatiques lors des Guerres de Religion. Protestant convaincu et invaincu, le Baron d'Allemagne s'apprêtait à fêter une victoire lorsqu'il fut abattu d'un coup d'arquebuse par un tireur embusqué. De rage, sa femme fit exécuter sur sa tombe douze prisonniers catholiques.
Quelques temps plus tard, leur fils mourut dans un duel. Attaché par leur bras gauche, les deux rivaux s'entre-déchirèrent à coups de poignards. La veuve d'Alexandre d'Allemagne prit alors le voile et partit à Marseille pour fonder le couvent des Capucines. Situé sur les hauteurs, Saint-Jurs passe pour être un des plus anciens "villages perchés" si spécifiques de la Haute-Provence. Seigneurie des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem au mo siècle, Puimoisson paraît suspendu dans les effluves des champs de lavandins qui l'enserrent doucement.

Riez

Sur le Mont-Saint-Maxime, la chapelle trace son dé- ambulatoire ponctué de six belles colonnes corinthiennes. Comme cette courte promenade, son abside transforme le petit édifice roman en un splendide exemple de "recyclage" des matériaux antiques que pratiquaient couramment certains bâtisseurs du Moyen-âge. La chapelle surplombe tout de même la ville de Riez qui fut pendant longtemps un important centre de vie et de commerce sur le plateau de Valensole. Son baptistère mérovingien reste un des rares monuments de cette époque aussi bien conservé. Elevé au VIe siècle, il apparaît comme un carré sans relief. Pourtant son intérieur épouse une forme octogonale où se découpent quatre absidioles qui s'enfoncent dans les murs sans rien laisser paraître de l'extérieur. En écho à la forme du bâtiment, huit antiques colonnes de granit chapeautées de marbre corinthien entourent le bassin. Fières et élancées, quatre colonnes romaines de six mètres de haut se dressent dans une prairie à la sortie de la ville. Elles sont les dernières ferventes adoratrices d'Apollon, dieu solaire auquel les romains avaient dressé un temple en cet endroit, au 1er siècle.

Moustiers-Sainte-Marie

Accrochée à la sortie du Grand Canyon du Verdon, Moustiers-Sainte-Marie doit son nom à un monastère créé au VO siècle par des moines qui vécurent d'abord dans les grottes de la brèche calcaire à laquelle se confronte l'étonnant petit site encore chaud du prestige de ses fours. En effet, c'est surtout pour ces faïences qui firent la renommée de Moustiers. Et ce depuis le XVIIe siècle lorsqu'un religieux italien, originaire de Faenza, aurait révélé ce fameux secret de la cuisson de l'émail aux motifs d'un bleu clair et lumineux. Très prisée la faïence de Moustiers faillit disparaître avec l'extinction du dernier four en 1874. Le feu fut rallumé par Marcel Provence en 1925.  Dans une crypte médiévale creusée par les moines de Lérins, un splendide Musée de la Faïence présente les chef-d'œuvres de cette école rare. Lieu de pèlerinage fréquenté avec ferveur dès le Haut-Moyen-âge, la Chapelle Notre-Dame-de-Beauvoir domine la vallée de la Maire à 200 mètres d'altitude. On y accède par 300 marches ponctuées d'un chemin de croix en quatorze stations décorées de faïences de Simone Garmier. Cette chapelle brille par son autel baroque qui rehausse encore la beauté de la statue de Notre-Dame de Beauvoir et par sa fameuse étoile suspendue au bout d'une chaîne de 227 mètres et pesant plus de quatre cents kilos. Cette chaîne aurait été placée là sur l'ordre du duc de Bla- cas. Prisonnier des Sarrasins lors de la septième croisade, il avait en effet juré : "A tes pieds, Vierge Marie, je suspendrai ma chaîne si jamais je retourne à Moustiers dans ma patrie".  Depuis 1975, date de la mise en service du barrage, le Lac de Sainte-Croix illumine d'un beau vert turquoise les falaises désolées de Valensole et de Canjuers. Le village originel de Les Salles-sur-Verdon repose sous les eaux du lac. Mais le clocher et la fontaine ont été sauvés de l'immersion pour être réinstallés dans le nouveau village. De site perché, Bauduen se coule désormais sur une pointe à fleur de lac, avec ses maisons à portes arrondies fleuries de roses trémières qui lui accordent un charme suranné. Sous l'ardent soleil de Provence, Quinson met en lumière la "Nuit des Temps". En effet, ses alentours sont riches en vestiges préhistoriques qui permettent de mieux connaître l'habitat, l'outillage et les mœurs de nos ancêtres d'avant les Gaulois qui s'étaient installés au bord du petit lac.

Castellane

Porte du Grand Canyon du Verdon ouverte sur la route Napoléon, Castellane foisonne d'une histoire riche en événements. Ainsi, l'altière cité fut maintes fois briguée par d'importants personnages. En pleine Guerres de Religion, le Baron d'Allemagne et le duc de Lesdiguières jettent sur elle leur dévolu ! Ils décident de se l'inféoder...
Mais une courageuse Castellanaise, Judith Andrau, ébouillante du haut de la porte de l'annonciade la capitaine qui dirigeait l'assaut... Depuis, tous les 31 janvier, la "Fête du Pétardier" commémore cet héroïque sauvetage. l'’Église Saint-Victor présente un exemple intéressant de la transition entre le roman et le gothique à la fin du XIIe siècle. Érigée à l'instigation des Moines de l'Abbaye Saint-Victor de Marseille, elle touche par son harmonie et sa sobriété. Du haut de ses 903 mètres d'altitudes, Notre-Dame-du-Roc continue de protéger Castellane. De nombreuses fois détruite et reconstruite, elle est un lieu de pèlerinage vénéré depuis des temps très anciens, comme en témoignent les très nombreux exvotos qui la décorent. Les lacs de Castillon et de Chaudanne enrichissent les environs de Castellane de deux très beaux plans d'eau.

Annot

Au bord de la Vaire, Annot a poussé dans un chaos de grès aux formes inattendues ombragées de châtaigniers imposants, sur le site le plus anciennement peuplé de la vallée. Elle représentait une étape importante sur la voie romaine qui reliait Nice à Digne. Les plus anciennes maisons sont étroites et hautes tandis que celles construites au XlXe siècles, souvent des résidences d'été de notables du littoral, prennent l'allure de grandes bastides piémontaises. Une croix tréflée du XIIIe siècle marque la fin du village, en partant vers Nice de son étrange silhouette romane. La Chapelle de Notre-Dame-de-Vers-La-Ville s'érige timidement depuis le XIIe siècle au milieu d'un amas de rochers qui donnent l'étrange sensation d'être les ruines d'autres bâtiments beaucoup plus gigantesques.

Entrevaux

Cité médiévale, Entrevaux épouse le piton rocheux sur lequel elle pousse et d'où elle domine le Var. Position stratégique, elle intéressa vivement les troupes de Charles Quint. Mais elle défendit vaillamment sa fidélité envers François 1er qui lui accorda de nombreuses faveurs. A la fin du XVIIe, Vauban décide de relier la citadelle, perchée sur le piton, à la ville. Depuis, neuf rampes de pierre zigzaguent sur le rocher d'Entrevaux comme une cicatrice fouettée par le sabre géant d'un titanesque mais habile bretteur. Le centre de la ville présente encore des jolies façades à encorbellements typiques de la Renaissance. Sa cathédrale se distingue par la richesse de sa décoration intérieure dont certaines flamboient d'un vif baroque.

Saint-Pancrace - Digne
Digne
Vallée de la Bléone - Digne
Digne
Provence

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