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Témoignage : Le Verdon, un monument naturel

« Tu fais un pas et c'est la liberté,
Tu fais deux pas et c'est l'égalité,
Tu fais trois pas et le monde a changé... »
Jean LOUKAS.

Note de l'éditeur

Près d'un quart de siècle d'aventures et de découvertes dans les Gorges du Verdon ont amené l'auteur à faire partager ses connaissances et ses rencontres
aux visiteurs que nous sommes, amoureux de cette belle nature.
Des anecdotes, des récits parfois surprenants, ses carnets de randonnées, ses recherches inédites nous sont offertes afin que, nous, novices ou profanes du Verdon, nous puissions découvrir, et à notre tour, aimer le Verdon. Aimer ce territoire magique le comprendre dans son passé, dans son présent, mais également dans sa destinée.
Nous avons désormais entre les mains l'ouvrage de référence qu'il nous manquait pour parfaire notre savoir «Verdonnien», pour reprendre une définition chère à son auteur.Laissons-nous guider par cet aventurier des temps modernes et sachons apprécier à leur juste valeur les mots contés un à un par cet autodidacte passionné par le grand œuvre de la nature. C'est par les sentiers que l'auteur approcha initialement le Verdon. C'est sur les sentiers de la connaissance, mais aussi de la vraie nature, qu'il nous invite désormais à le suivre dans cet ouvrage admirable de témoignages.

Invitation de l'auteur

Sur cette éternelle terre de Provence, fille aînée du soleil, les Gorges du Verdon sont une fracture béante et sinueuse au fond de laquelle un impétueux torrent alpestre a façonné, et tracé son parcours, en bousculant les éléments du règne minéral. Un peu à l'image d'une colossale «Durandale» qui aurait ici pourfendu la roche, saignant à blanc l'écorce de notre planète.
Durant des siècles, le Verdon a creusé, fouillé, raviné des blocs immenses, fait basculer des falaises, tout en pulvérisant les obstacles qui osaient se dresser sur son lit, afin d'établir son parcours dantesque mais féérique.
Fils premier de la Durance qu'il va rejoindre au sud de Manosque, en aval de Vinon-sur-Verdon, au cœur du pays Provençal, la nature a comblé les sites d'un joyau inestimable. En ces lieux rien n'est artificiel. Rien n'a été laissé au hasard.Toutes les découvertes ne sont que de pures et de réelles merveilles.
Témoignage vivant et poignant de la création originelle, le Verdon demeure ce fleuve-torrent qui sait se conduire en grand seigneur des temps révolus, emprunt de légendes mais aussi de mystères, là où la vie même est un signe céleste !
Des falaises vertigineuses forment au-dessus de son cours une garde d'honneur impériale, une garde prétorienne à l'image de sa démesure. Dans cet univers irréaliste et vrai à la fois, tantôt dantesque et merveilleux, angoissant et envoûtant, l'atmosphère qui le baigne confère aux Gorges du Verdon, ainsi qu'à son Canyon, un monde sublime. C'est un peu comme si un grand architecte de l'univers avait souhaité que dans ce monde toute réalisation, de la plus grandiose à la plus infime, que toute espèce, qu'elle soit minérale, végétale ou animale, enfin que tout ne soit que pure et vraie merveille.
Dans ce contexte, l'aventure garde encore ici tout son sens profond. Que ce soit depuis les découvertes personnelles et intimistes aux plus égoïstes des trésors cachés de la vie pastorale.
Mais encore, il ne suffit pas de connaître le Verdon, encore faut-il s'en imprégner, faire corps avec lui, le respecter comme tel. Ce monstre de la nature, hors de toute commune réalisation semblable ailleurs, sur terre, est un univers exceptionnel à lui tout seul. Les dieux du passé lui ont conféré une devise. «Sa devise» qu'il porte fièrement et gaillardement, et qui fait de lui une référence ici bas :
«le Verdon, le Dieu des Eaux Vertes».

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Présentation du site du Verdon

Les Gorges du Verdon se situent dans le sud-est de la France. Elles forment la limite naturelle principale entre les départements (les Alpes de Haute-Provence et du Var, au sein de la Région administrative Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Elles bénéficient d'un climat de type méditerranéen dont il n'est nul besoin de vanter les bienfaits. Le Verdon prend sa source près du Col d'Allos, en Haute Provence, dans le Massif des Trois Évêchés qui se dresse à 2819 mètres, à proximité de la zone périphérique du Parc National du Mercantour.
Le ruisseau, dès son origine, est le résultat de trois sources convergentes qui naissent à la «Tête de la Sestrière», à 2572 mètres d'altitude.
De composition essentiellement calcaire, les monts et massifs du Verdon sont représentatifs des pays au relief karstique (ne pas confondre le karst, avec le quartz qui est une silice de roche cristallisée).
Fils aîné de la Durance dans laquelle il va mêler ses eaux au seuil du Château de Cadarache (au sud-ouest de Vinon-sur-Verdon), après un périple de 175 kilomètres, son parcours le plus majestueux s'étend sur plus d'une quarantaine de kilomètres de Gorges et de Canyon, entre Castellane et le Lac de Sainte-Croix-du-Verdon (qui occupe l'étendue autrefois nommée la grande plaine des Salles, avant la mise en eaux du lac en 1973.
Des gorges vertigineuses et un canyon aux parois abruptes que l'on nomme communément les Gorges du Verdon mais qui, en fait, se scindent en trois aires géographiques distinctes :
  • les Pré-gorges :    de Castellane à Pont de Soleils,
  • les Gorges :    de Pont de Soleils à l'Imbut,
  • le Canyon :    de l'Imbut au Galetas.  

Un peu de géographie

Le Canyon du Verdon représente la zone la plus dangereuse et la plus inaccessible de cette vaste entité géographique car, au fond du canyon, aucun passage n'existe : aucun sentier, et encore moins une piste carrossable. Lorsque les Verdonniens parlent des Gorges, ils désignent en fait un vaste territoire compris du nord au sud, entre les Monts du Chiran à la Boucle de La Mescla, et d'est en ouest, de Castellane au Lac de Sainte-Croix-du-Verdon. Cette grande étendue d'eau et de roches, d'environ 300 km2 appartient désormais au Parc Naturel Régional du Verdon, dont la création remonte au 3 mars 1997.La destinée géographique et morphologique du site reste assez mystérieuse lorsque l'on s'aperçoit, vu d'avion ou sur un cliché satellite, d'un gigantesque «V» naturel qui marque cette terre Provençale sur laquelle s'écoule le torrent vert. Une des barres de ce V s'étend de Castellane à la base de Mescla (confluent des rivières Verdon et Artuby), dans sa partie orientale. L'autre jambe du V de La Mescla au Galetas, dans sa partie occidentale. En fait, un V colossal comme Verdon... C'est également à La Mescla que le cours du torrent change d'orientation. A son origine, il prend une direction nord-est / sud-est, puis repart dans un sens sud-est / nord-ouest (à la base du V) pour aller se fondre partiellement dans le Lac de Sainte-Croix au Pas du Galetas, emplacement de l'actuel Pont d'Aiguines. Ve

Les monts et massifs du Verdon

Ils se situent dans un étage de moyenne montagne qui possède des altitudes variant de 500 à 1930 mètres, très riches en panoramas de toute nature, tourmentés, défigurés parfois, mais d'une beauté peu commune.
Le point culminant de la zone qui nous préoccupe est le Mourre de Chanier (situé sur la rive droite, au nord de La-Palud-surVerdon) qui culmine à 1930 mètres. Les Gorges du Verdon, sous l'influence du climat méditerranéen, subissent également une climatologie proche de l'étage bas-alpin.
Au niveau de la Clue de Carrejuan, à l'est, et le Château de Cadarache, à l'ouest (à proximité du barrage et du Centre d'Études Nucléaires du même nom), il délimite administrativement les départements des Alpes de Haute-Provence (04) au nord et du Var (83) au sud.
La végétation, compte tenu de cette alternance de zones climatiques, est elle aussi très variée et étagée, occupant les versants selon leur exposition. Phénomène caractéristique, on assiste à un inversement de la végétation notamment dans la zone des Gorges et du Canyon. En effet, le seuil des falaises, plus souvent à l'ombre tout au long de l'année, favorise le développement d'espèces alpines, alors que le fait de ces mêmes falaises, plus ensoleillé, donc plus chaud, voit s'épanouir davantage d'espèces méditerranéennes. Des Adrets, au sud, à l'Ubac, au nord, des plaines aux plateaux, de la base des falaises à leur cime, une nature caractéristique de chaque altitude s'implante et se développe.

