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PASS VERDON
1 semaine dans le Verdon = 2 campings pour découvrir la richesse de ce lieu exceptionnel !

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Balades dans le Parc Naturel Régional du Verdon Partie 2

​Sommet de l’Agra (lacs et montagnes du Verdon)

Fleurs des rocailles

Cette balade, en grande partie ombragée, offre un superbe panorama sur les reliefs de Provence, belle occasion de découvrir la géologie de la région. Sur la crête se développe une intéressante flore de plantes de rocailles.
Le sommet de l'Agra marque l'extrémité nord du Montdenier, premier relief des Préalpes.
  • Depuis le parking du Col de Saint-Jurs empruntez la piste de gauche sur 150 m, puis suivez le sentier à droite, balisé en jaune jusqu'à rejoindre une piste. Prenez à gauche la piste pour rejoindre le col de la Cabane.
Cette piste ombragée est tracée dans une pinède mixte de pins sylvestres, autochtones, et de pins noirs, utilisés en reboisement (mais qui se naturalisent facilement). Les premiers se reconnaissent à leurs aiguilles courtes et leur tronc aux pelades orange. Le pin noir, quant à lui, a des aiguilles plus longues et un tronc grisâtre. Tous deux sont exploités ; ‘industrie papetière constitue l’essentiel du débouché. Au mois de juin, les pistes forestières de ce secteur sont fréquentées par le grand apollon, un papillon rare et protégé aux ailes blanches marquées d’une tâche rouge.
  • Au col de la Cabane, prenez la piste à droite. Elle s’arrête au niveau d’une cabane forestière ; un sentier la prolonge.
  • Suivez le sentier : il longe la crête jusqu’à la tour de vigie que vous entrapercevrez entre les arbres. 
  • La table d’orientation présente les principaux reliefs sur 360°.
Ce tour d'horizon permet de distinguer trois entités correspondant à trois grands épisodes de l'histoire géologique locale. La montagne de Lure et le Luberon vous ramènent à la fin de l'ère secondaire, il y a quelques 80 millions d'années, quand une Afrique en vadrouille vient tamponner le sud de l'Europe. Cette collision plisse les terrains devant elle formant les reliefs orientés est-ouest qui bordent la Méditerranée, des Pyrénées jusqu'aux Alpilles, au Luberon et à la montagne de Lure. Les premiers contreforts des Alpes sont, eux, essentiellement orientés, nord-sud.
A l'est, au premier plan, comme un train de vagues sur le point de se briser : les cuestas ("côtes") de la montagne de Beynes et des sommets voisins. Ici, la période et les acteurs sont différents même s'il s'agit toujours du déplacement des plaques tectoniques glissant sur le manteau terrestre. Cette fois, c'est l'Italie qui, s'enfonçant en coin dans l'Europe durant l'ère tertiaire (à partir de 65 millions d’années), repousse devant elle les terrains qui forment les bourrelets de l’arc alpin. En Haute-Provence, la poussée de l’Italie se fait d’est en ouest et, en réaction, le plissement, perpendiculaire à la poussée, est orienté nord-sud. A vos pieds, le plateau de Valensole résulte du dernier épisode de cette histoire géologique, il y a 5 millions d’années. Ici, la poussée alpine (l’enfoncement de l’Italie dans le sud de l’Europe), crée devant les terrains qu’elle déforme (le cortège de reliefs pré alpins) une vaste cuvette dans laquelle viennent se jeter les premiers cours d’eau issus de ces reliefs tous neufs. Autrement dit : les ancêtres de la Durance et du Verdon remplissent d'alluvions ce qui va devenir le plateau de Valensole, avant de poursuivre leur trajet vers la Méditerranée.
A ce carrefour géologique se superpose une transition climatique entre mer et montagne qui explique, car géologie et climat en sont deux facteurs déterminants, au moins en partie (d'autres facteurs humains et démographiques ont aussi joué un rôle remarquable), l'importante biodiversité de la Haute-Provence.
  • Redescendez jusqu'au premier petit col o dans le sous-bois pour prendre à gauche le sentier qui mène au point de départ.
Dans les passages rocheux du début de la descente, cherchez un échantillon de la flore rupicole (littéralement, qui habite les parois) avec les rosettes des saxifrages. Elles sont reconnaissables aux cristaux de calcaires qui crénellent la marge des feuilles. Accroché au milieu de nulle part, le saxifrage doit relever deux défis : trouver un peu d'eau dans une paroi aride et résister aux écarts de température auxquels il est exposé dans ce monde minéral (60 °C en plein soleil l'été, -20 °C dans la bise en plein hiver). Un mécanisme original lui permet de résoudre ces deux problèmes d'un coup.

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Expérience

Imaginons une petite expérience. Séparons une bassine en deux compartiments avec une membrane laissant passer les molécules d'eau, mais pas les sels minéraux dissous. Mettons d'un côté de l'eau douce et, de l'autre, de l'eau salée. Petit à petit le niveau du compartiment d'eau douce baisse pendant que celui de l'eau salée s'élève. Ce qui veut dire que l'eau douce migre à travers la membrane vers le compartiment salé. Cette osmose tend à équilibrer la concentration des deux compartiments. Le phénomène s'arrête quand le poids de la différence de niveau entre les deux compartiments égale la force qui fait migrer l'eau à travers la membrane. Appliqué aux plantes, ce mécanisme permet d'extraire un maximum d'eau du sol. Le saxifrage pompe le calcaire dissous et le stocke dans les cellules des feuilles, ce qui augmente la concentration de celles-ci.

Anecdote 

Au mois de mai, sur les pelouses, fleurit une petite tulipe jaune, rare et protégée, la tulipe australe. Elle est considérée comme la seule tulipe naturellement présente en France.  
Le secteur sous le col de Saint-Jurs est classé en Reserve biologique domaniale. Ces terrains, propriétés de l'Etat, sont gérés par l'ONF. La gestion de la forêt est orientée (sous le contrôle d'un comité scientifique) vers un maintien, voire un enrichissement de la biodiversité.

