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Trilogie et traditions provençales

La trilogie provençale

Sous ce terme générique, la Trilogie Provençale, j'ai souhaité présenter trois phénomènes particuliers de la Provence, qui sont l'Olivier, la Lavande et la Rabasse, plus connue des gastronomes sous le vocable de la truffe. Ces produits du terroir sont les dignes représentants des coutumes, du folklore, de la richesse du patrimoine Provençal et Méditerranéen. Elles sont les gardiennes des coutumes et valorisent un art de vivre, une façon de penser. La Trilogie Provençale symbolise dans ce qu'elle représente, un pays, un peuple, une région, un homme. L'Olivier, la Lavande et la Truffe sont les symboles de la Provence éternelle.

L'olivier

L'Olivier est un arbre à bois précieux de la famille des Oléacées, signifiant, qui produit de l'huile. Cultivé depuis maintenant des millénaires dans les pays du Bassin Méditerranéen, sa seule présence permet de définir une zone climatique de moyenne altitude appelée «la Région de l'Olivier». Les pays de l'olivier appartiennent pour la grande majorité à la Méditerranée, et la France, compte 13 départements producteurs d'olives et d'huile d'olive. Au 5ème rang des états de l'Europe occidentale, elle ne se situe qu'au 14ème rang mondial ou niveau de ses rapports de productions, olives et huile d'olive.
Les botanistes s'accordent à dire que l'olivier est originaire d'Asie Mineure et que son développement est dû aux conquêtes effectuées au fil des siècles autour de la Méditerranée. Les Grecs, les Phéniciens et les Romains sont les principaux propagateurs de la culture de l'olivier.
Dans notre France actuelle, l'olivier est apparu au 6ème siècle avant J.C., lors de la fondation de Massalia (Marseille) par les Phocéens. Les Grecs tressaient des couronnes pour sacrer les vainqueurs des Jeux de l'Olympe, et les Romains, eux, pour sacrer les citoyens valeureux, chefs guerriers et militaires ayant bien mérité de Rome.
Mais aussi utilisé pour l'huile qu'il donne grâce à ses fruits pour l'éclairage des lampes, les gladiateurs qui s'enduisaient le corps d'huile avant un combat, pour les bains et les thermes, et la base de l'alimentation méditerranéenne. Dans l'antiquité, l'olivier représentait la paix et la sagesse, mais aussi, la gloire et le triomphe.
Les oliviers sont des arbres à feuilles persistantes pouvant atteindre 15 mètres de hauteur et capables de vivre très vieux. «La Région de l'Olivier» est caractérisée par une altitude moyenne comprise entre le bord de la mer et 7-800 mètres d'altitude supportant des conditions climatiques ne descendant pas en Hiver sous les -8° C. L'arbre s'adapte à tous types de terrains et se reproduit facilement par bouturages et noyaux d'olives tombés au sol, ou par greffes.

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Espèces et floraisons

Il en existe plus de cent espèces différentes, une quarantaine étant reconnue pour la production d'olives et d'huile d'olive. La plus fréquente étant l'Olea Europae, ou Olivier d'Europe. Nombreux sont les oliviers qui poussent à l'état sauvage mais de grandes olivaies (oliveraies, ou olivettes) cultivées regroupent parfois plusieurs hectares faisant l'objet d'une culture minutieuse. La taille intervient entre la fin de la récolte (fin de l'hiver) et le début des premières floraisons, en mars et avril. Les prédateurs naturels de l'olivier sont la mouche de l'Olive (Dacus olea), la cochenille, la teigne, la fumagine et le champignon noir. Seul un traitement bactériologique efficace permet de venir à bout des attaques dont souffrent les oliviers.
Leur floraison se situe au Printemps, entre mai et juin, et la pollinisation n'est pas le fait des insectes, mais du vent. On l'appelle pollinisation anémophile. Les feuilles de l'arbre sont à bords lisses, le dessus d'un vert brillant, le dessous d'un vert blanchâtre plus rugueux au toucher. Les feuilles sont dites entières et opposées sur les branches et les rameaux, et de forme oblongue. L'olivier régénère son feuillage par tiers, ce qui fait de lui un arbre toujours vert. Les fleurs, petites et blanches, groupées en panicules (en grappes), elles apparaissent entre mai et juin selon les régions d'implantation. La pollinisation étant anémophile, 5 à 8% seulement des fleurs sont fécondées pour donner naissance aux olives.
L'olive, c'est le fruit de l'olivier, mais aussi une substance charnue oléagineuse de forme ovale avec un noyau très dur en son milieu appelé également drupe. Contrairement aux idées reçues, il n'existe pas deux variétés d'oliviers, l'une donnant des olives vertes, l'autre des olives noires. Une olive verte devient noire si on la laisse mûrir sur l'arbre.
Un olivier porte des olives vertes en juillet-août, puis ces mêmes olives deviennent noires en octobre-novembre. La pulpe du fruit est verte et possède un goût amer (l'olive verte), noire-violet ou noire, lorsque l'olive parvient à maturité (l'olive noire).

La cueillette

La cueillette ou Olivades, dépend de la destination finale des olives. Les olivades ont lieu généralement entre la fin de l'Automne et le début de l'Hiver. Traditionnellement la récolte connaît trois procédés différents.
Le premier, le plus ancestral est celui qui consiste à cueillir les olives directement sur l'arbre, à la main, avec des peignes et des râteaux adaptés aux dimensions des doigts et de la paume.
Le second s'effectue par gaulage, aux moyens d'un long bâton, la gaule, qui permet en secouant les branches de l'arbre, de laisser les fruits tomber dans de grands filets (le plus souvent blancs ou orange) préalablement tendus sous les ramures. La troisième méthode est mécanisée et s'applique essentiellement sur de grandes surfaces planes au moyen de tracteurs équipés de vibreurs secouant les branches, afin, de faire choir dans des citernes, ou des remorques, les olives noires. Cette pratique, moderne, rapide, possède le fâcheux inconvénient d'abîmer en conséquence, les branches de l'olivier.
Il existe bien une quatrième méthode dont on se passera bien volontiers d'avouer qu'elle se pratique ! Et pourtant... Il faut néanmoins compter avec le vent car il devient à ce moment-là, le cueilleur, ou le tombeur des olives. De grands filets sont tendus sous les arbres, et lorsque se lève le tombeur des olives, le Mistral, les fruits se précipitent au sol, dans les draps allongés aux pieds des oliviers. Méthode efficace, mais encore faut-il se plier en deux pour ramasser les olives car il n’existe pas, pour le moment, de méthode pour faire venir les olives dais les paniers... Cette olivade est la plus pittoresque que l'on connaisse, même si parfois la terre est bien basse dans notre midi !

L'huile d'olive provençale

La destination des olives vertes est celle d'être portées au moulin pour la fabrication du Soleil Limpide des Dieux, ou Or des Dieux, l'Huile d'Olive.
Vous remarquerez la subtilité de langage, on n'emmène pas ses olives au moulin, on porte la précieuse récolte au moulinier qui sera transformer en huile.
Le moulinier est un meunier qui s'ignore : il est meunier lorsqu'il transforme les céréales en farines, et devient moulinier lorsqu'il opère la même alchimie avec des olives pour en extraire l'huile.
Il existe une quantité d'appellations différentes pour les huiles d'olives, selon les traitements apportés aux pressages successifs, sachez seulement que la meilleure d'entre elles pour la consommât on, et la plus pure d'entre toutes, est l'huile d'olive extra-vierge de qualité supérieure, ou huile d'olive de première pression à froid. Sa couleur originelle est le jaune doré, rarement verte comme on a tendance à les trouver sur les rayons des supermarchés actuellement, façon couleur sirop de menthe.
Le rapport est généralement consacré à 1/4, voire 1/5ème. C'est-à-dire qu'il convient de porter- en moyenne - 4 kilos d'olives noires pour obtenir un litre d'huile la plus pure et la plus fruitée.
L'olive est utilisée à toutes les sauces : recettes de cuisine, pharmacopée, parfumerie, artisanat, cosmétique, savons (dont le célèbre «Marseillais 72%»), condiments, Tapenade et Pâte d'Olive de Nice (pâte d'olives écrasées ou «Caviar de la Méditerranée»), religion, panification, motifs picturaux et d'ameublements, jardins et ornementations, agriculture, fêtes, foires et marchés, santé et régimes, médecine, prévention des maladies cardio-vasculaires...

