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Racontez-nous le Verdon

Les Gorges du Verdon ont suscité bien des écrits, des poèmes, des romans ou tout simplement des témoignages de fervents défenseurs de ces lieux. Tous les citer serait difficile, mais ne pas les citer du tout serait un affront fait aux mystères des Gorges du Verdon et aux auteurs inspirés. Venir dans les Alpes-de-Haute-Provence, venir à Castellane pour rencontrer et approcher le Verdon, c'est finalement l'objectif de nombre d'entre vous. Ne repartez pas avant d'avoir, au moins une fois, profiter du paysage enchanteur et fantastique qu'offrent les Gorges du Verdon.

Circuits routiers : deux sites en un

Ce site, que nous appelons Gorges du Verdon, devrait être dénommé Gorges et Canyons du Verdon, ce serait là reconnaître la première unicité de ce monument de la Nature n'existant nulle part ailleurs. En réalité, les Gorges du Verdon sont l'assemblage de deux sites absolument dissemblables : une Grande Gorge et un Petit Canyon. La Grande Gorge affecte une colline, le Petit Canyon s'inscrit dans un fond de lac, tous deux s'unissent en un point tout aussi exceptionnel : la Mescla. Ce raccordement s'effectue par la présence d'un autre site tout aussi particulier que peut l'être le canyon de l'Artuby qui, sans rivaliser avec les autres, les dépasse par son étroitesse, son dénivelé, son étrangeté, sa sauvagerie, son intérêt géologique.
La Grande Gorge, ou partie Est, se développe de la clue de Taloire à la Mescla, sur une longueur de 25 km. Sa pièce maîtresse est constituée par le cirque d'Escales, 1.500 m de large, 900 m. de profondeur. L'on y pénètre par le défilé Samson, lugubre et terrifiant avec ses parois de 450 m de verticale au pied desquelles se dressent des blocs éboulés de 50 m de hauteur formant des amoncellements impressionnants.
Le Petit Canyon, ou partie Ouest, s'étend de la Mescla au portail de Galetas, sur une longueur de 20 km. Son élément principal est l'Imbut et les Voûtes d’Émeraude (1.100 m d'enfoncement, 5 m. de large). L'on s'y introduit par le Baou Béni, rutilant et menaçant avec ses murailles surplombant de 300 m. la base creusée de formidables voûtes de plus de 200 m. d'ouverture, 70 m. de haut et 50 m. de profondeur.
Le Canyon de l'Artuby mérite d'être considéré comme le troisième larron de cette trilogie naturelle que les premiers hommes tiendront pour sacrée. Ce torrent asséché naturellement une grande partie de l'année, après avoir, par des gorges, suivi un cheminement d'Est en Ouest, s'oriente plein Nord afin de rejoindre le Verdon par un canyon perdant 140 m de dénivelé sur une longueur de 6 km. Il est, avec le Baux, affluent rive droite du Verdon, le seul à pouvoir rejoindre le grand torrent sans s'obliger à des cascades de raccordement.

Le Monument naturel

Toutes les routes de Provence mènent aux Gorges du Verdon où elles se nouent, formant un collier étrangleur ayant détruit tous les secrets que défendaient ces Hautes Terres. Vous, qui aujourd'hui arrivez à tous moteurs, n'avez plus cette lente et longue révélation dont l'attrait essentiel était de former ces paysages pour vous seul. Toutefois, la vie extravagante de la planète Terre vous réserve encore quelques surprises visuelles. Pour cela, il vous suffit de préparer votre esprit à recevoir ce cadeau de la Nature ; mettez donc un grand soin à votre découverte par le ruban d'asphalte.
D'où que vous veniez, l'Europe, la France, la Provence, vous ont déjà habitué aux beaux et mystérieux paysages. D'où que vous abordiez le site essentiel de cette vallée du Verdon, la contrée se fait différente comme le sont les portes d'un temple placées aux quatre points cardinaux. Les quatre convergences sont bien différenciées les unes des autres et présentent autant de variantes que le soleil, grand seigneur des lieux, fait de rayons. Des spectacles paysagers divers vous conduisent en un lieu où ils se mêlent afin de former un tableau composé, par assemblage, de tout ce que l'on peut rencontrer ailleurs ; toutefois il est miniaturisé obligeant à une découverte patiente et laborieuse.
Le site présente deux portes d'accès : celle de l'Est ou amont, celle de l'Ouest ou aval (amont et aval définissant, dans ce gouffre, par où arrive et s'en va le Verdon):
  • à l'Est (Castellane) convergent trois directions issues du Dignois, de la Haute-Vallée du Verdon, de l'arrière-pays Niçois.
  • au Sud-Est (Comps-s/Artuby), la Côte d'Azur se faufile par le Pays de Grasse et le Pays de Draguignan.
  • le Sud nous est définitivement coupé puisque la contrée a perdu les exceptionnels Plans de Canjuers.
  • au Sud-Ouest (Aups) se bousculent tous les lieux célèbres de la Côte Méditerranéenne de l'Estérel à la Camargue.
  • à l'Ouest, de part et d'autre de la vallée (Baudinard, Quinson) s'infiltrent Marseille et Aix-en-Provence.
  • au Nord-Ouest (Moustiers-Sainte-Marie), c'est le grand déferlement provenant de la vallée de la Durance, ouverte à tous les courants humains de France et d'Europe.
  • au Nord se maintient, pour combien de temps encore, une pénétration difficile et hasardeuse, seule voie de la sagesse que les « autos' et motos vertes » commencent à corrompre.
D'où que l'on arrive, le spectacle de la Nature et des Humains est nuancé dans toutes ses expressions. Vient s'ajouter à cela, comme pour créer un différend indispensable et perpétuel, le fait que la contrée est le lieu de rencontre de quatre climats distincts: méditerranéen, provençal, continental, alpestre par l'altitude ; nous sommes ainsi gratifiés d'effets météorologiques particuliers, jouant sur la valeur mais aussi sur la durée du temps et des saisons. Ainsi vous pourrez jouir d'autres manières d'être de ce pays, fugitives certes, mais combien appréciables puisqu'elles donnent au site des aspects que l'on peut qualifier de transfigurés. Il aura tout à tour : la lassitude de la chaleur, la plénitude de la tiédeur, le courroucé du froid, l'instant suspendu du changement de visage lorsque s'annonce la perturbation tel le doigt de Dieu mêlant les couleurs de la palette universelle.

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Le Verdon vu d'en haut

Si vous évitez le piège qui consiste à se laisser seulement impressionner par le vide, vous serez bien plus disponible pour vous mêler à l'intimité de ces lieux changeants à chacun des virages, à chaque point de vue, ceci bien sûr tout autour de vous non pas seulement vers le gouffre. Vous aurez envie d'être l'ami, même momentané, de ce site que vous sentez exceptionnel, issu du fantastique, de l'inexplicable.
Longtemps, trop longtemps pour le maintien de leur intégrité, les Gorges du Verdon ont été admirées dans la quasi-totale ignorance de leur réalité tant géologique, que écologique, humaine, historique. Une célébrité ne les ayant nullement protégées des inconvénients du monde moderne s'accommodant trop facilement du mensonge et du semblant sous toutes les formes.
Par ces quelques lignes, je vais essayer de vous donner l'essentiel et le plus utile de ce que l'on doit savoir des Gorges du Verdon vues d'en haut ; c'est-à-dire des routes. Il m'est toutefois impossible d'entrer dans les détails, aussi, allons-nous survoler les lieux et les faits afin de nous approcher un peu des réalités et des vérités. La géologie ayant créé les reliefs d'où naissent les paysages qui vous intéressent, nous allons surtout tenter de discerner leurs nuances qui sont, en fait, une énorme dissemblance du Sud au Nord et de l'Est à l'Ouest. De la présence des Humains, peut-être ne vaut-il mieux ne s'intéresser qu'à celle du passé car elle répond mieux à vos sensations profondes, inexpliquées.