Pratque

  • A partir de Manosque et de l'A 51, traversez la Durance et prenez la D 6 vers Valensole puis Riez. De là, suivez la D 953. Juste après Puimoisson, empruntez à droite la D 108 pour rejoindre Saint-Jurs. A l'entrée de Saint-Jurs, sur la gauche en face de la mairie, une petite route indique "Col de Saint-Jurs". Suivez-la sur 8 km (25 mn environ), elle est d'abord goudronnée puis en terre, attention aux nombreux nids de poule. Garez votre véhicule au col (panneau).
  • Vous partez du col de Saint-Jurs par la route forestière du Montdenier. Comptez 2 heures pour cette balade longue de 4 km (220 m de dénivelée). L'itinéraire est praticable du printemps à l'automne.
  • A voir : Lac de Sainte-Croix

Sommet du Pavillon (lacs et montagnes du Verdon)

Symphonie pastorale

Le sommet du Pavillon, au-dessus de Moustiers, illustre la longue histoire qui lie étroitement les activités pastorales à l'évolution des paysages et des espèces qu'ils hébergent.
Le Montdenier, dont le Pavillon est un des sommets, est le premier relief des Préalpes, marquant la limite entre les influences géologiques alpine et pyrénéenne.
  • Après l'accès à Moustiers par la voie romaine, à 100 m, quittez la piste et prenez le sentier partant à gauche, à travers champ, en direction du "Pavillon" et du "col des Abesses" (balisage jaune). Après une courte ascension, arrivé à un replat et un dernier champ, prenez à droite un sentier longeant la parcelle et s'enfilant au milieu des pins. Passé deux peupliers, le sentier se poursuit entre les genets avant d'atteindre un col. Continuez à monter en empruntant le chemin situé juste au-dessus de la piste.
  • Quittez la piste, prenez à droite le petit sentier montant vers le ravin de la Cine. Le sentier menant au Pavillon passe en amont de cet escarpement. Remontez ainsi en rive droite, avant de changer de versant à hauteur d'une source et de continuer le cheminement en rive gauche.
  • À la sortie de l'engorgement, le sentier se prolonge sur des pelouses bordées de buis. Prenez à gauche la trace principale. Après la traversée d'une piste, le sentier remonte le vallon sur sa partie gauche. Parvenu au pied d'une clairière, traversez la piste d'accès et prenez le sentier partant juste en face, en direction du Pavillon.
  • La montée se fait à travers les pâturages, sur un sentier montant en lacets jusqu'à la piste forestière du Montdenier (attention balisage espacé et peu visible).

L’élevage ovin

L'ascension vers le Pavillon se fait dans une lande de genêts et de buis d'où émergent quelques pins rachitiques. L'élevage ovin, autrefois très développé, comme en témoignent les ruines du Clôt des Agneaux que vous découvrez sur la droite où les grosses fermes que vous avez passées en arrivant, marque encore profondément tous les paysages (et aussi, bien sûr, le patrimoine naturel) des Préalpes. Jusqu'à la grande déprise agricole du XIXe siècle, seules des pelouses, entretenues par les moutons, couvraient ces sommets. Dans les zones non pâturées, la nature reprend ses droits suivant une chronologie bien établie. Dans un premier temps, les terrains s'embroussaillent, c'est la période de gloire du buis et du genêt qui composent l'essentiel de la lande que vous observez ici. A l'abri de ces buissons vont pouvoir germer des espèces plus arbustives comme l'aubépine et l'amélanchier. Enfin, apparaîtront les pins et les chênes qui recomposeront la végétation naturelle de ces versants. C'est ainsi que la forêt qui couvrait moins de 10 % du département des Alpes-de-Haute-Provence au début du XIXe siècle, représente maintenant près de 50 % de sa superficie.
  • Le sentier débouche sur une piste au niveau d'un col sous le Pavillon O. Vous pouvez sortir directement de l'enclos pour rejoindre la piste (pensez à refermer la clôture), ou faire un aller-retour au sommet du Pavillon sur votre droite pour profiter de la vue.
De la piste, vous découvrez un beau panorama sur les Alpes, et, juste devant vous, deux curieuses cuvettes, à fond plat et dégagé, qui tranchent dans l'ambiance rocailleuse de cette crête du Montdenier. Il s'agit de dolines, issues d'un long processus de filtrage de l'eau par le calcaire.
Dans les rocailles qui bordent la piste, vous pourrez faire provision de sarriette et de lavande fine. Si, au printemps, votre œil est attiré par le manège du traquet motteux, c'est probablement que vous vous approchez dangereusement de sa ponte. Voletant de bloc en bloc, il semble s'évertuer à se faire remarquer par des sautillements et des mouvements saccadés des ailes et de la queue. 11 tente ainsi d'attirer à lui et d'éloigner progressivement l'éventuel prédateur qui pourrait trouver son repas dans sa couvée installée à même le sol.
  • Le chemin descend en lacets pendant environ 600 m. Dans un virage, l'itinéraire balisé quitte le chemin pour un sentier à droite. Vous gagnez bientôt une ancienne bergerie en ruine. Le sentier se poursuit en contrebas, sur la gauche, à travers la garrigue. La descente rejoint le carrefour avec le sentier de Marignol.

Gare aux chenilles

Au cours de votre balade, vous traversez une plantation de pins noirs. De gros cocons blanchâtres ornent le bout des branches de certains d'entre eux. Il s'agit de "nids" de chenilles processionnaires. L'adulte, un petit papillon nocturne vole et se reproduit en été. En fin de saison, les femelles pondent dans des extrémités de rameaux. En septembre l'éclosion des œufs libère les chenilles qui vont se nourrir d'aiguilles de pins avant de construire un nid collectif dans lequel elles hivernent (ce sont les cocons que vous voyez). Au retour des beaux jours, les chenilles sortent de leurs cocons et prospectent alentour, en procession, à la queue leu leu. Enfin, elles s'enterrent pour une série de métamorphoses qui mènent à l'envol de l'adulte en début d'été.
Les chenilles processionnaires ont une mauvaise réputation justifiée. Elles sont couvertes de poils urticants qui se détachent au moindre contact et sont susceptibles de provoquer des irritations ou des allergies importantes. Elles sont dangereuses en cas d'ingestion par l'homme, mais aussi par votre chien s'il vient à mettre le nez (et la langue) sur une procession de chenilles.
  • Suivez le sentier à gauche en direction de la ferme de Vincel, puis du vallon de Vincel. La fin de la descente se fait en rive gauche du ravin. Traversez le Camping, rejoignez la route. Suivez-la sur la gauche sur 800 m pour rejoindre le point de départ.

