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La flore dans le Verdon

​Le Verdon au naturel

On recense sur le territoire du Parc naturel régional du Verdon près de 2 000 espèces de plantes vasculaires. (Les plantes vasculaires comprennent les végétaux munis de vaisseaux conducteurs de sèves. Ce sont les fougères, les conifères et toutes les plantes à fleurs (pour un botaniste, les « herbes » et les arbres sont des plantes à fleurs). On les appelle aussi les végétaux « supérieurs » ou « rhizophytes » (littéralement « plantes à racines ») par opposition aux mousses ou aux algues, dépourvues de vaisseaux conducteurs et de racines).
« Compter fleurettes, la belle affaire !... Mais encore ? »
Eh bien, 2 000 espèces de plantes, c'est près du tiers de ce que l'on peut trouver en France, ou encore, plus que n'en hébergent toutes les îles Britanniques. C'est donc une extraordinaire diversité que recèle le Verdon, ce qui, sur un territoire représentant à peine le quart d'un département, mérite que l'on s'y attarde un instant.
Prenant sa source à 2 325 m au col d'Allos, le Verdon hérite de l'histoire géologique, nous y reviendrons, une orientation grossièrement nord-sud dans sa partie alpine avant d'infléchir son cours plein ouest entre Saint-André-les-Alpes et Castellane. Il traverse alors le Grand Canyon, forme le lac artificiel de Sainte-Croix, entre le plateau de Valensole et les collines du Haut-Var et, enfin, parcourt les basses gorges pour se jeter dans la Durance à Vinon-sur-Verdon, à une altitude de 260 m. Cette partie est-ouest qui forme plus ou moins la frontière administrative entre les Alpes-de-Haute-Provence et le Var est aussi, pour les naturalistes, un important foyer de biodiversité.

Création du Parc Naturel Régional du Verdon

C'est ce territoire contrasté, naturellement riche et relativement peu peuplé, que couvre le Parc naturel régional du Verdon. Créé en 1997 il compte environ 21 000 âmes, et réunit 45 communes qui couvrent un peu moins de 180 000 hectares (soit, histoire de se faire une idée, un rectangle d'environ 60 km par 30). Il a pour vocation de concilier la préservation de cet environnement et le développement économique d'une région longtemps oubliée de tous. Les deux composantes, humaine et naturelle, concourent à la richesse du Verdon. Côté naturel, c'est une longue histoire, celle de la Terre. On y voit se mettre en place les roches et les reliefs qui forment le décor. Puis, comment les bouleversements climatiques, qui se succèdent de la fin de l'ère tertiaire à nos jours et dont la flore garde encore les traces, ont fait évoluer la végétation qui habille ce décor. Côté humain, c'est une mémoire inscrite dans les paysages et la diversité.
À la richesse naturelle, se sont rajoutés les effets d’une présence humaine plurimillénaire. L'élevage extensif, par l'entretien de milieux ouverts, et certaines cultures comme, par exemple, l'olivier ou la truffe ont pérennisé la présence de prairies rases et sèches, naturellement rares en haute Provence. Les reliefs contraignants, en limitant le développement de l'agriculture intensive, et le relatif isolement allié à la faible démographie ont préservé, jusque dans les années 1980, ce riche héritage.
Depuis 20 ans cependant, le tourisme et l'urbanisation, grands consommateurs d’espaces naturels ainsi que l'évolution de l’agriculture, entre déprise en montagne et uniformisation en plaine, concourent à une fragilisation et un appauvrissement de cette diversité.
La maîtrise de l'urbanisation, l'encadrement du développement touristique et l'accompagnement de la mutation agricole sont autant de défis que le Parc devra relever pour préserver la richesse floristique et toute la biodiversité de son territoire.
Comprendre le Verdon, c'est d'abord retracer brièvement son histoire géologique, qui se confond avec celle de la Provence, puis imaginer la nature au temps des glaciations avant de voir enfin comment le grain de sel mis par l'Homme a relevé un peu la sauce.

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Il était une fois, il y a bien longtemps... ... la géologie

Compliquée, la géologie ? Vous plaisantez ! Dans le Verdon, rien de plus simple. Une origine marine, deux petits coups de boutoir des Pyrénées, puis des Alpes et le tour est joué.

