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PASS VERDON
1 semaine dans le Verdon = 2 campings pour découvrir la richesse de ce lieu exceptionnel !

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Balades dans le Parc Naturel Régional du Verdon partie 1

​Buffe Arnaud (plateau de  Valensole)

Le Verdon  et la tortue

Sur cet itinéraire, chaque saison offre ses merveilles. Cortège de migrateurs en hiver, explosion de la flore au printemps, découverte des berges du Verdon en été et même quelques cèpes en automne !
Rejoignez le cours du Verdon et longez-le vers l'amont.
Le début du parcours longe la berge de la queue de la retenue de Gréoux. Ce petit plan d'eau, encore bordé par endroits d'une roselière, est un havre pour les oiseaux aquatiques. Les foulques sont bien repérables à leur couleur uniformément noire, seulement maculée de blanc par une plaque cornée qui prolonge le bec sur le front. Les canards colverts sont reconnaissables à la tête vert métallique des mâles. Ces oiseaux, présents toute l'année, sont rejoints en hiver par les migrateurs.
Un peu plus loin, après les enrochements, vous pouvez aller vadrouiller au bord du Verdon. Le lit, caillouteux et moins profond qu'ailleurs, est une frayère (l'endroit où fraient — se reproduisent — les poissons) pour de nombreuses espèces aquatiques. La végétation dense des berges et des iscles (les îlots au milieu de la rivière), dominée par les saules et les peupliers, est d'une extraordinaire richesse, tant animale que végétale. C'est au milieu de ce fouillis que vous pourrez découvrir, au bord des zones les plus calmes du courant, la cistude, l'une des deux tortues présentes en France. Elle passe ses journées, du printemps à l'automne — car en hiver, elle hiberne en s'enterrant —, à flemmarder sur quelque roche plate bien exposée au soleil. Carnivore, elle se glisse dans l'eau au crépuscule pour chasser insectes, mollusques, têtards et petits poissons.
Comme nombre d’espèces aquatiques, la cistude est en régression, victime de la destruction et de la dégradation de la qualité des eaux. Elle est aussi soumise à la concurrence que lui fait la tortue de Floride (ou tortue à oreilles rouges), souvent inconsidérément relâchée dans le milieu naturel. Cette espèce exotique est maintenant interdite à la vente, ce qui devrait progressivement réduire cette menace. Tôt dans la quiétude du matin, vous pourrez surprendre, sur une branche  surplombant le Verdon, un martin-pêcheur à l’affût de quelques petits poissons. Vous apercevrez encore peut-être, nageant et courant au fond de la rivière, le cincle plongeur. Ce passereau brun, à l’exception de la gorge et du plastron, blancs, de la taille d'un merle, est un chasseur sous-marin redoutable. Lors de ses plongées, longues d'une dizaine de secondes au maximum, il retourne les pierres du fond à la recherche d'insectes et de larves aquatiques. Cette partie du Verdon abrite également un hôte très discret : le castor, qui ne se laisse guère voir dans la journée.
  • La piste tourne à gauche vers un groupe d'habitations pour rejoindre la route.
  • Longez le bord de la route vers Saint-Martin-de-Brômes pour pénétrer dans les gorges. 
  • Sur la gauche, suivez l'ancien tracé de la route et, après le pont, attaquez la montée, par un sentier, sur les dalles calcaires entre les deux branches de la piste.
Changement de décor avec ce coteau exposé plein sud (l'adret) au sol squelettique. Un cortège d'espèces méditerranéennes, bien adaptées à la chaleur et à la sécheresse, a pris possession des lieux. En laissant votre nez vous guider, vous reconnaîtrez un ensemble de plantes aromatiques : thym, lavande, sarriette, romarin ou encore germandrée tomenteuse à la curieuse odeur de saucisson à l'ail.
Juste après que le sentier rejoint une piste, vous trouvez côte à côte les trois chênes présents dans le Parc. Le chêne kermès est le plus petit : buissonnant, aux feuilles persistantes, petites et très épineuses, vert franc sur les deux faces. Son nom latin Quercus coccifera (littéralement "qui porte des Chêne pubescent grains") rappelle une de ses anciennes utilisations. Il est régulièrement parasité par une cochenille, un petit insecte piqueur des végétaux, dont le corps est intégralement protégé par une carapace qui le fait ressembler à un grain. En réaction aux piqûres, le kermès fabrique des galles dont on extrait un colorant vermillon. Montpellier, autrefois ville drapière, s'était spécialisée dans l'utilisation de ces « graines écarlates ».
Le chêne pubescent (ou chêne blanc, chêne truffier) se reconnaît à ses feuilles caduques molles et lobées. Le chêne vert (ou yeuse) a des feuilles persistantes d'aspect très variable : de dentées épineuses chez les arbres jeunes, à entières non épineuses chez les individus âgés, mais toujours vernissées dessus et blanchâtres en dessous.
Ces deux dernières espèces sont largement (mais seulement) utilisées comme excellent bois de chauffage.
  • Montez tout droit jusqu'au plateau. De là, prenez deux fois à gauche et puis une fois à droite  pour rejoindre le ravin de Pauron.
Dans le bas du ravin, la piste passe entre les enclos d'un club hippique. Comme souvent à proximité de l'homme, la flore est un catalogue à la Prévert d'espèces autochtones, de plantes horticoles, et de "mauvaises herbes". Enrichis en nitrates issus des enclos, les bas-côtés sont colonisés par une flore spécifique où dominent l'ortie, l'armoise (cherchez-la à l'odeur) et la lampourde aux grandes feuilles vert salade et aux fruits très accrocheurs.
  • Prenez à gauche après un long bâtiment perpendiculaire à la route. Traversez le vallon pour rejoindre un lotissement et le centre du village.