Pratique

Sur la D 952, à environ 4 km de Moustiers en direction de Riez, suivez à droite la route de Naverre et de Venascle (aire de décollage parapente). Passez le camping de Vincel, et le site école de parapente. Environ 400 m après ce dernier garez votre véhicule à droite sur le terre-plein (en face de la signalétique de randonnée).
Suivez le balisage jaune. Comptez 4 h 30 à 5 h pour faire les 12 km de l'itinéraire. Évitez de vous approcher des troupeaux qui sont gardés par des chiens. La balade est très plaisante au printemps et à l'automne, un peu chaude en été, souvent enneigée en plein hiver.

Massif du Chiran (lacs et montagnes du Verdon)

En approchant des étoiles

Pelouses alpines et combes à neige sont le point d'orgue de cet itinéraire tout en contrastes. La dénivelée importante permet de découvrir une grande partie de la richesse montagnarde du Parc naturel régional du Verdon.
Le sommet du Chiran (1905 m d'altitude) et celui du Mourre de Chanier, en vis-à-vis (1930 m) sont parmi les points culminants du Parc.
  • Prenez le sentier marqué par le panneau : "Le Chiran, Portail de Blieux".
Allez, faites un peu marcher vos méninges pour oublier la grimpette qui vous attend. Plus que le détail des espèces, liste longue comme un jour sans pain, attachez-vous à distinguer les variations du couvert qui illustrent deux notions importantes utilisées par les naturalistes. Sur les berges de la rivière, c'est d'abord "l'aulnaie blanche", nom donné à la formation végétale des rivières de montagne où se côtoient saules, peupliers, noisetiers et aulnes blancs.
  • Après un étroit fond de vallée cultivé (où vous contournez un beau mas par la droite), s'amorce la longue montée.
Vous traversez une mosaïque de végétations différentes, subtilement déterminée par l'exposition ou la nature de la roche. S'y juxtaposent des landes basses, oui dominent le buis et le genêt, et des pinèdes plus denses. Pour le botaniste, ces landes et ces forêts sont deux termes de la série du pin sylvestre. On parle de « série » pour qualifier les différents types de végétations qui se succèdent lors de l’évolution du couvert en un lieu donné. En cas de reconstitution, comme après l'abandon de la culture par exemple, l'évolution de la végétation se fait par étape. D'abord une pelouse, puis la lande, et enfin la forêt. De même, on parle de la série de l'aulne blanc pour les bords de rivières où, après une crue par exemple, le milieu va progressivement être recolonisé d'abord par des "herbes" (laîches, prêles, eupatoire...) puis par des arbustes et, enfin, par des arbres.
Mais la végétation diffère aussi selon l'altitude. Surveillez les chênes. Bien présents au début de la balade, vous les verrez se raréfier pour finir par disparaître. On parle d'étage de végétation pour chaque tranche marquée par une flore spécifique : étage méditerranéen du chêne vert, étage des collines du chêne blanc, étage  montagnard du pin sylvestre ou du hêtre, étage subalpin avec les pelouses.
En arrivant au col, vous aurez peut-être la surprise de tomber nez à nez avec un troupeau de vaches. Pas de panique, si les animaux vous approchent, c'est qu'ils sont contents d'avoir de la visite, mais ils ne présentent aucun danger pour peu que vous restiez calme et que votre chien ne les asticote pas trop. Dans la spectaculaire paroi et ses vires (les petites corniches herbeuses) à gauche, les chamois sont nombreux.
  • Au col, empruntez la piste qui monte vers le sommet.

Plantes alpines

La pelouse qui couvre le sommet, entretenue par le pâturage, est, comme toutes les prairies alpines, particulièrement spectaculaire à l'entrée de l'été.
Dès la fonte des neiges, les crocus ouvrent le bal, rapidement suivis d'une kyrielle d'espèces toutes plus belles les unes que les autres. La fritillaire du Dauphiné, une sorte de tulipe aux fleurs penchées et marbrées, les petites gagées, aux six pétales jaunes et brillants, les blanches renoncules de Kuepfer ou encore la très velue et violette pulsatille comptent parmi les plus remarquables. Les espèces alpines doivent résoudre un triple problème : survivre aux rigueurs de l'hiver, résister à la sécheresse ambiante — malgré la présence de la neige et de pluies abondantes, l'air est particulièrement sec en altitude — et optimiser le court intervalle où les conditions permettent de se reproduire. Suivant une adaptation à peu près générale, les plantes alpines relèvent ce triple défi en réduisant leur taille (moins de prise au vent, froid et sec), en groupant leurs feuilles en rosette (même objectif) et en produisant de grandes fleurs colorées (pour mieux séduire les insectes pollinisateurs ?).

Et faune alpine

Poids plume et poids mouche fréquentent la crête. L'aigle y traque les marmottes, l'alexanor, un grand papillon bariolé complètement "speedé", y volette de fleur en fleur. Ils partagent le ciel avec le martinet alpin, au ventre blanc, et deux cousins des corneilles, le chocard à bec jaune, et le crave à bec rouge qui, tous deux, nichent dans les falaises. Dès que vous contournerez le sommet, vous déclencherez les sifflets, plus indignés qu'admiratifs, des marmottes nombreuses sur ce grand versant.
L'observatoire, utilisé par les scientifiques jusque dans les années 1980, a été repris par une association qui y organise de passionnantes nuits de découverte.
  • Redescendez par le même itinéraire.
La vue plongeante sur la due du ravin de... la Clue offre de spectaculaires plissements calcaires, résultat du "rentre-dedans" de l'Italie, qui pousse devant elle les bourrelets de l'arc alpin. Les écrevisses à pieds blancs et les truites, bien présentes dans la plupart de ces petits ruisseaux et rivières de tête de bassin versant, sont encore un témoignage du bon état de santé de la nature du Parc. Les milieux ouverts des berges s'égayent en mai et en juin du vol hésitant de trois autres espèces rares de papillons, le grand apollon, le machaon et le mnémosyne.