Une origine marine

Tout commence à la fin de l'ère primaire. Par le jeu de la « dérive des continents », toutes les terres émergées sont réunies en une seule, du nom de Pangée, située entre le pôle sud et les tropiques. La Provence est alors une plateforme aplanie par l'érosion, faiblement inclinée vers la mer, quelque part au nord-ouest de la Pangée. Au début de l'ère secondaire, il y a environ 240 millions d'années, la période du Trias voit la fracturation de la Pangée (toujours la dérive des continents) qui s'accompagne d'un envahissement marin de la plateforme provençale, en plusieurs épisodes de « va-et-vient ». Lors des phases de retrait, les « flaques » laissées par la mer s'évaporent laissant d'immenses couches de sel et de gypse dont on retrouve la trace à Saint-Jurs (carrière de gypse) ou près de Castellane (sources salées). Au milieu de l'ère secondaire, appelée Jurassique (comme pour un autre Parc !), la mer est bien installée. Dans cette zone de faible profondeur, et avec le climat tropical qui règne alors, se développe une vie intense (les coraux fossilisés que l'on trouve autour de Moustiers-Sainte-Marie vivaient à cette époque).
Pendant 70 millions d'années se déposent au fond de cette mer les restes des animaux qui la peuplent. Sous le poids des sédiments, le plancher de la mer se déforme et s'enfonce, on parle de « subsidence », exactement comme un matelas pneumatique dans une piscine sur lequel on chargerait un par un des galets. Si bien que ce sont des milliers de mètres de sédiments qui s'accumulent et, enfouis à grande profondeur, se transforment progressivement en calcaires.
L'essentiel des argiles et des marnes présents dans le Verdon en bancs stratifiés, provient de la « décalcification » des calcaires ou d'un changement du niveau de la mer (qui modifie également le « régime » de sédimentation). Une autre origine plus locale correspond, à l'aplomb de l'embouchure des fleuves, par exemple, à des alluvions arrachées aux continents voisins, de composition beaucoup plus riche en silice.

Les roches rencontrées

Çà et là, très localement, du gypse, de la dolomie (une « sorte » de calcaire riche en magnésium qui se forme dans des lagunes chaudes et peu profondes sous un climat tropical), des marnes et des argiles. Mais ce sont bien les calcaires, qui, sauf pour le plateau de Valensole, structurent le paysage, en particulier, ceux compacts et épais, déposés au Jurassique qui forment la plupart des grandes barres et falaises du Verdon.

Un premier bouleversement

Le Crétacé, dernière grande période de l'ère secondaire, est le moment choisi par l'Afrique, issue de la fracturation de la Pangée, pour venir percuter le sud de l'Europe. Ce choc puissant comprime toute la région, relevant le fond de la mer et plissant les sédiments accumulés. Les Pyrénées s'érigent, ainsi que, en Provence, toute une série de chaînons parallèles de même orientation est-ouest. Ce sont les collines qui entourent Marseille (Estaque, chaîne de l'Étoile,...), les Alpilles ou, visibles du Parc, le Luberon et la montagne de Lure. Le cours du Verdon, au fond d'un de ces plis est-ouest entre Castellane et Vinon est un autre témoignage de ce premier bouleversement.

Le grand chambardement

Le début de l'ère tertiaire (il y a 65 millions d'années) est « continental », toute la Provence est émergée. Mais, rapidement (à l'échelle des temps géologiques) un relâchement de la compression « pyrénéenne » permet un retour partiel de la mer avant que, durant le reste de cette période (et encore de nos jours), une nouvelle compression, provoquée par la remontée de l'Italie qui vient s'encastrer dans l'Europe, crée le plissement des Alpes du Sud. En haute Provence, l'émersion des terres devient définitive à la fin de l'ère tertiaire, et les reliefs nord-sud des Préalpes, Montdenier, Chiran... se mettent en place. Un dernier épisode voit le comblement d'une vaste cuvette, située juste devant les Préalpes, par les alluvions issues de ces reliefs tous neufs. Pendant quelques millions d'années, le plateau de Valensole (c'est de lui qu'il s'agit) se comble (avec un phénomène de subsidence), pendant que se creusent les canyons et les gorges.