Faune et flore des gorges du Verdon : tour d'horizon

On trouve alors tour à tour, entre 500 et 1930 mètres, les plus célèbres composants de la flore du pays méditerranéen comme l'olivier, la lavande, le genêt d'Espagne, les plantes médicinales et aromatiques (thym, romarin, sarriette, sauge...), le chêne vert et le chêne pubescent, et une flore composée, entre autres espèces, de campanules, de cytises, de sumacs, de panicauts...
Au fur et à mesure que l'on progresse en prenant de l'altitude, la végétation alpine s'empare à son tour des sites. Ainsi, on rencontre les hêtres, les mélèzes, les sapins, les gentianes, les narcisses, les pivoines rouge, les lys martagon, les trolles d'Europe...
Quant à la présence des animaux sauvages dans les Gorges du Verdon, celle-ci a presque disparu au fil des années. Beaucoup plus denses et plus nombreuse autrefois, la faune se raréfie. Quelques raisons à ce phénomène, mais il en existe d'autres : la fréquentation touristique de plus en plus en augmentation, les manœuvres de tirs au canon sur le camp de Canjuers, la moto verte hors des sentiers battus, comme le vélo tout terrain en dehors des circuits traditionnels, les survols d'aéronefs de plus en plus nombreux au-dessus de la région des Gorges, le braconnage...
Malgré tout, de nombreuses espèces d'oiseaux de rochers ont pu être recensées. Des hirondelles et des martinets, comme les corbeaux, ont fait de cette région leur terrain de jeux. L'aigle, menacé, survit tant bien que mal, comme le Faucon Pèlerin, ou, le Circaète Jean Le Blanc.
A noter, l'initiative intéressante, et valorisante, développée à proximité du village de Rougon. En effet, des Vautours sont élevés dans des volières de grandes dimensions. Ceux-ci sont familiarisés avec leur environnement et la région pendant environ 2 ans puis, au terme de cette période, les grands oiseaux sont progressivement relâchés en pleine nature. Ce programme d'introduction d'espèces nouvelles représente une démarche très valorisante pour les pays du Verdon. Les Vautours, contrairement aux dires de leurs détracteurs, n'attaquent pas l'homme, ni les animaux vivants. Ils se contentent de se nourrir de charognes, c'est-à-dire d'animaux morts, d'où leur surnom de charognards. Chevreuils, sangliers (dont la présence est parfois incongrue sur certains sentiers de randonnée lors de la période de la chasse), écureuils, et campagnols sont bien représentés. Tout comme une espèce que l'on retrouve à tous les étages du site, et très répandue car la plus nombreuse, composée par les reptiles... Lézards, crapauds, couleuvres et vipères essentiellement. D'une manière générale, hormis cette dernière espèce, la majorité des autres se retire plus au nord, vers les grands espaces, plus désertiques et moins fréquentés afin d'évoluer en toute sérénité.

Les populations du Verdon

Quant à l'homme lui-même, sa représentation dans les pays du Verdon est elle aussi menacée. Une population autrefois importante regroupait plusieurs foyers avant l'exode rural. Les guerres et les maux d'origines diverses qui ont secoué la Provence (épidémies de peste, de choléra) en sont en partie responsables. Témoins de ce passé, des hameaux, des bergeries, ou bien encore des lieux de vie totalement désertés de nos jours. Aujourd'hui, grâce à une politique du maintien de la population    ainsi que par diverses actions d'encouragements, l'État et la Région tentent de faire rester au pays les hommes et les femmes qui y vivent afin, de leur éviter de s'en aller vers d'autres centres économiques qu'ils envisageraient meilleurs au fond d'eux-mêmes...
Mais, malgré tout, et tout ce que l'on pourra dire ou écrire sur cette terre de Provence, rarement de part le monde, le visiteur ne pourra s'empêcher de ressentir ce sentiment étrange et passionnel qu'il éprouvera en contemplant, en découvrant et en appréciant ce lovait inestimable issu tout droit de la création originelle.
L'amateur, l'amoureux de cette nature encore vierge dans un environnement qui n'est pas foncièrement hostile pour autant, pourra trouver tous les ingrédients propres à satisfaire ses moindres desirs, ses moindres joies, ses plus petites comme ses plus grandes ambitions.
Quelque soit le lieu dans lequel il se trouve, l'homme (ou la femme) aura toujours l'impression d'être le premier à découvrir tel ou tel site, telle ou telle curiosité. Un peu comme si, avant sa venue, rien n'avait été découvert ou mis à jour, comme si il fut le (ou la) premier(e) à admirer ces trésors naturels.
La démesure des paysages n'a d'égale que la prodigieuse aventure du fantastique et de la découverte. Le Verdon, mythe, légende ou réalité, demeure l'expression la plus forte de l'origine du monde minéral et du monde vivant. Un univers à nul autre semblable dans lequel les quatre éléments sacrés de la vie que sont l'eau, la roche, la végétation et la lumière, s'imbriquent et s'harmonise dans la plus parfaite osmose.

La géologie provençale

La naissance du Verdon

Il est difficile de livrer avec précision la date de naissance réelle du Verdon, des Gorges et du Canyon. Toute histoire qui possède aussi ses mystères garde jalousement ancrés ses secrets ! Plusieurs thèses et théories se mettent en place, s'affrontent parfois. On ne peut, dès lors, que se référer aux études géologiques générales qui ont été réalisées par les scientifiques, principalement depuis le début du 20ème siècle. Car, il est bien évident qu'à l'échelle de la planète les Monts et Massifs du Verdon ne représentent, qu'une infime partie du territoire de notre planète. D'où la hardiesse de rendre des conclusions certaines et définitives.
Néanmoins, ce qui demeure certain, c'est que l'on peut reprendre les thèses et les études de la formation de la Provence et du sud-est de la France, globalement.
L'explication de la formation des Gorges et du Canyon est également valable pour la constitution de la géomorphologie de cette vaste contrée. Ce qui est certain par contre, c'est que la composition des monts et massifs du Verdon est essentiellement d'origine calcaire. Cette affirmation est une règle d'or !
Le calcaire est une roche sédimentaire, formée de carbonate de calcium, dont l'origine remonte à la troisième période de l'Ère Secondaire, appelée le Crétacé. C'est-à-dire, de moins 110 à moins 70 millions d'années avant notre Ère.
L'eau est un agent essentiel de l'érosion en terrain calcaire. Sans l'eau, il n'y aurait ni grottes, et il n'y aurait pas eu non plus ni gorges, ni canyon, ni même de Verdon...
L'eau, le calcaire, les ammonites (mollusques de forme spiralée des époques les plus reculées de la Préhistoire occupant les fonds marins), les oursins et les mollusques - que l'on retrouve ici à l'état fossiles - sont représentatifs des terrains au relief Karstique.
Des hauts plateaux situés dans les Balkans (en Carniole et en Istrie), anciennement sur le territoire de l'ex-Yougoslavie, sont entièrement formés de roches du Crétacé. Ces derniers ont donné leur nom à ce type particulier de paysages. "Karst" vient du Celtique qui signifie désert de pierres.
Pour comprendre le phénomène de la création des monts et massifs du Verdon, il est juste et nécessaire d'effectuer un voyage prodigieux dans le temps, à près de 210 millions d'années avant l'an zéro de la Chrétienté !