Symbolique provençale et mondiale

Souvent cultivé aux côtés de la vigne, dont ils partagent le même Saint-patron, qui n'est pas Olivier, mais Saint-Vincent (fêté le 22 janvier), l'Olivier est toujours considéré comme un signe de paix dans le monde. Il figure sur le drapeau de l'Organisation des Nations Unies, protégeant la blanche colombe qui emporte en son bec un rameau d'olivier. Pareille à celle qui vient annoncer à Noé la fin du Déluge sur Terre.
En Provence, l'olivier est véritablement un symbole car de lui dépend la destinée d'une région. En plus des olivaies qu'il peuple, il orne nos campagnes, nos promenades dû bord de mer, nos jardin d'Éden. A juste titre il est protégé par des arrêtés préfectoraux. Son étiquette d'arbre du patrimoine naturel Français, implique que si un plant est abattu ou déraciné, un autre doit immédiatement lui succéder. Ainsi, l'olivier pourrait-il encore accueillir dans sa ramure, criquets, cigales et autres grillons qui, mêlant dans leur chant enjôleur toutes les traditions ancestrales d'une nation, sauront nous faire profiter longtemps encore de ces mélodies radieuses en se poursuivant tard dans la nuit pour reprendre de plus belle aux premiers rayons du soleil levant, lui conférant sa mission parmi les hommes : l'Olivier, l'arbre de Vie.
Parmi les nombreuses et multiples orientations qui se présentent au Parc Naturel Régional du Verdon, il en est une qui concerne la réhabilitation de l'olivier. Ainsi, partout où il le sera possible, dans l'enceinte du Parc, des olivettes seront maintenues, entretenues, d'autres développées, afin de maintenir cette tradition. Il est un signe, si vous ne possédez pas d'altimètre et si vous rencontrez oliviers, vous pouvez être certains dans la région des Gorges du Verdon, que vous approchez les 700 mètres d'altitude. Depuis le Col de l'Olivier, Verdon rive droite (et ce, jusqu'à sa perte dans la Durance) tous les oliviers côtoyés sont donc implicitement impliqués dans ce vaste programme ! Afin de symboliser cette réhabilitation et de glorifier en quelque sorte «notre Olivier», il est probable qu'un jeune plant soit replanté au Col de l'Olivier, au Printemps, ou au cours de l'été 2000, lors d'une petite cérémonie consacrée à... l'Olivier et au Verdon, en présence des amoureux de cet arbre symbolique et des «Amis de l'Olivette», de Moustiers Ste-Marie.
A noter la visite de trois musées régionaux, proches du Verdon, consacrés à l'arbre symbole de la Méditerranée : «le Musée des Arts et des Traditions Populaires» à Draguignan, «la Maison de l'Olivier» à Le Val (dans le Var), et, le Château Musée des Hauts-de-Cagnes, dans les Alpes-Maritimes.

La lavande

Bleue, violette, mauve, ou bien encore de couleur lilas franc et pure, telle est la physionomie de la Lavande. Cette espèce emblématique qui s'étire le long des collines, des plateaux et des vallées d'Aix-en-Provence à Valence, et d'Uzès à Tende. Au même titre que l'on désigne la «Région de l'Olivier», on ne cesse de vanter les charmes et les mérites du «Pays des Lavandes». S'épanouissant en terre et cieux d'azur, au beau milieu des thyms, garrigues, et genêts, elle forme un pays aromatique et coloré à nul autre pareil. Cultivée artisanalement depuis le 13ème siècle pour ses vertus médicinales, en France, la lavande trouvera au 19ème, sa terre d'attache et de prédilection : le Midi de la France.
La lavande n'est pas solitaire, elle côtoie ses complices qui sont le Mistral, les abeilles, et les cigales, les insectes du soleil. Le Pays des Lavandes est une invitation aux voyages, les chemins des lavandes, une aventure au pays bleu, vert et or le bleu du ciel et des lavandes, le vert des végétaux et des oliviers, l'or du soleil qui la rend éternelle.

Parfumeries et cosmétiques

Le plant appartient à la famille des Labiées qui représentent plus de 30 genres, répartis en 2.500 espèces différentes. Connu depuis des millénaires, poussant à l'état sauvage en Provence, la plante s'élève entre le bord de la mer et 1400 mètres d'altitude. Son étymologie nous vient du latin lavare qui signifie laver. Son utilisation remonte à la plus haute antiquité et l'on sait que les romains l'employaient pour parfumer leur bain et rafraîchir le linge. Comme quoi, nous n'avons rien inventé ! La culture de la lavande n'était pas uniquement destinée à la parfumerie, puisque ses sucs entraient dans la composition d'une pharmacopée traditionnelle de baumes, onguents, pommades et tisanes diverses et variées. Les plus anciennes formules médicales et cosmétiques nous sont parvenues.
Qu'elle soit célèbre sous les appellations de l'Eau de Luce, Eau de Cologne ou Eau des Templiers, le parfum exaltant de la fleur et l'essence bénéfique tirée de la tige, ont permis d'élaborer un véritable patrimoine historique dans lequel les scientifiques, les botanistes et les médecins ont pu développer une source d'activités essentielles qui se décline dans une multitude de domaines : antiseptiques, toniques, vitalisant, apaisantes des nerfs et des brûlures, recommandée pour les vertiges et les migraines, diurétique, calmante... Sans oublier la parfumerie et les cosmétiques qui sont aujourd'hui les secteurs les plus tournés vers cette culture traditionnelle.
Habitante sauvage de nos contrées Méditerranéennes, c'est à partir de la seconde moitié du 19ème siècle que l'on a songé à une culture intensive et mercantile de la lavande et de ses produits dérivés. A cette époque, les paysans Provençaux se mirent à entretenir et à soigner des lavanderaies sauvages pour favoriser le développement du plant. L'exode rural commencé dans les années 1850 vide les campagnes de leurs habitants, laissant derrière eux des champs et des collines jusque-là cultivés. Dans une région qui s'étend, du nord au sud, des Monts du Ventoux au Castellanais, et d'est en ouest, du Vercors aux contreforts des Alpes, composée essentiellement de sols calcaires, siliceux et rocailleux, appelée les Alpes Sèches, des agriculteurs vont récupérer les terres laissées à l'abandon, en quelque sorte, pour implanter, cultiver et élever des champs couverts de lavandes.  C'est ainsi que le plant est passé du stade de la culture traditionnelle et familial à la culture intensive, ou bien à l'élevage intensif pour être plus précis.