Le karst

Au fil du temps, l'érosion fait son travail en attaquant les reliefs et les roches qui les composent. C'est ainsi que la pluie est à l'origine, par dissolution des calcaires, des avens, des dolines, et de tout un réseau hydrographique souterrain. L'ensemble de ces phénomènes « karstiques » (le Karst est un plateau de Croatie où ces phénomènes ont été étudiés) a plusieurs conséquences pour la flore.
Sur les plateaux, les dolines sont des dépressions herbeuses, souvent circulaires, correspondent à une fuite plus ou moins totale du calcium. Le fond de la doline est tapissé par les impuretés argileuses que contenaient ces calcaires dissous, et peut donc héberger des espèces calcifuges (qui fuient le calcaire), par définition rares sur le territoire du Parc. Plus fertiles que les calcaires purs environnants, elles ont toujours été recherchées par l'homme pour y installer des cultures ou faire pâturer le bétail. En altitude, elles font office de « piège à neige », et s'enrichissent de plantes alpines.
D'une manière plus générale, la transformation de ces plateaux en « gruyère » permet à la pluie de s'infiltrer rapidement en profondeur, avant que les végétaux ne puissent pleinement en profiter, ce qui renforce l'aridité méditerranéenne. Mais cette eau constitue aussi une réserve profonde, larguée progressivement tout au long de de l’année par les sources et les résurgences au pied des falaises où elle (re)dépose son calcaire sous forme de vasques, de cascades et d'entablements de tuf. Dans ces milieux baignés par une humidité relativement constante toute l'année, mousses, fougères ou laîches peuvent résister à l'aridité méditerranéenne.

Evolution des végétaux

Aux temps géologiques se superpose l'évolution des végétaux. L'ère secondaire est celle des conifères. Les espèces qui forment la flore actuelle n'existent pas encore. Les fossiles et la géologie nous permettent de reconstituer le climat de l'époque, chaud en Provence, mais on est cependant un peu trop loin dans le temps pour que celui-ci se révèle déterminant dans la composition de la flore actuelle. Tout au plus trouve-t-on dans cette époque les ancêtres de toute la flore européenne, la fracturation de la Pangée induisant des évolutions continentales indépendantes. Les plantes à fleurs, qui dominent la flore de nos jours, ne prennent leur plein essor qu'au début de l'ère tertiaire, et il faut attendre la fin de celle-ci pour que toutes les espèces actuelles soient là. Inutile donc de s'attarder sur le climat, assez chaotique au demeurant de tout le début de cette ère tertiaire. Et nous voilà revenus là où nous avions laissé notre histoire géologique. La transition Miocène-Pliocène, les deux dernières « divisions » de l'ère tertiaire, il y a 5 à 6 millions d'années, voit deux événements majeurs qui vont constituer le point de départ de l'histoire « moderne » de la flore de haute Provence. Ce sont, d'une part, le paroxysme de la surrection des Alpes et, d'autre part, un incroyable « accident », la fermeture et l'asséchement de la Méditerranée.

Les climats du Verdon

Une phase antéglaciaire

Dans ce théâtre des opérations tout neuf, les Alpes d'un côté, et une Méditerranée asséchée de l'autre, le climat, subtropical au Miocène, va progressivement se rafraîchir jusqu’aux premières glaciations. Par la dérive de l'Europe vers le nord, depuis la fin de l'ère primaire, la Provence a atteint sa position actuelle où elle constitue un carrefour tant géographique que climatique. Entre -5 et -3,5 millions d'années cohabitent une flore subtropicale et une flore tempérée européenne. Jusqu'aux premières glaciations, ce fond de flore va s'enrichir de deux autres composantes, la flore « froide » qui se développe sur les nouveaux reliefs avec le rafraîchissement progressif du climat, et la flore méditerranéenne qui se met en place après que la réouverture du détroit de Gibraltar a permis le remplissage de la Méditerranée. L'approche des glaciations voit la régression de la flore subtropicale.