Géologie : création des Gorges du Verdon

Les roches qui constituent ces reliefs sont des calcaires marins déposés dans une mer profonde située au Nord d'un relief aujourd'hui disparu pour laisser place à la Méditerranée. La durée des dépôts s'est échelonnée du Jurassique inférieur au Crétacé moyen inclus, ce qui couvre une période de moins 200 millions d'années à moins 80 millions d'années. Durant cette sédimentation, des situations particulières existaient ; elles provoqueront et participeront aux unicités géologiques du site : situation de haut fond, absence ou prédominance de certaines mers, immersion d'anciens reliefs, émergence de récifs, déformations et érosions antérieures, présence d'un socle volcanique, épaisseur irrégulière des couches, fragilité des sédiments
L'existence des Alpes étant la conséquence tic la collision entre deux plaques de l'écorce terrestre, les sédiments subirent, sous la mer, une première déformation avec la création des Pyrénées. Durant la préparation des Alpes, les déformations s'accentueront, aboutissant à l'émersion épisodique d'un futur relief dont le premier paysage est celui d'un atoll coralien où vivent des dinosaures en pleine évolution (premier crocodile, première tortue, premier reptile volant, premier dauphin). Des dernières importantes sédimentations à l'émergence du premier vrai relief, une période de 20 millions d'années s'écoulera ; il faudra encore 40 millions d'années pour que l'édification des Alpes soit achevée, créant un premier ensemble de cassures utilisable par les eaux.
Au premier regard, cette contrée apparait comme détruite par un incommensurable cataclysme, une plaie largement ouverte jamais refermée, un empilement à peine équilibré. Du relief, de vastes lacs et d'amples collines, existant il y a 70 millions d'années, il ne reste plus rien, sauf un minuscule témoin constitué par les plans et collines de Canjuers. Sous la poussée des Alpes, les fonds de lacs sont passés par-dessus les collines, mais la direction générale des ondulations (Sud-Est à Nord-Ouest) demeure visible malgré une déformation se déroulant sur 40 millions d'années. La durée de vie du relief initial ayant été d'environ 10 à 15 millions d'années, les eaux d'infiltration ont pu créer des systèmes karstiques (cavernes et galeries souterraines) importants qui participèrent à la création du gouffre.
Les premières grandes cassures apparaîtront Nord à Sud, suivant les sillons dits périalpins, elles sont conséquentes de la distension qui fit suite à la création des Pyrénées précédant la grande crise alpine. Celle-ci atteint son apogée il y a 25 millions d’années, se prolongeant par phases successives durant 13 millions d’années, puis par crises pendant 12 millions d’années ; c'est-à-dire jusqu'à nos jours. La force alpine s'exerçant du Nord-Est au Sud-Ouest a déplacé les reliefs et les masses sur plusieurs centaines de kilomètres au centre, sur quelques kilomètres voire centaines de kilomètres à l'extérieur du charriage. Les empilements des éléments du relief ancien forment des chevauchements dont la surcharge provoque des fracturations et des affaissements constituant ainsi un ensemble de failles orientées d'Est en Ouest. Ces cassures ne sont pas apparues subitement, mais par crises (affaissements de dissolution, fractures de karts) engendrant des séismes relativement importants ainsi que des déformations aux conséquences localisées.

Naissance des cours d'eau

Dans les cassures de distension se sont produits des affaissements dans lesquels se sont précipitées les eaux tant marines que terrestres. Le plus important et le plus conséquent de ces bassins est visible de nos jours parce qu'il constitue le plateau à conglomérats de Valensole. Ce n'est qu'après l'apparition des fractures de surcharge, que l'immense quantité des eaux piégées a pu trouver un débouché vers le point bas qu'est le niveau de la mer. Toutefois, les cours d'eau n'ont pas pu suivre le chemin le plus court pour y parvenir malgré l'abondance d'une hydrologie de crue permanente. Ils devront s'adapter au relief, non seulement démantelé mais encore en évolution du fait de la dissolution de couches profondes (gypse, sels) par les eaux d'infiltration. Ainsi, le Verdon pourra-t-il venir à bout d'une colline, s'accommoder d'un ancien fond de lac, aidé encore par les derniers soubresauts de la tectonique alpine qui n'en finissent plus (épicentre sismique de Chasteuil et de Castillon localement) puisque les Alpes s'élèvent encore.
Si le tracé du gouffre n'est dû qu'à l'exhaussement des Alpes, son creusement n'appartient qu'au Verdon actuel, avant lui il n'existait pas de cours d'eau voyageant sur les plateaux. Toutefois, pour que les eaux piégées dans les cassures puissent se mettre en mouvement, il a fallu d'importantes modifications tout au long de l'axe Est-Ouest ; celles-ci sont dues à l'évolution de la Provence dont la pente générale changera plusieurs fois de direction au cours de l'élévation du continent. Tout d'abord, il a fallu un abaissement du niveau de la mer soutirée par les failles du continent Sud en cours de disparition, mais surtout la surcharge produite par les sédiments de Valensole (1.500 m d'épaisseur) qui ont provoqué une subsidence dans une zone rendue faible par l'existence d'un réseau souterrain (prolongement de Fontaine l'Evêque) qui deviendra les gorges de Baudinard et de Quinson. La subsidence ou affaissement aura deux conséquences importantes : l'ouverture de la clue de Mirabeau qui videra le lac de Valensole, amorçant le cours de la Durance et du Verdon inférieur, le basculement de la masse calcaire de Vernis (Galetas) qui libérera définitivement les eaux piégées dans les cassures préfigurant le gouffre des Gorges.

L’existence du Verdon

C'est à partir du moment où un courant s'est créé que le Verdon a existé dans le gouffre; préparatifs longs et laborieux car, depuis l'édification définitive des Alpes, 6 millions d'années ont passé. Le nouveau torrent mettra 6 autres millions d'années pour être ce qu'il est dans ses gorges et canyons ; il devra déblayer les cassures, les agrandir, les approfondir. Il utilisera successivement plusieurs diaclases (cassures sans rejeux) créant plusieurs canyons aujourd'hui disparus et ne ressemblant en rien ou presque à celui que vous voyez avec son torrent insignifiant. Les eaux, mises en mouvement par l'abaissement du niveau des lacs de rétention, se sont glissées à la base des parois, y creusant d'immenses auvents. Toutefois, les masses comportant de profondes et hautes cassures, et l'érosion les atteignant, le déséquilibre a précipité les parois, agrandissant le gouffre. Obligé de déblayer les obstacles d'effondrement, le Verdon a plus élargi qu'approfondi son lit titanesque. Son action presque partout identique n'a toutefois pas obtenu les mêmes résultats puisque le torrent n'était pas, pour un même niveau, en contact avec la même roche : couches plus vulnérables et fissures plus nombreuses dans la colline, couches très résistantes et moins fissurées dans l'ancien fond de lac.
Le Verdon fut stoppé dans son ardeur érosive par les glaciations successives qui intervinrent il y a 2 millions d'années; il ne reprit son terrible élan qu'a moins 100.000 ans pour ne faiblir que vers moins 5.000 ans, puis disparaître en 1973. De la période de gels et de dégels faramineux nous est donné le gouffre d'aujourd'hui dont les lèvres sont profondément gercées de canyons latéraux où bondissent parfois de splendides cascades.

Histoire : du fond des âges

Les grottes ouvertes dans les parois, mais surtout à leurs pieds, vous invitent à entrer en relation avec les Humains de cette contrée et leur Histoire. Hélas, ceux d'aujourd'hui semblent garder leurs distances, hormis les commerçants ; quant aux paysans, ils vaquent à leurs occupations loin de vous, tant ils sont peu nombreux. Ce qui subsiste du grand passé besogneux, de cette ruche bourdonnante tant au propre qu'au figuré, n'est plus qu'un simulacre s'estompant déjà dans le brouhaha du modernisme pour s'enfoncer dans l'oubli quasi-éternel.
Vous serez, pour les hommes comme pour les paysages, surpris par le déséquilibre entre les villages, entre les zones d'activités. En fait, l'homme rural se maintient dans les lieux les plus productifs non seulement pour faire face à la désertification, mais surtout pour produire des denrées ayant encore un cours sur le marché économique : plateau de Valensole principalement. Ailleurs, l'implantation humaine a été victime de la désertification provoquée d'une part par les grandes guerres, d'autre part par l'attrait des villes, mais surtout par la politique rurale des gouvernements en matière d'agriculture sèche en milieu montagnard.
Des villages sont abandonnés et en ruines, d'autres le seront bientôt, se débattant dans un marasme démographique sans fin : vieillissement de la population essentiellement. Les quelques producteurs terriens qui s'accrochent à leurs murs de pierres sèches sont les reliques de cette agriculture de zones sèches sournoisement bradée à L’Europe Agricole et au Marché Commun. Pour ce qui est du reclassement dans l'industrie touristique, il demeure une affaire familiale bridée par le fait qu'ici la saison est unique et courte. Un fléau humain que vous ne soupçonnerez pas est l'expropriation venue des aménagements énergétiques et militaires. Ajoutez à cela le fait que la politique des élus est de faire de cette vallée une seconde Côte d'Azur ; que les étrangers acquièrent de plus en plus de terres ; que le site est de plus en plus pollué ; que le Verdon devient un égout... bien des motifs pour que vous nous tourniez le dos. Pourtant, il n'a pas toujours été ainsi un désert naissant, mais bien le contraire, peut-être trop de vie et d'habitants pour une contrée à l'équilibre précaire.
Dans la vallée du Verdon, la présence humaine remonterait au Paléolithique ancien, il y a 100 000 ans, plusieurs grottes des gorges inférieures (Quinson) ont livré des vestiges vieux de 80 000 ans avant notre ère. La Haute-Provence est encore sous l'emprise des glaciations au Paléolithique moyen (moins 60 000 ans), le peuplement ne pouvait être que passager lors d'expéditions de chasse au renne notamment. Au Paléolithique supérieur (moins 20 000 ans), le climat glaciaire régressant lentement, des chasseurs appartenant aux civilisations naissantes ont davantage fréquenté la moyenne vallée s'y enfonçant plus aisément. Les premières implantations humaines seraient dues aux Magdaléniens ; étaient-elles définitives ou provisoires sortes de camps avancés afin de pénétrer la haute vallée? Il semble que ce soit le cas des vestiges trouvés sur les plateaux bordant le Canyon, où pierres taillées et gravures rupestres attestent les faits.