Avant, c'était la mer...

A l'Ère Primaire, de - 650 à - 250 millions d'années, surgit alors un vaste territoire entre la côte orientale de l'Espagne actuelle, le nord de l'Afrique et l'ouest de l'Italie. Le climat est tropical et favorise l'apparition d'une végétation luxuriante et abondante : fougères et conifères. Mollusques, poissons à carapaces osseuses et coquillages font leurs premiers pas... Le Verdon est alors complètement immergé et n'existe encore même pas...
Au Secondaire, qui s'étend de - 220 à - 60 millions d'années, la Provence est recouverte par les eaux. Seuls, deux massifs émergent : les Maures et l'Estérel.
Cette période est celle du Triasique dans laquelle les sédiments marins s'empilent les uns sur les autres (à la façon de vieux journaux que l'on empilerait les uns sur les autres) en formant d'importantes couches de calcaires dolomitiques. La Provence achève son immersion au Jurassique, mais le fond, alors peu profond, favorise le développement de massifs coralliens, en même temps que dans les eaux, relativement chaudes, se développent des algues. L'ensemble reçoivent alors un apport important de carbonate de calcium.
Le climat qui sévit est toujours tropical et la faune aquatique prospère avec l'arrivée de moules géantes, d'oursins, d'ammonites et de reptiles marins. Tout ceci formera plus tard un véritable ciment naturel, terrain de jeu privilégié, dans lequel le Verdon, alors devenu un fleuve-torrent déchaîné, creusera, pulvérisera et ravinera les roches des régions qu'il traversera. Un peu plus tard, au Crétacé, tous les «ingrédients géologiques» en quelque sorte, seront en place. Les Alpes n'ont pas encore subi leur premier mouvement d'exhaussement, alors que surgissent les Pyrénées sous le choc d'une poussée verticale qui entraîne le soulèvement de la basse Provence.
A ce moment-là, nous sommes encore à moins 70, moins 65 millions d'années... En même temps que le soulèvement régulier de la Provence allait refouler vers le sud les eaux contenues en surface, la chaîne alpine allait s'ébranler à son tour. Le Verdon allait bientôt naître !

Ère Tertiaire

A l'Ère Tertiaire, dans les périodes de l'Éogène et de l'Oligocène qui représentent des phases importantes de ces temps reculés, ces phénomènes de la Préhistoire ont donné naissance à un événement capital dans l'histoire géologique de la Provence. En effet, les Alpes allaient bousculer les reliefs par une érection phénoménale, entraînant les terres du midi de la France dans un mouvement d'exhaussement vertical et faire reculer la mer encore plus au sud. Les sédiments sont alors relevés à l'aplomb, les calcaires se fissurent, l'eau utilise la moindre faille pour tenter une échappée salvatrice vers la mer. Un radoucissement des températures provoque alors de violentes précipitations qui vont accentuer ces phénomènes de l'érosion des sols. Ces agents d'érosion sont la pluie, le vent, la neige principalement et ils agiront avec force et vigueur. Des mouvements climatiques incontrôlables viendront renforcer le creusement des vallées. Les états atmosphériques devenant plus clément, on assiste à l'apparition de nombreux mammifères. L'exode vers des régions plus froides de la terre, ou plus chaudes selon les espèces, pousse une partie de ce monde animal à émigrer vers d'autres points du globe. Certaines de ces espèces ont leurs descendances respectives encore aujourd'hui.   
Au lendemain de ce mini cataclysme dû aux Alpes, l'eau reviendra recouvrir partiellement la Provence lorsque les facteurs climatiques se seront quelque peu assagis.
Cette période d'accalmie aura été de courte durée sur l'échelle du temps qui comptent des millions d'années, puisque dans un dernier élan d'orgueil les futures Alpes allaient définitivement surgir de terre.
A la fin du Tertiaire, au Miocène - Pliocène, la mer est définitivement refoulée au sud, vers les limites méditerranéennes actuelles. Cet ultime mouvement fait naître de nombreux torrents, qui ressemblent davantage à des fleuves dévastateurs qu'à nos fleuves actuels, car ils allaient trouver dans ces régions des terres propices pour satisfaire leurs débordements et leur furie destructrice.

Enfin, le Verdon apparaît

La fougue de ces masses aquatiques balaya les couches sédimentaires superficielles accumulées durant des millions d'années, et nettoya les terres des Alpes et de la Provence traversées en emportant vers la mer une quantité phénoménale de produits d'érosion.
Enfin, à l'Ère Quaternaire, commencée entre 4 et 2 millions d'années (époque contemporaine), le Verdon va pour sa part dessiner non sans mal le relief que nous lui connaissons aujourd'hui. Au cours de cette période, on assiste à une succession de phases glaciaires et de phases tropicales. L'érosion est énorme, et les contrées, soumises aux agents de cette érosion que sont l'eau, la litige, le froid, la pression atmosphérique, les vents, verront leur relief prendre forme au gré du temps.
C'est au beau milieu de cette tourmente climatique et géologique que le Verdon va lui aussi vouloir s'imposer.
Au cours des périodes géologiques qui se sont succédées au fil des milliers de siècles passés, et principalement avec la formation dus Alpes, le cours du torrent va se dessiner peu à peu pour aboutir a tin tracé proche de celui qui nous est offert de découvrir à l'aube de notre troisième millénaire naissant. Sans oublier de citer les fabuleuses gorges issues tout droit de cette création originelle que nous aurons bientôt l'occasion de pouvoir enfin admirer !

Et les falaises ? Théories scientifiques

A la question : «- Les falaises existaient-elles déjà lorsque le Verdon créé son cours ?». Ou bien : «- Est-ce le Verdon qui a saigné à vif la roche des falaises pour se frayer un passage ?». Ou bien encore : «- Le Verdon a-t-il profité d'une faille existante pour approfondir son tracé et faire sa route ?»...
Les questions restent encore posées. Globalement, on peut dire que les falaises naissent probablement lors de la poussée des Pyrénées (au Secondaire, période du Crétacé). Une faille préexistante devait déjà être en place. Comme elles étaient immergées, les falaises, un courant précurseur du Verdon a dû se former et commença, là, la taille des falaises. Mais, c'est certainement avec l'accomplissement du dernier sursaut alpin que ces masses minérales ont jailli de terre. Cette faille primaire possédait déjà une direction nord-est/sud-est (Castellane - La Mescla), et sud-est/nord-ouest (La Mescla - Moustiers-Sainte-Marie), sans quoi, il est difficilement probable qu'il en fut autrement. Sans entrer dans les détails de la théorie d'Alfred WEGENER (en 1936) sur la dérive des continents, ce qui compliquerait l'explication de la formation de la Provence et du sud-est de la France. Aussi, personnellement, et ayant appris à connaître certaines énigmes du Verdon, je me référerai et me rangerai auprès de la théorie de Roger VERDEGEN qui conforte ma position au regard de la formation des Gorges et du Verdon. En effet, selon VERDEGEN, les Dinosaures, qui vécurent au Crétacé, n'ont pas assisté à la formation du Canyon bien que présent sur les lieux depuis plusieurs centaines d'années... Quant au Géographe et Physicien Français Élysée RECLUS, c'est l'eau et uniquement l'eau sous pression qui a creusé les falaises. Pour ma part, j'avoue que je vois mal comment un torrent ait pu couler en hauteur et avoir un lit au-dessus de son niveau normal. Et, que la pente de son cours se fasse dans un mouvement ascendant et non descendant, ce qui ferait rejeter l'histoire de la naissance du massif alpin. Ma position est ainsi faite, mais peut-être suis-je dans l'erreur ?  Néanmoins voici les éléments que je propose sur le sujet qui nous intéresse.

