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Les circuits routiers touristiques des Gorges du Verdon partie 3

La Corniche Sublime

C'est depuis Aiguines que s'ouvre le trajet de la Corniche Sublime (D 71), sur la rive gauche, qui va rallier Comps-sur-Artuby, distant d'environ 38 kilomètres. Cet itinéraire en surplomb du Grand Canyon, a été réalisé par étapes entre 1934 et 1950. Il s'agit là du plus aérien et du plus haut parcours routier dans les Gorges du Verdon, qui longe le gouffre béant jusqu'aux Balcons de la Mescla.
Avant de s'engager totalement dans ce périple, il convient d'effectuer une halte à la chapelle St-Pierre. Du point de vue, est dressée une table d'orientation situant les villages et les villes de la région jusqu'à la Méditerranée, les regards se portent à l'infini si le Mistral a bien voulu jouer son rôle en déportant ailleurs les nuages. Il n'a pas de plus beau point d'observation pour admirer le lac de Ste-Croix et les villages délicatement posés sur ses berges.
La route s'élève ensuite et la végétation change. On retrouve des espèces végétales où les buis, les lavandes sauvages, le thym et les résineux dominent dans un garrigue typiquement méditerranéenne. Nouvelle rencontre avec le Verdon (que l'on avait un peu perdu de vue à cause du relief et du lac), au Col d'Illoire (967 m.). Illoré était un braconnier qui passait par ce col pour aller pêcher des truites dans le torrent émeraude, et les vendre ensuite sur les marchés du pays. Il échappait ainsi à tout contrôle de la Marée Chaussée ou du Garde Forestier. Au cours de la 2ème Guerre Mondiale, ce passage fut emprunté par les maquisards. Dans cette nature hostile, il était difficile de les localiser pour qui ne connaissait pas les embûches.

Le sentier Vaumale

Le site est le point d'arrivée (ou de départ) du sentier de Vaumale, qui débute au lieu dit la Petite Forêt situé plus en amont. Le parcours débouche ensuite sur le Cirque de Vaumale. Une source coule toute l'année au creux du ravin, la Source de Vaumale, «Site Classé» il y a peu de temps (dans les années 1996/97).
Cette vaste cuvette géologique montre bien le fantastique travail d'érosion entrepris par les eaux du Verdon au cours des millénaires. Vers la gauche, des arrêtes saillantes et vives se dressent leurs à-pic à la conquête du ciel : les Crêtes de Vernis surplombent fièrement le Défilé du Galetas. De ce point, la crête ainsi constituée semble trancher d'un coup vif tout ce qui relie le Verdon et le lac. Ce n'est qu'une illusion d'optique...
En bout de course des Crêtes de Vernis qui prolongent le défilé de la Rue de l'Eau, prend place le Pas du Galetas. Quelques dizaines plus en amont de la source, la route parvient à son point le plus élevé dans les Gorges du Verdon à la cote 1202 m.

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Camp de Canjuers

Dans un coude du cheminement, un belvédère sur la gauche offre un panorama saisissant sur l'ensemble du Pas du Galetas et les crêtes de Vernis, la Rue de l'eau et le Cirque de Vaumale, et plus à droite, sur les contreforts de Moustiers et le Mont Denier, mais aussi, sur les sites de Plein Voir, Barbin et Mayreste. Le point de vue est réellement magistral. En portant son regard vers le torrent, on apercevra des barques et des pédalos remonter le lit du Verdon. Ils paraissent infiniment petits et perdus dans cette immensité minérale. Le parcours longe toujours les courbes de la falaise en dominant allégrement le torrent émeraude qui poursuit sa course vers le lac. Hormis la période qui s'étend sur les mois de juillet et d'août, il ne faudra pas être surpris d'entendre des tirs d'artillerie, et le canon tonner. A partir du Signal du Grand Margés, la route jouxte les limites du Camp Militaire de Canjuers. Le Plateau de Canjuers accueille le plus grand camp militaire d'entraînement en Europe, et les armées, qu'elles soient Françaises ou étrangères, viennent s'y exercer tout au long de l'année. Une portion du sentier du Grand Margès, sur les hauteurs, se déroule sur les limites les plus au nord terrain militaire, et ce, sans aucun risque pour les randonneurs.