Les gorges du Verdon au Néolithique

Que les différentes civilisations provençales : Romanelliens, Montadiens, Castelnoviens, se soient répandues sur les hauteurs afin d'éviter les marécages dus à la fonte des glaciers, cela reste du domaine de l'hypothèse. Une supposition non sans fondements puisque ces peuples furent refoulés par les premiers peuples pratiquant l'agriculture : il est donc difficile de dater la fréquentation des sites du Verdon puisque, par obligation, ils viendront s'y réfugier, prolongeant ainsi leur période et leur civilisation. Toutes les Hautes Terres de la moyenne vallée, puis de la haute vallée, deviendront progressivement terres de refuge. Il en sera ainsi tout au long des temps et des civilisations puisque celles-ci ne cesseront de se pousser les unes sur les autres, la dernière arrivée chassant la précédente plus loin en des lieux plus difficiles.
Le Néolithique ou âge « de la pierre polie » (moins 7 000 ans), est en réalité une véritable révolution dans la civilisation humaine parce qu'il ne remplace pas seulement la « pierre taillée » mais bouleverse totalement les acquis et les mœurs en introduisant l'agriculture. Les grands chasseurs de rennes ont depuis longtemps quitté les plateaux (Hautes Terres) lorsque viennent s'y réfugier les derniers chasseurs-ramasseurs. Ils ne seront pas longtemps tranquilles, même au plus inaccessible car, vers moins 5 000 ans, apparurent les premiers pasteurs venus parfois de lointains pays. Des conflits éclatant entre les agriculteurs sédentaires et les éleveurs nomades, ces derniers furent plus rapidement poussés vers les Hautes Terres des plateaux, refoulant plus loin et plus haut les tout derniers chasseurs (sites de Thorame).
Ce sont les mêmes accès qui seront utilisés par les différents envahisseurs, certainement peu pacifiques ; ainsi se créeront les chemins préhistoriques dont certains passages étaient stratégiques lors du franchissement des obstacles naturels. Les civilisations connexes (marchands) dues à l'existence des précédentes : élevage et agriculture, franchiront les mêmes points obligés non sans avoir à s'acquitter de droits proportionnels à la difficulté de l'accès. La présence de ces marchands est attestée dans certaines grottes du Verdon servant d'habitats, de réserves ou peut-être de cache de brigands comme ce fut souvent-le cas au cours de l'Histoire. La civilisation du vase Cardial s'avancera lentement vers les Hautes Terres constituant ainsi les premiers repères pour identifier habitants, mœurs, agglomérations ; car il existe, dès cette époque, des concentrations humaines proches des gouffres les plus impressionnants (Moustiers-Sainte-Marie).

Protohistoire et âge de Fer

Si la Protohistoire débute il y a 2 000 ans avec l'apparition du métal (cuivre) dans la civilisation humaine continuant d'utiliser la pierre polie, les habitants du bord des gouffres n’en bénéficieront que bien plus tard. Il en sera d'ailleurs ainsi tout au long de l'évolution : un décalage constant, parfois très marqué non seulement avec la Provence, mais aussi entre les agglomérations du bord des gouffres. L'utilisation du bronze, arme plus redoutable que la hache de pierre, a certainement rendu de grands services à ces hommes des gouffres restés avant tout chasseurs et guerriers.
L'âge de fer (1 000 ans avant notre ère), ne fera guère évoluer les habitants et leurs agglomérations pourtant devenues embryons de cités bien organisées, facilement défendables. Le minerai de fer sera trouvé sur place en faible quantité, mais exploité avec adresse de toute façon, on le trouvait un peu partout en Provence. De l'âge de fer semble découler un regain d'esprit guerrier et aventureux parmi les populations milles du bord des gouffres ; bientôt (vers 600 avant J.-C.), ils partiront en hordes sauvages vers les villes bien constituées et riches de la Provence (Thélimé, Massalia). Ils deviendront mercenaires à la solde de ces grandes cités qu'ils n'ont pu vaincre. Certains de leurs compatriotes rejoignent d'autres Gaulois et franchissent les Alpes vers les civilisations plus évoluées de la plaine du Pô. Rattachées à l'ethnie ligure, ces tribus montagnardes ont une descendance tout aussi farouchement tournée vers la guerre et la rapine, elles iront porter celles-ci en Italie et jusqu'en Grèce, toujours plus assoiffées de sang et gloutonnes de conquêtes ; participant à toutes les exactions dont se rendront coupables les Gaulois.

La présence romaine dans les gorges

En 122 avant J.-C., la défaite des Salyens et l'établissement d'une tête de pont romaine en Provence fourniront à ces guerriers des gouffres la possibilité d'une activité belliqueuse permanente en s'enrôlant dans les armées de César. Toutefois, ils défendront farouchement leurs Hautes Terres contre les Romains comme ils le firent contre les Celtes ; du haut de leurs falaises, ils ne cédèrent le passage que vers 32 avant J.-C., le reste de leur contrée montagneuse résistant encore pendant 20 années. Qui était ce peuple décrit par Posidonios comme un « pays sauvage, sol pierreux, plein de rochers, sans blé, femmes robustes, hommes maigres et secs, chassant plus que cultivant, escaladant comme des chèvres? ». Certainement un assemblage de tribus venues se réfugier en ces lieux, résidus de peuplements locaux mais aussi de peuples du passage acculés un ces lieux. Que sont-ils devenus, où sont leurs cités? Des écrits romains disent que certains ont disparu ainsi que leur cité ; il n'y a pour s'en persuader qu'à parcourir la contrée des Hautes Terres et de voir où se sont établies les cités gallo-romaines tel que Riez, juste en bordure des montagnes non loin des gouffres. Riez, ville religieuse consacrée aux divinités de la Terre et de l'Eau, mais aussi à celles des éléments naturels exceptionnels ; c'est le prolongement de ce que furent de tous temps ces lieux constitués de gouffres et de hautes terres. Riez, mais aussi toutes les autres cités bordant cette contrée, principalement au Sud, ont étendu cette consécration des lieux faites par les premiers chasseurs ayant fréquenté la contrée.
Tant sur la rive droite que sur la rive gauche du Canyon, les lieux consacrés sont nombreux et importants. C'est aux Chamans de ces croyances que nous devons les premières pénétrations vers l'intérieur du grand gouffre. Ce fut tout d'abord les falaises sommitales puis les cirques accessibles, partout où se trouvaient une roche percée, une grande source vauclusienne, une cassure absorbant l'eau, un amoncellement de rocs, un jeu de lumière, un gouffre obscur, une caverne immense, un marécage surprenant, un sommet des plus étranges. Une telle croyance est fondée lorsque l'on sait que les premiers chasseurs s'étant aventurés en ces lieux, ont assisté à de terribles effondrements tels celui de l'lmbut ou, contemplé d'hallucinantes crues, voire côtoyé un gouffre encore pris de glace.

L'arrivée du christianisme

Hautes terres coupées de grands gouffres, sommets d'où l'on découvre le monde, fantastique citadelle naturelle d'où l'on est inexpugnable, devenant au fil du temps et de l'Histoire un refuge de plus en plus apprécié et utilisé. Le Christianisme y trouvera abri afin d'entreprendre l'évangélisation de la Provence, de grandes décisions y seront prises par des réfugiés influents et puissants, les honnêtes gens comme les brigands en feront un asile provisoire. L’on s’y cachera et l'on y dissimulera : l'on y volera et l'on y égorgera ; l'on s'y réjouira et l'on s'y révoltera, l'on y gagnera et l'on y perdra ; bien souvent à contretemps des événements historiques, ce qui entraînera parfois des conséquences graves ; mais peu importe, l'essentiel étant d'obéir aux impulsions libres et fières héritées des amalgames préhistoriques.
Ces dernières années, les Gorges du Verdon ont défrayé la chronique, occupant souvent et abondamment les pages des journaux locaux, mais aussi nationaux voire étrangers. C'est que le motif était important puisqu'il s'agissait de reprendre les travaux (projet de 1900) de déviation du Verdon hors de son lit taillé dans les Gorges, cette fois en les évitant. Cette action aurait constitué un viol géographique entraînant un viol écologique, les eaux devant être placées dans une conduite souterraine traversant en droite ligne les montagnes entre Castellane et Moustiers. Affaire qui fit grand bruit sous différents ministres de l'environnement, parce que à la fois soutenue et combattue par le même parti politique, ceci tant du côté de la majorité que de celui de l'opposition, c'est-à-dire que, de quelque Lote que I on se plaçât, la dépense, programmée bien avant les enquêtes, intéressait des personnes directement concernées par ces travaux. La situation des Gorges était et demeure la suivante, sans que jamais ne soient prises en compte leur unicité écologique et leur valeur économique, même lorsque les connaissances progressèrent.

Les temps modernes

En 1885, la société chargée des travaux obtient un bail de 99 ans sur la rive droite de Carajuan à Galetas. Lorsqu'en 1912 elle arrête le chantier, celui-ci n'est que provisoirement fermé. En 1930, le site est répertorié parmi les lieux naturels à aménager pour le tourisme. Une grande association d'utilité publique obtient la gestion des Gorges, procédant à divers aménagements et utilisant les tunnels percés. A partir de 1950, l'Etat laisse croire que le site est classé monument naturel. C'est au cours de ces mêmes années que l'organisme national de production hydro-électrique obtient la propriété de la rive droite jusqu'à la côte 700. Au début des années 1970, le projet reprend vigueur en ayant subi les modifications que tout demandeur de concession d’État se réserve et applique lorsqu'il possède la concession. Il devenait donc aisé de renflouer le concessionnaire et le réalisateur des travaux puisqu'il ne procédait qu'à la reprise du chantier obtenu il y a plus d'un demi-siècle. Tout le reste n'était que mascarade et poudre aux yeux. La situation des Gorges n'a toujours pas évolué vers un sauvetage définitif efficace et humain. Comment peut-on y parvenir, chacun restant indifférent et sur ses positions, les barrages mortels ayant été édifiés, le Verdon transformé en égout, les gouffres livrés à la consommation touristique, l’opinion publique mal informée, les forces humaines usées ?