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Anecdote

Les anciens prêtaient au martin-pêcheur des pouvoirs surnaturels, comme le pouvoir de calmer les crues ou d’aider le pêcheur en attirant les poissons. Plus bizarre, déposé desséché dans les placards, il a été utilisé au Moyen Age pour chasser les mites…

Pratique

  • A partir de Manosque et de l'A 51 traversez la Durance par la D 4 puis suivez la D 82 jusqu'à Gréoux-les-Bains. A partir du centre de ce bourg. Prenez la route de Saint-Julien-le-Montagnier qui descend vers le Verdon. Juste après le rond-point, vous trouverez un parking à gauche ou vous pourrez garer votre véhicule.
  • A partir du parking, rejoignez le Verdon et longez-le vers l'amont. Comptez à peine 3 heures pour effectuer cette balade longue de 6 km et à faible dénivelée (80 m). Balisage bleu. Toute l'année est propice à la découverte, mais évitez les heures les plus chaudes en été.
  • A faire : balade de Notre-Dame-des-Œufs, marché le jeudi et le mardi matin, animations estivales. Thermes de Gréoux.

L'adrech de Notre-Dame (plateau de Valensole)

Brassage des cultures

Pas si morne la plaine ! Le plateau de Valensole est une originalité géologique mais aussi un écrin pour la faune et la flore. Les cultures spécifiques du plateau favorisent des espèces que l'on ne voit vraiment qu'ici.
  • A partir du centre du village, longez la route de Riez et, après le rond-point, prenez une petite route partant en angle aigu (panneau "Chemin Saint-Claude"), sur la gauche, pour rejoindre le ravin de Notre-Dame. Longez le fond du val-Ion jusqu'au premier croisement de pistes.
Cette première partie de la balade traverse une zone pavillonnaire. Pour le naturaliste, son intérêt réside dans son hétérogénéité avec des lambeaux encore naturels, des remblais et déblais des constructions, et des parcelles aménagées et entretenues. S'y rencontrent et s'y affrontent : des espèces ornementales qui tentent de s'échapper des jardins, des plantes opportunistes (les écologues parlent de plantes pionnières) qui profitent des bouleversements créés par les aménagements, et la flore d'origine qui s'efforce de survivre aux perturbations.
Il en résulte, au bord du chemin, un melting-pot d'espèces que vous n'avez normalement pas l'occasion de voir se côtoyer dans la nature. Ainsi, par exemple, pour ne citer que trois espèces assez connues, vous pourrez repérer côte à côte : des orties (plante pionnière), des roses trémières (horticoles plus ou moins naturalisées) et du lierre (espèce autochtone à large répartition). Après la zone pavillonnaire, le chemin longe un ruisseau, refuge de quelques crapauds et grenouilles. C'est là que vous verrez les fleurs blanc-jaunâtre en tubes de la consoude, aux pétales soudés, dont seule l'extrémité libre est recourbée vers l'extérieur.
  • Prenez à droite pour traverser le vallon et rejoindre une route goudronnée.
La piste longe un mur de pierres sèches. Entre celles-ci s'accrochent quelques orpins, petites plantes grasses aux feuilles charnues. Ce type de muret est aussi un habitat de choix pour le lézard des murailles et la couleuvre de Montpellier.
  • Prenez deux fois à gauche la route goudronnée que vous suivrez jusqu'à la fin du... goudron.
Petit à petit, au fur et à mesure que les constructions deviennent moins nombreuses, vous voyez se modifier l'équilibre de la végétation. Les espèces horticoles et pionnières se raréfient. Après un passage en sous-bois, qui rappelle la végétation naturelle, bois clair de chêne pubescent, le paysage devient plus franchement agricole. Avec l'apparition des champs cultivés, ce sont les "mauvaises herbes" qui pointent leur nez.
  • Laissez à droite le chemin de la Blache et, juste après la traversée du vallon, prenez à gauche  et remontez sur le plateau.
Sur le plateau de Valensole, lavandins et blés sont les cultures dominantes. On cultive deux grands types de blés. S'ils sont tous deux récoltés l'été, les blés tendres sont plantés au printemps alors que les blés durs sont semés en fin d'été et germent à l'automne. Des premiers, on obtient la farine pour le pain ; les seconds sont destinés à la fabrication des pâtes alimentaires.
Un mécanisme original régule la croissance du blé dur. Il est nécessaire, pour qu'il fleurisse (et donc, ensuite, fasse des graines) qu'il subisse une période de froid intense. On parle de vernalisation. On considère que ce mécanisme est une sécurité pour éviter une floraison trop précoce. En effet, sans ce mécanisme, un hiver tardif ou un redoux important pendant l'hiver pourrait tromper la plante : "Tiens, se dit le blé, v'là les beaux jours, je vais y aller de ma floraison". Et, patatras la fin de la saison froide gèlerait cette floraison trop précoce.
Avec quelques variantes, la vernalisation est un phénomène assez fréquent chez les espèces qui germent ou font des fruits en automne. Elle s'applique d'ailleurs à de nombreux fruits qui ne peuvent germer qu'après un épisode de froid rigoureux.
  • Sur le plateau, la piste à gauche vous ramène au point de départ.
Vous longez des parcelles plantées de trois autres cultures classiques du plateau : le lavandin, l'amandier et l'olivier De plus en plus rarement s'ouvrent quelques champs de sauge sclarée aux grandes fleurs lilas clair et à l'odeur un peu fétide. Cette sauge est utilisée en aromathérapie (très active, et moins toxique que la sauge officinale, sur la sphère génitale) et en parfumerie pour fixer les arômes. Les fixateurs sont les essences les moins volatiles, destinés (en se liant chimiquement à eux) à limiter l'évaporation des autres constituants assurant ainsi une plus grande longévité au parfum.
Pendant longtemps, la petite taille des parcelles et la faible quantité de pesticides utilisés pour ces cultures a fait du plateau de Valensole un paradis pour les oiseaux qui nichent dans les cultures. La caille des blés et les alouettes, pour les espèces les plus fréquemment entendues, mais aussi l'œdicnème criard au nom aussi barbare que son chant est... criard. Au crépuscule, en juin et juillet, une sorte de vibration sèche et rapide sur plusieurs tons - difficile à décrire, mais je suis sûr que vous comprendrez en l'entendant - signale la présence de l'engoulevent.
Ces terrains dégagés sont encore le secteur de chasse du faucon crécerelle et de la buse, présents toute l'année, du circaète Jean-le-Blanc et du milan noir, facile à reconnaître à sa queue échancrée, migrateurs qui rejoignent en hiver les cieux plus cléments d'Afrique.