Les sites de la corniche à ne pas manquer

L'itinéraire se poursuit sous les arbres de la Grande Forêt et les points de vue permettent de nouveaux clichés. La Corniche Sublime, outre les panoramas majestueux qu'elle offre sur les sites du Verdon, possède l'avantage de présenter un circuit bien ombragé, ce qui est fort appréciable en période estivale.
De nouveaux sites se dévoilent au fils des détours de la route et apparaissent Mayreste et sa bastide templière, le Col de l'Olivier et le Col d'Aven (sur la rive opposée), les contreforts du Robion qui se dresse au loin, en direction du nord-est, surplombant les plans de La Palud. Le Point Sublime, à près de 15 kilomètres à vol d'oiseau, est visible si la météo le consent. À présent, les falaises culminent à 960 mètres au-dessus du lit du Verdon. Les panoramas sur les sites de La Maline et de l'Estellié sont grandioses. Prolongeant le circuit, un panneau indique sur la gauche, un accès de sentier, à l'approche du site du Baucher (orthographié également Baouchier, ou encore Baoucher ou Bauchier). Il s'agit du sentier Vidal. Echelles, corniches, passages en balcons, câbles tendus en guise de main courante, sont sur son tracé, et bien d'autres obstacles s'y trouvent. Considéré comme dangereux (et il l'est réellement !) ce parcours est strictement interdit à la descente. Seule sa remontée est autorisée. Il parvient, au fond des Gorges, entre les sites du Styx et de l'Imbut, en une vingtaine de minutes.
Baptisé autrefois «sentier Vidal de secours», il servait effectivement de lien direct entre la route et le Verdon pour venir en aide aux personnes en difficulté, ou aux accidentés, qui se trouvaient dans les Gorges ou dans la zone canyon. Pourquoi «Vidal» ? Tout simplement parce que c'est le nom de l'ingénieur qui l'a ouvert lors des travaux qui eurent lieu au début du 20ème siècle, lorsqu'il était question d'aménager les sites du Verdon pour canaliser ses eaux directement vers les usines électriques.

Belvédère du Baucher et Falaises des Cavaliers

Le Belvédère du Baucher se tient quelques dizaines de mètres plus loin que l'accès du sentier Vidal. La route dessine deux lacets successifs en parvenant à la Petite Forêt, point de départ des sentiers de Vaumale, et du sommet du Grand Margès. Les deux rives se resserrent et après 3,5 kilomètres d'un parcours relativement tortueux, l'itinéraire débouche sur la Falaise des Cavaliers. L'hôtel du Grand canyon, construit au bord du gouffre, symbolise l'endroit. Des Cavaliers partent des sentiers en direction du sommet du Grand Margès, d'une part, et d'autre principalement, en direction des Gorges, par le fond, le sentier de l'Imbut.
Sur la Route des Crêtes, en face sur la Rive Droite du Verdon, se dresse le Chalet de la Maline, flanqué lui aussi à flanc de paroi. Les regards portés sur la faille béante sont surprenants. On devine, vers l'amont du cours du torrent, sur la droite et en hauteur, au sommet de la falaise, les ouvertures des Tunnels de Fayet.
La légende veut qu'un brigand, à cheval, poursuivi par une horde de justiciers, à cheval, ait pu sauter, lui et sa monture, d'une rive sur l'autre afin leur échapper... Depuis lors l'appellation du lieu est restée les Cavaliers. L'histoire ne dit pas, par contre, si les cavaliers-justiciers ont pu en faire autant !
Des belvédères non aménagés situés tout au long du parcours permettent de savourer ce site grandiose et enchanteur. À quelques mètres des bâtiments, un replat plus ou moins aménagé, fait office d'héliport. Il est conseillé de ne pas stationner plus de 5 minutes sur cette plateforme. Un hélicoptère de la Protection Civile, de la Gendarmerie, ou des Pompiers, peut vouloir s'y poser à tout moment, surtout lorsqu'il s'agit d'évacuer un randonneur accidenté, ou de porter secours aux personnes en difficulté au fond des gorges.