Théorie de l'auteur

Les Gorges (et le Canyon) du Verdon se sont créées de la façon suivante : lors du soulèvement des Alpes et des Pyrénées, et par conséquent de la Provence, se dressent les falaises en même temps que déferle un fleuve-torrent mi-ange, mi-démon, engoncé dans son lit trop étroit. Tout ceci se produisant vers la fin du Tertiaire, ou, au début du Quaternaire. Lors du soulèvement des massifs Alpins et Provençaux, l'impétueux torrent, chargé de milliers de mètres cubes d'alluvions et de produits d'érosion, va tenter de se frayer un passage jusque dans la vallée de la Durance, ne pouvant descendre en droite ligne vers le sud, arrêté dans son élan par les montagnes qui surgissent devant lui.
L'emplacement que la nature lui concède lui semble alors trop et rait pour satisfaire ses propres exigences. Voire ses ambitions ! Dé bordant alors du lit qui lui a été concédé, il va pulvériser les obstacles qui se dressent sur son passage, faire basculer les roches, bousculer les Glues (barrières géologiques naturelles) en les taraudant, ronger et polir les falaises à leur seuil. Non content d'en rester là, dans sa course vers la mer, il va creuser, fouiller, raviner les terres des régions qu'il va traverser pour essayer d'établir enfin son Parcours. La force et la violence du débit de ses eaux tumultueuses déferlent avec une force inouïe tout au long de son périple. On peut évaluer son débit à quelques 2 à 3000 mètres cubes seconde au Quaternaire. A plus de 800 m3 au moment de ce que nous considérons comme la Préhistoire.

Les crues dévastatrices du Verdon

Mais, au fil de sa propre histoire, il n'est pas rare de retrouver des crues catastrophiques, bien après sa période de formation. Ce n'est guère que depuis le 15ème siècle que l'on connaît, avec plus ou moins de précision, ces désordres naturels au cours desquels le débit des eaux a pu dépasser les 1.400 m3 seconde : en 1471, 1551, 1651, 1702, 1765, 1843, et plus près de nous en 1926, 1951, et dernièrement en 1994.
Outre la dernière grande crue qui remonterait à 1978, et qui serait due à un lâcher de barrage des ouvrages de Castillon et de Chaudanne, sans contrôle effectif du cubage libéré, la crue de novembre 1994 (les 15 et 16) fut conséquente et dévastatrice. En effet, au cours de cette période, de fortes précipitations se sont abattues plusieurs jours de suite, et sans discontinuer, sur le sud-est. Les eaux ne parvenant plus à s'écouler naturellement, les barrages en amont de Castellane recevant des quantités phénoménales d'eau durent faire face à des situations délicates.
Les vannes des barrages libérèrent de grande quantités d'eau, et dans le même temps, les eaux de pluie ne s'évacuant pas par les voies naturelles, vinrent grossir le débit du Verdon. La force du courant fut alors évaluée à près de 1000 m3 seconde. Le Verdon sorti de son lit en divers points de son parcours mais, c'est dans les Gorges du Verdon que les dégâts furent les plus importants : une partie de la route rive droite à hauteur de Carrejuan fut endommagée, des accès furent démolis, la passerelle de l'Estellié (sur le sentier des Gorges) fut emportée, des champs furent inondés et les campings au bord du Verdon partiellement noyés sous les eaux.
A Castellane, des stigmates de cette crue sont encore visible. Le quartier des tennis, et des équipements qui étaient situés sur la rive gauche, furent littéralement balayés par la force du courant. Mais, si il est une certitude bien réelle, c'est le fait justement que le Verdon, de ses origines à nos jours, a connu deux cours et deux débits :   
  • un cours et un débit naturels de sa naissance aux années 1946/48,
  • un cours et un débit forcés, ou contrôlés, depuis 1948 avec l'édification sur son cheminement de cinq barrages. Leurs constructions se sont étalées dans le temps, mais le premier d'entre eux, l'ouvrage de Castillon, a été mis en service en 1948.   
Depuis plus d'un demi siècle L'E.D.F. (Électricité De France),  veille sur la destinée de ce cours d'eau, lui volant sa fougue et son énergie, pour en produire justement. Le maîtrisant dans son rôle de torrent alpestre, le canalisant pour mieux le surveiller. Ne pouvant le dompter, il est désormais presque domestiqué. Ce que les millénaires avaient ou n'avaient pas accompli, l'homme, encore une fois, s'est senti plus que moins,obligé de le faire ! Mais, rien de tout cela ne pourra faire oublier quel phénomène naturel aura été le Verdon, et quel monument naturel il demeure. Tantôt démolisseur ou destructeur, il fut aussi un fleuve bâtisseur. Le sculpteur et le maître d'oeuvre d'une curiosité naturelle sans rivale en Europe. Un monstre à l'habit vert qui a su créer des sites grandioses et bucoliques, dantesques et vertigineux. Un colosse qui marque son empreinte sur cette terre de  Provence. Ultime témoignage de la création originelle dans un univers à nul autre semblable : les Gorges et le Canyon du Verdon.

Le Verdon à l'aube du nouveau millénaire

Le Verdon n'est plus, d'une façon générale, ce fleuve-torrent du passé alors que ses crues pouvaient être dévastatrices ou effrayantes. La stabilité de son cours est récente et se situe au début du 19ème siècle. Son lit est enfin dessiné et son parcours nous présente le relief actuel que nous lui connaissons et que nous pouvons admirer en tous points des monts et massifs qui forment cette fabuleuse région.
Rares sont les crues désormais. Mais, elles peuvent néanmoins se reproduire. Les fortes précipitations du Printemps et de l'Automne sont contenues dans les cinq lacs artificiels principaux mis en eaux sur son parcours. Notamment dans les retenues situées au nord de Castellane, puisque les deux barrages amont régulent effectivement le cours du Verdon, depuis Castillon jusqu'à sa perte dans la Durance.
Les débordements contrôlés ne dépassent pas souvent 200 à 500 m3 seconde au plus fort des lâchers d'eau des barrages, que ce soit au Printemps, et tout particulièrement au mois d'avril lors de la fonte finale des neiges, et en Automne, lors des pluies annonciatrices de l'hiver. Le cours du Verdon s'étale sur 175 kilomètres, depuis sa source dans le Massif des Trois Évêchés, à sa perte dans la Durance. Les falaises retiennent prisonnier le torrent alpin, entre Castellane et le Lac de Sainte-Croix, sur une distance de 48 kilomètres (environ).
Les plus beaux trésors de la création minérale nous sont présentés sur une vingtaine de kilomètres de gorges irréelles et d'un canyon fabuleux. Domestiqué, dompté depuis les années 1946, cinq barrages ont été édifiés sur le cours même du Verdon. Ce sont, en amont des Gorges et de Castellane, les ouvrages de Castillon et de Chaudanne. La mise en eaux du Lac de Castillon et la mise en production du barrage sont réalisées en 1948, noyant du même coup l'ancien hameau de Castillon aujourd'hui disparu. C'est en décembre 1952 que l'usine et le Lac de Chaudanne-Demandolx sont à leur tour mis en eaux.

Retour rapide sur l’aménagement hydraulique

L’aménagement hydroélectrique du Haut-Verdon est alors pratiquement achevé à cette date, et, celui du Bas-Verdon sera dès lors engagé. En aval de Moustiers-Ste-Marie, et dans le prolongement de la Plaine des Salles, la retenue de Gréoux-les-Bains et le plan d'eau d'Esparron-Gréoux sont achevées en 1963. Les barrages de Quinson et de Ste-Croix-du-Verdon le seront entre 1973 et 1974. Le Lac de Ste-Croix-du-Verdon fut activé entre le Printemps et l'Automne 1973. Pendant cette période, un canal d'irrigation est construit à partir de la retenue d'Esparron-Gréoux, et un outre ouvrage, le Canal du Verdon, rejoint le Canal de Provence, 40 kilomètres plus au sud. Le captage des eaux se faisant au lieu dit «le Bois du Défends».
Le Lac de Ste-Croix est le plus important plan d'eau de la région avec une superficie de 2500 hectares et une réserve d'eau capable de contenir 770 millions de mètres cubes, dont une capacité dite utile de 300 millions de m3 disponibles. Ce qui en fait la seconde retenue artificielle de France après le Lac de Serre-Ponçon (créé dans les Hautes-Alpes, et qui baigne les berges en aval de la ville d'Embrun, 110 km au nord de Castellane).
Les noms des lacs et des barrages sont tirés généralement des noms de lieux (villages ou communes) sur lesquels ils ont été créés.