Pratique

  • A partir de Manosque — Valensole est à 15 km à l'est. Prenez la D4 pour traverser la Durance. Puis tout de suite la D 6 jusqu'à Valensole. Garez-vous sur le parking à la sortie du village, sous la route de Riez.
  • La balade commence au centre du village. Suivez le balisage jaune. Cette balade très familiale est sans difficulté : comptez 2 heures pour un peu plus de 4 km et presque pas de dénivelée (35 m). Balisage jaune. 
  • L'itinéraire est praticable toute l'année, mais évitez les heures les plus chaudes en été.
  • Fête de la Lavande en juillet, animations en été.

Plaine de Rème (plateau de Valensole)

Plein les mirettes

Cette balade est inoubliable au mois de juillet quand les champs de lavandins sont en fleurs. Elle permet de découvrir l'environnement encore préservé du plateau de Valensole.
  • Au coin sud-ouest de la place de Puimoisson (le coin après la boucherie), descendez les deux volées de marche qui s'amorcent à l'entrée de la rue Bourguillenjaune pour rejoindre le bas du village.
  • Empruntez la petite route qui descend au fond de la vallée. Dépassez la station d'épuration, la rivière et remontez vers la chapelle Notre-Dame.
Parmi les espèces de chauves-souris qui fréquentent le plateau de Valensole, le petit rhinolophe est particulièrement menacé. Durant l'été, si les mâles restent solitaires, les femelles vivent en petites colonies dans des abris auxquels, particularité de cette espèce, elles doivent pouvoir accéder en volant. C'est là que le bât blesse, l'accès en vol nécessite une ouverture d'au moins 5 à 10 cm de haut pour 25 à 30 cm de large. Or, les impératifs de l'isolation veulent que l'on calfeutre les maisons.
La chouette effraie rencontre des problèmes similaires, les greniers facilement accessibles, pour un animal de sa taille, devenant de plus en plus rares. Peu après la chapelle, sur la gauche, une ouverture offre une belle vue sur le plateau et les reliefs des Préalpes.
  • Suivez la piste jusqu'au premier croisement. Prenez à gauche jusqu'à la route goudronnée.
  • Sur la gauche, vous découvrez un talus constitué de marnes blanches qui valent à Puimoisson de figurer dans les livres de géologie. Ces marnes, mélange de calcaire et d'argile, se sont déposées à la fin de l'ère tertiaire, il y a 5 millions d'années, quand les alluvions ont rempli la vaste dépression qui deviendra le plateau de Valensole. Un lucane cerf-volant traverse maladroitement la piste. Ce gros scarabée noir (il peut atteindre 4 cm de long), totalement inoffensif, est un des rares insectes protégés de France. Vous connaissez sans doute monsieur, célèbre pour ses "cornes" démesurées (tout est relatif) qui lui valent, outre le "cerf' de son nom, d'être l'un des coléoptères les plus souvent représentés dans les guides. Et si madame est désarmée, sa taille ne laisse guère de doute sur son identité.
  • Prenez à droite et longez la route jusqu'au premier croisement. Prenez à gauche, suivez la route puis la piste jusqu'à l'aérodrome de planeurs.
Le croisement présente un autre bel affleurement de marnes. Jusqu'à l'aérodrome, vous longez, entre autres, des cultures de lavandin. Il existe deux espèces de lavandes en Haute-Provence. Le lavandin est l'hybride de ces deux espèces sauvages. Comme de nombreux hybrides, il est plus robuste et plus productif que ses parents, mais stérile.
Le cycle de culture commence par la coupe, à l'automne, de rameaux de l'année qui sont bouturés dans des "nurseries" où ils sont l'objet de soins attentifs (arrosage, désherbage) pendant une ou deux saisons, le temps de faire des racines. En fin d'hiver, ces boutures sont repiquées dans les champs. On attend encore deux ans qu'ils grandissent et fassent des floraisons exploitables. Ensuite, la récolte (mécanisée) se fait au mois de juillet, pendant 5 à 7 ans. Les pieds sont alors arrachés et brûlés. Une rotation remplace ce lavandin par du blé, de jeunes pieds sont repiqués dans un autre champ.
L'essence de lavandin, plus camphrée que la lavande fine, est utilisée dans les produits lessiviels et dérivés.
  • Contournez l'extrémité de l'aérodrome, pour descendre dans la vallée. Prenez deux fois à gauche, puis une fois à droite, pour suivre le fond de la vallée vers Puimoisson.
Les vallons qui entaillent le plateau, avec leurs alternances de cultures, de bosquets ou de forêts, et la présence d'eau dans le fond, sont un environnement de choix pour les chevreuils. Cette espèce, encore rare dans les années 1960, a profité de la mise en place des plans de chasse (qui rationalisent les prélèvements) et de la fermeture des milieux (le développement des forêts). Son arrivée, relativement récente sur le plateau, dans les années 1990, témoigne de l'expansion de son aire de répartition dans le département.
La dernière partie du parcours, dans le fond du vallon, longe une zone humide signalée par une roselière. Cette zone, au premier abord morne étendue de roseaux, est en fait une aubaine pour quelques espèces rares comme le busard, qui niche épisodiquement dans ce secteur. La rainette méridionale, qu'on ne trouve guère au-delà de 600 m d'altitude, est ici à la limite extrême de son aire de répartition. Vous l'observerez plus facilement dans les branches d'un arbre qu'au bord de l'eau où elle ne se rend que pour sa reproduction.
  • Traversez la route et remontez dans le village. De part et d'autre de la fontaine, escaliers et ruelles permettent de rejoindre la place d'où vous êtes parti.