L'Estellié

Le Verdon gronde et bouillonne de toute la force de ses eaux vertes et vives. Son grondement parvient jusqu'à nous, développé par le rapprochement des parois rocheuses du Défilé de l'Estellié (l'étoile en Provençal) qui forment une parfaite acoustique. Au fond du défilé, au lieu-dit Estellié, une passerelle, replacée au cours de l'Automne 1999, permet de rallier les rives droites et gauches du torrent émeraude, la passerelle de l'Estellié.
L'ancienne passerelle métallique a été emportée en novembre 1994 (les 15 et 16) lors de la grande crue du Verdon, au lendemain des orages violents qui se sont abattus sur le sud-est de la France. Le nouvel ouvrage, comme le permettait aussi celui qui était avant lui, offre également aux randonneurs la possibilité d'une jonction entre le sentier Martel (vers l'amont en direction du Point Sublime et du Couloir Samson) et le sentier de l'Imbut (en direction du Styx, de l'Imbut, et du Baou Béni).
Vers midi, en été, lorsque l'on se tient au fond des Gorges, sur le sentier, et que l'on regarde vers le sommet des falaises dominantes, le soleil alors à son zénith, en caressant leur cime, semble former une étoile. D'où l'appellation du nom du lieu magique, Estellié.
La route s'écarte un temps de la fracture ouverte par le Verdon et aborde ensuite le site des Tunnels de Fayet. Creusés dans la roche, au bord du vide, l'endroit mérite une halte. Du haut du belvédère et vers l'aval, se détachent les Cavaliers, le Grand Margès, la saignée blanche de la Route des Crêtes. Vers l'amont, on devine la bergerie esseulée de Guègues au milieu de son vaste plateau et le Collet Baris. Une belle vue en enfilade ébauche le Défilé de la Baume aux Boeufs. En regardant vers le bas, sur la rive droite, il est possible d'apercevoir des randonneurs sur le sentier Martel.
A l'intérieur du premier tunnel, à l'altitude 960, sur un des piliers soutenant la roche, une plaque en marbre blanc a été élevée à la mémoire d'E.-A. MARTEL et des compagnons.

Le Canyon secondaire de l'Artuby

Le trajet de la Corniche Sublime va s'écarter temporairement des perspectives aériennes sur le Verdon, et les Gorges qu'il emprunte, pour longer à présent le Canyon secondaire de l'Artuby.
Deux kilomètres après avoir dépassé le site de Fayet, une petite balade pourra être entreprise en direction du point de vue de l'Avelan (vers la gauche de la route), d'où un panorama impressionnant s'ouvre sur le défilé. Ce point n'est pas aménagé, il n'y a aucune barrière de protection, et un vide de 400 mètres le sépare du cours du torrent. La vigilance s'impose d'elle-même.
Pour se rendre compte de l'échancrure et de la sauvagerie du Canyon de l'Artuby, il convient de se rendre sur le tablier de l'ouvrage qui l'enjambe. Le Pont de l'Artuby est l'édifice que l'on découvre au détour d'un lacet de la route, dont la dénomination exacte est le Pont de Chaulière.
Il est fréquent d'assister à la pratique du «benji», autrement dit, saut à l'élastique. Les «benjiistes» s'adonnent à leur sport favori, défiant les lois de la gravité, ils se jettent de la rambarde centrale du pont, dans le vide de 180 mètres qui les attend, en s'ouvrant impunément sous leur tête... Les premiers et plus surpris furent, dès les balbutiements de cette activité, les Gendarmes qui regardaient médusés, ces «jeunes fous volants dans le vide» se précipiter dans le néant du canyon... Bien que longtemps rigoureusement interdit, désormais toléré et réglementé, un panneau à proximité de l'édifice porte encore l'interdiction préfectorale de cette discipline à partir de l'ouvrage. La Gendarmerie a, dans le passé, dressé plusieurs procès-verbaux d'infractions.
Le pont, édifice d'une seule arche qui franchit les falaises du long de ses 110 mètres, a été édifié entre 1938 et 1947 par une entreprise de Nice, la société Berutti. Il est à signaler que le Pont de l'Artuby est le plus haut pont d'Europe pour la pratique du «benji». Sur un sentier qui longe la rive gauche de l'Artuby, une pancarte mentionne les limites du camp militaire de Canjuers. La rivière Artuby est un affluent du Verdon qui se jette au lieu-dit La Mescla. Au fond, c'est l'univers angoissant du canyon en formation. Froid, difficile d'accès, peuplé de vipères qui se lovent dans les gours, parsemé de marmites et de puits d'érosion, le canyon de l'Artuby est un endroit hostile. Ce qui n'empêche pas la pratique de la descente de Glues, en combinaison néoprène, en compagnie d'un guide professionnel.  André MONIER, de Point Sublime, guide du Verdon qui fit sa carrière avant et après la seconde Guerre Mondiale, a relaté son excursion dans le canyon de l'Artuby : « ... plus de 5 heures d'escalade, de marche sportive, de glisse en eaux froides, de passages délicats, et de rencontres moins agréables pour forcer le cheminement périlleux en terrain hostile (reptiles)...».