Anecdote

Trois espèces de "porte-queues" fréquentent les prairies du Verdon Le flambé, le machaon et l'alexanor sont de grands papillons diurnes (7 à 8 cm d'envergure) qui volent de mai à août. Avec près de 200 espèces recensées, le Parc héberge les 4/5 des papillons diurnes de France.
L'inula, une composée jaune cousine de la marguerite, est réputée souveraine pour les contusions. Mais il s’agit en fait d’une confusion avec l’arnica qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, mais qui est nettement plus montagnarde.

Pratique

  • A partir de Digne, rejoignez Blieux par la N 85 (route Napoléon) en direction Castellane. Après Barrême et Senez, prenez la D 21 à droite jusqu'à Bileux.
  • A partir du sud (sortie Cannes de I-A 8), empruntez la N 85 via Grasse puis Castellane en direction de Digne. Entre Castellane et Senez, la D 21 à gauche conduit à Bileux. Traversez le village et poursuivez jusqu'au Bas-Chaudoul. Vous trouverez un parking à la fin de la route goudronnée. Au départ en « Y » de deux pistes.
  • La balade commence quelques dizaines de mètres avant le parking. Suivez le balisage jaune. Une "grosse" balade réservée aux randonneurs confirmés. Un itinéraire de 12 km de long et de 950 m de dénivelé. Le sentier est praticable de mai à novembre.
  • A Bileux : ruines médiévales, le vieux pont sur l'Asse, deux églises dont une du XIIe siècle, nombreuses autres balades.
  • A Castellane : site géologique aménagé au col des Lèques et musée des Siréniens au village.
  • A Senez : église romane.

Le Chalvet (lacs et montagnes du Verdon)

Trésors des moissons et des forêts

A l'extrémité nord du Parc naturel régional du Verdon, le Chalvet accueille l'une des plus belles forêts du territoire. A ses pieds, l'agriculture de montagne préserve encore quelques rares plantes des moissons.
Le Chalvet est le plus septentrional des reliefs préalpins du Parc.
  • Sortez du village par le nord (balisage jaune). Au premier croisement de piste (pylône EDF) prenez à gauche.
La piste longe les cultures classiques de ces basses montagnes de Haute-Provence : blé dur, lavande, sainfoin, pré de fauche... Elles hébergent encore des espèces messicoles (littéralement, qui habitent les moissons), en forte régression dans les zones d'agriculture intensive. Vous repérez facilement les capitules du bleuet qui ponctuent les champs de blé. Il vous faudra un peu plus d'attention pour identifier le discret, mais commun ici, buplèvre à feuilles rondes (feuilles vert glauque, arrondies en cornet, engainant la tige).
Les messicoles strictes ont un secret de taille, celui de leur origine. En effet, vous ne les voyez jamais en dehors des cultures. Il faut pourtant bien qu'elles viennent de quelque part ! Car, même si elles se sont probablement un peu adaptées au fil du temps, on sait qu'une évolution significative demande un délai plus long que les quelques milliers d'années du développement de l'agriculture. On devrait donc trouver des messicoles, ou leurs très proches ancêtres dans des milieux naturels. Mais où les chercher ? Et dans quel milieu ? Une ou deux réflexions peuvent vous mettre sur la bonne voie.
Nombres de plantes messicoles ne sont pas originaires d'Europe, mais ont été importées en même temps que l'espèce cultivée. C'est donc dans leur contrée d'origine qu'il faudra les débusquer. Quant au milieu, on cherchera des conditions ressemblant à celles qui règnent dans un champ cultivé : un sol meuble (du fait du labourage) et riche (du fait de l'engraissement), une "remise à zéro" régulière à chaque cycle de culture.
Alors, à votre avis, où peut-on trouver des conditions naturelles qui rappellent celles-ci ? L'hypothèse la plus probable est que les ancêtres des messicoles se développent dans les alluvions des fleuves et rivières régulièrement soumis à des crues.
  • Juste après la traversée d'un ravin avec une source captée (petit édifice bétonné), prenez le sentier à gauche.
Vous longez un champ de lavande fine, avant un passage en sous-bois. Puis la fin de l'ascension se fait dans une lande à genêts.
  • En débouchant sur la crête, longez-la sur la gauche jusqu'à la table d'orientation. Rejoignez la route goudronnée et amorcez la descente.
La forêt, très riche, dans laquelle vous pénétrez héberge une petite population de tétras-lyre.
  • Dans un virage à gauche, repérez sur la droite le panneau "Parapente" et suivez le sentier qui mène à l'aire de décollage. Continuez à descendre par un sentier à droite.
Au milieu de la descente, un court aller-retour permet de découvrir le trou de Chalvet , formé de l'excavation des terrains meubles sous un pli de calcaire. Vous profitez également d'une belle vue sur le Lac de Castillon, la retenue du Verdon la plus en amont. Au nord-est, admirez l'entrée de la vallée du Haut-Verdon et les sommets qui la bordent.
  • En arrivant à la route Moriez-Saint-André, prenez le sentier qui la longe jusqu'à Moriez.