Quel souvenir emporter ?

Avant tout, celui d'une agréable journée, d'un site souriant, mieux encore d'un moment de vie bien remplie, d'une curiosité satisfaite, d'un enrichissement de l'esprit, d'un ragaillardissement des forces. Bien sûr, pour obtenir ces satisfactions, réconforts des heures difficiles, il vous faudra y consacrer les jours nécessaires. Si, hélas, votre temps est compté, déployez bien vos sens dans toutes les directions, vous vous ferez d'agréables cadeaux. Quant aux présents que vous emporterez pour vos proches ou pour vous-même, sachez le trouver parmi les produits de cette contrée. Il y a les productions du pays, partout identiques avec toutefois des variations, mais il y a surtout et avant tout les réalisations du terroir fleurant bon l'originalité et la façon d'être des créateurs locaux. Vous trouverez les produits de ces terres ingrates : lavande, truffe, miel, amande, chèvres et moutons ; surtout leurs dérivés, consciencieusement préparés, prêts à déchainer votre palais. Pour les choses qui durent davantage, vous rappelant ce site généreux chaque fois que votre regard les rencontre, il y a les créations d'un artisanat varié et passionné : faïence d'art, belle poterie, bois tourné, pierre travaillée, métaux formés, laine tissée, tissu décoré, eau parfumée. Vous pouvez aussi vous intéresser à l'art exprimé par la peinture, la sculpture, le dessin, l'aquarelle, la poésie, l’écriture, la photographie, la musique, le conte et la galéjade ; toutefois, ces expressions sont très personnelles et rares.

Les activités d'hier : la vie dans le gouffre

Des écrits peu informés attribuent à A.E. Martel, hydrologue spéléologue, la découverte des Gorges du Verdon en août de l'année 1905. Il s'agit seulement de la notoriété publique acquise, à la suite de cette expédition d'étude, par un site fréquenté depuis longtemps. La narration faite par Martel ne met pas en évidence cette situation de certains indigènes connaissant le gouffre, ni le fait des expéditions antérieures tant pédestres que nautiques. Il ne s'est pas entouré de guides mais de porteurs, il n'a utilisé les personnes ayant une expérience des Gorges que pour l'équipe d'appui, il a quasi passé sous silence les activités qu'il y a rencontrées (« La France Ignorée » est le titre du livre et non « La France Inconnue »). Voici quelle a été approximativement la chronologie de la pénétration des Gorges et Canyons, faits principaux et marquants réalisés par des gens du pays ou non.
Les premiers à voir les abimes étaient les chasseurs de la fin de la glaciation. Ceux qui le contemplèrent quelques millénaires plus tard furent les premiers habitants dont les descendants se glissèrent prudemment dans le gouffre supérieur. Ils s'installèrent sur des promontoires dominant directement le torrent afin de pouvoir sacrifier à leurs rituels. Ceux qui leur succédèrent s'enfonceront dans les cirques les plus accessibles : Galetas, Vanilline, Mainmorte, Escalès, Trescaire où ils établirent des temples sous les immenses et puissantes voûtes. Une longue période de méditation et de contemplation, de crainte et de respect couvrit ces sites, enracinant profondément une dévotion qui se maintiendra durant des millénaires.

Sur les bords de l'Enfer

Le Christianisme ne parvint pas à détruire cette croyance, au contraire, il s'en est nourri ; seul l'esprit peureux du Moyen Age fera de ces lieux l'enfer où se réfugient les démons. Pourtant, ce sera le Moyen Age qui fera s'implanter définitivement des humains sur les bords de l'Enfer. Les exigences de la Royauté qui lui fait suite provoqueront, associées aux colères de la nature, de monstrueuses famines. Ce sont elles qui pousseront les désespérés à descendre dans le vide le plus mortel afin de cueillir les plantes bien vertes, ces racines pulpeuses du fond alors que, sur les plateaux, la neige interdit tout ramassage pour nourrir les enfants mourants.
Une fois les appréhensions vaincues, lorsque furent découvertes les valeurs agricoles et pastorales que représentait le site, non seulement certains hommes le fréquentèrent mais quelques-uns s'y installèrent pour de longues années (bergerie de Guegues sur la Rive Droite). Ils y pratiquèrent des cultures, du pâturage, des cueillettes, des élevages, l'apiculture et l'exploitation du bois, tirant le meilleur profit qui soit des qualités essentielles du gouffre : le printemps précoce et long, l'été frais, l'hiver clément. Fait de quelques familles mais aussi de personnes déshéritées trouvant en ces lieux le refuge idéal ; ces activités se prolongèrent jusqu'à l'avènement de la machine-outil en bois, principalement du métier à tisser. En ce début de XIXe siècle en mutation, ce fut la ruée vers l'or du gouffre : le buis. Des forêts majestueuses d'arbres splendides, n'ayant jamais été exploitées, offraient aux hommes une ressource nouvelle. Elle durera presqu'un siècle, se terminant avec l'industrialisation des alliages spéciaux faisant disparaître la célèbre boule cloutée.
C'est au tout début du XXe siècle que se présente une nouvelle activité extra-agricole : le percement des tunnels de dérivation du Verdon. Les hommes du gouffre et leurs mules y auront un rôle de tout premier plan, mais le chantier ne durera qu'une douzaine d’années. Après chacune des grandes guerres, des chantiers s'ouvriront autour du gouffre pour tracer les routes, mais ce ne sera plus l'âge d'or.
En ce qui concerne la découverte par des hommes extérieurs à la contrée, les premières tentatives eurent lieu avant 1900 avec Janet. Elles n'aboutirent pas, ni celles d'autres téméraires. Monsieur De Joly, en 1928, réussit la première traversée du Verdon souterrain alors qu'Isidore Blanc faisait le guide depuis l'après-guerre de 1920. Les premiers pagayeurs tentèrent et réussirent la première traversée en 1934 (on la doit à Bardiaux); quant à Mahuzier, il réussit le premier film en 1937. Pendant tout ce temps-là, les Flory de la Palud-sur-Verdon prêtaient leur concours aux uns et aux autres, sans plus de considération que n'en ont reçu les Verdoniens des temps obscurs.

Les villages à connaître autour du Verdon

Castellane

Porte Est du Canyon, permet d'accéder au site par une étrange vallée toute de clues et de méandres ; cette sorte de propylée de roches telles les Cadières de Brandis, prépare à l'extravagance de cet univers minéral. Sa première splendeur fut d'être une civitas romaine dont une partie de l'économie était due à l'exploitation du sel, d'où son nom de Castel Salinae, la cité faisant suite à l'oppidum ligure implanté sur le grand roc. Son aspect actuel est dû à un Moyen Age florissant, l'enfermant dans un ensemble de tours et de remparts fort beau et original. En réalité, quatre s'y sont succédé, jouant toutes un rôle de de plaque tournante et de place forte, bénéficiant d'une certaine indépendance. Ce fut d'abord, sur le rocher, l'agglomération gauloise, ensuite la ville romaine, puis la cité s'édifia dans la plaine, s'entourant de fortifications ; ce n'est qu’après les grands troubles des guerres de religion qu'elle sortit de ses murs. Tout autour, la nature présente des attraits à connaître : Cadières de Brandis, gorges du Rayaup, crêtes déchiquetées des Lesques, lacs sombres de Chaudanne. Les vestiges du passé sont nombreux et divers, notamment les chapelles perdues dans le relief tourmenté. Castellane ne manque pas de caractère.

Rougon

Petit village perché sur la rive droite, juste en face du défilé Samson. Établi sur une crête rocheuse de calcaires redressés, il s'adosse à un rocher abrupt d'où la vue sur le Canyon est véritablement sublime. Le sommet de ce roc est une ancienne plate-forme fortifiée, unique en son genre. Le panorama que l'on y découvre embrasse tout le site de gorges et de canyons. La renommée de ce véritable nid d'aigles est venue de ses « Aiglons », trappeurs-braconniers intrépides qui constituèrent les premiers porteurs des expéditions de découverte. La célébrité vint aussi d'un de ses instituteurs, Isidore Blanc, à qui l'on doit la venue d’E.A. Martel qu'il accompagna dans son expédition. Plus tard, il mit sur pied les premiers guidages de visiteurs.

Trigance

A quelques pas du Jabron, dominé par un château encastré dans la montagne, il allonge à flanc de coteau tournant le dos au Canyon, sa façade rutilante des premières lueurs du jour. Son ouverture vers le Verdon se fait par les curieuses gorges en fer à cheval de Soleils, ce hameau aujourd'hui serein qui fut tant secoué par les événements Templiers. Vallée aux ponts élégants franchissant les eaux du torrent courant aux moulins qui cessèrent de moudre, voici plusieurs siècles, parce qu'un flot de sang vint les arrêter.