Balcons de la Mescla

Quittant le site, l'itinéraire aborde ensuite celui de La Mescla. Entre les Tunnels de Fayet, le canyon secondaire de l'Artuby et La Mescla, furent tournées de nombreuses séquences du film «Les Spécialistes» (en 1985-86) avec dans les rôles principaux Bernard GIRAUDEAU et Gérard LANVIN, notamment lorsqu'ils s'évadent du fourgon cellulaire dans lequel ils sont enchaînés.
Les 20 premières minutes de ce long métrage ont été réalisées dans les Gorges du Verdon. De nombreux sites sont reconnaissables : le Couloir Samson et le Point Sublime, la Route des Crêtes et les Falaises de l'Escalès, et, les campagnes aux environs de Moustiers Ste-Marie entre autres lieux.
Les Balcons de La Mescla possèdent de nombreux parcs autos et un magasin de souvenirs. Une halte rafraîchissante y sera la bienvenue en plein cœur de l'été verdonnien.
La Mescla (le mélange ou le mêlé des eaux en Provençal), est le confluent de l'Artuby et du Verdon. C'est également le point de jonction entre les Défilé des Baumes Fères, à droite vers l'amont, et de la Baume aux Boeufs, à gauche vers l'aval. Se dresse devant le cours du torrent émeraude une véritable chicane obligeant le Verdon a changer la direction de son parcours en contournant l'éperon rocheux de la Brèche Imbert (en rive droite) qu'il n'a pu faire plier. La Mescla est la base de ce «V» gigantesque, synonyme de Verdon.
La Brèche Imbert, située sur la parcours du sentier Martel permet aux randonneurs un franchissement de l'arrête rocheuse. Des escaliers métalliques, au nombre de 252, facilitent la progression sur le chemin. IMBERT, est l'ingénieur qui a réalisé le passage, à l'origine, du temps où il était question de canaliser le Verdon pour l'amener en conduites forcées vers les barrages-usines (au début du 20ème siècle).
Il ne faudra pas manquer de se rendre dans «la Baignoire», ce panorama aménagé en contrebas du Relais des Balcons, pour admirer l'ensemble majestueux du site. La vision que l'on a sur les falaises est dantesque. Le confluent des failles issues de la période glaciaire prend une autre dimension. Deux belvédères aménagés permettent une approche élevée des lieux, tout en apercevant vers le fond, près du torrent quelques randonneurs effectuant la randonnée du Sentier Martel. Dépassant ces sites vertigineux, la Corniche Sublime aborde de nouveaux paysages, moins tourmentés, mais d'une beauté égale. Les reliefs accidentés s'estompent, et de nouvelles perspectives se dessinent.
Un replat aménagé, portant un panneau d'informations, en surplomb des Gorges de Chastillon, ouvre grand aux regards le site de Trigance et la plaine du Jabron.
A l'horizon les hauts plateaux et les sommets du Verdon se détachent les uns après les autres : les Cadières, le Roubion, et la Colle de Breis (1280 m). Délaissant cette vaste dépression et ces panoramas à perte de vue, en prolongeant l'itinéraire, on aborde le croisement avec la D 90, à gauche, qui mentionne la cité de Trigance.
En poursuivant en droite ligne par la D 71, on parvient à Comps-sur-Artuby, qui offre comme directions Draguignan, le Centre-Var et le littoral azuréen.
Vers la gauche, les directions de Trigance, Pont de Soleils, Castellane et la rive droite des Gorges du Verdon, se présentent aux visiteurs.

Trigance

Depuis Aiguines, distante de 30 kilomètres, aucun lieu n'est occupé par le moindre village. La cité de Trigance, localisée dans le département du Var, est bâtie en nid d'aigle au flanc d'une imposante barre rocheuse, dominée par son château féodal du 11ème siècle. Restauré il y a plus de vingt ans, le fortin a été transformé en hôtel de grande catégorie, dont les pièces ont été entièrement et merveilleusement reconstituées, comme au temps du Moyen-Age. Le fortin, selon certains historiens, porterait également (mais il y a bien des siècles...) le nom de château de Valcroze, qui, comme nous le verrons dans le chapitre consacré aux Templiers, le mot “Valcroze» attira bien des convoitises au sujet du fameux trésors de l'Ordre du Temple. L'occupation primitive du territoire est attestée par la découverte de sépultures de l'Age du Fer relevées sur le plateau de Soleils. Trigance est citée la première fois en 813, sous le vocable Villa negancia, les trois fils d'or (ou d'argent torsadés à trois brins), parmi les dépendances de l'Abbaye St-Victor de Marseille.
L'origine du nom n'est pas fixée, car certains ont vu dans Tre Egentia, le patronyme de trois familles romaines dispensées de payer l'impôt romain. D'autres dans les préfixes «Tr» signifiant un point élevé, ou «Treb» en gaulois, ou paroisse en Breton, la dénomination originelle du site.
Fief important des Comtes de Provence, des Seigneurs puissants se sont succédés à la tête de vastes étendues domaniales. Citons pour l'exemple, les familles RAIMONDIS, Demandolx (du village situé en amont de Castellane), VALBELLE, SAINT-TULLE et CASTELLANE. A noter que la famille de DEMANDOLX était en réalité les DEMANDOLX-LA PALUD, du nom du village de La Palud-sur-Verdon, en rive droite. De nombreux Templiers se réfugièrent à Trigance après 1307, année de l'arrestation de nombreux d'entre eux, et notamment à partir de 1314, lorsque le Grand Maître de l'Ordre fut mis sur le bûcher et brûlé vif.