Une phase glaciaire

L'ère quaternaire (-2 millions d'années à nos jours) est marquée par la succession de quatre périodes de refroidissement. Au cours des oscillations glaciaire-interglaciaire, le niveau de la mer fluctue et engendre plusieurs étapes de creusement et de comblement du canyon du Verdon et de ses affluents. L'avancée des glaciers, qui atteint Saint-André-les-Alpes, repousse devant elle les flores thermophile (qui aime la chaleur) et tempérée. En Italie ou en Espagne, elles peuvent fuir vers le sud, en se réfugiant à des latitudes où le climat reste plus clément. Il n'en est pas de même en Provence où la flore la plus thermophile est éliminée, bloquée dans sa retraite par la Méditerranée. À l'inverse, lors des phases interglaciaires, c'est la végétation liée au froid qui se trouve menacée, refoulée vers les sommets ou dans les ubacs les plus froids. Ces événements, s'ils provoquent un appauvrissement de la flore tertiaire, sont aussi porteurs d'un renouveau par le brassage génétique qu'ils permettent. Des espèces jusqu'à présent éloignées se rencontrent. Les plantes du grand nord, entraînées vers le sud par les glaciers arctiques rejoignent les espèces alpines. Les espèces des steppes de l'Asie centrale profitent des interglaciaires plus chauds pour s'implanter. Et tout ce petit monde cohabite dans les plaines ou sur les flancs des montagnes libres de glace.

Une phase tardiglaciaire

  • 18 000 à -14 000 : Steppes
  • 14 000à -13 000 : Genévriers
  • -13 000 à -10 000 : Apparition des arbres
  • -10000 à -7 500 : Chênaies blanches et pinèdes
  • - 7500 à-5000 : Apparition du sapin, puis hêtres, pin d’Alep et chêne vert
  • -5 000 à -3000 : Déforestation en plaine
  • -3 000 à -2 000 : Généralisation de l’ouverture des milieux
  • -2000 à -150 : Surexploitation et « désertification »
  • -150 à nos jours : Reboisement, puis reconstitution naturelle.
Il y a 18 000 ans s'amorce le dernier recul des glaciers qui disparaissent en quatre à cinq millénaires. A nouveau, les plantes alpines migrent. Certaines remontent vers le nord, d'autres fuient en attitude, quelques-unes enfin, se réfugient dans des marécages froids de basse altitude, véritables glacières naturelles au cœur des plaines. Il en résulte une flore dite « arctico-alpine » qui désigne les plantes qui ont une aire de répartition disjointe, pour partie dans la zone arctique (où elles ont suivi le recul des glaciers) et pour partie dans les Alpes (car, « oubliées » par la déglaciation, elles se sont réfugiées dans les zones les plus froides des Alpes). Le plus souvent, ainsi isolées, les populations arctiques et alpines ont évolué de manière indépendante et l'on parle alors d'espèces « affines », c'est-à-dire très voisines et d'origine commune. Elles ont un net air de famille, mais ne sont quand même pas tout à fait identiques.
Cette flore est une des grandes richesses de la flore des Alpes dont on trouve un certain nombre de représentants sur le territoire du Parc. C'est le cas du saxifrage à feuilles opposées accroché à quelques falaises froides, de la violette à fleurs par deux qui subsiste dans un couloir rocheux du massif du Chanier ou encore de la renoncule de Kupfer qui fleurit dans les combes à neige. C'est aussi, pour les marécages froids, la parnassie des marais que l'on trouve dans les dépressions à l'est du haut Var. Pendant cette « déglaciation », le climat reste froid et sec jusqu'à proximité du littoral méditerranéen et les sols sont encore pauvres. Une steppe marquée par des armoises et des graminées domine dans le paysage. Le rarissime Adonis printanier que l'on trouve à La Verdière est un autre exemple de plante steppique. Puis, durant un millier d'années, formation des sols et début de réchauffement aidant, apparaît une végétation plus élevée, dominée par les genévriers. L'extension actuelle de ceux-ci permet, au regard de leurs exigences écologiques, de mieux cerner les conditions de cette époque. Il doit régner un climat rappelant celui de la haute montagne méditerranéenne, comme on l'observe de nos jours dans le Haut-Atlas, caractérisé par des hivers froids à précipitations sous forme de neige, un printemps précoce et une sécheresse estivale.
L'aire morcelée du thurifère dans les Alpes-du-Sud ou l'isolement du genévrier sabine sur le massif de Montdenier sont probablement des reliques de cette époque.

Suech

Le plateau de Suech, situé au-dessus du village de Rougon, offre un modelé karstique de toute beauté. La dalle calcaire du jurassique qui forme les reliefs des Réglés et des Traversières draine les eaux vers Suech où la confluence des dolines a conduit à la formation d'un poljé, vaste dépression de quelques centaines de mètres à fond plat tapissé d'une terre de décalcification, fertile, meuble et capable de garder l'humidité. Riche en trèfles, luzernes et astragales, ce poljé constitue une ressource en herbe de qualité pour le troupeau ovin. Contrastant avec cette « oasis de fraîcheur », les bords de la dépression sont marqués par le lapiaz aride. Ici, la roche nue affleure, caractérisée par des arêtes effilées et des cannelures qui accueillent des plantes succulentes ou des végétaux en coussinets plaqués au sol.