La Palud-sur-Verdon

Edifié sur un petit promontoire avancé dans les marécages qui lui donnèrent son nom, le village se blottit au creux d'un plateau aux bords relevé bien haut lui faisant un écrin de montagnes. Si son clocher était plus haut, le coq pourrait voir l'ensemble des gouffres qui l'entourent de toutes parts, fossés gigantesques d’une immense forteresse infranchissable. Idéalement situé au centre du triangle formé par les deux parties du Canyon, il s'en trouve à quelques pas, que l'on fait sur des sentes nombreuses et variées, aboutissant toujours à des paysages différents dont les spectacles changent constamment. Le petit clocher est d'un grand âge et d'une pureté romane surprenante. Le château, lourdement planté au milieu des maisons, évoque les activités acharnées du passé lorsque tous les alentours raisonnaient des cris des hommes et des bêtes occupés à survivre. Que reste-t-il de la gloire d'hier ?
le souvenir : des coupeurs de buis, des dénicheurs d'abeilles, des glaneurs de lavande des montagnes, des bergers de l'abîme, des déboiseurs et des replanteurs tout autant consciencieux les uns que les autres, des premiers rêveurs osant s'aventurer dans l'enfer des roches et des eaux.

Aiguines

Sur la rive gauche, à la sortie Ouest du Canyon, dominant la vallée élargie où le Verdon se faisait longue chevelure d'argent, le village fait face au plateau de Valensole et au soleil couchant qui jette ses derniers rayons dans la turquoise du lac artificiel ayant remplacé la vallée. De la vaste commune aux trois visages : plateau de Canjuers, gouffres du Verdon, large vallée, il ne reste que peu de chose comme si la fin des tourneries de buis en avait été le présage. Le temps glorieux des cinq laborieux ateliers flairant bon le copeau de bois, semble encore briller sur les toits vernissés du château. La boule de buis cloutée ne roule plus qu'occasionnellement sur le boulodrome jouxtant l'étonnant aqueduc, elle file en cahotant fièrement parmi les sphères brillantes l'ayant détrônée à jamais.

Comps-sur-Artuby

Un peu loin du gouffre célèbre, le village se penche sur les étranges abîmes de l'Artuby : gorges étroites, sombres, sauvages, mystérieuses. Complètement isolé par le camp militaire, c'est un véritable îlot de vie varoise se maintenant aux confins du département dans un environnement accueillant et silencieux. Face aux Alpes toutes proches, son climat est des plus robustes, sa lumière des plus franches. De nombreuses chapelles, des ruines de Castellas, de fières bastides attendent la caresse de votre regard.

Moustiers-Sainte-Marie

Deus pitons rocheux espacés de 230 mètres portent, en sautoir sur le gouffre, une énorme chaine de maillons étranges auxquels est accrochée une grande étoile à cinq branches; les grincements que le vent en tire s'étouffent dans le grondement des cascades. Ex-voto d'un chevalier de Blacas survivant des croisades, suspendu sur un village, ex-voto des croyances préhistoriques ayant pris possession d'une terrasse de tufs resserrée entre deux ravins infranchissables. Telle une porte de repli, une gorge s’ouvre dans le dos de l'agglomération à la fois acculée à la montagne ou sortant de celle-ci :
« C’est comme si Moustiers n'était pas d'ici mais des plateaux solitaires et arides qui le dominent. Un bijou de la nature ciselé par des hommes de talent ne pouvait qu'être le berceau d'un autre joyau : la faïence !
Depuis les temps les plus reculés il y eut des potiers pour les belles argiles rougissant les alentours ; ils étaient nombreux au XVe siècle, ils deviendront célèbres : ils seront faïenciers en Italie, au XVIIe siècle. Le premier responsable de cette transformation en tous sens est un moine venu de Faïenza, en Italie, au XVIe siècle. Il introduisit un émail d'un blanc bleuté que les artistes d'ici agrémentèrent d'un décor en camaïeu bleu. Louis XIV, ayant vidé les caisses de L’État, obligea de fondre la vaisselle d'or et d'argent alors que Clérissy, verrier à Fontainebleau, se retirait en ce village, son pays natal. Il entreprit de développer la faïence d'art que ses descendants portèrent haut provoquant la création de maisons rivales pour le plus grand bien de cette maitrise que seule la Révolution allait flétrir pour la stopper en 1876.
La progression de cette poterie de luxe s'est surtout faite par le décor, le façonnage essentiel a peu varié, seul la matière première prise sur place durant deux siècles sera abandonnée. Aux poteries grossières feront suite les poteries à émail blanc bleuté dont les décors vont en s'enrichissant en trois époques essentielles:
  • copie des œuvres de Pierre de Molyn le Jeune, dit Tempesta, ensemble central peint en camaïeu bleu
  • triomphe du style dit « à la Benin », toujours dans le bleu mais avec une surcharge de motifs surtout en bordure 
  • changement dû à Joseph Olérys qui introduit le polychrome et les sujets grotesques ou exotiques en jaune or ou vert olive.
Débute maintenant la période moderne, à voir sur place.
La faïencerie à Moustiers connut une fortune étonnante. Ses productions comptent parmi celles qui honorent le plus l'art français. Malgré la décadence de productivité, la disparition de la faïence n'a pas eu lieu. Non seulement l'héritage des trois grandes époques est sauvé, mais une ère nouvelle s'ouvre. Peut-être atteindra-t-elle d'autres sommets. Merci Marcel Provence, vous qui, en ce milieu du XX siècle, avez rallumé le dernier four que l'inconscience humaine avait laissé reteindre en ce XIXe siècle finissant. Merci à tous ceux qui vous suivirent et vous suivent.
La leçon à tirer de cette Renaissance de la Faïence ? Le feu des hommes peut être ravivé encore plus fort qu’avant, mais ici le sol ayant perdu l’arbre ne peut retrouver que buisson.

Les Salles-sur-Verdon

Duquel s'agit-il ? De l'ancien charmant et fragile sur sa petite butte doucement contournée de Verdon, étalé tout luisant dans la plaine alluviale, ou du nouveau, à peine débarrassé de ses échafaudages et, cherchant aux quatre vents une âme qui aura du mal à s'arrêter car les rues sont trop larges, les places sans impasses. Le village d'antan était là, tel une oasis dans une tourmente de calcaire. Il donnait abri à des habitants tour à tour agriculteurs, éleveurs, lavandiculteurs, apiculteurs, mais surtout rabassiers d'odoriférantes et excellentes truffes. Les Sallois ont payé un lourd tribut au progrès; qu'ils en soient remerciés, sans leurs sacrifices, la Provence serait morte de soif. Englouti pour toujours ! Un village ainsi abandonné laisse un grand vide, proche du néant, comme s'il n'avait existé puisqu'il est impossible de suivre l'ombre du chemin y conduisant.

Le torrent émeraude

Le Verdon, affluent rive gauche de la Durance, est un cours d'eau dont le régime hydrologique est méditerranéen malgré sa source alpestre. Il ne naît pas d'un glacier et n'a pour alimentation que les précipitations atmosphériques. Son débit subit donc des variations importantes allant de quelques mètres cubes par seconde à plusieurs centaines, d'où des étiages et des crues spectaculaires durant lesquels il perd la couleur de son nom.
Malgré ses faiblesses relatives, le torrent est venu à bout des nombreux obstacles dressés sur sa course à la mer par une géographie capricieuse. Ses terribles forces lui ont permis de façonner d'aussi extraordinaires que merveilleux chefs-d’œuvre dans un relief tourmenté à l'extrême, au fond duquel les eaux chargées de particules fluorées s'avivent.
Il mérite l'admiration que l'on doit à un Hercule ayant exécuté sept travaux gigantesques, allant de la gorge modeste au canyon majestueux. Ces monuments de la nature ont bien souffert de l'action humaine. Les gorges de : Castillon, Baudinard, Quinson sont devenues des lacs artificiels, celles de Saint-André, Colmars sont peut-être en sursis car l'avenir est gourmand.
La grande gorge et le petit canyon assemblés en une œuvre unique, constituent l'œuvre suprême du torrent émeraude ; c'est à elle que nous consacrerons ces pages après lui avoir sacrifié quinze années d'une vie afin de lui conserver ce torrent parfois fleuve, roulant 850 millions de m3 par an pour remplir 440 millions de m3 de retenues artificielles, la soif provençale absorbe la différence.