Pratique

  • A partir de Manosque et de l'A 51 (Aix-Sisteron), traversez la Durance par la D 4, puis continuez tout droit jusqu'à Valensole par la D 6. A la sortie de Valensole prenez, à gauche la D 56 jusqu'à Puimoisson. Garez votre véhicule dans le village.
  • La balade commence sur la grande place de Puimoisson. L'itinéraire est long de 7 km (160 m de dénivelée). Comptez environ 3 h 30. La balade est agréable toute l'année, mais plus spectaculaire en juillet, en évitant les heures chaudes.

Le sentier de Véris (lac de Sainte-Croix)

De la soie et une croix de Malte

Cette balade dévoile plusieurs facettes des richesses du Haut-Var. La vue exceptionnelle sur le Lac de Sainte-Croix et la présence d'une des espèces les plus spectaculaires et les plus rares de Provence méritent le détour.
  • A partir du parking, traversez la route pour entrer dans le village ; tournez à droite au coin du lavoir couvert pour monter en lacets dans Bauduen.
Le parking est planté de mûriers-platanes. Cette espèce introduite en Europe au début du XXe siècle comme arbre d'alignement, pour sa rusticité et son beau feuillage, prodigue une ombre bienvenue en été. Deux autres mûriers, le blanc et le noir, ont été introduits dès l'époque romaine. Il est peu de villes et de villages de Provence qui ne possèdent pas une rue, un hôtel ou un lieu-dit rappelant, par des "magnans" (le nom donné au cocon du ver à soie), "magnaneraie" et autre "magnanerie" (le lieu où l'on élève les vers), que la sériciculture (l'élevage du ver à soie) était une activité économique importante au XIXe siècle. Un peu difficiles, ces petites bêtes ne se nourrissaient que de feuilles de mûriers. Et encore ! Les vers ne consommaient que les jeunes feuilles du mûrier noir car, en vieillissant, elles se couvrent de poils. Les feuilles du mûrier blanc, elles, restent glabres. Le platane, le cyprès, également présents à proximité, sont deux autres exemples d'anciennes introductions maintenant indissociables des paysages provençaux.
  • En haut de la montée, prenez à droite, entre la falaise et le piton rocheux, la route qui sort du village (au-dessus de la route d'accès du bord du lac).
Vous traversez une très belle oliveraie en "restanques", nom donné aux terrasses de terre soutenues par des murets de pierres sèches. On utilise aussi le terme provençal bancaou. Les murets sont une aubaine pour le lézard des murailles et la couleuvre de Montpellier qui partagent ces habitations collectives avec la musaraigne et le mulot.
  • Prenez à gauche en suivant le balisage bleu (que vous ne quitterez pas jusqu'à la fin de la balade) doublé d'un petit panneau "Véris".
  • Peu après le premier croisement, de part et d'autre de la piste, un des joyaux de la flore locale, la fraxinelle, vous offre,  fin mai, ses spectaculaires fleurs lilas et blanc. Le dictamne blanc, c'est son autre nom, est ici en limite extrême de son aire de répartition plutôt axée sur l'Europe centrale. Rare et totalement protégé, vous vous contenterez de le mitrailler avec votre appareil photo seulement !
  • Suivez le balisage bleu, bien visible.
La sortie de la forêt offre une belle vue sur le lac de Sainte-Croix, le plateau de Valensole, l'entrée des grandes Gorges du Verdon et le Montdenier qui domine Moustiers-Sainte-Marie. C'est aussi de là que vous pourrez observer, le soir, les vols de goélands et de mouettes qui viennent passer la nuit sur le lac (ou qui en repartent le matin).
  • Même subjugué par la vue, veillez à ne pas manquer le sentier qui tourne à gauche.
Le sentier chemine sur des lapiaz, sorte d'arêtes calcaires émoussées, parallèles, séparées par des remplissages de terre où se développe la végétation. Cette formation est caractéristique de la géologie des calcaires massifs. Au fil des millions d'années (vous êtes ici sur des roches datant de l'ère secondaire, -150 millions d'années), la pluie attaque le calcaire formant des figures de dissolution dont les lapiaz sont un exemple. Ainsi transformés en "gruyère", ces terrains ont du mal à garder l'eau de pluie qui s'infiltre rapidement, ce qui n'est pas sans conséquence sur la flore et la faune en renforçant l'aridité déjà naturellement sévère en été du fait du climat méditerranéen Vous traversez une plantation de cèdres. Cette espèce, considérée dans les années 1980 comme intéressante pour le reboisement en Provence, a été largement plantée. Le recul a permis d'affiner les connaissances, limitant son usage à des stations mieux définies, plutôt plus montagnardes qu’ici. Changement de décor vers la fin de la descente, fraîche et ombragée. Dans les fissures des gros blocs et entre les pierres des murets, pousse l'herbe dorée. Cette petite fougère doit son nom aux poils roux qui couvrent densément la face inférieure de ses feuilles. Pétante de santé si vous passez au printemps, vous n'en verrez qu'un reste racorni et desséché au cœur de l'été. Flûte alors, morte la belle, victime des conditions précaires qui règnent dans ces interstices ? Que nenni !
Elle a développé une technique toute particulière, s'inspirant de celle du Phénix, pour survivre à l'été. On parle de reviviscence pour désigner cette faculté que partage l'herbe dorée avec quelques autres espèces, de se dessécher complètement sans pour autant mourir et de retrouver toute sa vigueur dès que l'humidité revient.
  • Pour profiter de la vue, revenez au point de départ par le haut du village.
Çà et là, au bord de la rue qui mène au parking, se développe la singulière croix de Malte. C'est une petite plante rampante aux fleurs jaunes et aux fruits piquants dont les côtes, en s'ouvrant à maturité, forment une figure rappelant, avec un peu d'imagination, une croix de Malte. Hasard et mystères de l'évolution, cette espèce est une singularité dans la répartition mondiale de sa famille, les zygophyllacées, plutôt tropicales, dont elle est la seule représentante française.