Une note du passé...

Peut-être aurez-vous l'occasion d'entendre cette phrase prononcée par d'anciens verdonniens. Ces mots emplis de nostalgie : «- Qu'elle était verte ma vallée...» En effet, celle-ci fait référence au passé. Un passé, pas si éloigné de nous, qui remonte aux années 1973... En queue du plan d'eau de Ste-Croix, se dresse le barrage du même nom, construit au retrait des Gorges de Baudinard, d'une hauteur de 95 mètres au-dessus des bases de l'édifice, et, de 14 mètres de large en-tête d'ouvrage. L'usine électrique produit 200 millions de kW/an. Le turbinage de production tiré des eaux peut atteindre un débit de 210 m3/seconde.
Les premiers essais techniques du barrage eurent lieu dès le printemps 1973. L'eau, après avoir occupé partiellement la Plaine des Salles, s'est ensuite retirée. Mais, entre juin et décembre 1973, la plaine fut remplie, et l'eau occupa alors son nouveau domaine. En 1974, le barrage et le Lac de Sainte-Croix du Verdon étaient officiellement mis en production. Les eaux du lac recouvrent désormais cette vaste étendue naturelle que nos anciens appelaient la Plaine-des-Salles. Celle-ci était recouverte par les cultures et la terre offrait de nombreuses productions. Des arbres étaient cultivés pour leurs fruits destinés, soit l'alimentation directe sous la forme de fruits secs, soit transformés pour l'élaboration d'huiles ou de liqueurs.
En particulier les noyers et les amandiers. Le Verdon avait fertilisé la vallée par l'apport d'alluvions et s'étalait paisiblement au beau milieu de cette dépression avant de rejoindre les Basses-Gorges.
Si, aujourd'hui, le lac apporte aux touristes et visiteurs de nombreuses joies et des loisirs sans commune mesure, si cette étendue est une parure incontestable pour agrémenter les sites du Verdon, et si, enfin, sociétés et commerçants retirent de cette manne une source de revenus substantiels, il ne faut pas non plus oublier ce que le lac a englouti. Mettons-nous, ne serait ce qu'un instant, à la place des occupants du village, et des habitants de la vallée à cette époque. Quels désarrois, et quels déchirements !

Sacrifices du patrimoine historique et naturel

Car, cette réalisation s'est faite au prix de lourdes pertes et des sacrifices nombreux. En effet, la «Fontaine l'Évêque» ou «Fontaine de Sorps» (du nom de la rivière, la Sorps, en partie souterraine, qui coule sous le Plateau de Canjuers), dont la clarté de l'onde l'avait élevée au rang prestigieux de l'une des plus belles sources de résurgence d'Europe (source vauclusienne), avec un débit moyen constant de 4.800 litres d'eau à la seconde, a de ce fait disparu. Elle fut construite vers 1634-1636 sur l'emplacement des ruines d'un ancien monastère du 13ème siècle, lui aussi absorbé par les eaux. La résurgence éclatait au grand jour à quelques pas du village du Bauduen. L'ancien pont romain d'Aiguines, ou «Pont de Garuby», qui avait survécu à plus de 2000 ans de l'histoire du monde, a été enfoui sous les ondes. Ce témoignage des temps révolus représentait un axe important de communications terrestres entre diverses contrées, le littoral varois, et offrait un accès en direction de la Méditerranée. Englouti aussi, l'ancien village des Salles-sur-Verdon qui gît désormais par 40 mètres de fond sous la surface du lac, avec ses chapelles provençales, son cimetière, son passé et l'âme de tout un canton. Seule la cloche du village fut épargnée puisque replacée dans l'église du nouveau village. Disparus les vergers, les champs, les prairies et les campagnes es Salles. Sans oublier les terres et les habitations qui ont été recouvertes aussi par les eaux sur les communes des villages de Bauduen et de Sainte-Croix-du-Verdon. Seuls quelques objets ont pu être sauves de ces villages comme les pierres du lavoir et de la fontaine des Salles pour être reconstruits en bonne place dans l'enceinte du nouveau village. Les Salles-sur-Verdon est le village qui a payé le plus lourd tribu à la création du Lac de Ste-Croix : 1000 des 1400 hectares du territoire de la commune gisent aujourd'hui sous la retenue artificiel. Reconstruit en 1973, à 400 mètres plus en hauteur de l'ancien hameau, en haut des berges, au seuil d'Aiguines, le village est le plus récent de France puisqu'il fut inauguré en grandes pompes en 1974. De nos jours, en flânant dans les ruelles de ce nouveau site, on peut encore découvrir ça et là, des vieilles pierres du passé, pour se souvenir que la vallée, désormais bleuie par les eaux du lac, était pourtant bien verte ! D'un vert émeraude à l'image du torrent qui l'avait desservie durant des millénaires : le Verdon.

Les lacs du Verdon au cœur des projets humains

Tout comme les autres lacs du Verdon, le plan d'eau de Ste Croix-du-Verdon est centre balnéaire important dont l'affluence touristique s'étale entre juin et septembre, avec des pointes de fréquentation en juillet et en août. Ainsi, selon les saisons, pêcheurs, baigneurs, barques et pédalos, se livrent à des loisirs aquatiques et nautiques, procurant d'agréables moments de détente au cœur de la saison estivale. Des hôtels, des campings et des gîtes ruraux , permettent de passer de très agréables séjours aux abords de la vaste étendue lacustre. Tout au long de son histoire, l'homme a respecté le Verdon, vivant à ses côtés, évoluant avec lui au rythme des saisons. Il aura fallut attendre l'homme du début du 20ème siècle pour que les premières tentatives de défigurer (n'ayons pas peur des mots) le site voient le jour.
Les premiers à s'intéresser au Verdon furent des ingénieurs qui virent dans la fougue de ce torrent, une aubaine précieuse pour la production d'énergie au service de la «Fée Électricité». Les projets précurseurs de barrer le cours de la rivière, en utilisant la force de son courant, remontent à l'année 1896 !
La deuxième catégorie d'individus, fut principalement constituée de promoteurs, avant que l'écologie naissante ne se fasse au grand jour, qui voyaient là, avec l'arrivée d'un tourisme grandissant, une manne céleste afin de tirer profit de cette nouvelle forme de peuplement. Eux aussi souhaitaient utiliser le Verdon. Le rentabiliser pour bâtir de façon anarchique, et en dépit de tout bon sens, des infrastructures capables de rapporter certains profits à l'occasion d'une saison essentiellement estivale tournée vers le tourisme de loisirs. Partant de là, les uns et les autres, se mirent à ébaucher des projets tous plus farfelus les uns que les autres pour étancher leur du gain ! Heureusement, certains politiques (hommes et femmes), et la majorité des populations locales, ainsi que des associations de défense de la nature, se dressèrent contre ces projets.
Ils virent là, pour la plus part, des projets ou des propositions qui visaient plus à détruire les sites qu'à les préserver réellement. Après des années de remembrement et de restructuration des surfaces (à partir des années 1982-83), le Classement du Verdon intervint en 1989 et mit un frein, momentané, aux espérances de ces conquérants d'un genre nouveau. L'année précédente, en 1988, la rive droite du Verdon, au nord, a été intégrée à la Réserve Géologique des Alpes de Haute-Provence. Ce n'est qu'en 1990 qu'un décret ministériel fut promulgué pour accrocher au Verdon son étiquette de «Site Classé». Et, ce n'est finalement qu'au mois de mars 1997, que Mme Corinne LEPAGE, alors Ministre de l'Environnement - que l'on peut ici remercier - signe enfin le décret faisant de ces monts et massifs, le Parc Naturel Régional du Verdon, que tout le monde attendait et dont le siège social a été installé à Moustiers-Ste-Marie.   
Entre temps, de 1980 à 1998 (avec le projet de ligne Très Haute Tension Boutre-Carros), d'autres projets de toutes natures ont failli voir le jour et, enlever au Verdon une partie de sa beauté et de son intégrité naturelles.  Avec la récente création du Parc, les générations nouvelles pourront encore longtemps savourer les plaisir de la découverte, et de l'enchantement sans cesse renouvelé que procure cet authentique joyau que la nature nous a laissés en héritage. Le Dieu des Eaux Vertes ne sera plus un mythe, mais une entité bien réelle capable de ravir tous les amoureux d'une vraie nature, sans artifice et sans superflu.  