Chapelles et édifices

Trigance est un vieux village typiquement Provençal, situé à 800 mètres d'altitude, avec ses ruelles en escaliers et ses passages voûtés. L'église paroissiale St-Michel du 12ème est mentionnée en 1225 dans une Bulle du Pape Grégoire IX. Restaurée au 14ème, de style roman, elle a été agrandie en 1660. L'intérieur abrite des trésors de l'art religieux classés par l'Institut des Beaux-Arts (Croix argentée du 15ème et Croix en cuivre du 18ème, bassins de quête du 16ème). L'édifice est coiffé d'un campanile surmonté de tuiles vernissées polychromes, un peu comme celles du château d'Aiguines, à la seule différence que le clocher est ici carré. Les chapelles St-Julien (11ème) et St-Roch (datée du 17ème) - édifiées sur des assises d'origine templière -, et un beffroi carré à campanile, actuelle tour de l'horloge, complètent agréablement la position dominante de ce village.
Des peintres et des artisans ont élu domicile dans la cité médiévale, trouvant ici calme et sérénité pour accomplir leurs œuvres. Au seuil de la cité provençale, coule nonchalamment le ruisseau de Jabron. Le Pont Napoléon (reconstruit au 18ème sur des assises romaines) permet d'en franchir aisément les rives, bien que deux véhicules ne puissent se trouver en même temps sur son tablier principal. Avant de s'engager sur l'ouvrage, un départ de sentiers s'engage vers la Table de Breis, les Gorgerettes du Jabron pour atteindre le site de Carrejuan en rive droite. D'autres randonnées sont possibles au départ de Trigance, qui possède en outre une Maison du Patrimoine et un Sentier Botanique de découvertes. L'Été Théâtral de Trigance connaît une renommée grandissante. Venant par épisodes annuels troubler la sérénité de cette paisible bourgade Provençale, il n'est pas rare que les «As du volant», champions de la conduite automobile un peu casse-cou, traversent Trigance à vive allure lorsque ceux-ci participent aux compétitions vrombissantes organisées dans le Haut-Var. J'en veux pour preuve les rallyes tels «le Rallye du Var», ou le non moins célèbre «Rallye de Monte Carlo», désigné sous l'appellation familière «le Monte Carle».