Plateau de Valensole, parfumerie de Grasse et catégories de lavandes

En ce qui concerne la région des Gorges du Verdon, il faut savoir que la lavande, absente des paysages au tout début du 20ème siècle, n'apparaîtra que dans les années d'après-guerre, vers 1920. Sur le Plateau de Valensole, les amandiers et les noyers, destinés à la production d'huiles de consommation ou de liqueurs, ou bien encore de farines, représentaient avec les céréales une source importante de revenus.
Petit à petit, avec l'essor commercial rencontré grâce à la lavande, les cultivateurs de Valensole vont se reconvertir et entretenir de vastes lavanderaies. Blés et amandiers seront remplacés par ces plants mauves qui ondulent au gré des vents et du Mistral en particulier. Les premières distilleries sont antérieures. Elles remontent aux années 1880.
A ce moment-là, la Cité des Parfums, Grasse consomme une quantité industrielle d'essences de lavande pour la confection d'eaux de toilette, de sels de bains, et d'une activité de cosmétiques et de parfumeries en pleine expansion. La lavandiculture va atteindre son point le plus haut en 1980, avec de nouveaux départements du Midi qui vont se consacrer désormais à ce mode de culture.
Les départements des Alpes de Haute-Provence, du Gard, de la Drome, du Vaucluse, de l'Ardèche, du Var, des Alpes Maritimes et enfin des Hautes-Alpes représentent plus de 60 % de la production nationale, toutes variétés confondues, et contribuent à faire de la France le premier producteur mondial de lavandes et de lavandins, bien avant les reste du monde.
La lavande est une plante typiquement Française. Sans entrer dans les détails il existe trois espèces principales de lavandes cultivées, qui poussent également à l'état sauvage :
la Lavande Maritime, appelée également Lavande de Hyères ou  lavandula stoechas, employée essentiellement pour garnir les massifs floraux ; elle pousse en bordure de la Méditerranée ;  
  • la Lavande Fine, ou Lavande vraie, utilisée depuis la plus haute antiquité, préfère les zones montagneuses comprises entre 600 et 1.400 mètres d'altitude, et peut se rencontrer en Angleterre, en Bulgarie et même en Roumanie. Son essence peu camphrée se révèle d'une extrême finesse et fait l'objet d'une Appellation d'Origine Contrôlée pour sa qualité (lavandu la officinalis, lavandula vera). C'est la lavande dite femelle ;
  • la Lavande Aspic, ou Grande Lavande, dont les tiges sont plus élevées, qui adore les terrains chauds et secs au-dessous de 600 mètres d'altitude. Cette lavande mâle, appelée Aspic en raison de reptiles qui trouvent au pied du plant un abri (vipère aspic), représente la culture de la lavande la plus répandue car la plus utilisée en parfumerie.
  • Le Lavandin, un hybride obtenu par croisement entre l'Aspic et la Fine. En dessous de 600 mètres d'altitude, les paysans Provençaux avaient remarqué qu'un plant plus élevé et plus robuste que les autres avait tendance à pousser au milieu des massifs. Ils l'appelèrent «lavande bastarde» (lavande bâtarde).
Dès 1927, un laboratoire réputé de Grasse se pencha sur la culture de ce nouveau plant et parvint à la conclusion que seuls les insectes butineurs étaient responsables de cette hybridation.
Plus robuste, plus productif, le lavandin fini par remplacer les lavandes dans les lieux d'élevages et de productions. Pour les novices, il convient de ne pas confondre entre une plante appelée «la sauge violette» et les différentes lavandes. Ce n'est qu'en égrainant quelques graines et au parfum que vous ferez la différence ! Sur le Plateau de Valensole connu sous le terme générique de Plateau des Lavandes, le lavandin a remplacé les variétés de Fine et d'Aspic. L'un des inconvénients du lavandin vient du fait que le plant est stérile. Il faut donc songer à sa multiplication par bouturages de l'espèce encore appelé clonage. Le clonage de la lavande, contrairement aux plants génétiquement modifiés, ou transgéniques, qui font la une de l'actualité, ne correspond pas du tout aux mêmes critères.
Il s'agit là, en ce qui concerne la lavande et depuis les années 1950, d'une opération purement naturelle sans commune mesure avec le maïs ou d'autres espèces dont on modifie le gêne naturel pour l'atrophier, plus que pour le développer. Parmi certaines espèces de lavandins, on peut citer les plus célèbres tels le Sumian, le Lavandin Grosso, l'Abrial, le Spécial Grégoire...

Processus de distillation

La distillation quant à elle connaît trois procédés principaux, qui sont le modèle ancien d'alambic à feu nu, le modèle contemporain d'alambic à feu nu toujours, et l'alambic par entraînement à la vapeur.
Il serait long et fastidieux d'entrer dans les descriptions de ces procédés expliqués dans mon ouvrage sur la Lavande, disons seulement que la dernière méthode est celle que l'on utilise le plus couramment aujourd'hui.
Que fait-on avec la lavande en dehors des essences et de l'eau de Cologne ? Tellement de produits, tels, le nougat, le miel, les bonbons, les sucreries, et même de la cuisine ! Sans oublier le breuvage des Dieux, qui, plus qu'un breuvage est la Liqueur des Dieux, l'Hydromel. Cette boisson remplaçait autrefois le vin à la table des peuples du nord de l'Europe en lui conférant une origine divine. Liquide visqueux obtenu en laissant macérer le mélange miel plus eau, et qui fermenté, se transforme en une boisson alcoolisée. L'Hydromel, conçu indirectement par la lavande, est le fruit des abeilles butineuses qui survolent frénétiquement les champs et les fleurs, en juillet et août, pour élaborer le miel. Le miel était le sucre de nos anciens avant la découverte de la canne à sucre, sucre que nous consommons aujourd'hui. Quant au miel, à l'image de l'huile d'olive, il existe plusieurs origines et différentes appellations : miel vierge ou premier miel, miel fin, miel commun... Parmi ces variétés on rencontre le miel de  lavande, le plus onctueux et le plus parfumé, le miel de fleurs...    
Et surtout, si vous avez l'occasion de visiter les Gorges du Verdon vers la fin août et le début du mois de septembre, n'hésitez pas à vous rendre sur le Plateau des Lavandes. Il vous sera possible d'assister «en direct» à la distillation des lavandes. Des distilleries, ou lavanderies, artisanales vous livreront quelques procédés de distillations jusque-là tenus secrets. Les repérer est fort simple, il suffit de localiser les hautes cheminées qui vaporisent dans l'air pur leur panache de fumée blanche odorante, aux environs de Riez, Valensole, Puimoisson, en venant de Moustiers Ste-Marie, au nord, du lac de Ste-Croix, Bauduen, Baudinard, et Ste-Croix-de-Verdon, au sud. Il demeure une poignée de producteurs éleveurs sur la route de droite qui relie La Palud à Moustiers, dont le Col d'Ayen et le Mais des Gorges. Mais attention, l'eau de lavande ou l'extrait de lavande ne sont pas vendus au litre, mais au kilo.

Routes touristiques de la lavande

Il en existe trois :
  • «la Route de la Lavande par les sentiers de randonnée» au départ des localités situées à proximité des lieux de productions.
  • «La Route de la Lavande», sur une idée datant de 1951, à PoriIone de Monsieur Pierre MARTEL (coïncidence étrange, cet homme porte le même nom que notre MARTEL du Verdon) relance le projet d'un axe routier touristique, mis en pratique en 1997 par le Comité Régional du Tourisme Provence-Alpes-Côte d'Azur. Cette «Route de la Lavande» traverse les Gorges du Verdon, par Castellane, Moustiers Ste-Marie, Riez, Valensole. Cette aire géographique est baptisée du nom du «Pays de Valensole et du Verdon».
  • «la Route de la Lavande Cyclotouristique» qui de Grasse à Moustiers Ste-Marie, en passant par St-André-les-Alpes, Aiguines et les Gorges du Verdon, forme un circuit de routes cyclables qui possèdent le label Fédéral de la Fédération Française de Cyclotourisme. Mais, compte tenu des reliefs physiquement durs à traverser, une bonne condition physique est requise.
«- La Lavande, c'est l'âme de la Haute Provence...», disait Jean CIONO, disons qu'à l'aube d'une Europe qui se fédère, l'identité des coutumes Provençales ne se pérennisera que si des hommes et des femmes poursuivent leur œuvre en maintenant ces traditions culturelles du passé. Le climat et la terre sont rudes par chez nous, et il ne faut pas toujours se fier aux clichés «carte postale» ou aux magazines qui vantent les charmes d'un pays ou la vie est un signe céleste. Si le folklore est coloré, si l'accent est enjoué, si les facondes sont humoristiques, et si les galéjades sont drôles c'est pour faire oublier la rudesse de la terre. Couper la lavande fait partie du décor. Il faut être courbé en deux pour faucher la baïasse (la botte de lavande) et Pieu sait si, ici, la terre est basse... Alors, pour exorciser ces heures douloureuses passées à ramasser la lavande sous un ciel de feu, on chante, on danse, on rit, tout en distillant le suc des fleurs bleues, pour en tirer le Parfum des Dieux : l'eau de lavande.
A noter :
  • lavanderaies : champs de lavande ;
  • lavanderies : distilleries de lavande ; 
  • lavandière : les femmes qui lavent le linge dont l'eau est parfumée à la lavande.
Dans cette Trilogie Provençale, la Lavande est le second des Symboles de la Provence éternelle, il convient d'aborder dès à présent le troisième symbole provençal, et non des moindres...