Anecdote

Originalité parmi les oiseaux aquatiques, le plummage du cormoran n’est pas étanche. Si vous suivez sa séance de pêche, vous remarquerez qu’assez rapidement sa ligne de flottaison s’enfonce, ce qui l’oblige à sortir de l’eau pour se faire sécher sur un rocher, les ailes écartées.

Pratique

  • A partir de Manosque et de l'A 51, traversez la Durance par la D4 puis tout droit par la D6 vers Valensole et Riez. A partir de Riez, prenez la direction Draguignan-Quinson par la D 11. Enfin descendez vers le lac par la D 111. Faites le tour du lac pour rejoindre Bauduen. Garez votre véhicule sur le parking à gauche, à l'entrée du village. A partir du parking, traversez la route pour entrer dans le village et tournez à droite, au soin du lavoir couvert.
  • Comptez 2 h 30, en prenant votre temps, pour effectuer les 5 km de la balade (200 m de dénivelé). Balisage bleu. Toute l'année est propice à la balade, même si les mois de mai et juin sont plus fleuris.
  • A voir : Bauduen : musée L'art en jouets, dans l'ancien presbytère (près de l'église), marché le dimanche (juillet-août), Aups : marché le samedi matin, Baudinard deux belles balades (sentier des charbonniers, Notre-Dame de Baudinard).

La forêt du Pélenc (collines du Haut-Var)

Des genêts sur l'herbe

Si, si, il y a de belles forêts, profondes et secrètes en Provence. Et en plus, zone de transition entre le méditerranéen "pur-jus" et la Haute-Provence, elles sont particulièrement riches et originales.
  • Prenez l'escalier qui descend à côté de la fontaine et suivez le sentier jusqu'à la route.
Vous profitez d'une belle vue avec, au premier plan, des espaces agricoles et, derrière, la forêt de Pélenc, but de cette escapade. La descente jusqu'à la route présente l'habituel improbable mélange d'espèces qui n'ont en commun que de se développer à proximité de l'homme : soit parce qu'elles lui résistent (les mauvaises herbes), soit que celui-ci favorise leur développement, directement pour les plantes horticoles ou indirectement pour les plantes rudérales (plantes des décombres). Dans les fissures des murs se développe la pariétaire, aux petites feuilles glauques en losange. La légende rapporte qu'elle est à l'origine du développement de la phytothérapie "scientifique". On raconte que, c'est en constatant que son chien mangeait la pariétaire qui poussait dans le mur de son jardin — semble-t-il pour se soulager de ses calculs rénaux — qu'un médecin a commencé à s'intéresser sérieusement à la question.
  • Traversez la route (attention !) pour emprunter le chemin en face.
  • Prenez à gauche en rejoignant la petite route puis, 300 m plus loin, à droite.
L'itinéraire longe alors, pour l'essentiel, des prés de fauche et des pâturages. Ce type de paysage est lié au mode d'élevage ovin transhumant, propre à la Provence. Les brebis passent l'hiver en bergerie, nourries de foin, avec quelques sorties sur des pâturages alentour. A la fin du printemps, le troupeau est déplacé en montagne (la transhumance) où il passe l'été dans les alpages. Pendant ce temps, l'éleveur cultive les prés de fauche, le plus souvent irrigués, pour récolter le foin nécessaire pour passer l'hiver suivant.
  • Dans la forêt, guettez à droite une piste fermée par une barrière métallique avec un balisage multiple (rouge, jaune...).

Cette première partie de la forêt est largement façonnée par l'homme. Les pins dominent, avec trois espèces (pin sylvestre, pin d'Alep, pin maritime) que vous distinguerez à la longueur des aiguilles et à l'aspect du tronc des arbres adultes. Ils sont accompagnés d'autres espèces locales : chênes, aubépines, mais aussi d'espèces plantées comme le cyprès ou le cèdre. Sur la droite, remarquez un affleurement pelé où seules quelques touffes de thym s'accrochent, accompagnées du rare genêt de Villars. Ce petit arbuste rampant ne ressemble à rien avec ses minuscules feuilles glauques et ses rameaux rachitiques plaqués au sol, sauf au printemps où sa floraison est alors une véritable débauche de fleurs jaunes tellement nombreuses qu'elles cachent totalement le reste de la plante.