L’océan

Les "robines", qui donnent leur nom au petit col, sont les ravins de marnes noires que vous découvrez sur la gauche. Cette formation géologique raconte toute une histoire. On trouve, à la surface de la terre, deux grands types de roches. Les calcaires, tous ou presque d'origine biotique (fabriqués par des organismes vivants, végétaux ou animaux), et les roches siliceuses, comme le granite, constitutives de la croûte terrestre éruptive (issue du volcanisme). Au fil du temps, l'érosion attaque ces roches qui, sous forme d'alluvions, finissent par sédimenter dans les points les plus bas, les mers et les océans. Les marnes sont un mélange d'argiles (d'origine siliceuse) et de calcaires. Premier enseignement, leur présence témoigne d'une ère géologique où la région était recouverte d'un océan, et celui-ci était bordé de reliefs volcaniques. C'était le cas au milieu de l'ère secondaire (il y a plus de 120 millions d'années). Maintenant, les choses se compliquent un peu. Quand on s'enfonce dans les profondeurs d'un océan, les conditions physiques et chimiques changent. Sans entrer dans le détail, retenez simplement que les calcaires sont rapidement dissous et ne peuvent donc se déposer au-delà d'une certaine profondeur. Parallèlement, les débris organiques (qui contiennent du carbone) ne sont plus recyclés quand l'oxygène disparaît. Ils se déposent alors sous forme non oxydée de couleur généralement noire. Comme la quantité d'oxygène diminue avec la profondeur, la présence de marne (donc de calcaire) et de matière organique noire indique que nous sommes au-dessus de la limite où le calcaire est totalement dissous, mais en dessous de celle où il n'y a plus d'oxygène. Vous suivez ? Voilà pourquoi, vous pouvez en déduire que si la machine à remonter le temps vous ramenait 150 millions d'années en arrière, vous seriez en train de vous noyer à 500 m de profondeur !

Anecdotes

Situation paradoxale que celle des plantes messicoles, étroitement dépendantes d'une agriculture qui leur mène une guerre sans merci. La loi de 1976, fondement de la protection juridique française  ne s'applique pas aux parcelles cultivées. Il faut donc se tourner vers des conventions volontaires ou des textes européens pour tenter de sauvegarder cette flore.
Si vous voulez une conversation un peu animée, parlez du tétras, qui tant à disparaitre parce que personne le protège, ou du loup, qui lui, est de retour et déchaine les passions.

Pratique

  • A partir de Digne, prenez la N 85 vers le sud jusqu'à Barrême et la N 202 pour rejoindre Moriez (à 10 km de Barrême). A partir de Nice prenez la N 202 vers le nord via Puget-Théniers, Annot, Saint-André-des-Alpes.
  • Moriez est encore accessible par le "train des Pignes", au départ de Digne ou de Nice. Garez votre véhicule dans le village (ou sortez de la gare et rejoignez le cœur du village)
  • Le départ se fait dans le village par une rue vers le nord-est. Suivez le balisage jaune. Cette balade est longue (12 km) et difficile. Comptez au moins 4 h 30 ; il y a 650 m de dénivelée. Privilégiez le printemps ou l'automne. En été, la balade, en grande partie ombragée. Peut être faite tôt le matin.

Ravin des Gravières (lacs et montagnes du Verdon)

Vieux murets et belles montagnes

C'est à la découverte de la flore, de la faune des basses montagnes de Provence, mais aussi à celle de notre histoire, que vous invite cet itinéraire sauvage et paisible dominé par un spectaculaire plissement calcaire.
Le ravin des Gravières draine le Teillon, partie de la charnière calcaire entre les départements du Var, des Alpes-Maritimes et des Alpes-de- Haute-Provence.
  • Vous partez de la route nationale, au milieu du village, en face de l'auberge, par le sentier fléché "Soleilhas - Le Teillon".
La première partie grimpe dans le coteau bien exposé au sud. Les murets qui bordent le chemin ou soutiennent les terrasses, maintenant en friches, rappellent le temps, pas si lointain, où une petite agriculture de montagne modelait les abords des villages. La flore qui se développe est un mélange d'espèces opportunistes. Les petites fougères colonisent les interstices des murs. Des plantes comme le thym et le genêt occupent les cultures abandonnées. Des mauvaises herbes (chardons, achillées, ronces) que les travaux agricoles favorisaient, sont également présentes. En hiver, le rouge-gorge, fera un bout de chemin avec vous, voletant de buisson en buisson.
Au sommet de l'ascension, le sentier pénètre dans une pinède sylvestre. Forêt claire, elle permet le développement d'un sous-bois varié, riche en espèces arbustives. Le buis, omniprésent, est accompagné par l'aubépine, l’alisier blanc et plusieurs espèces d'églantiers - on en compte une demi-douzaine. Regardez la forme des épines, froissez et sentez les feuilles. Odeur de résine ? De pomme verte ? Ou pas d'odeur ? Observez la couleur des fleurs et la forme des sépales, les "pétales" verts qui forment le calice dans lequel est posée la fleur.
  • Au croisement de pistes : à droite en suivant le balisage jaune.
A la sortie de la forêt, vous changez de décor avec une traversée à flanc de coteau sur un éboulis plus ou moins stabilisé. Ce paysage un peu désolé, avec ses touffes éparses de graminées, est une mine d'espèces originales qui ont en commun de réussir à se développer dans ce sol aride, grossier et mouvant. Au printemps, vous repérerez les grosses fleurs roses de quelques pieds de pivoine.
Observez, quand vous traversez le ruisseau, un grand chardon aux feuilles entières et aux petites fleurs pourpres, véritable aimant à papillons au moment de sa floraison. Fin mai, vous pourrez y surprendre l'apollon, espèce protégée, à côté des plus classiques mélitées et tabac d'Espagne.
  • 30 m après la traversée du ruisseau, prenez à droite, en suivant toujours le balisage jaune et le panneau "La Garde - Chapelle Saint-Martin". A gauche vous rejoignez le sommet du Teillon. Le détour vaut le coup, mais attention, il s'agit d'un long aller-retour (compter 3 bonnes heures). Sur les pelouses du Tell. Ion, les troupeaux sont protégés par des patous (grands chiens qui vivent avec le troupeau). Ils ne vous poseront aucun problème pour peu que vous ne pénétriez pas dans leur périmètre de sécurité (quelques dizaines de mètres autour du troupeau).
Vous retrouvez une pinède mixte. Sa situation fraîche (elle est située à l'ubac, le versant exposé au nord) en fait un habitat pour l'un des plus discrets rapaces nocturnes, la chouette de Tengmalm. C'est là aussi que vous dérangerez les petites troupes de mésanges huppées, grégaires (et bruyantes !) en hiver. Le début du passage de la barre rocheuse est marqué par une spectaculaire lame calcaire qui domine La Garde. De l'autre côté de la vallée, vous découvrez la chapelle Sainte-Anne au clocher couvert de tuiles vertes, étrangement solitaire au sommet de son mamelon. Dans les fissures de ce paysage minéral, quelques spécialistes s'accrochent. A côté des discrètes fougères, vous repèrerez plus facilement les petites clochettes de la campanule à grosse racine, les grandes hampes de fleurs blanches du saxifrage ou les petites boules bleues de la globulaire.
Le crave à bec rouge joue avec les courants thermiques que génère la falaise, alors que l'aigle royal, présent toute l'année, partage le plein ciel d'été, avec le circaète pour lequel les coteaux rocailleux où se prélassent les vipères représentent un garde-manger de choix.
Tôt le matin, vous vous émerveillerez toujours des acrobaties des chamois qui semblent se jouer de la pesanteur.
  • Au bas de la descente, quand le sentier rejoint un chemin carrossable, un court aller-retour sur la gauche permet de découvrir la petite chapelle Saint-Martin, humblement nichée au pied de    cette oppressante géologie. Juste après le passage de la nationale, vous traversez une intéressante zone humide.
Ce bas-fond détrempé est colonisé par les roseaux dans lesquels peut nicher le busard.
Au bord de la roseraie, vous découvrez le cortège classique des plantes de ce milieu avec une grande menthe, à l'odeur pas terrible, l'eupatoire à feuilles de chanvre, le grand cirse de Montpellier ou la colchique d'automne, espèces dominées par les saules et les frênes. Ce petit havre de paix n'est troublé qu'au printemps quand, dans une incroyable cacophonie, crapauds et grenouilles rivalisent de coassements pour attirer leur belle.
La fin de l'itinéraire dans les rues du village dévoile le charme de plus en plus désuet de vieux murs encore colonisés par la pariétaire et la stellaire, et où flemmarde le souffre-douleur préféré des chatons, le petit lézard des murailles.