La rabasse ou truffe provençale

Ce nom peut sembler étrange, et se confondre avec ramasse, mais n'a rien à voir avec lui, car la rabasse est en fait la célèbre «Truffe Provençale». On ne ramasse pas non plus la rabasse, on la cave. Non pas dans une pièce sombre enterrée, mais sous la surface du sol ! Dernière représentante de cette Trilogie Provençale, la Truffe, porte en elle tous les symboles de la Provence traditionnelle et culinaire. A tel point que la Truffe de Provence se fait appeler, en l'ignorant, la «Truffe Noire du Périgord», lorsqu'il s'agit de passer devant le piano, autrement dit, devant les fourneaux...
Sans une mouche, un solide chêne, un chien ou un cochon, il n'est pas de rabasse ni de rabassier. Le rabassier est l'homme qui dans son aventure automnale, s'enfonce sous les chênes roussis à la rencontre de ce que l'illustre BRILLAT SAVARIN désignait comme «le Diamant Noir de la cuisine...».

Quelques espèces de truffes 

La truffe est un champignon souterrain, dont il existe différentes espèces. Le Périgord et la Provence sont les sites d'extractions les plus renommées, les truffes cavées étant ici et de loin, les meilleures, les plus savoureuses, et les plus réputées qui soient au Monde.
La truffe est en réalité un champignon qui se développe sous la Surface du sol, ou ascomycète hypogé, qui entretient avec l'arbre, le plus souvent un chêne pubescent ou un chêne vert, une symbiose Qui repose sur les mycorhizes, autrement dit, par un échange de gaz et de molécules favorables au développement du champignon.
Des truffes, il en existe près de quarante espèces différentes dont la plus convoitée est la Tuber Melanosporum appelée, et parfois injustement, Truffe noire du Périgord. 80% de la production nationale se situe dans le sud-est de la France, le champignon privilégiant les sols calcaires et siliceux pour se développer honorablement.
L'image d'un homme aidé d'une truie se déplaçant de chênes en chênes à la recherche de truffes est une image un peu désuète. L’usage d'un porcin muselé conduisant l'homme au pied de la truffière remonterait au 17ème siècle. D'une part, parce que le cochon en est très friand, et d'autre part, parce qu'il faut au rabassier une solide poignée de main s'il ne souhaite pas voir la précieuse trouvaille engloutie par le montre devant le fameux champignon noir. On préfère, et de loin, dresser des chiens qui se montrent plus dociles, plus performants et moins voraces. Tout comme pour la chasse, ou garder les moutons, ne devient pas chien de truffier qui veut, et du jour au lendemain. Les Teckels, les Petits Pyrénées, les Labris, et les Griffons et les races de Bergers, sont les chiens que l'on rencontre le plus souvent sur les parcours truffiers. Ce sont les races les plus fréquentes de ces régions.

L'invention de la trufficulture

Les prédateurs connus et identifiés de la truffe sont l'homme en particulier, mais aussi les sangliers, comme leurs cochons de cousins, et le Campagnol Roussâtre, un petit rongeur à la robe fauve.
Joseph TALON, agriculteur à St-Saturnin-les-Apt, dans le Vaucluse, inventa dans les années 1811, et sans le savoir, ce que serait la trufficulture contemporaine. En effet, la germination des glands tombés au sol contribue au développement de la truffe. Le sanglier, grand amateur de glands et de truffes, tourne et retourne la terre à la recherche de ses friandises favorites. Il aide ainsi à son oxygénation et au renouvellement de la terre.
Les feuilles d'Automne tombent sur le sol fraîchement meurtri  et protège contre le froid tout en maintenant une certaine humidité propice au développement de notre champignon noir (à ne pas confondre avec le champignon noir, qui entre dans la composition de plats asiatiques, dont le terme galvaudé représente en fait des algues comestibles). Notre homme donc, rabassier passionné, jetait çà et là des glands de chêne au cours de ses promenades estivales et automnales, tout en restant concentré sur ses recherches truffières.
La loi de la Nature faisant son office, terre, sangliers, chênes et    oiseaux, donnèrent naissance à des truffières naturelles. D'où la méthode ancestrale qui s'est perpétuée jusqu'à nous car, personne n'a rien trouvé de mieux jusqu'à maintenant pour créer des espaces favorables au développement de la truffe.
Au bout de quelques années, la présence du champignon envahit le système racinaire et efface autour du tronc de l'arbre, toute présence de végétation, c'est ce que l'on nomme le «brûlé».
Pour "faciliter" la recherche des truffes, on peut se fier aux mouches. Enfin, une mouche sans laquelle l'homme et le chien ne seraient rien : la Mouche Rabassière, qui a la fâcheuse coutume de pondre ses œufs dans les terrains où se développent naturellement les truffes... L'insecte a pour seconde nature de rester à proximité de ses œufs et    de s'envoler lorsqu'il est dérangé dans ses habitudes. Quand la mouche s'envole, il est donc (facile me direz-vous, mais rien ne l'est moins...) plus aisé de repérer l'endroit où se cache le champignon renommé. En creusant avec un picouloun (petit râteau à 2 ou 3 dents), ou une branche de pin, le caveur peut ainsi se saisir de la rabasse et renger dans sa baiasse, autrement dit, sa besace.

Du sol à nos assiettes

La truffe, plus connue pour ses qualités olfactives qu'aphrodisiaques, se déniche à prix d'or sur les marchés qui tiennent leurs tréteaux entre décembre et février. Parfois, les années de faible «récolte», les prix peuvent encore grimper. Il convient de se lever avant le soleil afin d'assister aux transactions secrètes entre «Trufficulteurs» et «négociants - consommateurs». Les négociations vont bon train, et seules les espèces sont acceptées, la maison ne faisant pas de crédit... Cette véritable «grand'messe de la truffe» ne dure que quelques poignées de minutes et tout le monde s'éparpille ensuite aux quatre coins du marchés, un peu à l'image des insectes posés sur leurs trésors... Le marché de la truffe d'Aups (à proximité des Gorges du Verdon) est le troisième de France, se tenant tous les jeudis matin de décembre à février. A ne manquer sous aucun prétexte, les journées de la truffe qui ont lieu annuellement, en décembre, à Gréoux-les-Bains.
Dans les Gorges du Verdon, pas de grandes truffières jusqu'à une époque récente. Quelques terrains connus que se partageaient les trufficulteurs.
Mais, n'essayez pas de caver seul les truffes, car sans chien dressé et sans connaissance des lieux, il vous sera plus facile de vous en procurer dans le commerce ! Les terrains étant la plus part du temps, soit des propriétés privées, soit des terrains communaux, vous exposeriez à des poursuites judiciaires. Des truffières existent près d'Aiguines, et sur la route qui conduit à Bauduen. Là, ces terrains apparaissent en bord de l'itinéraire (parcelles privées). Il existe aussi, à l'image de l'Olivier, et de la Lavande, «la Route de la Truffe», dans le Haut-Var. De Mons à Vinon-sur-Verdon, ce circuit de l'or noir, passe par Aups et St-Julien-de-Verdon. Cette route de découvertes pourrait éventuellement s'arrêter à Aiguines qui fut en son temps un des hauts lieux du champignon tant convoité, et aboutir à Gréoux-les-Bains, autre centre trufficulteur intéressant de cette région.
Mais, méfiez-vous des imitations ! Certains parmi ces champignons sont déguisés en truffes noirs de Provence, ou du Périgord, mais ne sont en réalité que des appellations communément employées pour désigner la Truffe de Chine, ou d'Italie, dont la chair est blanche. Leur aspect extérieur, pour un novice, ressemble trait pour trait à notre célèbre champignon. Seulement, une fois coupé en deux notre faussaire a le corps blanc laiteux, et non cet aspect noir ébène ou marron charnu que nous lui connaissons. Son prix aussi varie, notre truffe placebo coûte environ 10 à 20 fois moins que son illustre cousine Tuffer Melanosporum...
Que demander de plus à cette terre, fille du soleil, lorsque l'on sait qu'elle engendre l'eau de Lavande en parfum des Dieux, l'Hydromel en liqueur des Dieux, l'huile d'olive en l'Or des Dieux, la Truffe en mets des Dieux...