La bataille des canyons  : Verdon vs Colorado

Par définition, l'homme se plaît à dresser des comparaisons. De ce fait, étant donné qu'il était impossible de trouver un adversaire direct au Verdon sur le vieux continent, il a fallu traverser l'Atlantique pour trouver un rival à notre torrent émeraude, en terre américaine. On lui opposa le Canyon du Colorado ! On baptisa cette opposition du nom de : «la Bataille des Canyons»... Bien que très belles et aussi splendides, les Gorges du Tarn, de l'Ardèche, et les canyons de Cacoueta et d'Holcarté (dans le pays Basque Franco-Espagnol), ne pouvaient affronter la comparaison. Le mot canyon, qui peut s'écrire canôn, nous vient de l'espagnol qui signifie : gorges ou ravin profonds creusé par un cours d'eau. Parois rocheuses abruptes qui s'élèvent au dessus du lit d'une rivière. Dans la majorité des cas, le canyon a pris naissance après qu'un cours d'eau ait exploité une fissure naturelle du sol. Cette fissure, appelée également selon son importance, diaclase ou lapiaz, est travaillée par les eaux torrentielles pendant des millénaires.
Une fois creusée, ravinée et élargie, la rivière s'y installe définitivement. Au seuil des falaises, il en résulte des obstacles constitués de rapides, de chaos, de rochers effondrés qui jonchent le lit du torrent.
En ce qui concerne la confrontation Verdon-Colorado, les seuls éléments de comparaisons portent sur leurs tracés, leurs pentes, leurs longueurs, et le nombre de rapides que l'on rencontre sur leurs cours respectifs.
(Le Colorado est un fleuve des États-Unis qui prend sa source dans les Rocky Moutains et qui traverse les États du Colorado, de l'Utah et de l'Arizona, avant de se jeter dans le Golfe de Californie. Il a pour affluent principal la Green River qu'il reçoit à mi-parcours à la hauteur de Canyon Lands.)

Verdon : les origines du nom 

L'origine du vocable Verdon se perd dans la nuit des temps... L'appellation étymologique viendrait de différentes sources, c'est le cas de le dire. Une origine d'un dialecte Ligure, parfois, et d'autre du Celte, du Franc, ou encore de l'ancien Provençal, et de Langue d'Oc. Vardo était chez les Celtes un des nombreux Dieux de la guerre qu'ils possédaient et qu'ils vénéraient. Ce qui est certain, si l'origine du nom l'est moins, c'est que l'écriture et la prononciation du mot ont changé, puis évolué, au cours du temps. Ainsi, l'orthographe du nom a pu s'écrire verdaou, vardo, verdo, vardoun. Certains ont poussé la recherche (et parfois le vice...) jusqu'à écrire vertdon, ou même encore versdon. Enfin, toutes les orthographes ont pu être admises par le passé, désormais, et depuis maintenant plusieurs décennies, VERDON s'est imposé ! e

La couleur du Verdon

On a souvent posé la question de savoir pourquoi le cours d'eau possédait cette couleur si caractéristique qui le rend différent des autres rivières. Plusieurs éléments interviennent. Ce n'est pas une affirmation définitive, il s'agit là d'une suggestion parmi d'autres. Certaines conclusions émises par les uns ou les autres sont apparues parfois farfelues. Il ne faut pas oublier que l'origine du torrent est à sa source un cours d'eau de montagne, en perpétuel mouvement, par conséquent oxygéné en permanence. Par ailleurs, les lacs qui reçoivent les eaux du Verdon sont toujours en activité du simple fait des turbinages des centrales électriques des barrages. Ce ne sont pas des eaux dormantes. L'oxygène contenue dans les eaux est en perpétuel mouvement, lui aussi, et sans cesse renouvelé. La conclusion la plus plausible, serait de dire que cette coloration particulière du Verdon, est due aux micro-algues, algues et micro-organismes vivants fixés en tous points calcaires du site. Ces éléments absorbent parfaitement la lumière du soleil pour la restituer pleinement par un phénomène chimique tout à fait naturel. De fait ces combinaisons procurent à cette eau sa coloration qui la différencie des autres par ce vert émeraude profond à nul timbre semblable. Ajoutés à cela des végétaux de roches verdoyants, des reflets qui viennent se fondre à la surface de l'eau, et l'on obtient cette couleur qui n'appartient qu'au Verdon, faisant de lui, ou plutôt, lui faisant honorer sa devise de «Dieu des eaux Vertes». Distinction que le Colorado, lui, est très loin d'obtenir...

L'histoire du Verdon en Provence - Les découvertes préhistoriques

L'histoire générale des monts et massifs des Gorges du Verdon est intimement liée à celle de la Provence. Dès les temps les plus reculés, ce vaste territoire a été habité. Lors de la Préhistoire, l'homme est présent. Les cavernes (ou baumes) offrent un abri sécurisant. Elles sont nombreuses a avoir été recensées. Jusqu'à présent les traces les plus anciennes ont été relevées dans un périmètre compris entre Castellane, Canjuers, La Palud-sur-Verdon et Châteauneuf-les-Moustiers.
Des vestiges du Paléolithique ont été mis à jour : squelettes humains, silex taillés, dents d'ours, ossements de cervidés, débris de poteries. Autant de signes qui ne trompent pas sur le peuplement primitif de la région des Gorges qui a livré des témoignages du passé permettant de contribuer à la connaissance de l'histoire de l'homme. Les grottes préhistoriques de Quinson, découvertes plus récemment ont livré de belles preuves de cette présence humaine, qui remonterait à quelques 400.000 ans... La Grotte Murée de Montpezat a été habitée il y a plus de 3000 ans. De nombreuses baumes (cavernes) offrent alors un refuge aux hommes du Paléolithique (de - 35.000 à - 10.000 ans) qui abritent aussi leurs premiers élevages, composés de chèvres et de moutons. Les archéologues ont ainsi pu retrouver et établir avec précision les traces de peuplades primitives qui traversèrent, ou s'implantèrent, en occupant ces terres.
Outre les éléments déjà cités, les preuves sont tangibles : murs de cavernes peints, outils précaires, ossements et poteries datant du Néolithique, c'est-à-dire de 6000 à 2500 ans avant Jésus Christ.
Le Barrémien, une des périodes de l'histoire de la terre à l'étage du Crétacé inférieur (- 70 millions d'années environ) compris entre l'Hauterivien et l'Aptien, tire son nom de Barrême, petite cité au nord de Castellane, sur la «Route Napoléon» qui conduit vers Digne-les-Bains.
Les Lagoziens (d'Europe centrale), puis les Chasséens (venus d'Italie du nord et d'Europe centrale), les Ligures (venus de l'Italie du nord, dont les traces d'occupations sont conséquentes dans la région des Gorges, notamment dans les environs de Castellane), et les Celtes (venus d'Europe du nord) sont bien représentés. Plus tard, les Francs et les Romains n'omettront pas de conquérir la Provence, tout comme les Phocéens (venus de la cité de Phocée, aujourd'hui Phoça en Turquie, qui fondèrent également Marseille - Massalia - en 599 avant J.C., sur les terres du Lacydon). Tous ces peuples ont indéniablement laissé des preuves de leurs passages respectifs et successifs.