  • Prenez encore à droite. Attention, il est relativement facile de se perdre dans cette forêt sans vue dégagée ni points de repère, et où les pistes, nombreuses, se ressemblent toutes. En plus, le balisage n'est pas toujours très compréhensible. 
  • Une nouvelle fois à droite.
  • Passez devant les restes de la citerne des Maquisards puis les vestiges de charbonnières (grands cerclages métalliques).
De la citerne des Maquisards ne subsistent que les poteaux qui supportaient la réserve d'eau. Son origine est expliquée par Nicolas Communeau dans une série de fiches randonnées du Parc.
« Ce nom fait référence à un chantier forestier installé dans les bois durant la dernière guerre. La petite troupe - une quarantaine d'hommes - ne s'apparentait pas à proprement parler à un "maquis", actif et armé, comme il en exista plusieurs dans le Haut-Var à la même époque. La plupart des charbonniers exerçaient ici cette activité ancestrale et traditionnelle du Pélenc en toute légalité. Installés pendant plusieurs semaines dans un campement provisoire, les hommes coupaient le bois, fabriquaient la charbonnière et surveillait sa combustion pour produire le charbon qui servait alors au chauffage individuel et à la production d’énergie industrielle.
Parmi eux cependant, quelques hommes, refusant le travail obligatoire (le tristement célèbre STO), ou inquiétés pour leur appartenance religieuse et politique, avaient trouvé refuge dans ce groupe constitué en 1943. Quelques-uns de ces compagnons avaient effectivement des activités de résistants et un certain nombre fut arrêté lors d’un contrôle, mais officiellement le chantier n’en demeurait pas moins forestier ».
Le charbon de bois s’obtient par une combustion à l'étouffée. La technique artisanale consiste à enlever une meule de rondins de chênes que l’on recouvre d’une pellicule de terre humide. On met le feu à la meule en ouvrant ensuite ou en bouchant des trous dans la carapace de terre, afin d’obtenir une combustion anaérobie (c’est-à-dire sans oxygène ou presque) homogène. Au fil de du temps, cette fabrication a été plus ou moins industrialisée par la mise au point des cerclages, dits Delhommeau. On pouvait les empiler ; ils remplaçaient la couverture de terre. Le charbonnage était une activité important jusqu’à la dernière guerre mondiale. Avec un peu d’attention, vous repèrerez d’ailleurs facilement les zones qui étaient ainsi exploitées car dans celles-ci, tous les arbres ont à peu près la même taille, ce qui correspond à des rejets de souches depuis la dernière coupe.
  • Au premier croisement de pistes après la citerne, prenez à gauche pour revenir vers le village. Suivez la piste principale jusqu'à un chemin en descente à droite qui rejoint la route.
  • Suivez la route à droite sur 50 m, puis empruntez, à gauche, la rue qui remonte dans le village.

Anecdotes

Le crapaud a longtemps pâti d’une réputation détestable. L’obscurantisme en faisait une bête du diable (comme la salamandre) que seul le feu pouvait purifier. En fait, il est totalement inoffensif et encore moins venimeux.
Le cade, cousin méditerranéen du genièvre (celui dont les baies aromatisent la choucroute), doit sa célébrité…aux bébés joufflus. En effet, il était utilisé pour les propriétés dermatologiques de l’huile extraite de son bois et a donné son nom au célèbre Cadum.

Pratique

  • A partir de Draguignan, suivez la D 557 jusqu'à Aups (à l'ouest). De là, prenez la D 9 qui conduit à Moissac-Bellevue. Entrez dans le village et garez votre véhicule.
  • Le point de départ se situe à la fontaine. Au bord du plateau qui domine la plaine. La balade est longue, 12 km, mais sans difficulté (80 m de dénivelée) ; elle est ombragée dans sa plus grande partie. Comptez quand même 4 bonnes heures. Toute l'année se prête à la découverte.

Le tour de Bagarry (Artuby)