Traditions Verdoniennes

Chasse, Pêche et ... Traditions Ancestrales !
D'autres traditions sont, également bien ancrées dans les mœurs. Hormis la Pétanque, la chasse et la pêche font partie de l'image des pays du Verdon. Il n'est pas une famille sans son chasseur ou sans son pêcheur.
I .es Sociétés de Chasses sont elles aussi bien représentées dans de ce pays magique. L'essentiel de la chasse est consacré au sanglier. Prédateur des truffes certes, mais aussi grand dévastateur des cultures, dont le développement anarchique de population est considérable ces dernières années.
Ces suidés venant jusqu'aux portes des grands villes du littoral et s'engagent même sur les voies autoroutières, provoquant d'épisodiques accidents de voitures.
A tel point que certaines communes doivent organiser la gestion de leurs espaces verts. Une nouvelle espèce porcine venant même à apparaître, le «Cochonglier», métissage entre un sanglier et une truie !
Les autres espèces, telles les chevreuils ou les chamois, sont plus rarement l'objectif de cette chasse organisée car elles représentent des populations fort peu nombreuses.
Ces animaux provoquent également moins de dégâts que les sangliers. Quelques sentiers de randonnées pédestres sont à éviter, notamment avant 14h.00 lors des périodes de chasse, car des battues (au sanglier) sont organisées, dans les massifs forestiers et lieux boisés de la région des Gorges du Verdon.

La faune présente dans les Gorges du Verdon 

Phénomène peu banal, depuis «Manon des Sources» et Marcel PAGNOL, il est amusant de constater que les femmes et les jeunes filles sont souvent responsabilisées pour mener les troupeaux de chèvres (variété de «chèvre alpine» qui connaît une période d'expansion pour ses excellentes qualités de lactation). Une tradition en quelque sorte, respectée.
En voie de disparition il y a quelques années, l'Ane gris de Provence voit sa population se stabiliser. L'âne est l'animal préféré des paysans du Bassin Méditerranéen : fort, robuste, passe partout, se nourrissant de ce qu'il trouve, un peu «chameau» dans le sens qu'il supporte bien les grandes chaleurs, et qu'il s'accommode de tout. Son caractère est aussi proche de celui du dromadaire...
Et puis, le petit âne gris est celui qui porte autour du coup le platello (collier à sonnailles) et qui supporte l'équipement et les vivres du berger lors des grandes transhumances de la mi-juin et de la mi-octobre. Il est l'animal survie de l'homme au chapeau feutre et grand manteau bleu.

La faune sauvage

Plus dense et mieux représentée qu'elle ne l'est actuellement, la faune dite sauvage était en importance jusqu'au milieu du 20ème siècle. Le tourisme de masse, la proximité du camp militaire, le développement des localités, les créations de pistes pour les véhicules 4x4, vélo et moto tout terrain, le survol fréquent des Gorges par les hélicoptères et avions de tourisme, la chasse, ou encore la création et l’installation de lacs artificiels, de barrages, et de lignes à haute tension, sont les principaux facteurs d'une paupérisation animale des monts et massifs du Verdon. Quant au cours du torrent ainsi qu'aux lacs artificiels, le rejet des eaux usées et une certaine forme de pollution empêchent un meilleur développement de la faune aquatique.
Depuis quelques temps, il a été remarqué le développement d'une plante aquatique, nommée de façon barbare «Potamogeton Pectinatus», de la forme d'une algue à balai, qui se trouve bien dans les eaux de la rivière, mais aussi des lacs, et qui tend à s'épanouir. Un comité scientifique a été chargé de veiller sur cette plante parasite.
Dans le même temps un débit qui n'est jamais le même puisqu'en perpétuelles mutations : turbinages, lâchers de barrages, vous obtenez un déséquilibre endémique.
Les espèces les plus fréquemment rencontrées sont la Truite Fario ou la Truite Saumonée, le Hotu, le Gardon, le Blageon, la Perche, la Tanche et la Carpe, et les Chevaines. Les Chevaines, sont de réels poissons prédateurs qui envahissent les plans d'eau et le torrent vert. Un repeuplement du torrent et des lacs s'opère régulièrement, et les réserves piscicoles sont nombreuses pour la plus grande joie des pêcheurs.
Les papillons et les insectes sont des espèces très bien représentées et ne semblent pas subir les aléas du dépeuplement. Une véritable course-poursuite s'était organisée il y a quelques années, lorsqu'un papillon qui a eu la mauvaise idée d'être dénommé Parnasus Appolo avait élu domicile dans cette région.
Les Coléoptères phytophages sont nombreux. Les abeilles sont dans des espaces de jeux et de récoltes importantes avec la proximité du Plateau de Valensole, ou Plateau des Lavandes. La présence des ruches se situant à proximité des champs, vers Valensole, et même à Aiguines, où un producteur-éleveur a élu domicile, et sur le Serre du Montdenier, au nord de Moustiers Ste-Marie.
A Riez on note également la présence de ruches. Les abeilles font dans ce pays l'objet de soins attentifs pour le miel de lavande dont la renommée n'est plus à faire.
Chevreuils et chamois sont très peu représentés. Parfois seuls, rarement en couple, ces cervidés préfèrent les montagnes et se sont retirés plus au nord. Belettes, Fouines et Hermines sont plus discrètes mais néanmoins présentes. Sans parler du cas des sangliers qui se trouvent ici en terrain conquis. Les lièvres, les écureuils, les mulots et les campagnols sont des espèces qui ont vu leur représentation diminuer cette dernière décennie. Les renards et les blaireaux sont toujours en bonne place.

Les oiseaux visibles dans le Verdon

Des espèces ont pratiquement disparu au cours des années passées, comme l'hermine, la marmotte, le loup, le castor, ou certaines variétés de buses et de busards, de faucons, ou d'aigles. Tous ces animaux ont préféré se déplacer plus au nord vers des contrées plus favorables à leur épanouissement.
L'Aigle royal a lui aussi délaissé les monts du Verdon pour trouver des airs propices à ses grandes envolées. Certaines espèces sont encore présentes aux différents étages du site, telles le Circaète Jean Le Blanc, les Chouettes, les Ducs et Grands Ducs, le Faucon Pèlerin, la pie Grièche, ou le Grand Corbeau.
Elles restent avec les oiseaux des rochers les principaux habitants du Verdon. Sans oublier non plus les colonies de Passereaux, Geais, Pipits, Merles et Pigeons Bisets dont l'espèce a donné son nom à la «Baume aux Pigeons» dans le prolongement du couloir de Samson.
Des études ornithologiques effectuées il y a une vingtaine d'années maintenant, ont montré que les Gorges du Verdon étaient peuplées par 130 espèces de volatiles regroupés sous le vocable d'Espèce Vielleuses. Ce chiffre est à la baisse, il y en a moins de nos jours. Parmi les espèces nicheuses, ou oiseaux des rochers, citons l'Hirondelle, le Martinet, la Pie Noire et la Pie Grièche, le Pic Epêche, et le bon vieux Moineau, souvent accompagné de Coucous et de Rouges-gorges. Les autres espèces ont fui !
Difficile d'ignorer et de passer sous silence la présence de «Chauve-Souris» qui effectue de belles figures en rase-motte dès la tombée du jour.
Il en a déjà été fait mention précédemment, mais il est bon de souligner la réintroduction de Vautours Fauve dans les Gorges du Verdon. Le Parc a apporté son concours à cette entreprise nouvelle (dont les balbutiements remontent à 1996) en favorisant l'opération menée conjointement par l'association «Vautours en Haute-Provence» (dont le siège social est basé à Castellane), l'Office National des Forêts et «la Ligue pour la Protection des Oiseaux».