À partir de -13 000 ans, et durant 3 000 ans, la régression des genévriers coïncide avec le développement des arbres. Bouleau, saule et argousier témoignent d'un accroissement ou d'une modification du régime des précipitations qui permet une plus grande humidité des sols. Le pin, grand colonisateur, se développe partout en bosquets. Profitant de l'amélioration climatique, les espèces qui avaient fui le froid diffusent à nouveau vers les zones montagneuses à partir des territoires-refuges.

Une phase postglaciaire

Durant cette phase (de -10 000 à -7 500 ans) se succèdent l'apogée et le déclin de différentes essences forestières. Ainsi se mettent en place les grands ensembles végétaux qui forment les étages de végétation actuels. Les pinèdes sylvestres dominent largement le début de cette période. À leurs côtés persistent des steppes en altitude, alors qu'en plaine, dans les zones les mieux exposées (comme dans les basses gorges), quelques îlots de chênaie blanche commencent à se développer. La végétation méditerranéenne effectue un lent retour depuis le bord de mer. L'extension de la chênaie blanche suit l'évolution du climat qui continue à s'assécher et à se tempérer. Elle pénètre de plus en plus profondément dans les vallées et, en l'absence de concurrence, s'élève en altitude. De nos jours, en Ubaye, quelques îlots accrochés à 1 600 m sont considérés comme des vestiges de cette période. Au-dessus de la chênaie, le pin sylvestre reste l'essence forestière majeure. En fin de période, le climat redevient plus humide et la chênaie pubescente s'enrichit en tilleul, orme et frêne. Pendant 2 500 ans (période dite « atlantique » de -7 500 ans à -5 000 ans) la région connaît un optimum d'humidité et de température qui permet la diversification de la végétation.
Dans l’étage montagnard, le sapin devient roi. Il rogne la pinède d'altitude et repousse vers le bas une bonne partie des chênaies pubescentes. Mais les contrastes d'exposition modulent toujours ces modifications. Dans les grandes gorges par exemple, la chênaie, qui profite des coteaux les plus ensoleillés et la sapinière, installée sur les versants frais, ne laissent que les sols ingrats aux pinèdes.
Parallèlement à basse altitude, sur les collines provençales, le pin dAlep se substitue définitivement au pin sylvestre tandis que le chêne vert commence à se développer. Ultérieurement le hêtre se répand et supplante peu à peu la sapinière. La fin de cette période coïncide avec le début du dernier bouleversement pour la végétation et les paysages ainsi que l'homme et son impact.

Il était une fois, il y a très peu de temps... ... l'homme défricheur, agriculteur et bâtisseur

Dernier épisode dans notre petite histoire, l'arrivée de l'homme en Europe, notamment dans notre région. Touche-à-tout (mais pas toujours de génie), celui-ci va progressivement marquer les paysages de son empreinte, en particulier en modifiant les aires de répartition des grandes essences forestières. En Haute-Provence, les plus anciennes traces de la présence de l'homme ont environ 500 000 ans. D'abord chasseur-cueilleur, il se contente de prélever sa subsistance. L'amélanchier, le cornouiller sanguin et les viornes dans les sous-bois, le noisetier au bord de l'eau, ou le pistachier sur les coteaux ensoleillés, lui fournissent une partie du couvert. C'est avec la sédentarisation, à la fin du Néolithique (-5 000 ans), que l'impact de l'homme devient palpable. Le défrichement s'ajoute alors aux modifications naturelles de la fin de la période Atlantique qui voit l'amenuisement de la chênaie blanche, l’extension du chêne vert et du buis, et la régression de la sapinière au profit de la hêtraie.