Anecdote

Mythe ou réalité : Rarissime, inoffensive et totalement protégée, la vipère d'Orsini n'est connue que dans quelques massifs de Provence, mont Ventoux et montagne de Lure principalement. Elle est mentionnée çà et là par la littérature, comme ici sur les flancs du Teillon. Elle n'a cependant pas été (re)trouvée lors des recherches spécifiques effectuées dans ce secteur pour la mise en place du réseau Natura 2000.

Pratique

  • A partir de Digne, suivez la N 85 (route Napoléon) jusqu'à Castellane. Continuez sur 5 km sur cette même route en direction de Grasse-Cannes pour rejoindre La Garde. A partir de Grasse ou de Cannes, La Garde se trouve juste avant Castellane, après La Bâtie. Garez votre véhicule dans le village.
  • La balade commence au milieu du village, au-dessus de la N 85. Suivez le balisage jaune. Comptez 3 h30 pour effectuer cette balade longue de 6 km, comportant une dénivelée notable de 350 m. Attention, l'itinéraire comporte un passage très raide et caillouteux ; de bonnes chaussures de marche sont indispensables. L'itinéraire est praticable de mai à novembre.
  • La Garde : chapelle Saint-Anne.
  • Castellane : nombreuses possibilités de sports d’eaux vives.

Le sentier des pêcheurs (gorges du Verdon)

Dans le secret des gorges

C'est à une plongée dans le secret des Gorges du Verdon que ce circuit vous convie. Le fond de cette vallée encaissée, frais et boisé, est encadré par les austères mais originales cascades de tufs illustrant la géologie en marche.
  • Empruntez le sentier vers l'amont (côté La Palud).
La descente, assez raide, se fait sur un coteau bien exposé à l'ambiance méditerranéenne. Le chêne vert domine. Sur les affleurements, ce sont les espèces aromatiques. Mais c'est le sous-bois qui, à l'automne, retiendra votre attention avec une débauche de couleurs à rendre terne le plus bariolé des carnavals de Rio. Trois "m'as-tu-vu" se disputent la parure la plus criarde. Le cornouiller sanguin, qui ne doit pas son qualificatif au hasard, explose jusque dans ses jeunes rameaux. Les érables, aux feuilles à cinq lobes bien caractéristiques, déclinent toute la palette des jaunes. Les feuilles du fustet, outre leur couleur rouge vif à l'automne, se distinguent aussi par leur ovale régulier, porté par un long pétiole, et par l'odeur de mangue (pour ceux qui connaissent !) qu'elles dégagent quand on les froisse. Il doit son autre nom d'arbre à perruque à l'aspect de son inflorescence pyramidale et plumeuse qui rappelle les "choucroutes" qui ornaient les têtes de la cour sous Louis XIV.
  • Des sentiers de chasseurs, de pêcheurs ou de sangliers — c'est fou le monde qu'il y a dans ces gorges ! — croisent le chemin principal. Veillez bien à suivre le balisage jaune tout au long de cet itinéraire.
Le sentier contourne une paroi. Ce monde vertical et minéral héberge une faune et une flore rare mais remarquables. Le faucon pèlerin y niche, le tichodrome s'y rencontre. Ce superbe oiseau, de la taille d'un merle, est gris-noir avec le bord d'attaque de l'aile marqué d'une large bande rouge. Il arpente inlassablement les falaises pour fouiller, de son bec long et fin, les fissures à la recherche d'insectes. Certains des genévriers de Phénicie, trapus tortueux, qui s'agrippent à une fente pourraient être âgés de plus de 2 000 ans, selon les premières estimations d'un spécialiste. La potentille caulescente, une autre spécialiste des parois, se reconnait à la persistance des parties fanées, ce qui donne l'impression qu'elle se développe sur un coussin de feuilles mortes.
Au fond des gorges, vous accédez au Verdon dont le fond de galets, parsemé de gros blocs, abrite l'apron. Ce petit poisson, long de 15 à 20 cm à taille adulte, était autrefois présent dans tout le bassin du Rhône. Il est aujourd'hui en forte régression et ne semble plus subsister que dans la Durance et ses affluents.
La bergeronnette des ruisseaux, petit trublion à la longue queue dont les mouvements saccadés lui valent le surnom de "hoche-queue", et la couleuvre vipérine (totalement inoffensive), tapie au fond d'un trou d'eau calme, sont d'autres hôtes fréquents, et plus facilement observables des lieux.
  • La remontée depuis le fond des gorges se fait sur un sentier à proximité de cascades. Sortir de ce sentier principal est interdit à l'intérieur de la Réserve naturelle de Saint-Maurin.
Le travertin, l'autre nom du tuf, est une formation caractéristique et spécifique des terrains calcaires. Tout commence sur les plateaux qui surplombent les gorges. La pluie, en tombant, se charge de gaz carbonique présent dans l'air, ce qui l'acidifie. Ces précipitations attaquent et dissolvent le calcaire (comme le vinaigre dissout le tartre). Au fil des millions d'années, cette dissolution forme en surface les lapiaz, des dolines ou des avens, caractéristiques des reliefs karstiques (du nom d'un massif calcaire d'Europe centrale où tous ces phénomènes ont été étudiés). L'eau, chargée de calcaire, s'infiltre jusqu'à ce qu'elle rencontre une couche argileuse étanche qu'elle suit, formant alors un véritable réseau hydrographique souterrain qui finit par retrouver l'air libre au niveau d'une source. Les conditions physiques et chimiques (température, pression, oxygénation...) changent alors brusquement ce qui provoque la précipitation du calcaire dissous (comme le tartre autour du bec d'un robinet). Celui-ci "encroûte" alors la végétation éclaboussée par l'écoulement. Le tuf, ou travertin, est le résultat de ce phénomène : roche brune tendre et poreuse formée de restes végétaux "engangués" de calcaire. Les tufs sont une aide précieuse pour les archéologues qui, datant et en identifiant les empreintes des feuilles, peuvent reconstituer l'évolution de la végétation, et partant, du climat.
  • La fin de l'ascension débouche sur un plateau.
Le fond du plateau (sous la route) a présente des pelouses à Brachypodes de Phénicie et sont riches en orchidées.
  • La fin du parcours se fait sous la route, parallèlement à celle-ci.
En regardant le versant de l'autre côté de la rivière, vous distinguerez trois verts différents correspondants aux trois végétations dominantes du Verdon. Vert tendre pour la hêtraie dans les zones les plus ombragées, vert-gris glauque pour la chênaie verte sur les coteaux les plus secs et les plus chauds, vert franc pour la chênaie pubescente entre les deux.