L'époque romaine

Bien que le littoral Méditerranéen ait été davantage colonisé par les Grecs pour assurer le commerce maritime de leurs comptoirs, l'intérieure des terres était plus sous l'influence de Rome. Les différentes époques d'occupations sont nombreuses et des marques évidentes de ce passé révolu sont significatives.
Quant à la présence romaine, celle-ci s'est effectuée en deux temps. Dès le début du 1er siècle, sous Jules César et les conquêtes territoriales de Rome à l'intérieur des terres pour garantir les voies de communications dans l'Empire. A titre d'exemple, l'actuel camp militaire situé sur le Plateau de Canjuers était un espace militaire important. Les armées qui s'y entraînent actuellement ne sont que les héritières des glorieuses Légions Romaines. Le plateau, et le camp, se sont appelés «Canjuers» en mémoire de Jules César. Des colonnes romaines de Riez, à la voie romaine qui traverse encore les monts du Verdon au nord de Chasteuil , de Rougon, de Moustiers Ste-Marie et qui reliait Digne, aux vestiges conservés dans les musées régionaux, et principalement celui de Riez, là encore, les témoignages sont nombreux. Sans compter l'origine du nom d'Aiguines, tirant son patronyme du grec Aigos Ina, autrement dit «le pays des chèvres», et de Castellane, dont le vocable Petra Castellana est d'origine romaine, tout comme son premier nom de baptême qui fut Salinae, c'est-à-dire, La Saline. Les ruines de l'antique cité de Petra Castellana sont bien visibles au sommet du Roc dominant la cité Provençale. Parmi les peuples qui colonisèrent la région en quelque sorte, nous retiendrons les Reii, une ethnie Celte, qui fit de Riez sa capitale. Ils dominèrent et gouvernèrent politiquement de vastes territoires pendant de nombreuses années.

Pax romana

Quelques décennies plus tard, les Francs, mieux armés et mieux organisés que les peuplades que l'on a vu jusqu'alors, vont affronter puis soumettre les Reii, en même temps que les autres groupes humains représentés dans la région. Les Francs conquirent d'immenses domaines et imposèrent leur civilisation. La seconde phase d'occupation romaine durera jusqu'à la chute de l'Empire Romain d'Occident en 487 après J.C. L'Empire Romain d'Orient continuant d'exister beaucoup plus tard, jusqu'aux prémices de l'Empire Ottoman. En Provence, et en ce qui nous concerne pour les pays de Verdon, cette période sera prospère. Rome mettra en place de véritables institutions dans sa Provincia Romana qui deviendra, la Provence. Les romains se retireront après avoir assis leur domination et créé des structures administratives réelles, car leur but était aussi de préserver des relations terrestres entre l'Italie, les Alpes et le littoral méditerranéen, et les Pyrénées par leurs voies de l'intérieur. Cette période de calme et de prospérité fut qualifiée comme dans tout l'Empire - de Pax Romana, autrement dit, la Paix Romaine. Les Romains entreprirent la construction de nombreuses voies souvent édifiées sur les bases de chemins muletiers existant, ou sur la «route du sel» des anciennes et premières caravanes. Ou, sur des sentes empruntées par les bergers et leurs troupeaux, ou bien encore sur les assises d'anciennes voies helléniques (grecques). Ces axes vont traverser le territoire de part en part, reliant la Provence au reste du monde :   
  • la Via Salinaria (la voie saline), entre Salinae (Castellane) et Château-Arnoux,
  • la Via Ventiana, (la voie de Vence) entre Cemenelum (Cimiez, quartier au nord de Nice, capitale romaine des Alpae Maritimae), Vence et Sisteron
  • un accès direct à la Via Aurelia (voie Aurélienne), à la Via Domitia (voie Domitienne) et à la Via Julia (voie Julienne),
  • la Voie Domitienne reliait Nice à Perpignan : Voie Julienne dans les Alpes-Maritimes, elle devenait Voie Aurélienne dans les départe-ments du Var et du Vaucluse.

La Voie Juilienne

La Voie Julienne (ou voie de Vence) nous intéresse ici plus particulièrement puisqu'elle reliait Nice, Cannes, Vence, Castellane et Riez. Un de ses tracés, entre Castellane et Riez, traversait les Gorges du Verdon sur les hauts plateaux de l'ubac. Certains vestiges sont encore visibles, et un sentier de grande randonnée (le GR 4C)) emprunte d'anciennes portion de cette draille. De Castellane à Riez, une ramification de la Voie Julienne passait par Chasteuil, Rougon, le Plateau des Suèches, le Plan de Châteauneuf, Rocherousse, pour rejoindre Moustiers Ste-Marie ( Verdon rive droite). D'autant que, dans la Table de Peutinger l'humaniste de Hambourg, Conrad PEUTINGER publia en 1508 le tracé des voies de l'Empire Romain, à partir des travaux qu'un moine de Colmar avait réalisé en 1265 qui, lui-même, avait travaillé sur une document romain préparé par Agrippa, gendre de l'empereur Auguste) on s'aperçoit fort bien qu'une voie partait de Draguignan, passait par le pont romaine du Verdon (à Garuby, ancien pont d'Aiguines), gagnait Alebaece (ou Reii Apollinares - Riez), Nymphae Griselicae (Gréoux-les-Bains), pour se diriger ensuite soit vers le nord en longeant la Durance, soit vers l'est pour atteindre Salinae (Castellane), soit encore vers l'ouest pour parvenir à Aquae Sextia (Aix-en-Provence).
Mais, la Provence fut longtemps marquée dans son histoire par (le nombreux bouleversements politico-économiques. Au fil des siècles, ses habitants devront aussi affronter les caprices du temps, les périodes les plus défavorables amenant des famines. Parer aux épidémies, la peste notamment qui emporta la moitié des populations, et, faire face à de nombreux maux qui y sévirent, la marquant ainsi de plaies profondes et douloureuses.

Le christianisme et les royaumes de Provence

C'est pour toutes ces raisons que le Christianisme va pouvoir s'implanter très facilement à la fin de l'Empire Romain. Au 5ème siècle de notre Ère, l'église, tout en prêchant la bonne parole, va mettre en place une véritable administration ecclésiastique qui, balayant les croyances barbares, va conquérir la Provence avec des moyens différents pour atteindre des objectifs tout aussi différents que ceux du passé.
C'est au 5ème siècle également que des moines de l'Abbaye de Lérins (venus du monastère des Iles-de-Lérins, au large de Cannes), tondent Monasterium - le monastère - qui deviendra plus tard la célèbre cité des Faïenciers, autrement dit, Moustiers Sainte-Marie. Ce calme relatif sera de courte durée, car déjà, de nouvelles tourmentes naissent.
En 810, Salinae, l'ancien lieu de peuplement de l'actuelle Castellane, est submergée par une crue dévastatrice du Verdon.
Au cours des 12ème et 13ème siècles, l'Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ, autrement dits, les Templiers, signèrent leur présence indéniable dans le Verdon en laissant de nombreuses traces de leur passage, notamment à Aiguines et à Trigance. Ils résidèrent également dans des bâtiments dont certains sont encore visibles. Ils y furent aussi très influents et permirent la construction de nombreuses chapelles qui subsistent encore aujourd'hui. L'une d'elle, St-Thyrse, située près du village de Robion, aurait été édifiée en 1118, date de la création de l'Ordre du Temple. Le Comté de Provence a souvent été ballotté dans l'histoire, passant de mains en mains des Seigneurs locaux au fil des alliances ou des conquêtes. C'est ce qui vaut à la Provence de posséder deux blasons, autrement dit, deux armoiries. La première que l'on rencontre le plus souvent, sang et or, que l'on doit aux Princes Catalans lorsque la Provence fut sous leur domination. La seconde, celle de la Maison d'Anjou, figurant la Fleur de Lys de la Couronne de France sur fond azuré.