Développement de l’agriculture

L'agriculture se développe d'abord en plaine. Les forêts y sont coupées pour ouvrir des espaces agricoles. En montagne l'ampleur des déforestations est moins grande car les premiers néolithiques qui se « fixent» sont avant tout des pasteurs. Mais, aux âges du Bronze et du Fer (vers -3 000 ans) l'agriculture s'affranchit de l'altitude et l'ouverture des milieux se généralise. L'homme met le feu en montagne pour augmenter les surfaces de pâturage, prélève du bois pour alimenter les fourneaux de fonte des minerais, et défriche encore à plus basse altitude pour installer des cultures sur les versants les mieux exposés. L'économie agro-pastorale est en place avec, dans les paysages, la prépondérance des garrigues à genévrier, buis et chêne vert.
À l'époque romaine, une nouvelle base de développement voit l'apparition de la polyculture des arbres fruitiers (olivier, vigne, amandier ou noyer) et le perfectionnement des systèmes d'irrigation avec la mise en place de canaux. Des deux millénaires de développement suivants résultent au XIXe siècle une surpopulation et surexploitation des zones rurales.
L'organisation de l'espace, qui voyait les zones de basse altitude plutôt réservées aux cultures et les sommets aux pâturages d'été, va progressivement se modifier. L'accroissement de la population impose l'exploitation du niveau intermédiaire. La forêt est éliminée, notamment en adret ce qui étend les cultures tout en fournissant des matériaux et du bois de chauffage. Le domaine agricole touche alors sans discontinuité la zone pastorale. Au milieu du XIXe siècle, il n'y a plus d'espace à « conquérir », ce qui oblige à « forcer » les cultures pour répondre aux besoins. La stérilisation progressive des terres surexploitées, que le déboisement a de surcroît rendues très vulnérables à l'érosion, va se traduire par une crise démographique. La population rurale s'effondre, d'abord saignée par les campagnes napoléoniennes, puis par les famines qui induisent un exode rural important En un siècle, la plupart des massifs de haute Provence perdent entre les deux-tiers et les trois-quarts de leurs habitants (la guerre de 14-18 n'arrangera pas les choses).

Prise de conscience

Cette déprise permet le rachat par l'État, à partir de 1850, de nombreuses terres. Avec la création du Service de restauration des terrains de montagne (RTM) vers 1870, sont mis en œuvre, sur ces terrains domaniaux, de grands programmes de reboisement Les plantations de pin noir constituent des forêts de protection (contre l'érosion) à l'abri desquelles se reconstitue un écosystème forestier, proche, semble-t-il, de l'original. Il faut attendre la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour voir la démographie se relever, mais la déprise agricole semble irréversible en montagne. En conséquence, les forêts couvrent de nos jours la majorité des surfaces (taux de boisement entre 50 et 60 % en haute Provence, et 75 % dans le Parc si l'on enlève le plateau de Valensole), devant l'agriculture (y compris les pelouses sommitales entretenues par le pastoralisme). Les friches et espaces urbains et péri-urbains complétant le tableau. D'agricole, la vocation des espaces naturels devient secondaire et tertiaire avec des activités plus consommatrices que préservatrices de l'espace.

Et demain ?

C'est une bonne question ! Même à l'échelle humaine, notre patrimoine naturel n'est pas immuable. L'orchis géant de Robert, Himantoglossum robertianum (Loisel.) rare et cantonné au littoral dans les années 70, ce qui lui valait alors une protection légale, est depuis en pleine expansion. Ayant conquis une quarantaine de départements, il atteint les portes de Paris au début des années 2000. Dans le même temps, les inventaires réalisés ces dernières années dans différents départements de Provence montrent, comparés aux données de nos anciens, un appauvrissement net de la flore. Sur les marchés, penchez-vous sur les vieilles cartes postales de paysages du Verdon que présentent régulièrement quelques vendeurs. Quelle évolution des paysages I En moins de deux siècles, la forêt a reconquis d'immenses étendues de pâturages et de cultures (vous observerez en vous promenant que nombre de forêts se développent sur des versants aménagés en terrasses), fermant progressivement les paysages. Le retour des feuillus et des grands ongulés, la réduction des surfaces de pelouses sèches, la disparition des plantes messicoles sont d'autres signes de ces profondes modifications. C'est tout le cortège des écosystèmes qui est bouleversé avec, comme seule origine, l'homme et ses activités (ou leur disparition).
Le changement climatique qui semble bien amorcé, l'agriculture en pleine mutation et la démographie du Parc en évolution rapide sont autant de facteurs qui nous sont directement imputables, et dont on sait qu'ils modifient notre environnement. C'est donc bien à nous qu'il revient d'appréhender les causes et les conséquences de nos actions, de définir l'à-venir que nous souhaitons, et enfin de nous donner les moyens d'accompagner, de corriger ou de compléter les impacts de nos activités sur la préservation de notre patrimoine naturel.