En reprenant la route : Soleils et ses trésors 

Prolongeant l'itinéraire par la D 955 en direction de Pont de Soleils, et depuis la route, on devine nettement le château féodal trigancien dresser ses murailles au sommet du piton rocheux.
La route en lacets successifs traverse ensuite le hameau de Soleils. Sur le haut plateau, les vestiges d'une bâtisse fortifiée, ou château de Valcros (domaine privé), d'origine templière, en surplomb du ravin de la Doux, au pied du Signal de Beysse (1282 m.) ont été mis à jour dans un site qui porte des noms particuliers : le Rocher du Fort ou encore, le Rocher de la Forteresse.
Soleils est un étonnant petit village dispersé le long du ruban (l'asphalte gris, séparé de la Colle de Breis par le ruisseau du Jabron, avec son lavoir et sa boîte aux lettres campés au bord de la départementale.
Peu après, sur la droite, on découvre le Moulin de Soleils. Buvette, échoppe, mais aussi boulangerie artisanale, dont la pâte a reçu de l'eau de source et le pain a été cuit au feu de bois. La remise en état du moulin, et du four à pain chauffé au bois, est l'œuvre (le Paul AMOROS.
La route quitte le département du Var et pénètre dans les Alpes de Haute-Provence, en franchissant le Pont de Valcros qui enjambe le ravin du Riu (se prononce riou).
A quelques mètres de là une piste conduit vers le site du château de Soleils, domaine privé. Une congrégation, inspirée du bouddhisme tibétain vit pratiquement en autarcie. Un sentier longe le périmètre de cette vaste propriété. Il est demandé aux hôtes randonneurs des lieux de ne pas perturber la sérénité du site et des habitants.
La bâtisse templière de Soleils est à l'origine de nombreuses et énigmatiques recherches au sujet d'un trésor Templier, perdu ou disparu, enfoui ou volatilisé, caché ou dispersé... Après des fouilles qui ont duré la bagatelle de quarante années, personne n'a jamais rien trouvé ! Les fortins de Valcros et de Soleils ont attiré biens des convoitises... Même si leurs origines architecturales sont templières, ce fameux trésor des Templiers, ne serait-il pas, après tout, qu'une richesse essentiellement philosophique, ésotérique, plutôt que matérielle ? Cette déduction est, de très loin, plus véridique, et plus facilement vérifiable que l'existence de ce trésor - matériel - des Templiers...
Le circuit parvient à Pont de Soleils, ouvrage qui surplombe le torrent émeraude en permettant un franchissement aisé de la rive gauche sur la rive droite du Verdon. Le pont actuel date de 1867. Le visiteur regagne dans le même temps la Zone des Prégorges. C'est ici que s'achève un périple de 60 kilomètres sur le cheminement tortueux mais fabuleux de la Corniche Sublime au départ de la cité d'Aiguines.
A la sortie de l'ouvrage, l'excursion débouche sur la D 952 au croisement qui offre deux directions opposées :
  • en poursuivant à gauche : le Point Sublime, Rougon, La Palud-sur-Verdon, Moustiers Ste-Marie, par la Rive Droite des Gorges ;
  • en prenant la décision de prolonger le circuit à droite : direction Castellane et la «Route Napoléon» (RN 85), par la Rive Droite des Prégorges.
Il est difficile de clore ce chapitre sans mentionner Comps-sur-Artuby, véritable plaque tournante des accès routiers aux rives droite et gauche du torrent émeraude.
Même si la cité moyenâgeuse ne s'inscrit pas dans le périmètre immédiat du site que l'on a coutume d'appeler les Gorges du Verdon, la ville représente la clef d'accès aux monts et massifs de cette région.

Comps-sur-Artuby

Capitale de la pomme de terre. Le bourg est situé à 900 mètres d'altitude, sur un haut plateau des Plans de Provence, à proximité de Canjuers. Sa situation stratégique au confluent des vallées en a fait un canton historiquement florissant. Les premiers peuplements se firent vraisemblablement sur le piton rocheux qui domine la bourgade. Village autrefois doté de murailles défensives, les Templiers bien représentés ici, édifièrent
une église fortifiée de St-André au 11ème siècle (sur le promontoire rocheux qui domine la bourgade). Les Templiers possédèrent une importante Commanderie et développèrent leur influence sur la région, faisant de Comps-sur-Artuby l'une de leurs principales bases dans le pays. Plus tard, après que l'Ordre des Templiers eut été vilainement anéanti par Philippe le Bel, et son cousin le Pape Clément V, des Croisés s'y installèrent, laissant dans leur héritage, leur sceau emblématique que l'on retrouve sur les armoiries contemporaines de la ville. Deux cavaliers chevauchant le même cheval.
La cité Provençale donna, par la suite, deux Grands Maîtres, natifs de Comps, à l'Ordre des Chevaliers de Malte, en la personne de ARNAUD et de BERTRAND. Les Guerres de Religions entre Louis d'ANJOU et Charles DURRAS, sous le règne de la Reine JEANNE, vers 1380, ruinèrent et déstabilisèrent la région dans son ensemble. Les fortifications et les habitations furent détruites par Charles Durras. Le fief fut ensuite ballotté entre diverses familles seigneuriales jusqu'à la Révolution de 1789. Au lendemain de la période révolutionnaire, le développement de la ville se fait grâce aux nombreuses voies de communications entre le littoral méditerranéen, le Haut-Var, et les Basses Alpes. Il demeure pendant bien des décennies l'étape obligée des marchands et des «voituriers».
Depuis les années 1950, conservant et maintenant une activité agricole florissante, couplée par l’élevage d'ovins, le site est également un lieu important du tourisme estival. Des randonnées s'effectuent en direction de la rivière Artuby, et de nombreuses grottes occupent les falaises qui dominent le cours de la rivière.
D'autres centres d'intérêts comme le Pont romain au lieu-dit la Souche, la chapelle Notre-Dame dite «la Galine», et la chapelle St-Didier («Site Classé») ont dignement leur place. La chapelle porte le nom de la Galine, autrement dit, la poule, en souvenir des offrandes faites au clergé composées essentiellement de volailles. La pêche et la chasse aux sangliers font partie inhérente du décor de ce site champêtre, campagnard et provençal. Natifs de Comps, le dernier meunier du village et son épouse, Auguste et Josette CHAUVET, avaient transformé leur moulin comme un petit musée de l'histoire du patrimoine local. Les nouveaux propriétaires n'ont pas jugé bon, pour l'instant, de prolonger cette belle réalisation. Gageons qu'ils réhabilitent cette œuvre et encourageons les à pérenniser cette entreprise valorisante pour toute  cette région riche d'un passé florissant.