Colchiques dans les prés

Un itinéraire familial à la découverte d'une des facettes les plus originales du Parc naturel régional du Verdon. Les plans humides du Haut-Var recèlent un cortège d'espèces à nul autre pareil.
  • Empruntez la petite route, puis la piste principale.
A la sortie du village, la route longe le ruisseau, bordé des espèces d'arbres, classiques dans les zones fraîches : peupliers, saules, aulnes, noisetiers, quelques noyers... Sur la droite, les prairies sont limitées par des murets sur lesquels paresse le lézard des murailles. La route s'élève tout doucement à flanc de coteau. Celui-ci, plus aride et rocailleux, est couvert d'une lande où dominent le buis, le genêt et le pin sylvestre. Rapidement, sur la gauche, le paysage est barré par un gigantesque mille-feuilles formé par l'alternance de bancs de marnes noires et de calcaires. Ce type d'affleurement signe un épisode sédimentaire.
Projetez-vous au début de l'ère secondaire, il y a plus de 200 millions d'années. Ce qui deviendra la Provence n'est encore qu'une mer bordée, au sud, par les Maures et l'Esterel et, à l'ouest, par le Massif central. Suivant la profondeur et la nature des alluvions, se déposent dans cette mer de calcaire, des marnes ou des argiles (tous les terrains du parc appartiennent à l’une de ces trois familles). Il faudra deux grands bouleversements, liés aux mouvements des continents, la poussée pyrénéenne à la fin de l'ère secondaire, puis la poussée alpine durant l'ère tertiaire (à partir de 65 millions d'années) pour, en comprimant, plissant et relevant les terrains, faire émerger la Provence et mettre en place ses reliefs. L'érosion de ces terrains émergés, révèle ensuite, comme ici, ces tranches d'histoire.
  • Prenez à gauche au croisement des pistes.
Entre la bergerie Saint-Pierre, que vous apercevez sur la droite, et la piste, s'étend un "plan" exploité en prairie de fauche, couvert, en automne, de colchiques.
A l'état naturel, dans ces cuvettes, la végétation s'ordonne en cercles concentriques, suivant le gradient d'humidité du sol. Au centre, les pieds dans l'eau, prospèrent les espèces les plus aquatiques, comme les massettes reconnaissables à leur goupillon de velours. Autour, les roseaux, au plumeau violacé, ou les touffes glauques de la molinie préfèrent les sols un peu moins détrempés. Enfin dans un troisième cercle, se trouvent des prairies plus basses où poussent les narcisses et les colchiques faisant la transition avec la végétation plus traditionnelle des coteaux.
En France, en l'espace de trente ans, la moitié des zones humides a disparu. 30% des espèces végétales actuellement menacées vivent dans les zones humides. D'où la volonté de les préserver. En effet, elles ont aussi pour rôle de limiter les inondations en absorbant l'eau pour la restituer lentement.
Après un passage en sous-bois, le sentier débouche sur un balcon d'où vous découvrez un beau panorama sur les reliefs du Haut-Var. Autour des ruines de Bagarry, donnant leur nom à cette balade, se dressent de vieux poiriers qui, en fin d'automne, vous permettront de soulager une fringale soudaine.
Devenu rare dans le reste de la France, le grand corbeau est encore commun ici. Vous le repèrerez à son croassement grave, et vous vérifierez qu'il s'agit bien de lui à la forme en losange, caractéristique, de sa queue.
  • Le début du sentier qui, à gauche, redescend vers le village est signalé par un petit tas de pierre, une trentaine de mètres avant le relais radiotéléphonique.
La fin du parcours se fait sous le couvert d'une belle forêt de chênes et de pins sylvestres. Çà et là, le sous-bois est retourné, comme labouré. Le sanglier, auteur de ces boutis, est probablement l'un des animaux les plus fréquents du milieu. On ne peut pas dire que ce soit le plus petit, et pourtant, c'est l'un des plus discrets. Il passe ses journées au fond d'un fourré inextricable, ne sortant qu'au crépuscule, pour une nuit à la recherche de glands, de bulbes, de tubercules ou d'insectes enfouis. La saison des amours court d'octobre à février pour une mise bas au début du printemps. C'est, en fait, une règle générale : quelle que soit l'espèce, l'élevage des petits se fait au moment où le climat devient clément et où la végétation, qui amorce toutes les chaînes alimentaires, explose. Les portées, de 3 à 8 marcassins, sont allaitées pendant 3 mois. L'émancipation des jeunes se fait vers 6 mois, à l'entrée de l'hiver.
Le geai des chênes est un autre hôte très commun des sous-bois. Son nom latin, Garrulus glandarius, ne laisse guère de doute sur son régime alimentaire ; les glands constituent en effet plus de 50 % de sa nourriture. Les populations sédentaires locales sont renforcées en hiver par des migrateurs venus d'Europe du Nord. Comme ses cousins pie et corneille, le geai souffre encore d'un préjugé défavorable, en grande partie arbitraire, qui lui vaut le triste privilège d'être régulièrement classé dans les animaux nuisibles, sans que l'on sache vraiment pourquoi. Il ne pose pas de problèmes sanitaires, écologiques ou agricoles.    

Anecdote

Tout est poison...rien n'est poison, c'est une affaire de dose. On extrait de la colchique un alcaloïde, la colchicine, utilisée dans certaines affections articulaires, en particulier la goutte.

Pratique           

  • Prenez la N 85 à partir de Castellane ou de Grasse. Au Logis-du-Pin, suivez la D 21 Jusqu'à Comps-sur-Artuby puis la D 955 à droite Jusqu'à Jabron, enfin les petites D 52 et D 252 Jusqu'au Bourguet. Garez votre véhicule dans le village, sur la petite place aménagée.
  • Dans le village, à côté des deux fontaines, prenez la petite route qui part vers l'ouest en longeant le fond du ravin.
  • Comptez 3 h 30 pour faire les 6 km de cette balade, avec un peu de dénivelé (150 m). Presque toutes les périodes de l'année se prêtent à la découverte de cet itinéraire, sauf périodes enneigées et canicule estivale.
  • La D 252 qui rejoint Castellane, à partir du Bourguet permet de découvrir les chapelles Sainte-Anne et Sains-Thyrse, et traverse les étonnantes gorges de Rayaup. A Castellane musée des Siréniens.

L'ubac du Brouis (Artuby)