Le climat actuel et les adaptations de la végétation

Entre le bord de mer et le sommet des montagnes, le climat change. Avec l’altitude, la température diminue et la pluviométrie augmente. Les pieds dans l’eau et la tête dans les nuages ; la Provence illustre cette règle avec en son sein, le Parc. Il est témoin de la transition entre le climat méditerranéen et le climat montagnard. Le Parc hérite des Alpes l’ambiance relativement fraîche et humide qui baigne les reliefs de toute sa partie nord-est, tandis qu’au sud et à l’ouest, le plateau de Valensole et les reliefs doux du Haut-Var doivent à la Méditerranée leurs étés chauds et secs.
Cela dit, s’il pleut plus à Saint-André-les-Alpes qu’à Gréoux-les-Bains, c’est dans le secteur de Comps-sur-Artuby que sont observées les précipitations maximales. Il n’y a cependant pas vraiment de mystère la dessous, les contreforts du Haut-Var sont les premiers à intercepter les dépressions qui viennent majoritairement de l’est.
Cette apparente petite entorse à la règle souligne en fait l’importance du relief comme « modulateur » du climat général. Et comme les paysages tranchés ne manquent pas dans le Verdon… on constate rapidement que le Parc présente une multitude de situations qui nuancent localement les deux grandes influences méditerranéenne et montagnarde.
Ainsi, ponctuellement, lus ubacs et les fonds des gorges et canyons peuvent être des havres de fraîcheur comparés aux plateaux qu’ils encadrent, de même que des versants montagnards particulièrement bien exposés peuvent héberger des espèces thermophiles (qui aiment la chaleur) et xérophiles (qui aiment la sécheresse).

Ubacs et adrets

Les ubacs dont les versants nord des reliefs, plus frais et ombragés. Les adrets sont les versants sud plus exposés au soleil.

Les adaptations de la flore aux conditions locales

Le climat méditerranéen est (à l’échelle de la planète), une exception. C’est le seul dont la saison la plus chaude est également la moins pluvieuse (sécheresse estivale). En Provence, à cette première particularité s’ajoute une deuxième, l’irrégularité du régime des pluies à l’automne et au printemps qui voit alterner années sèches et années arrosées. Pour les plantes, ces périodes de sécheresse quasi constante l’été (un peu plus aléatoires au printemps), représentent un défi particulier. C’est au moment où elles auraient le plus besoin d’eau, quand il fait très chaud et donc que l’évaporation est maximale, ou lors de leur développement printanier, qu’elles risquent d’en avoir le moins à leur disposition.
On trouve alors tout un cortège de plantes, composant la flore « méditerranéenne », qui ont en commun des adaptations à ce climat particulier. Plusieurs stratégies ont été mises en œuvre par ces espèces :
  • Économiser l’eau : comparez les feuilles du chêne vert (méditerranéen) et celles du chêne blanc (plus boréal). Le premier a des feuilles plus petites et cirées sur le dessus ce qui limite l’évaporation.
  • Faire des réserves : parmi les plantes qui se développent sur les coteaux les plus arides, on trouve des sédums ou orpins, plantes « grasses » dont les feuilles ressemblent à de petits doigts boudinés (que vous pouvez d’ailleurs consommer en salades au printemps). Gorgées d’eau, ces feuilles servent de réserve pendant la saison estivale. Les plantes à bulbe utilisent le même système. Le petit Narcisse de Requien des basses gorges effectue son cycle au printemps et survit l’été sous forme d’un oignon charnu. 
  • Mieux exploiter les réserves du sol : les plantes méditerranéennes ont en général un réseau racinaire très développé, dont l'efficacité est renforcée par l'utilisation du phénomène d'osmose. Par ce mécanisme physico-chimique passif, l'eau diffuse du milieu le moins concentré au milieu le plus concentré, et donc, dans le cas qui nous intéresse, d'autant plus du sol vers la plante que les tissus de celle-ci sont riches en éléments dissous, La « pression osmotique » (la force de « succion ») du chêne vert est près de 10 fois supérieure à celle du chêne blanc. 
  • Utiliser la climatisation : il y a proportionnellement beaucoup plus de plantes aromatiques sur le pourtour méditerranéen que dans le reste de France. L'évaporation des « essences », aux heures les plus chaudes rafraîchit l'environnement immédiat de la plante (c'est comme l'évaporation de l'éther que l'on vous applique sur le bras avant une injection).
À l'autre bout du Parc, la vie n'est pas plus rose pour les espèces d'altitude qui doivent composer avec la rigueur des hivers. Leur problème n'est plus vraiment la sécheresse, mais le froid qui les oblige à se préserver du gel et ne leur laisse qu'une « courte » période estivale pour se développer et se reproduire. On trouve, là aussi, différentes adaptations spécifiques.
  • Les annuelles s'organisent pour effectuer leur cycle complet pendant la saison propice. On note que répondant à la même préoccupation, une saison « invivable », il y a des annuelles méditerranéennes qui bouclent leur cycle entre l'automne et le printemps.
  • Les plantes comme les saxifrages développent des rosettes de feuilles coriaces et gorgées d'antigel. 
  • En règle générale, les espèces de haute montagne sont plus petites que leurs cousines de plaine, mais ont des fleurs plus voyantes (plus grandes et/ou plus colorées). On considère la petite taille des plantes de montagne comme une adaptation visant à offrir moins de prise au gel et au vent (et donc à la dessiccation), tandis que l'attrait renforcé de leurs fleurs serait une adaptation à la faible durée de floraison qui, ajoutée à la rareté des insectes pollinisateurs, nécessite d'attirer rapidement le papillon en maraude. Les fleurs « disproportionnées » de la renoncule de Kupfer seraient une illustration de cette stratégie.
Certaines espèces profitent de la lumière qui filtre à travers la couche de neige, et de la protection thermique que leur procure celle-ci, pour commencer à se développer avant même la fonte.