La légende des Gnomides

Un bien étrange phénomène vient coller à la cité varoise : la Grotte des Gnomides. Entre les bois d'Avellan et du Duou, dans les gorgerettes vertigineuses au fond desquelles coule la rivière la Bruyère, une grotte fermée par des vieux barreaux rouillés serait le lieu de résidence de ces drôles de créatures !
Les Gnomides sont des créatures de forme humaine mais dont le buste rampe au ras du sol. Le soir, lors de la Pentecôte, il est paraît-il, des voix lugubres qui s'échappent du gouffre et qui attirent les humains en laissant planer cette complainte : «- Viens nous retrouver dans l'eau souterraine, nous te donnerons une couronne d'émeraude, avec les lotus bleus et noirs qui fleurissent dans les ténèbres...».
Serait-ce l'origine de l'émeraude du Verdon ? Ou bien encore, le Serpent Vert Provençal emprunté aux contes de GOËTHE ?
Même s'ils ne sont pas situés à proximité immédiate des Gorges du Verdon, les villages décrits ci-après feront partie de vos circuits de découvertes. Le déplacement vaut le détour, et une visite s'impose. Le calme, la sérénité et la beauté des paysages viennent compléter les visions hallucinantes que l'on peut avoir sur les Gorges du Verdon.
Toutes ces cités sont localisées dans l'enceinte du Parc Naturel Régional du Verdon. Elles bénéficient de ce fait des travaux en cours, et de ceux à venir, concernant la mise en valeur du patrimoine et des sites naturels.

 A voir dans les Alpes-de-Haute-Provence

  • Saint-Julien-du-Verdon : au bord du Lac de Castillon, sur la N 202, axe important entre Digne et Nice. Village les pieds dans l'eau depuis la création du lac. Église de l'Assomption, du 18ème, restaurée et agrandie. Village martyr, rendu tristement célèbre par le massacre des «Lycéens de St-Julien» par les nazis en juin 1944. De belles vues sur l'étendue lacustre et une base de loisirs nautiques et aquatiques en saison estivale viennent compléter le site. 
  • Castillon : ne cherchez pas sur une carte récente, ce hameau n'y figure pas. Il a été englouti par les eaux lors de la naissance du lac qui porte son nom : le Lac de Castillon. Seules quelques habitations subsistent près du hameau de Blaron. Certaines cartes récentes mentionnent le barrage de CastillonDemandolx, c'est une erreur car, il existe d'un côté, le lac de Castillon et le barrage de Castillon, et de l'autre, le Lac de Chaudanne, avec le barrage-usine de Chaudanne-Demandolx.
  • Demandolx : village situé en hauteur du lac qui porte son nom. Situé à 1.160 mètres d'altitude, sur la D 102. Prospère dès le Moyen-Âge, les DEMANDOLX étaient une famille de Seigneurs importants et influents sur la région. Le village revit en été grâce à la fréquentation touristique. A visiter : les ruines du village de «Ville» qui dominent toute l'étendue bleue et offre de très beaux panoramas.
  • Chaudanne : la retenue a été construite dans les Gorges de Chaudanne.
  • Vergons : village assis sur la N 202. À proximité, la chapelle de Vergons, édification romane du 13ème siècle, N. D. de Valvert mentionnée au 13ème (en 1245), appartenait autrefois à un prieuré de l'Abbaye de Lérins.
  • La Garde : village du 12ème siècle, sur la «Route Napoléon», à 5 km en amont de Castellane. Armoiries datant de 1117. Linteau intéressant au-dessus de la porte d'entrée de l'église isolée au milieu d'un pré, inscription en hébreu.
  • Robion : à 7 km au sud-ouest de Castellane, on y accède par la sinueuse et pittoresque route (D 101) qui surplombe les Gorges et le ravin de Rayaud. Église ancienne non datée. La Pyramide du Verdon, le Signal de Robion (1659 m.) porte le nom du village. Deux chapelles templières, St-Thyrse (de 1118) et St-Trophime qui a la particularité d'être blottie dans une baume de la montagne. Stéphane ESCLAMANTI, un jeune artisan de Draguignan, tente seul et bénévolement, la restauration de la chapelle Templière de St-Trophyme au nord du village de Robion. Robion est rattaché à la commune de Castellane.
  • Montagnac-Montpezat : villages situés au nord de Ste-Croix-de-Verdon, à proximité de la D 111, sur le Plateau de Valensole. Château du 12ème-14ème siècles. Ancien fief des Templiers. Légende d'un trésor Templier enterré (là aussi, mais jamais retrouvé lui non plus !). Lavoir du 14ème avec des inscriptions en ancien Provençal (mélange de latin et de Langue d'Oc).
  • Saint-André-les-Alpes : Bien que située en marge des Gorges, mais à proximité du Verdon, puisqu'elle a évité de justesse d'être engloutie par le lac - comme Bauduen -, il est impossible de ne pas mentionner la cité de Saint-André-les-Alpes bâtie à 900 mètres d'altitude, au confluent de rissole et du Verdon. Aujourd'hui les pieds dans l'eau, caractérisée par des habitations à l'architecture défensive typiquement provençale, la ville représente un axe important de communications avec la Provence alpine et le Haut-Verdon. André HONNORAT appliqua en 1820 la mécanisation, sous sa forme industrielle, à l'activité drapière. Sa situation particulière au bord du Lac de Castillon favorise le développement d'un tourisme moderne, avec ses plages et ses activités aquatiques et nautiques. Mais aussi le vol libre en deltaplane et parapente, à partir du signal de Chalvet. En 1991, eurent lieu les championnats du monde de vol libre, et, traditionnellement au mois de septembre, se déroulent des compétitions qui réunissent les plus fervents pratiquants de ce sport de liberté dans l'air libre.