Anecdotes

La Réserve naturelle régionale de Saint-Maurin abrite de nombreuses espèces remarquables sur le plateau de travertin : la fougère scolopendre, par exemple, rare et protégée dans la région ; une grande variété d'espèces de chauves-souris également. Ces mammifères vivent dans les anfractuosités et dans les grottes. Veillez à ne pas les déranger car cela peut leur être fatal. Le travertin étant une roche très friable, ne sortez pas des sentiers au risque de modifier l'écoulement des eaux de pluie et ainsi de perturber tout un écosystème.
Le buis a joué un grand rôle dans l'économie du Verdon et a permis, grâce à la grande taille qu'il atteint dans le fond des gorges, le développement de toute une petite industrie d'un bois fin et dense. Les escaladeurs racontent qu'il n'est pas un secteur du Verdon dont les parois n'aient été équipées par les ramasseurs "voltigeurs". Un artisanat du bois tourné est encore bien présent Aiguines, sur la rive gauche du Verdon à la sortie des gorges. On raconte que es boules de buis cloutées fabriquées dans ce village furent les premières boules de pétanque.

Pratique

  • A partir de Manosque et de l'A 51, par le plateau de Valensole, prenez la D 4 puis la D 6 jusqu'à Riez Suivez ensuite la D 952 pour rejoindre les gorges du Verdon via Moustiers-Sainte-Marie. A partir du sud et de l'A 8, rejoignez Aups et le lac de Sainte-Croix. Contournez le lac par l'est et prenez à droite vers la Palud-sur-Verdon par la D 952 Garez votre véhicule au parking du col de l'Olivier.
  • A partir du parking, empruntez le sentier vers l'amont. Suivez le balisage jaune. Comptez 3 heures pour effectuer les 7 km de cet itinéraire dénivelé de 100 m). La meilleure période pour découvrir le site va du printemps à l'automne.

 Le tour du Breis (Gorges du Verdon)