Les Verdoniens

Ceux allant aujourd'hui au Verdon ne peuvent prétendre e à cette appellation même s'ils sont d'une grande assiduité envers le site. Les Veidomens étaient une « race » purement locale, composée de quelques « fadas » du gouffre, issus des villages bordant les abimes et ne se trouvant réunis sous ce label que par leur fréquentation de ces lieux « de perdition ». Encore que certains villages fournissaient un contingent plus important par le simple fait que « verdoniser » n’était l’apanage que de quelques familles immédiatement en contact avec les abimes et leurs réalités. Dans ce domaine verdonien, la Palud fournissait la fraction la plus importante où la famille Flory se taillait la part du lion.
L'utilisation du passé pour cette information est un peu fausse car le verdonien n'a pas tout à fait disparu. Il nous reste de rares spécimens hélas bien âgés. Ils représentent ces lointaines familles venues aux abords les plus impressionnants du vide pour bénéficier de terres, pâturages et forêts mises à leur disposition par les seigneurs à des fins de rentabilité bien sûr, ce qui ne fut pas toujours aisé. L'implantation la plus nombreuse et la plus florissante se trouvait aux Malines où quatre foyers furent l'ondés, notamment celui des Flory. Sur la rive gauche de la cassure taisaient face les trois feux des Cavaliers dont le plus important était celui des Rouvier, célèbres cavaliers, éleveurs et dresseurs de chevaux. D'autres âtres flamboyaient à Encastel et à Sardon ; ils réchauffaient les Hermelin et les Martin plus tournés vers l'Artuby aux abysses terrifiants. Deux autres lieux proches des précipices attirants fournissaient des Verdoniens : Rougon et Chasteuil à l'Est, Mayrestre et La Graou à l'Ouest. Pour les premiers, la fréquentation du Verdon se faisait dans une gorge accessible, pour les seconds le torrent était peu abordable ; ces divers lieux disposant d'une ouverture vers les plateaux.
Les activités de ces premiers Verdoniens vivant et s'activant tout au fond des cirques, s'agrippant et se déplaçant le long des falaises, étaient d'une grande simplicité et d'un maigre rapport bien que leur réclamant davantage de temps qu'ailleurs et les exposant à des dangers de toutes sortes : cueillette hasardeuse et ramassage laborieux pour un maigre pécule de fourrage odorant, de fruits sauvages, de tilleul apaisant, de bois flottés, de champignons charnus, d'escargots énormes, de baies colorées, de miel noir, de buis lourd, d'argile ruisselante, parfois de fleurs étranges. Le braconnage avec collets des petits mammifères craintifs et le prélève ment par filets des belles truites luisantes étaient toute la joie et la fierté de ces descendants de chasseurs des premiers âges. Que penser de leurs téméraires tentatives de cultures au fond? De la folie? Non ! Du courage et de la croyance, un grand besoin de survivre dans une grande soif de liberté et une immense jouissance d'exister.

Amis visiteurs !

Les Gorges du Verdon ont été, à travers les âges, par les populations qui les ont fréquentées, un haut lieu de communion avec le milieu naturel malgré l'âpreté de la vie qu'il provoquait.
Les Humains les considéraient comme lieux sacrés où s'exprimaient les divinités. Dieux de la nature, réunis et accordés afin de créer l'exceptionnel, le merveilleux, le terrifiant, l'impalpable, l'inégalable.
Planète déchirée d'où jaillissent mille antithèses réunies en un grandiose dont la toute-puissance n'a d'égale que sa fragilité devant l'homme d'aujourd'hui.
Malgré l'étroite union des éléments acharnés à vivre, ces gorges et ces canyons peuvent basculer dans le néant d'où surgissent les déserts. Elles sont à volte merci aussi, sommes-nous là, tels les chamans, pour vous faire partager l'essence divine que vous devez y trouver.
Le plaisir que vous venez chercher dans et autour de ces Gorges est lié à la beauté et à la qualité des éléments qui les composent. Vous accepterez donc ces recommandations que nous voulons être un code de comportement envers la nature sans défense.
Le développement touristique autour des Gorges a été acquis au détriment du site dans sa plus secrète intimité. Il importe de renverser les pôles d'intérêt et de se conformer aux commandements de cet univers exceptionnel.
L'espace de ces lieux est très réduit, ce qui en augmente sa fragilité ; la surfréquentation lui est d'autant plus néfaste qu'elle est en presque totalité agressive et consommatrice.

Règlementation générale dans les Gorges

La protection des Gorges et de leur contrée fait d'abord appel à votre bon sens, ensuite à votre respect de la nature et de tout ce qu'elle engendre ou provoque. Nous vous rappelons les règles en vigueur partout ailleurs en Alpes, Provence, Méditerranée :
  • Camping et séjour sauvages : extrêmement interdits en tous lieux.
  • Feux de toutes sortes : absolument interdits en toutes saisons.
  • Abandon de déchets : interdits en dehors des installations prévues à cet effet.
  • Cueillettes et prélèvements d'éléments vivants ou morts : interdits.
Ici, non seulement des espèces animales et végétales sont à protéger, mais aussi les humains, leur culture et leurs réalisations sont à sauvegarder.
Dans votre découverte, vous allez être surpris par le manque de vie humaine et animale malgré un univers végétal parlait four la recevoir. Ceci est dû à la désertification ayant déjà fait son œuvre, mais surtout à la présence de plus en plus accablante de l'homme moderne.

Partout, hors des Gorges

Les limites du Site Naturel sont les parois et les sommets qui entourent le gouffre, mais son impact s'étend bien au-delà dans toute cette contrée qu'il faut respecter afin de la garder intacte et accueillante.
Vous ne devez pas perdre de vue que l'unicité du gouffre rayonne sur la contrée dont l'âme est profondément imprégnée de cette exception. Ce désert » n'est qu'illusion, la personnalité de ce pays sommeille, prête à s'éveiller si vous savez lui accorder un peu de votre attention et de votre temps.
Vous éviterez :
  • de violer la propriété paysanne et privée,
  • de saccager les plantations et les arbres,
  • d'accélérer l'écroulement des vieilles bâtisses,
  • d'utiliser vos divers véhicules hors des chemins ruraux.
  • de séjourner plus que nécessaire là où la nuit peut vous surprendre.
  • d'ajouter des bruits de toutes sortes au grand brouhaha de l'été.
Cette contrée, dite « sauvage », n'est pas un lieu de défoulement aux exigences de la vie moderne. C'est un joli coin de France où l'on vient vivre en symbiose avec la nature et les humains, un retour à la création en quelque sorte.

Pratique des activités

La pratique des activités (hormis l'escalade) dans les Gorges et Canyons du Verdon ou de ses affluents, quelle que soit la technique employée, requiert non seulement un matériel adapté et une étude du terrain MAIS SURTOUT une préparation physique minutieuse si idiot que cela paraisse.
La « promenade » sur le sentier Martel n'en est pas une. L'étude du profil est instructive, surtout dans le sens SAMSON-LA MALINE. D'autres conditions locales entrent en jeu : la qualité du chemin et les conditions atmosphériques du moment. Ces dernières varient suivant les saisons, mais aussi sur le cours d'une journée, voire en quelques heures.
Chacun d'entre vous doit parfaitement connaître ses possibilités physiques d'une part, physiologiques d'autre part, mais aussi ses dispositions psychologiques par rapport au gouffre : le vide ou l'écrasement peuvent provoquer des réactions inattendues. Un danger vous guette (il a provoqué plusieurs cas mortels), la non-accoutumance à la chaleur et à l'effort prolongé associés au fait que vous soyez rendu fragile par une maladie ou un accident survenus même bien avant votre visite au site.
N'oubliez jamais qu'une randonnée de 14 à 20km n'est pas une simple promenade où l'on va « bien rigoler » et s'amuser ; surtout si l'on se trompe plusieurs fois de parcours ou que l'on s'égare, voire se perd.

Conseils de sécurité

Comme il est dit précédemment, ne partir qu'en étant conscient de vos moyens physiques et physiologiques, sans oublier votre préparation psychologique.
Le matériel recommandé (pour la randonnée pédestre) n'impose pas l'utilisation de moyens coûteux et compliqués, mais fait plus appel à votre bon sens qu'à votre bourse. La qualité première de ce matériel, outre la simplicité, est son bon état et le bien-être qu'il doit vous procurer. Peu importe la tenue vestimentaire (le naturisme y est interdit), l'essentiel étant le pratique et le bon état et, bien sûr, de ne pas l'avoir oubliée.
Les chaussures sont le numéro un de l'équipement, suivis immédiatement de la réserve d'eau (gourde) qui doit être suffisante — tout dépend de vos besoins —(en trop, elle peut servir à quelqu'un qui en est démuni). Proscrire les boissons alcoolisées. L'eau plate (fraîche) restant le meilleur désaltérant. Quant à l'alimentation, plus elle est légère, mais classique, mieux cela vaut. Attention à l'indigestion due à la fatigue, au coup de chaud, au coup de froid, à la peur voire à l'angoisse, à l'utilisation de conserves (elles peuvent aussi souffrir du chaud). Si vous suivez un régime ou un traitement médical quel qu'il soit, n'oubliez pas vos médicaments et dites-vous bien que vous vous mettez en position défavorable.
Avant de partir dans les Gorges, avertir un proche est important, lui indiquer votre retour l'est aussi ; précaution qui peut s'avérer non superflue : s'assurer que vous pouvez le contacter.
S'il vous arrive une mésaventure dans les Gorges et que vous soyez seul, faites prévenir non pas par une seule personne (qui peut se perdre), mais par plusieurs, en ayant soin de donner votre nom, de leur dire que vous avez averti d'autres personnes. A l'intérieur des gouffres, la progression de l'homme est bien différente de celle qu'il peut faire ailleurs, l'isolement peut également survenir et provoquer des drames.

Attention !