A la découverte du Haut-Var

A 1 000 m d'altitude, l'ubac du Brouis présente des conditions climatiques peu méditerranéennes qui surprennent dans le Var. Le grand Brouis, à gauche, et le petit Brouis, à droite, dominant cette balade, participent à la succession de reliefs calcaires qui, progressivement, séparent la Méditerranée des Alpes.
  • Franchissez le pont de pierre qui enjambe la rivière.
Juste après le pont, à gauche, bien ombragé, une sorte de bras mort de la rivière est le refuge d'espèces appartenant à deux grands groupes de végétaux inféodés aux zones humides. Les carex, ou laiches, ressemblent à des herbes, mais ont une tige triangulaire et un épi composé de "fleurs" particulières, les utricules. Ces dernières ressemblent à de minuscules outres terminées par deux ou trois styles plumeux — la partie de la fleur femelle chargée de récolter le pollen. Discrète, cette famille des cypéracées est pourtant l'une des plus riches de la flore. On ne compte pas moins d'une trentaine d'espèces rien que sur le territoire du Parc. L'autre groupe rassemble plusieurs prêles, ou "queues-de-cheval", réputées pour leurs propriétés minéralisantes. La grande prêle est bien reconnaissable à sa tige couleur ivoire.
  • Prenez à gauche pour longer la rivière (panneau "Sentier du Brouis").
Un panneau signale la présence d'un sapin. Il est ici en limite extrême de son aire de répartition. Sans intervention humaine, la composition de la flore est liée aux conditions climatiques. Les forêts ne dérogent pas à la règle. Survolons rapidement, les yeux grands ouverts, les quelques dizaines de kilomètres qui séparent les plages ensoleillées des sommets enneigés.
Dans la plaine méditerranéenne, ce sont le chêne vert et le pin d'Alep qui dominent dans les massifs forestiers. Entre 500 et 1 000 m d'altitude, ils sont remplacés par le chêne pubescent et le pin sylvestre. Encore plus haut, apparaît la hêtraie accompagnée de pinèdes sylvestres à l'ouest, dans les Préalpes, et de sapinières ou de pessières (forêts d'épicéas) plus à l'est dans les Alpes dites "internes". Enfin, dominant tout ce petit monde, viennent les forêts d'altitude de mélèzes et d'autres conifères.
Une fois ce décor planté (façon de parler puisque, en l'occurrence, on parle de végétation naturelle), regardez un peu autour de vous. Vous êtes proches de la limite entre les Alpes internes et les Préalpes, à une altitude moyenne d'environ 1 000 m. De plus, les reliefs marqués créent des conditions locales tranchées entre les ubacs (versants exposés au nord) ombragés et les adrets (versants exposés au sud) plus secs et ensoleillés. Et vous commencez peut-être à comprendre la diversité de cette balade : sapin, pin sylvestre, chêne pubescent, hêtre... Diversité encore accentuée au bord de la rivière par les arbres de la ripisylve (forêt des rives) : saules et peupliers.
  • Prenez à droite en suivant toujours le panneau "Sentier du Brouis".
  • Juste après un panneau sur le framboisier, laissez le sentier du Brouis, sur la droite, pour continuer tout droit. Et, 100 m plus loin, empruntez la piste à droite sous un panneau forestier. 
  • Après deux épingles à cheveux, prenez à droite la première piste à flanc de coteau.
Ce coteau rocailleux froid héberge le raisin d'ours, commun à la lisière des forêts, mais aussi la plus rare camelée des Alpes. Petit arbuste rampant discret, vous le raterez sans doute (ce qui n'a aucune importance), sauf au mois de mai où ses petites fleurs rouges et son odeur prononcée vous feront marcher au nez et à
Les coteaux ensoleillés, broussailleux et rocailleux, sont le domaine de la vipère. Quitte à ruiner quelques fantasmes, c'est une bonne occasion de dédramatiser. La vipère est un serpent placide et craintif. Il est rare de la croiser. Et, si cela arrive, il cherchera d'abord à fuir plutôt qu'à attaquer, pour peu que vous le laissiez tranquille. Les morsures sont exceptionnelles : toutefois, soyez prudent.
  • Suivez, encore à droite, la piste en descente pour rejoindre le départ de la balade.
Ces forets de moyenne montagne sont le repaire du plus grand des pics. Le pic noir se reconnaît à sa couleur si vous avez la chance de l'entrapercevoir, mais aussi à la taille et à la forme de l'ouverture de son nid, ovale alors que celle faite par tous les autres pics est circulaire. Ces oiseaux possèdent une adaptation originale à leur trépidante activité. Pour supporter sans dommage les chocs répétés du "tambourinage", leur cerveau est entouré d'un véritable amortisseur constitué d'un tissu cellulaire spongieux. Le pic noir est en pleine expansion depuis les années 1950, sans que l'on sache très bien pourquoi.
  • Avant de repartir, allez voir les ruines d'une scierie hydraulique. Prenez à droite, après le pont, sur 100 m à peine.
Un canal, que vous devinez encore derrière les ruines de la scierie au pied du coteau, acheminait l'eau depuis l'Artuby. L'énergie produite par son passage dans des conduites forcées était utilisée pour mouvoir les machines.

Anecdote

Le noisetier est à l'honneur dans nombre de contes et de légendes. C'est un symbole d'immortalité pour sa floraison précoce quand le reste de la nature est en sommeil. L'arbuste est aussi associé aux pratiques des sourciers. Moïse, selon la Bible, utilisa une baguette de coudrier pour indiquer à son peuple ou trouver de l'eau dans le désert.

Pratique

  • A partir de Cannes, suivez la N 85 (direction Grasse, Castellane) jusqu'au Logis-du-Pin. De là, prenez la D 21 à gauche (vers Comps), puis la D 52 à droite jusqu'à la Martre. A partir de Castellane : N 85 (Grasse) et, à une quinzaine de kilomètres, prenez à droite la D 52 jusqu'à la Martre. Dans le village, empruntez la petite route vers l'ouest indiquant ‘’Pont de Madame’’ Suivez la jusqu’à une fourche après un petit pont. Prenez à gauche vers "Pont de Madame" jusqu'au pont en pierre. Des parkings sont aménagés de part et d'autre du pont.
  • A partir du parking, franchissez le pont et prenez à gauche le long de la rivière. Compter 1 h 30 pour effectuer cette courte balade de 2,5 km (80 m de dénivelée). L'itinéraire est praticable toute l'année sauf en période enneigée.
  • La Martre : église paroissiale ; golf 18 trous.

Verdon
Verdon
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Verdon
Verdon
pédalo dans le lac de Sainte-Croix
Accrobranche
Rafting
Pont de Galetas
Pont du Roc

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