Les reptiles et batraciens

S'il en est une bien représentée, d'espèce, et qui trouve ici les éléments favorables à son épanouissement, il s'agit bien des reptiles et des batraciens. Si les gros crapauds peuvent surprendre les randonneurs sur les sentiers des Gorges (Imbut, Martel), les serpents peuvent en effrayer plus d'un. Le site, l'ensoleillement, la chaleur, l'humidité, la roche et les conditions de vie, sont un lieu d'habitat propice au maintien de ces espèces.
Les couleuvres sont de loin les plus nombreuses (dont la Couleuvre de Montpellier), suivies par bon nombre de variétés différentes de vipères (dont l'Aspic). Vipères que l'on rencontre à tous les étages du site, depuis le fond des Gorges au sommet du Mourre de Chanier, en passant par les fissures dans la roche des falaises. Il est même arrivé que des escaladeurs se fassent piquer par une vipère au cours de leur grimpe. Orvets, lézards, et petits scorpions (inoffensifs) font partie du lot.
Parmi les espèces qui abondent, signalons une population importante de lézards, dont des colonies nous intéressent plus particulièrement puisqu'elle représente en quelque sorte des «logos» qui apparaissent sur certains panneaux directionnels sur les sentiers des Gorges. Je citerai le lézard vert ou Lo Limbert (encore appelé Lambert, dont il vaut mieux ne pas subir la morsure vive et musclée), mais aussi le Gecko ou La Taranta, et enfin, le plus renommé, le lézard des murailles ou La Lagremusa. Le Lagramusa que l'on aperçoit dessiné sur des pancartes d'itinéraires, et qui a aussi donné son nom «à un bulletin rédigé en Français et en Provençal «Lei Lagramusas». Les escaladeurs se sont donnés comme emblème ce petit animal qui défie toutes les lois de l'apesanteur.
Toutes ces espèces reptiliennes, moins sympathiques que les autres occupants des sites du Verdon, trouvent en ces lieux un pays favorable à leur bon développement. Notamment dans le Canyon Secondaire de l'Artuby, paradis des espèces reptiliennes.
La faune, elle aussi et dans son ensemble, appartient de fait à l'Héritage Verdonnien. Sachons la défendre pour mieux la protéger.
Avec la présence du Parc, la faune bénéficie de fait, et dans son ensemble, d'une protection plus étendue qu'auparavant. Par exemple, un peu avant les années 2000, il a été relaté dans la presse régionale, l'apparition du Lynx dans le Haut-Var. Un couple de Lynx serait établi depuis des années dans les forêts aux environs de la Roque-Esclapon, plus au sud de Bargème. La proximité du Camp Militaire de Canjuers offre à ce prédateur refuge et asile. Aussi paradoxal que cela puisse le laisser paraître, la zone militaire offre à ces Lynx un gîte sécurisant puisqu'ils échappent ainsi aux battues de sangliers et aux meutes de chiens chargés de relever les traces des suidés, et à fortiori, ils évitent la ligne de mire des chasseurs...

Ratapignata

On ne peut conclure sans reparler de la Chauve-souris, baptisée en niçois «Ratapignata», symbole vivant du Carnaval de Nice, mais aussi figure emblématique des Indépendantistes Niçois, lors du rattachement du Comté à la France, en 1860. La Ratapignata s'oppose dans le Comté de Nice à l'Aigle dont il demeure l'autre symbole vivant puisqu'il est le seul à figurer sur les armoiries de la capitale azuréenne.
Criquets et Grillons animent par leurs crissements enchanteurs les prairies, les plateaux, et les champs. Trouvant refuge sous les pierres au moment des fortes chaleurs, créant un tintamarre joyeux où chacun s'exprime à qui mieux mieux.

La cigale, emblème de la Provence

La Provence ne serait pas ce qu'elle est si elle n'était pas bercée par le chant mélodieux des sirènes Provençales, les Cigales. D'un nom scientifique qu'on leur a donné est qui se traduit par Mule Plébéienne, la cigale est celle qui «chante tout l'été et qui se trouva fort dépourvue quand l'hiver fut venu» (Jean De LAFONTAINE  «La cigale et la Fourmi»)... Le développement de la larve s'effectue sous la terre, au pied des Pins ou des Chênes. Puis, lorsque l'insecte est devenu adulte, il se libère de son enveloppe et grimpe aux arbres. La cigale adulte, ne dépasse pas 3 à 5 centimètres de long, se nourrit de sève, et  son espérance de vie ne dure que 3 à 4 mois.
Du début du mois de juin à la mi-août, ce ne sont que symphonies mélodieuses qui rythment la vie, la passion mais aussi l'aube qui apporte ses premiers rayons, au plus profond de la nuit, les «Ksss...Ksss... Ksss...» bercent nos âmes, nos cœurs et , quand chantent les cigales c'est tout un peuple qui se réveille.
Trois traits caractéristiques de cet insecte sont facilement identifiables :
  • Le premier est que la Cigale chante rarement après le 15-20 août -sauf si la belle saison entend bien jouer les prolongations;
  • le second, est que si elle chante tard dans la nuit, les 2 ou 3 jours qui vont venir risquent d'être assommés par la chaleur,
  • et le troisième enfin, c'est que lorsque l'orage menace en plein jour, les Cigales se taisent. Elles ne reprendront leur chant lancinant qu'avec le retour des rayons de l'astre bienfaiteur.
La Cigale n'est pas née dans le Midi pour rien, peuchère ! Elle est aussi fille du soleil. Et si elle chante, c'est pour honorer le soleil, mais aussi, pour mieux charmer son mâle, car c'est la pleine saison des amours...

La flore

Au cours de vos randonnées, et tout au long de vos itinéraires, vous serez amenés à découvrir une flore riche et variée. La diversité des espèces fait de ce pays une région accueillante et colorée. Certaines espèces de fleurs ou de plantes sont endémiques au site, c'est-à-dire, qu'elles poussent en majorité ici, peu ou pas du tout ailleurs. Les Gorges du Verdon sont situées dans une zone de moyenne montagne, de 500 à 1930 mètres d'altitude et bénéficient de fait des influences climatiques de deux origines : Méditerranéenne et bas-alpine.

Les espèces fréquentes dans le Verdon

Les espèces alternent et différent, et il peut arriver que l'on rencontre côte à côte, la Campanule des roches avec l'Ancolie des Alpes. Parmi les plus fréquentes, et aussi les plus facilement reconnaissables, citons outre les Campanules, les Genêts d'Espagne et de montagne, les Lys Ponpon et lys Orangé, les Gentianes de Koch et autres variétés de Gentianes printanières, les Lavandes, le Chardon Bleu, le Buis, le Genévrier, les Panicauts, les Bleuets, les Coquelicots (papavéracées, pavot coquelicot) Trolles d'Europe, les Pivoines rougissantes, les Linaigrettes à plumes d'autruche, les Raiponces hémisphériques, le Sceau de Salomon (vers le sentier de l'Imbut), lierres, les Globulaires et Hépatiques, les Rosiers sauvages et les Églantiers (appelés élégamment «gratte-cul»), les Joubarbes Étoilées (jaune), et enfin, quelques espèces d'orchidées comme l'Ophris abeille, l'Orchis soldat, le Serapia (lingua et cordigera), l'Orchis mâle, l'Orchis Barlia, et les Nigritelles.
Mais aussi, les Primevères officinales, les Bouillons Blancs, le Cierge de Notre Dame, les Vipérines, la Sauge officinale, le Sceau de Salomon, le Gesse des prés, le Cirse acaule, la Sarrette des teinturiers, le Lys de St-Benoît, le Bugle, le Myosotis des bois, la Centaurée des montagnes, le Muscari en grappes, les Bourraches... Et, les Sumacs (ou arbre à perruque) viennent à l'Automne apporter leur couleur rouge vive éclatante et ponctuer leur présence dans les massifs. Il est d'une plante dont on ne peut s'empêcher, encore une fois, de citer, tant sa seule présence illumine un endroit, un site, un pré : la Carline, ou Baromètre des Bergers. Carline à caule (ou, acaule), c'est-à-dire sans tige, ou Carline élevée, font partie de la famille des chardons. C'est de cette plante dont les villageois disaient que le berger sait parler aux éléments quand il prédit le temps qu'il fera.
La Carline s'ouvre aux premières lueurs de l'aube et s'épanouit lorsque le temps est au beau fixe. Si, par contre, le cœur du chardon se referme, c'est signe de pluie ou de froid. Voilà pourquoi la carline est diabolique pour les profanes, et qu'elle demeure le baromètre des bergers, leur conférant ce pouvoir étrange sur les éléments...