 A voir dans le Var

  • Bargème : la plus élevée des cités du Var bâtie sur un éperon rocheux qui s'élève à 1097 m d'altitude, à 3 km. de la D 21 entre Comps-sur-Artuby et le Logis-du-Pin («Route Napoléon»). Bourg de la Provence féodale. Inscrit au titre des Sites Classés, possédant le label de l'un des «Plus Beaux Villages de France». Château du 12ème siècle restauré, ayant appartenu à la famille des SABRAN de PONTEVES. Exposition culturelle régionale littéraire pendant les mois de juillet et d'août.
  • La Bastide : sur la D 21. Le hameau originel a été construit au XIIème siècle sur les versants du Mont Lachens, point culminant du Var, sommet qui se dresse à 1714 mètres d'altitude. Village occupé par Raymond de TURENNE au 14ème. Le château a été édifié au 17ème.
  • Le Bourguet : à la limite extrême du département du Var, au nord-est, à mi-chemin entre Castellane et Comps-sur-Artuby, sur la D 252. Chapelle Templière Sainte-Anne du 11ème siècle. Église n. d. de l'Assomption datée de 1697. Vestiges encore visibles d'une voie romaine à proximité du village. Fermes anciennes d'origine templière.
  • Châteauvieux : sur la D 52. Église romane rustique du 17ème. L'ancien couvent de Femmes St-Pierre en Demueyes est tombé en ruines au 14ème. Château à l'architecture provençale du 17ème siècle. Vestiges de la période de l'Age du Bronze retrouvés sur le territoire de la commune.
  • Brenon : entre Châteauvieux et Le Bourguet, par la D 52. Hameau qui fut anciennement prieuré de l'Abbaye de Fréjus. Château médiéval reconstruit au 16ème siècle, entièrement détruit par le feu a la fin du 19ème. Vestiges de l'église n. d. de Rouvières du 11ème -12ème siècle. 
  • La Martre : sur la D 52. Situé dans la haute vallée de la rivière Artuby. Au 10ème siècle, le site de Castellas de Petra Longa fut en partie cédé aux moines de l'Abbaye de Lérins. Chapelle St-Blaise du 11ème. Seigneurie des Castellane, entre le 12ème et le 17ème . Ruines du château-fort féodal du Castellas. Pont de La Martre édifié en 1735. Chapelle St Joseph de 1620. Le monument de Jeanne d'Arc a été érigé par le «Souvenir Français» en 1909.

Saint-Pancrace - Digne
Digne
Vallée de la Bléone - Digne
Digne
Provence

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