Moyen-Age

A l'approche du Moyen-Age, la région plonge dans un semblant de torpeur généralisé, et les activités commerciales, linguistiques, littéraires et culturelles ne sont plus aussi florissantes que par le passé.
Mais au lendemain de cette période de l'histoire, et surtout à partir du 15ème siècle, et du 16ème, un réveil prospère va s'opérer. Les secteurs «endormis» du commerce, de la littérature, des arts et de la culture , de l'agriculture et des échanges commerciaux renaissent. De ce fait, on assiste à la construction de fortins, des fortifications nouvelles voient le jour, et, l'édification de nombreux châteaux seront en quelque sorte les garants de cette souveraineté territoriale. Souveraineté que vont se disputer entre eux, et une fois encore, les Seigneurs de la région. Les bourgs se repeuplent, les villes s'agrandissent et se développent, les campagnes sont bien cultivées. Cultures fruitières et céréalières prospèrent. Au fil du temps, on assiste à l'implantation de nouvelles espèces de cultures. Hormis l'olivier, on introduit la pomme de terre, les amandiers et d'autres espèces d'arbres fruitiers. L'élevage d'ovins et de caprins s'intensifie. Cependant, au 16ème siècle, la région des Gorges connaîtra de nouvelles invasions et de nouvelles guerres. Les armées de Charles Quint, les Guerres de Religions avec les Huguenots. Invasions, pillages et massacres sont le lot régulier des villes et des villages.
Contrairement aux Guerres de Religions qui furent sanglantes (notamment à Castellane, point de départ de l'insurrection), la Révolution de 1789 ne se fera sentir réellement que dans les cités d'importance. Encore, que, les effets de ce passage crucial de notre histoire n'arriva dans ces pays éloignés de Paris qu'à partir de 1792. Ce n'est véritablement que vers la fin du 18ème, et au début du 19ème siècle, que la région des Gorges du Verdon trouvera un certain équilibre, une certaine prospérité, et une période d'accalmies, sans guerres, sans pillages et sans massacres. L'Empereur Napoléon ne s'est-il pas arrêté à Castellane après avoir débarqué au Golfe-Juan à son retour de l'Ile d'Elbe ?

Ère de l’industrialisation

A la fin du 19ème siècle, et au début du 20ème, l'industrialisation et le progrès seront par contre responsables de l'exode rural. Les habitants quittent leurs foyers, les paysans leurs terres, et s'engagent vers une nouvelle destination qu'ils pensaient meilleure... en se dirigeant vers les centres industriels naissants de la région du centre et du sud de la France. Les villages regroupaient alors une population dense et active.
De nos jours, on constate cet état d'abandon, puisque certains bourgs ont vu le nombre de leurs habitants diminuer de près de 60%. D'autres encore, dans lesquels il n'en reste plus un seul ! Exemple flagrant, celui de Châteauneuf-les-Moustiers (au nord de La Palud-sur-Verdon), et Ville, à proximité du Demandolx. Mais, leurs histoires étant liées depuis un lointain passé, les gorges du Verdon, connaîtront comme la Provence, la désertification des campagnes et l'abandon des terres au profit du progrès industriel qui drainera vers les grandes cités comme Marseille, Toulon, Nice et le littoral, ou plus centrales comme Aix-en-Provence, Avignon, Arles, des centaines d'hommes et de femmes qui se sont engagés pleins d'espoirs à la rencontre du 20ème siècle naissant.

Les 1ère et 2nde Guerres Mondiales

Un événement qui a causé une plaie béante dans tous les foyers de Provence, aura été le premier conflit planétaire du siècle. Les soldats de Provence partirent nombreux accomplir leur devoir de soldats en allant grossir les rangs de l'Armée Française lors de la 1ère Guerre Mondiale. Il n'y a rien d'extraordinaire à ce phénomène puisque ne l'oublions pas, la Provence était Française depuis plus de 5 siècles. Mais, la majorité d'entre eux périra sur les champs de bataille de l'Europe, et les femmes restées veuves et esseulées, abandonnèrent leurs terres, leurs biens et leurs villages pour s'en diriger vers d'autres lieux.
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, qui dura en Provence de 1942 à 1944, le littoral fut davantage marqué par la guerre et l'invasion Germano-Italienne, que l'intérieur. Les grandes villes demeurant sous le joug de l'occupant, d'abord Italien, puis Allemand, les campagnes étaient le plus souvent le théâtre d'opérations de représailles sanglantes. De nombreux maquis de Résistants prirent part au conflit, menant d'innombrables actions de sabotages, et préoccupés de défendre leurs terres au péril de leur vie, les groupes se repliaient vers l'intérieur, dans les montagnes.
Les reliefs accidentés et inconnus de l'agresseur leur permettait de prolonger les actions de la Résistance. Les représailles ennemies furent parfois terribles. J'en veux pour preuve le hameau de Brandis, dans les Prégorges, qui fut entièrement brûlé par les Allemands en 1944. Et, fait plus marquant et atroce, le massacre des Lycéens de St-Julien-du-Verdon par les nazis, le 11 Juin1944 à 5h00 du matin. N'oublions jamais que le 15 Août 1944, c'est sur la Terre de Provence qu'a eu lieu le débarquement des Forces Alliées majori-tairement Franco-américaines (Cap du Dramont, Var), et que cette action allait engendrer un souffle de liberté nouveau sur les nations
de l'Europe toute entière : le Débarquement de Provence.

Essor du tourisme dans le Verdon

La guerre passée, les années furent plus calmes et les temps plus cléments aussi. Mais le mal était fait. Les siècles n'ont jamais été très favorables à cette Provence intérieure qui est sortie meurtrie de bien des mésaventures. La vie s'organisa de nouveau, après la guerre, et le Verdon allait devenir une source de préoccupations contemporaines pour une nouvelle industrie qui, même si elle possède parfois quelques désagréments, possède néanmoins de nombreux avantages. En effet, depuis les années 1960, s'est installé un nouveau mode de vie avec l'arrivée de cette industrie moderne que représente le tourisme. Le tourisme de loisirs et estival qui connaît une constante progression et qui représente une activité essentielle de la région.
Les «estrangers»(c'est-à-dire, les touristes, les visiteurs, les hôtes venus d'ailleurs) sont devenus le facteur d'un développement économique certain. Garantissant l'apport de revenus et de ressources essentielles pour le maintien de certaines activités, mais aussi le développement de biens d'autres, et cette manne touristique apporte à la région une prospérité tournée vers l'avenir.
Faudra-t-il encore des infrastructures suffisamment développées pour assurer le bon accueil des populations touristiques et leur hébergement. Améliorer aussi les infrastructures routières, à partir de celles qui existent déjà. Le tout devant s'opérer en respectant l'intégrité des sites, des paysages, de l'environnement, tout en répondant aux exigences du modernisme et de notre civilisation dans sa marche inexorable de conquêtes...
Ce sont les missions dévolues à nos hommes et femmes politiques qui se feront un devoir de les résoudre, et, ce sera aussi, une charge supplémentaire que le Parc sera amené à étudier, mais aussi à maîtriser, dans les prochaines années. C'est peut-être, aussi, pourquoi, le relief des monts et massifs du Verdon est à l'image de son passé : une région tourmentée, géographiquement défigurée, mais combien riche et attendrissante qui ne laisse personne indifférent !
Mais, cette industrie pacifique contemporaine que représente le tourisme dans son ensemble, vante aussi les mérites et le savoir-faire de tout un peuple.
Les us et les coutumes, l'artisanat, le folklore, l'accent et les facondes pittoresques locales, et un art de vivre typiquement «Provençal» vaut mille fois mieux pour le bien-être de l'homme que toutes les luttes. En dehors de nos querelles quotidiennes, le monde entier, lorsqu'il ne les copie pas, envie jalousement les Provençaux... Indéniablement !

Saint-Pancrace - Digne
Digne
Vallée de la Bléone - Digne
Digne
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