Herbes de Provence et liqueur de thym

A ce que l'on appelle vulgairement les «Herbes de Provence», il est préférable de les intituler les «aromates». Ici aussi la liste est longue : thym (farigoule), thym citronnelle, laurier, sauge, serpolet (variété de thym), origan (ou marjolaine), Sarriette, romarin, fenouil, genévrier de Phénicie, ail sauvage...
Voilà ce que vous retrouvez habituellement lorsqu'il s'agit de préparer les recettes de la cuisine du soleil ou des liqueurs de Grand-Mère !
Leur présence sur le sol Provençal s''est effectuée selon deux axes :
  • le premier à la faveur des invasions du passé menées par des hommes venus de l'Orient, et du nord de l'Afrique.
  • le second, avec la proximité et les échanges commerciaux du port de Marseille qui favorisa l'apport de nouvelles traditions, sous la forme d'épices et d'aromates.
A propos du thym, il est d'une liqueur à nulle autre semblable et que l'on peut préparer facilement, rien ne l'interdisant : la liqueur de thym que l'on préfère intituler Farigoule ou Farigoulette.    
Pour cela, il suffit de cueillir des fleurs de thym au mois de juin, la période la plus favorable car le plant est à sa plus haute maturité, puis de les laisser macérer 3 à 4 semaines dans de l'alcool de fruit.
Ajouter du sucre, filtrer, laisser reposer. Filtrer à nouveau avant de consommer. On peut également compléter la mixture avec d'autres ingrédients si vous le souhaitez (soit une poignée de groseilles, ou quelques baies de genièvre, ou bien encore quelques fraises ou quelques cerises, des écorces d'orange ou de citron), filtrer une nouvelle fois après avoir laissé le mélange se reposer 4 à 5 jours. Vous obtiendrez une liqueur dynamique, forte avec beaucoup de caractère ! Il n'est pas interdit de préparer cette liqueur car vous n'avez pas besoin d'un alambic pour obtenir le précieux breuvage cent pour cent naturel...
Pour cette recette, il vous faut utiliser 250 grammes de fleurs de thym pour un litre d'alcool de fruit. 250 grammes de fleurs de thym représentent de 4 à 5 heures de cueillette patiente et minutieuse...

Disparition de certaines plantes

La présence d'une flore riche et variée ne doit pas faire oublier non plus, une paupérisation de leurs espèces sur les sols du Verdon. La pollution et les rejets de gaz nocifs dans l'atmosphère contribuent à ce phénomène.    
Les cueillettes sauvages dues à une méconnaissance de ces espèces rares favorisent ces disparitions. Il existe, dans les Gorges du Verdon, des espèces et des variétés figurant au tableau plantes protégées. Certaines cueillettes abusives ou inconsidérées peuvent conduire à des poursuites judiciaires.
Pour les puristes avertis et les Botanistes, voici quelques ces végétales (citées ci-dessus) rencontrées dans la zone des Gorges du Verdon : - Ajuga Genevensis, Alopecuus Gerardi, Astragalus, na Sempervirens, Calamagrostidetum, Cytisus Scoparius, Carlina ulis, Dactylorhiza Maculata, Echium Vulgare, Genévrier de inicie, Muscari Racemosum, Chaerophyllum Bulbosum, Ophrysctifera, Orobanche Minore, Papaver Rhoeas, Phyteumetum llarsii, Phyteuma Spicatum, Primula Veris, Ranunculus Pyrenaeus, juxifagetum Lingulatae, Trollius Europaeus, Taraxacum Officinale, Verbascum Thapsus,... et de nombreuse autres espèces encore.... dont la (kutiana Lutea très rare dans cette contrée).
Phénomène étrange et remarqué sur le terrain, la Nature opérant sa sauvegarde, certaines fleurs ont tendance à s'écarter des lieux de passages pour s'implanter dans des zones peu ou rarement fréquentées. La flore commune quant à elle profite de la moindre pousse de terrain pour s'implanter, allant même jusqu'à nicher dans des fissures infimes de la roche. Bonnes herbes et mauvaises herbes se partageant les fiefs.

Les massifs forestiers

Participant à ce poumon d'oxygène que représente la forêt Méditerranéenne, les massifs du Verdon s'inscrivent dans une politique de mise en valeur des sites formant un patrimoine local non négligeable pour les communes.
L'Office National des Forêts, ou O.N.F., dont on voit le sigle sur les troncs d'arbres, participent activement à cette valorisation, en entretenant trois grands massifs forestiers principaux (entre autres) dans cette zone :
  • au nord-est de Castellane et du Lac de Castillon, la «Forêt Domaniale de Chamatte»,
  • à l'est des Gorges et au nord de celles-ci, la «Forêt Domaniale des Gorges du Verdon»,
  • à l'ouest enfin et au nord-ouest, la «Forêt Domaniale du Montdenier».
Une forêt de grande étendue couvre la zone est du Lac de Ste-Croix, et le périmètre des villes des Salles-sur-Verdon, Bauduen et Baudinard, la Forêt du Défends (ou du Défens, comme elle est encore mentionnée) qui s'étend jusqu'à Vinon. Et, vers Trigance, les Bois de la Faye.
Le centre de ce périmètre est situé approximativement au Pas du Galetas, le Verdon servant pour sa part de limite méridionale. Plus au sud, le Plateau de Canjuers qui reçoit le Terrain Militaire n'entre pas dans cette considération, et encore plus à l'ouest, le Plateau de Valensole échappe aussi à ces définitions. Il est à signaler que l'O.N.F. participe également activement à l'entretien de certains sentiers de randonnée pédestre. Nombreux sont les itinéraires recensés à passer sous la forêt, ou en limite de celle-ci.
L'entretien et la bonne gestion des massifs boisés n'est pas une idée nouvelle. Déjà, vers 1346, Philippe VI de Valois, intimait l'ordre à ses «Maïstres dei Foresta», l'équivalent actuel de nos Gardes Forestiers, de gérer correctement les forêts afin que les bois soient continuellement entretenus.
La forêt en tant que telle représente approximativement 60% des surfaces boisées de la région des Gorges du Verdon. L'activité liée à l'exploitation forestière, coupe et affinage du bois, a presque disparu. Annuellement, et régulièrement, les abords des massifs sont débroussaillés pour limiter les risques d'incendies.