  1. N'oubliez jamais que vous êtes venus là pour le plaisir, ne prenez pas le parcours pour celui d'une compétition, partez à l'heure préconisée.
  2. S'équiper correctement est garant du succès de votre expédition, alors ayez : de vraies chaussures de marche, des vêtements adéquats, une lampe électrique, une petite trousse d'urgence.
  3. Les sources, peu nombreuses, peuvent parfois être à sec. Il convient donc de prendre de l'eau en quantité dans des gourdes que vous réutiliserez et non dans des récipients que vous serez tentes d'abandonner.
  4. La nourriture d'une journée ne nécessite pas d'emporter bouteilles et boites de conserve qui vous embarrasseront. Rien n'est aussi bon et aussi léger qu'un petit casse-croûte emballé dans un petit sac de papier que l'on glisse dans sa poche après consommation.
  5. Les bébés et tous jeunes enfants, même si vous les portez durant 14 km, ne retireront rien de la promenade tout en risquant le coup de soleil ou la déshydratation.
  6. Les enfants n'ont pas la même vision que les adultes, tout leur paraît démesuré. Ne leur faites pas faire ce que vous, grands, réalisez tout juste, pensez qu'ils se fatiguent plus vite mais qu'ils récupèrent aussi plus rapidement.
  7. Vous aimez votre compagnon quadrupède, mais cela ne motive pas de l'emmener en un lieu où il gênera d'autres animaux et même les gens ; de plus, petit ou gros, débrouillard ou calme, votre chien n'appréciera point les échelles.
  8. Si prendre un raccourci vous paraît préférable, abstenez-vous, c'est dangereux pour autrui à cause des pierres qui roulent, de plus vous détériorez les sentiers que le prochain orage emportera.
  9. Ne quittez jamais le sentier car l'aventure dans les taillis peut se terminer dans le vide de la chute, et ne sondez pas l'abîme avec un caillou, quelqu'un peut être dessous.
  10. Quand la météorologie s'annonce mauvaise ou même indécise, vous mettez de votre côté plus de chances d'accident. Les orages sont terribles et la foudre frappe les parois.
  11. Certains sentiers en encorbellement peuvent surprendre ceux qui ne soupçonnaient pas avoir le vertige, une glissade en ces endroits peut être lourde de conséquences.
  12. A aucun moment ne soyez tenté d'utiliser les arbrisseaux complices afin de dissimuler vos déchets, même s'il s'agit d'emballages pseudos biodégradables.
  13. Si vous avez trop chaud, contentez-vous de vous asperger de Verdon, vous y plonger tout entier risque de vous exposer aux remous sournois et imprévisibles.
  14. Ici plus qu'ailleurs, les lieurs sont la parure de la Nature. Laissez-les mourir naturellement d'autant que certaines font des graines indispensables, si elles ne font pas de semis, leur rôle de reproduction n'en demeure pas moins important.
  15. Plantes et animaux peuvent être d'une espèce rare, voire unique. Ne prenez pas leur habitat pour le vôtre, allez-vous abriter en un lieu stérile déjà utilisé.
  16. Vous allez être un des cent mille visiteurs de l'année. Ne fatiguez pas le site tout juste capable d'en supporter mille. Ne laissez rien qui rappelle votre passage.
  17. A sec ou non, il est préférable de : ni boire, ni traverser le Verdon. Il est dangereux dans les deux cas. N'utilisez que l'espace permis par le sentier, le reste appartient à la Nature.
  18. Évitez de crier sans motif, vous gênerez le silence et, si quelqu'un appelle au secours, son appel sera déformé, augmentant les difficultés de repérage.
  19. Parce que le débit du torrent parait faible, vous serez tenté de traverser et de vous éloigner hors de contact, d'où des risques à votre retour : si le débit d'eau a augmenté ou si vous vous trompez de gué, vous serez prisonnier et exposé ou exposerez quelqu'un.
  20. Ne quittez le sentier qu'avec prudence, la végétation cache le vide, le surface du calcaire érodé et fissuré est dangereuse par ses chausse-trapes moussues, méfiez-vous lorsque vous photographiez l'œil rivé sur le viseur et que vous vous déplacez au bord du vide,
  21. Emportez toujours un vêtement supplémentaire, un imperméable léger surtout si la météo est incertaine. De toute tacon, ici, les changements sont rapides ; et la température du gouffre est sujette à peu de variations, elle se maintient surtout en température inférieure.

Les sentiers de l’Artuby

Le canyon du torrent Artuby se développe en presque totalité en terrain militaire de Canjuers, dont la limite se situe non loin du Pont d'Artuby. La randonnée dans ce gouffre, même à sec, n'est pas réalisable par le touriste non équipé et non préparé ; toutefois, il est possible de descendre sous le pont par un sentier sportif tracé dans la paroi abrupte. Le départ se trouve sur la rive droite (côté sans croisement de routes), juste à la culée du pont côté amont (plates-formes de béton), il faut suivre le plateau sur une distance d'environ 400 m avant de se trouver en présence du sentier descendant, peu visible au départ. Les autres sentes qui dévalent dans le canyon d'Artuby sont bien plus difficiles que celle du pont ; elles conduisent à des impasses soit d'eau soit de parois lisses, les deux infranchissables sans matériel spécialisé. La seule approche possible, pour un randonneur moyen sans équipement est ce sentier du pont. Il permet : avec de l'eau d'assister à un spectacle unique, sans eau de s'aventurer quelques centaines de mètres en aval du pont puisqu'il n'y a aucun risque de lâcher de barrage, l'Artuby n'en comportant pas.
Le torrent Artuby dessine une merveilleuse vallée coupée de gorges intéressantes, dont l'approche est facilitée par tout un réseau de beaux sentiers praticables : Bargème, La Martre, Comps-sur-Artuby. Le torrent Jabron mérite aussi toute votre attention et votre visite.

Les autres accès au Verdon

Des ouvrages et des plans, réalisés par des auteurs n'ayant aucune connaissance de ce que sont les accès au Verdon, vous proposent d'autres descentes dans le gouffre. Je vous les déconseille car, non seulement ils relèvent de l'alpinisme plus que de la marche, mais surtout ils aboutissent tous à des impasses provoquées par la présence du torrent qu'il est préférable de ne pas chercher à franchir. Ce sont : Infernet et Avelan à la Mescla - le chantier à Encastel -Baoucher et Maugué à l'lmbut - Cabrielle à Mayrestre - Gratte-Loup et Roumia. Tous vous mèneront au Verdon mais aussi à l'accident voire à la mort.

Sentiers des plateaux

Un sentier agréable est praticable entre Mayrestre (lacets) et le ravin de Mainmorte (route de la Maline). Il se développe au-dessus du gouffre en contrebas de la route rive droite, pouvant intéresser ceux qui séjournent dans la contrée, il est encore propre en comparaison de ceux du fond. Sur les plateaux, de nombreux chemins d'activité vous conduiront vers les falaises dominant le gouffre. Certains sont utilisés par le tracé des sentiers de Grande Randonnée. Vous les trouverez dans les secteurs de : Rougon-Castellane, Taloire-Trigance, Trigance-l'Artuby-le Verdon, Aiguines-Les Cavaliers, Moustiers-La Palud-sur-Verdon ; également plus en retrait : dans la vallée du Baux ainsi que tout autour de Comps-sur-Artuby et de Jabron.

Suggestions de randonnées

Il est indéniable que les Gorges vues du fond sont bien différentes de ce qu'elles montrent du haut ; aussi faut-il, pour un minimum de connaissance, se trouver entre les parois le plus près possible du torrent. Voici quelques idées de découverte proportionnelle au temps que vous pourrez y consacrer; par ordre croissant de durée et de difficulté:
  • à Samson, descendre du terminal routier au torrent, facile et court (0h 30 aller/retour).
  • à Cavaliers, descendre du restaurant au torrent, assez facile (1 h 10 aller/retour).
  • à La Maline, descendre du Chalet au torrent, assez facile (I h 40 aller/retour).
  • à Col d'Oliviers, descendre rive droite lac ou torrent, facile au lac (1 h 15), au torrent (2 h aller/retour).
  • de Cavaliers ou de Maline, faire la traversée de l'un à l'autre, mais prévoir la récupération en voiture, assez facile (2 h environ).
  • des Cavaliers, descendre pour aller à la Mescla ou à la brèche d’Imbert, puis revenir aux Cavaliers (durée totale : 5 h environ).
  • de Samson, descendre pour aller au balcon de la Baume aux Hirondelles, puis revenir (durée totale : 6h environ)
Les autres randonnées dans les Gorges demandent la journée afin de présenter un intérêt proportionnel à l'effort.