 Au pays des vautours

Sur les hauteurs de Trigance, cet itinéraire parcourt la charnière qui sépare le Haut-Var du Verdon. Une vue imprenable sur ce dernier et le contraste des végétations concourent à l'intérêt de cette balade.
  • Entrez dans Trigance jusqu'à la place avec le bar et la boulangerie et montez à gauche pour rejoindre la route sous le château. Prenez à gauche pour sortir du village par une piste vers l'ouest (poteau indicateur du Conseil général). Prenez à droite, entre deux villas, un sentier balisé en jaune. Attention, il y a de nombreux croisements et embranchements, surveillez bien le balisage.
Le sentier monte et franchit la barre rocheuse qui marque la crête. Dans ce passage entre des parois calcaires, vous découvrez, à la hauteur du regard, tout le petit monde des anfractuosités. Trois espèces de sedums et quatre de fougères se disputent l'humidité des fissures. Avec un bonheur égal, semble-t-il, ces deux groupes ont développé des stratégies bien différentes pour résister à la sécheresse estivale. Les fougères font le gros dos. Elles effectuent leur cycle de l'automne au printemps et survivent, toutes rabougries, en se desséchant l'été. Les sedums, ou orpins, petites plantes grasses, gorgent leurs feuilles d'eau, qui ressemblent alors à de petits doigts boudinés, et vivent sur ces réserves.
Juste après la crête, en face, sur la gauche, dépassant du versant où s'engage le sentier, repérez la barre de l'Aigle. C'est dans cette falaise qu'ont été relâchés les premiers vautours fauves réintroduits dans le Verdon. Cet oiseau est l'un des plus grands rapaces français ; il peut atteindre 2,80 m d'envergure. Charognard exclusif, il a longtemps profité des pertes de l'élevage ovin. Mais tout change avec la mise en place de l'équarrissage obligatoire qui, en interdisant l'abandon des cadavres de brebis dans la nature, dégarnit fortement le contenu du garde-manger des vautours. Au début du XXe siècle, le braconnage et les empoisonnements finissent le travail et le vautour disparaît du ciel du Verdon entre les deux guerres. Dans les années 1990, l'association "Vautours en Haute-Provence", en partenariat avec la commune de Rougon, l'ONF et le Parc, réintroduit les premiers couples. Cette réintroduction «gagnante», (des reproductions sont rapidement observées), est suivie quelques années plus tard par celle du vautour moine. À ce jour, une centaine de ces vautours rejoints (naturellement) par le percnoptère, survolent régulièrement le site.
  • Le sentier traverse tout le versant à flanc de coteau.
Au début de cette traversée, vous observez de nombreux pins morts ou dépérissant. Ce phénomène témoigne de la sécheresse sévère qui sévit depuis le début des années 2000. Dans les zones les moins favorables pour lui, comme ici où le sol maigre et caillouteux retient mal l'eau, le pin peine à trouver sa pitance. S'il peut supporter un régime sec quelques années, il finit cependant par succomber si la sécheresse se prolonge trop longtemps.
En descendant, progressivement, les choses s'arrangent. Le sol devient plus profond et vous évoluez alors dans une belle forêt mixte de chênes et de pins sylvestres. En automne, ces forêts sont une aubaine pour les cueilleurs de champignons. Prudence cependant, d'une part les abus de quelques-uns (qui pillaient littéralement le sous-bois) ont amené certaines communes à réglementer la récolte et, d'autre part, vous trouvez à côté des délicieux sanguins, la spectaculaire, mais redoutable amanite tue-mouches.
  • Le sentier rejoint une piste forestière. Suivez-la, à gauche en montée, puis prenez un sentier en crête. Devant, sur la gauche, repérez le Breis que vous contournez par un petit col.
La lisière de la forêt, au bord de la piste, est tapissée des petites feuilles luisantes, vert sombre, du raisin d'ours. Avec la busserole, son autre nom, rien à jeter ! Les feuilles sont réputées comme antiseptique urinaire, les fruits sont comestibles (mais un peu fades et astringents lorsqu'ils sont crus), et vous pouvez encore utiliser les rameaux en teinturerie.
En arrivant sur la crête, vous découvrez, sur la droite, le village de Rougon appuyé sur un piton rocheux et le grand canyon du Verdon qu'il domine.
  • Passé le col, le sentier débouche sur un "plan".
La végétation, herbe rase parsemée de "refus" de chardons ou de genêts, signale que vous êtes dans un secteur d'élevage, pâturé aux demi-saisons.
  • Le sentier rejoint une piste que vous suivez, le temps de passer devant un hameau, avant de prendre à gauche une autre piste puis, à droite, un sentier qui descend vers Trigance.
Dans la descente finale, exposée plein sud, notez la différence de végétation avec la forêt qui couvre l'ubac. Ici, c'est le domaine des plantes méditerranéennes. Le thym et la sarriette colonisent les anfractuosités,

Anecdotes

Des restes de cônes rongés au pied d'un pin sont l'indice le plus fréquent de la présence de l'écureuil, mais discret acrobate. Actif toute l'année, l'écureuil est plutôt solitaire en dehors de la reproduction. Il est présent dans toutes les Forêts jusque vers 2 000 m.
Egoïste, bête et vandale. Comment qualifier autrement l'attitude, pourtant malheureusement trop fréquente, qui consiste à arracher ou écraser tout champignon inconnu ou non comestible ? Et si on se contentait du seul plaisir de la découverte et de l'observation ?

Pratique

  • Trigance est situé sur la rive gauche du Verdon. A partir de la côte (sortie 'Le Muy" de l'A 8). Suivez la N 555 vers Draguignan puis la D 955 jusqu'à Comps-sur-Artuby. De là, continuez sur la D 955 en direction de Castellane. Surveillez à gauche la petite D 90 qui mène à Trigance. Un parking est aménagé à l'entrée du village.
  • Entrez dans le village jusqu'à la place avec le bar et la boulangerie et montez à gauche jusqu'à la route sous le château. Suivez le balisage jaune. Comptez 3 heures pour effectuer les 7 km de cet itinéraire (350 m de dénivelée). La balade est agréable toute l'année. Attention, l'itinéraire est enneigé quelques jours par hiver.

Le Verdon, un territoire exceptionnel et fragile

Afin de le préserver, mais aussi pour votre sécurité, suivez ces quelques conseils :
  • au bord du Verdon, prenez garde aux brusques variations du niveau d'eau liées aux lâchers des barrages hydroélectriques et ne traversez pas la rivière.
  • Les incendies menacent les forêts du Verdon ! N'allumez pas de feu dans les espaces naturels (cigarette, feux de camps, barbecue, etc. peine encourue : 135 € ). En cas de départ de feu, alertez les pompiers.
  • Le camping sauvage, sous quelque forme que ce soit (tente, caravaning...) est interdit sur les berges des lacs et dans les gorges. En dehors des zones où le camping est règlementé, il vous faut l'autorisation du propriétaire.
  • En montagne, comme dans les gorges, la météo change vite. Attention aux orages et à la montée des eaux ! Renseignez-vous pour les alpes de Haute Provence.
  • En milieu naturel, restez sur les zones aménagées, les chemins et les sentiers!
  • Ramenez vos déchets!! Laissez les lieux aussi propres que vous souhaiteriez les trouver en arrivant. Le papier toilette met plus de 3 mois pour se dégrader, un sac en plastique jusqu'à 800 ans !
  • Soyez prudents au volant. Il est dangereux de filmer en conduisant ou de s'arrêter sur le bas-côté de la route pour admirer le paysage, cela peut entraîner des bouchons, voire des accidents.
  • Évitez de prélever des plantes, même la lavande (c'est une production agricole, demandez l'autorisation). Nombreuses espèces sauvages sont protégées. L'extraction de fossiles est interdite.
Pour une découverte respectueuse des richesses patrimoniales du territoire, nous comptons sur votre civisme !

Saint-Pancrace - Digne
Digne
Vallée de la Bléone - Digne
Digne
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