Les différentes espèces

Chênaies yeuses et chênaies pubescentes dominent les espèces végétales d'arbres en présence. Le chêne vert et l'olivier sont deux arbres représentatifs des forêts méditerranéennes dans leur ensemble, sur tout le pourtour de la Méditerranée. Sont également représentés le Hêtre, l'Érable de Montpellier, le Chêne vert, le Pin sylvestre, le Pin à crochets et le Pin d'Alep, l'Olivier, le Tilleul, le Noyer, l'Amandier, le Peuplier, le Buis géant, l'Orme, le Genévrier, le Sorbier, l'Érable sycomore, le Sapin blanc... Ainsi que quelques fruitiers traditionnels, mais isolés la plus part du temps.
Des Cèdres et quelques mélèzes isolés occupent la zone orientale du lac de Ste-Croix-du-Verdon. Les Ifs et les Cyprès, sont bien représentés. Ils permettent de limiter les effets du Mistral.
C'est pour cette raison que les cultures sont souvent entourées de ces grands arbres, en Provence. Voilà l'explication. Il s'agit d'un rempart efficace contre le souffle puissant de ce vent qui naît dans Id Vallée du Rhône et qui déferle du nord au sud, en bifurquant vers l'est lorsqu'il parvient à Marseille : le Mistral.
La présence de ces résineux représente également un signe afin  d'orienter la direction des vents dominants : si les arbres sont penchés vers l'est, c'est que le vent dominant souffle de l'ouest. S'ils sont au contraire inclinés vers l'ouest, le vent dominant vient d'est !
La situation privilégiée des Gorges du Verdon, entre la Méditerranée et les Alpes, admet un climat de transition et permet à des espèces végétales des deux zones climatologiques d'évoluer sereinement. Ces zones liées et caractérisées par leurs reliefs et leurs altitudes. Les massifs forestiers du Verdon favorisent le développement d'une flore et d'une faune dont les thèmes ont été développés précédemment. Ne citons pas la Truffe noire de Provence, la reine des champignons, mais des espèces les plus courantes. Celles que tout un chacun découvre au fil des chemins parcourus.

A la recherche des champignons

Ces massifs permettent le développement d'une population mycologique conséquente. Au Printemps et à l'Automne notamment. Au Printemps, à condition de les dénicher, apparaissent les Morilles, et les Rosés des prés, plus faciles à apercevoir.
En saison automnale, les Sanguins (Lactaires), Petits Gris (Grisets), Trompettes de la Mort, Pieds de Mouton, Cèpes des prés et Cèpes des Pins, Coulemelles (Lépiote Élevée), Coprins Chevelus, Morilles, Chanterelles (ou, Giroles), Bolets, pour les champignons comestibles. Vesses de Loup, Russules rouges, Bolets Satan, Langue de bœuf, et une quantité d'autres espèces non comestibles ou à écarter.    
Mais aussi toute la série des champignons mortels de la famille des Amanites (phalloïde et printanière). Une seule Amanite est bonne et comestible, l'Amanite des Césars, mais encore faut-il savoir vraiment la reconnaître et la différencier des autres.  Les récoltes de champignons ont connu, parfois, des excès phénoménaux au cours de ces dernières années. Certains caristes Transalpins allant même jusqu'à organiser des «sorties champignons spécial Verdon» pour leurs clients, armés de râteaux pour faciliter la chasse au précieux végétal cryptogame...
Parfois d'autres groupes, venus de France également, agissaient en véritables commandos pour débusquer «le sanguin» au mépris de toutes les règles de bonne conduite. On retrouvait alors, d'une part, les hordes barbares «mycologicophages» dispersées, d'autre part, des bandes localisées mais organisées de chasseurs. De beaux affrontements verbaux et cocasses permettant au gibier de déguerpir, aux champignons de se retirer sous la mousse... Sans omettre de désigner sous le vocable de prédateurs ces colonies de barbares du dimanche qui, n'ayant aucun jugement quant à la pérennisation des espèces, opéraient de profondes échancrures dans le sol, ne laissaient apparaître que les cailloux ou la roche après leur passage ! A tel point que les communes et les propriétaires des terrains sur lesquels sévissaient ces Attilas cryptogames se virent dans l'obligation de prendre des mesures afin de protéger leurs territoires.    
Espèces multiples, variétés, diversités sont les trois qualificatifs qui symbolisent la richesse aussi bien de la flore, que de la faune, que de la forêt de la région des Gorges du Verdon.
Marathon du cœur, marathon de l'âme et de la vue. Une journée dans le Verdon épuise tout homme pourvu qu'il soit curieux de nature, explorateur, mais aussi respectueux et conscient de la richesse sans fin de cet inestimable patrimoine qu'offre la Grande Nature Verdonnienne.

Vin de Provence

Des viticulteurs de la région se sont donnés le titre «Vignerons du Verdon» et le vin d'appellation du Verdon est essentiellement produit 8 partir des limites sud du Haut-Var et nord du Centre-Var, vers d'Aups, Moissac-Bellevue, Montmeyan.
C'est dans le Centre-Var justement qu'est concentrée la quasi-totalité de la production faisant l'objet d'Appellations d'Origines Contrôlées (A.O.C. des Coteaux Varois) et de Côtes de Provence. Des coopératives vinicoles regroupent les productions à Esparron-de-Verdon, St- Julien-le-Montagné et Quinson.
Que demander de plus, encore une fois, à cette terre de Provence, fille du soleil, qui engendre l'olivier dont on extrait de ses fruits l'huile d'olive vierge, l'Or des Dieux ; des eaux de toilette à la Lavande, le parfum des Dieux ; l'Hydromel la liqueur des Dieux ; du sous-sol la Truffe, le mets préféré des Dieux ! Et enfin, du ciel bleu, l'Azur des Dieux...

La séismicité du Verdon

En guise de conclusion à ce chapitre intitulé Le Canyon Parle avec son Cœur qui aurait facilement pu en supporter d'autres, tels «Dans les Yeux du Canyon» ou «Le Canyon à Cœur», un phénomène naturel a échappé à la narration, sauf qu'il en a peut-être été fait une brève allusion dans le chapitre consacré aux barrages sur le cours du torrent vert-émeraude : la séismicité de ce vaste territoire.
Disons que la région des Gorges n'a pas subi de fortes secousses sismiques ni de réels tremblement de terre depuis des décennies. Par contre, il ne faut pas oublier que le sud-est de la France, et en particulier la zone Provence-Côte-d’ Azur est néanmoins située sur la Ceinture des Volcans.
La séismicité existe, elle est présente, mais n'a jamais fait la une de l'actualité car elle demeure raisonnable. Rappelons-nous, toutefois, que le village de Chasteuil, dans les Prégorges, fut détruit par un tremblement de terre à la fin du 19ème siècle, dont l'épicentre a été localisé à Manosque, à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest. Raisonnable, la séismicité des monts du Verdon, mais relativement importante si on la compare avec d'autres régions du globe considérées comme des Zones Réputées Calmes (Yémen, Madagascar, Guinée) qui ne sont pas sujettes à ces soubresauts de notre planète.
La terre vit, elle évolue, les plaques bougent, les continents dérivent, (Loi d'Alfred WEGENER - 1936) et partant de cette constatation, les massifs du Verdon eux aussi suivent l'influence des mouvements de mutations.
Hormis, deux secousses de magnitude 5 sur l'Échelle de RICHTER (qui en comporte 9) enregistrées au cours du 20ème siècle, il n'y a pas lieu d'être alarmiste. Même si l'on considère l'Échelle EMS 1992, les mêmes secousses ont été évaluées entre 6° et 7° sur une échelle en comportant 12. Le socle est solide, les falaises sont dressées depuis des millions d'années, la faille béante des Gorges est telle qu'elle était il y a plus de 2.000 ans, par conséquent, aucun risque majeur ne vient altérer la sérénité des espaces pour le moment.

L'impact des débits contrôlés sur le Verdon

Un phénomène est très rarement évoqué. Phénomène qui se rapporte au Verdon comme à toutes les rivières qui supportent des barrages sur leur cours : n'a-t ‘on jamais mesuré l'impact des débits contrôlés sur un environnement donné.Le lit du cours d'eau se modifie et son environnement immédiat également. Les bancs de graviers se déplacent au fil du temps, les poissons perdent leurs repères, les oiseaux aussi, et les animaux qui fréquentent les berges sont eux-aussi désorientés.
Le Verdon, dans son ensemble, a été trop longtemps "oublié" par les pouvoirs publiques, je ne leur jette pas la pierre, mais certaines personnes mal-intentionnées, devant cette carence en ont profité pour faire et construire parfois n'importe quoi !
Il était temps de réagir et de poursuivre et de prolonger l'œuvre de nos anciens et de ceux qui nous ont précédés dans cette tâche noble et louable de longue haleine.

Verdon
Verdon
Verdon
Verdon
Verdon
pédalo dans le lac de Sainte-Croix
Accrobranche
Rafting
Pont de Galetas
Pont du Roc

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