Les sentiers du TCF

  • Le Sentier « Martel » (rive droite)
  • Le sentier de « L'Imbut » (rive gauche)
Temps moyen de parcours (aller) si vous prenez le départ à la Maline :
A "La Maline ", vous êtes sur le sentier "Martel " (rive droite), vous pouvez vous rendre au:
  • Carrefour d’Issane (en 30 mn)
A gauche par le sentier "Martel", à:
  • La Mescla (en 3h) (avec atour)
  • La brèche d’Imbert (en 3 h 00)
  • Le Point sublime (en 6 h 20)
A droite par le sentier de "L'Imbut", à
  • La passerelle de l’Estilié (en 50 min)
Après la passerelle:
  • Les cavaliers (en 1 h 30) à gauche
  • L'Imbut (en 3 h 20) à droite
Temps moyen de parcours (aller) si vous prenez le départ aux Cavaliers :
Aux "Cavaliers ", vous êtes sur le sentier de "L'Imbut "(rive gauche), vous pouvez vous rendre à :
  • A la passerelle de l’Estellié (en 30 mn)
En continuant, sans franchir la passerelle (vous êtes toujours sur le sentier de "L'Imbut "rive gauche).
  • Le Styx (en 2 h 00)
  • Le carrefour du Colimaçon (en 2 h 20)
A gauche du carrefour du Colimaçon
  • L’accès Vidal (en 3 h 20) vous permet d'aboutir à la D71)
A droite du carrefour du Colimaçon
  • L'Imbut (en 3 h 00).
Après avoir franchi la passerelle (vous êtes alors sur le sentier "Martel" rive droite)
  • Le carrefour d’Issane (en 45 mn)
A gauche du carrefour d'Issane
  • La Maline (en 1 h 45)
A droite du carrefour d'Issane
  • L’Éboulis de Guegues (en 2 h 30)
  • Le carrefour de la Mescla (en 3 h 00)
  • La Mescla (en 3 h 15) (avec détour 0 h 30)
  • La Brèche d’Imbert (en 3 h 15)
  • Corniche d'Irouelle (en 4 h 35)
  • Le Point Sublime (en 6 h 35)

Informations

Sentier Martel (rive droite) au départ de la Maline
L'ancien départ était situé à la Palud-sur-Verdon. La création de la route (1953) relia le village au chalet construit en 1935.
Actuellement le départ se fait directement du chalet, le sentier débute entre la route et le bâtiment principal ou à partir du parking public.
Le GR.4 venant de la Palud utilise de préférence la route.
Pratiqué dans le sens Maline /Point Sublime, le sentier « Martel » (rive droite) est moins pénible, ayant en sa partie terminale une faible dénivelée ; toutefois, la descente des escaliers de la brèche d'Imbert reste délicate.
Il est préférable de disposer d'un éclairage pour franchir les tunnels terminaux.
De ce sentier se détachent deux sentiers : le sentier de l’Imbut (rive gauche) après le carrefour d'Issane, et le sentier de la Mescla, après l'éboulis de Guegues - (Le Sentier de la Mescla fait partie du sentier Martel - tout en se situant hors du trajet normal) - La Mescla est le confluent de deux canyons qui mérite le détour.

Remarques

L'Éboulis des Guegues, constitué des déblais du tunnel, doit être descendu : si vous vous retrouvez sur la plate-forme, n'empruntez pas le tunnel Les tunnels percés dès 1902 jusqu'en 1912 devaient servir de canal aux eaux du Verdon barré à Carajuan ; le T.C.F (rendons ici hommage à ses pionniers) les réutilisa et seuls ceux où passe le sentier sont à emprunter.
L'eau séjourne en général au milieu de chacun des grands tunnels. Elle se trouve au sol, sur du concrètionnement propre. Il faut un gobelet pour la puiser.

Les tunnels et les escaliers

Nous devons les tunnels à la Société Electrique du Sud-Est, les escaliers et les échelles au Touring Club de France ; les seconds n'ont existé que par la présence des premiers. Les tunnels, creusés à partir de 1901 jusqu'en 1912, devaient conduire l'eau du Verdon de Carajuan (où le torrent devait être barré) à Galetas (où l'eau devait être turbinée représentant ainsi 175 m de chute).
Le creusement des tunnels (7 grands et petits percés, 2 non terminés) fut une épopée héroïque, toute de difficultés et de courage; toutefois, la préparation du chantier l'avait été plus encore. Les études sur le terrain se sont déroulées durant la dernière décennie du XIXe siècle, obligeant les ingénieurs (suisses) et les géomètres à des prouesses physiques sous la conduite de Casimir Flory. Cette période donna lieu à des tentatives téméraires et à des exploits demeurés obscurs. Un de ceux-ci se voit encore dans le gouffre ; il s'agit du transport, à dos d'hommes, de femmes et de mulets, de tout le matériel (rails, wagonnets et autre;) rouillant près des anciens chantiers. Les travaux entrepris avaient tracé un chemin allant de plate-forme en plate-forme, mais ils n'avaient pas commencé le canal reliant les tunnels ; certainement à cause de l'extrême hardiesse d'une idée hasardeuse. Si le Touring Club n'eut qu'à reprendre une partie des infrastructures, il dût également faire preuve de génie et d'audace pour relier les bouts de sentiers préexistants. L'édification de l'escalier Baux Félat entre Guegues et Baumes Fères par Paul Imbert est un exemple d'ingéniosité et de ténacité, de force et d'endurance, d'intrépidité et de générosité.

Les sentiers du TCF

Sentier Martel et sentier de l’Imbut.
Temps moyen de parcours (aller) si vous prenez le départ au Point Sublime ou au Couloir de Samson.
Au "Point Sublime " ou au "Couloir Samson ", vous êtes sur le sentier "Martel " (rive droite), vous pouvez vous rendre à
  • la Corniche d'Irouelle (en 1 h 45)
  • La Brèche d’Imbert ( en 3h45) 
  • Au carrefour de la Mescla (en 3 h 55) 
  • A la Mescla (en 4 h 10 (avec détour de 0 h 30 sur le parcours normal)
  • A l’Éboulis de Guegues (en 4 h 35)
  • Au carrefour d’Issane (en 6 h 2 5)
  • A la Maline (en 7 h 20) (chalet du TCF) à droite
  • A la passerelle de l’Estillié (en 6 h 35) à gauche
Après avoir franchi la passerelle de L’Estillié à gauche
  • Les Cavaliers (en 7 h 15)
Après avoir franchi la passerelle de l'Estellié à droite par le sentier de "L'Imbut" (rive gauche)
  • Le Styx (en 8 h 05)
  • Le carrefour du Colimaçon (en 8 h 25)
A gauche du carrefour du Colimaçon
  • L' accès Vidal (en 9 h 15) (il vous permet d’aboutir à la D 71)
A droite du carrefour du Colimaçon
  • L’ Imbut ou Imbucq (en 9h05)

Information

Sentier Martel (rive droite) au départ de Point Sublime (Couloir Samson).
Avant la création de la route du couloir Samson (1955), le départ du sentier Martel se faisait de l'auberge du Point Sublime Le tronçon de sentier auberge/plate-forme/couloir Samson est encore utilisé par le GR 4 venant de Rougon.
  • Actuellement le départ s'effectue de la plateforme routière au bout du CD 23 bis prise du sentier à gauche au début du mur
  • Le sentier peut aussi se prendre de La Palud en venant par le sentier du Baux qui suit le torrent sur sa rive droite Pratiqué dans le sens Point Sublime/Maline. Le sentier Martel (rive droite) est plus pénible, ayant à la fin une dénivelée importante obligeant à gravir les escaliers de la brèche d Imbert
  • La beauté du Canyon est telle, qu'il mérite que l'on fasse ce sentier dans chacun des sens
  • Il est préférable de disposer d’un éclairage pour franchir les tunnels
  • De ce sentier, se détachent deux sentiers : Le sentier de la Mescla, après la Brèche d’Imbert et le sentier de l’Imbut (rive gauche) après la passerelle de l'Estellié. Le sentier de la Mescla fait partie du sentier Martel tout en se situant hors du trajet normal (en descendant des escaliers de la brèche d’Imbert, après les deux grands lacets, prendre à gauche) La Mescla est le confluent de l'Artuby et du Verdon, ce détour mérite vos efforts.

Remarques

L'Éboulis des Guegues constitué des déblais d’un tunnel est pénible à monter. Ne pas hésiter à faire des lacets mais ne le remonter qu’aux 2/3 à gauche.
Le sentier est très exposé au soleil lors de la montée à la Maline, donc éviter les heures chaudes.
Les lacets de la Maline sont coupés de ravines et de raccourcis qu’il est préférable d'éviter.
Attention au fonctionnement des barrages en amont baignade dangereuse, température eau 13° max.

Sentiers queue du lac de Sainte-Croix

Il s'agit de sentiers se développant sur la Rive Droite du Verdon et longeant les eaux calmes entre le lieu-dit Galetas et Mayrestre. Ils ne permettent pas de franchir la partie terminale des Gorges, ni de traverser le Verdon à pieds secs. Ils débutent sur la route de Moustiers à La Palud au lieu-dit St-Maurin (belvédères Galetas), empruntent les prairies en escalier situées en-dessous de la maison cantonnière, suivent le bord du lac sur environ 3 km. Parvenu à un ravin assez profond, il se scinde en trois parties : l'une remonte au col de l'Olivier par le ravin, l'autre suit la grève du lac jusqu'au grand gué de Mayrestre où le Verdon retrouve son courant, la troisième (partie centrale), la mieux tracée, passe à flanc, rejoint une arête, puis descend jusqu'au Verdon au lieu-dit chaos de Mayrestre où il n'y a pas de passerelle pour traverser le torrent dangereux. De l'ancienne passerelle comme du gué, il faut remonter au col de l'Olivier pour retrouver la route 952: soit par le ravin, soit par la bifurcation sur l'arête.
Sur la Rive Gauche, du col d'Illoire, un sentier mal tracé dans sa partie terminale descend jusqu'au Verdon au lieu-dit les Marines entre le grand gué et le chaos de Mayrestre. Mal tracé, cette sente continue sur quelques kilomètres puis se perd dans cette difficile remontée des Gorges.

Verdon
Verdon
Verdon
Verdon
Verdon
pédalo dans le lac de Sainte-Croix
Accrobranche
Rafting
Pont de Galetas
Pont du Roc

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