Étages de végétation et milieux

Comme nous l'avons vu tout au long de l'introduction, la répartition des êtres vivants dans l'espace et dans le temps n'est pas le fait du hasard, mais s'ajuste étroitement aux conditions du milieu. Et les milieux, on l'aura compris aussi, avec les nuances climatiques, les déclinaisons des calcaires et du karst, le cloisonnement des reliefs, et la richesse de son histoire, ce n'est pas ce qui manque dans le Verdon ! Partant de là, le naturaliste n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. Pas de panique cependant, même sans connaissances particulières, il y a toujours un moyen de s'y retrouver dans cette diversité. Avec un peu d'attention, on peut « ranger » la végétation et la flore, un peu comme un puzzle, dans des ensembles où l'on repère facilement les différents éléments qui composent les paysages. Ce sont d'abord les « grands » étages. Un coup d'œil aux espèces d'arbres les plus fréquentes ou à l'aspect des zones déboisées permet de reconnaître plusieurs paysages qui se succèdent et se côtoient suivant l'altitude.

Étages de végétation

  • Au sud-ouest se trouve, entre 250 et 500 m, la partie la plus chaude et la plus sèche du Parc. La végétation est dominée par le chêne vert et le pin dAlep. Les coteaux non boisés sont couverts par la garrigue, le maquis ou quelques pelouses. C'est l'étage méditerranéen.
  • Au-dessus, et jusque vers 1 200 m, ce sont le chêne blanc et le pin sylvestre qui structurent les bois et les forêts. Les terres abandonnées et les pentes rocailleuses sont couvertes de landes de genêt et de buis. Avec des pâturages et quelques pelouses dans les clairières qui complètent le tableau, voici l'étage collinéen, le mieux représenté dans le Parc. 
  • Viennent ensuite les flancs des Préalpes. C'est le domaine du pin sylvestre, avec, suivant l'exposition ou l'action des forestiers, des placages de hêtraies ou des reboisements de pins noirs. On y trouve, dans les zones les plus fraîches, des sapins et des ifs, on parle alors de l'étage montagnard. 
  • En haut des versants et sur leurs sommets, une spécificité provençale. L'étage montagnard-méditerranéen où rigueur de l'altitude et influence méditerranéenne se conjuguent d'une manière originale et unique. Le climat y est trop rude pour permettre l’installation des arbres, mais en même temps trop influencé par la Méditerranée pour que les espèces alpines y soient parfaitement à l'aise. Il en résulte un espace de landes arbustives avec amélanchiers et genévriers, des groupements de graminées typiques comme l'avoine élevée, ou encore des landes basses où se complaît l'astragale toujours verte. 
  • Ce n'est que dans quelques ubacs très froids ou dans les combes à neige que l'étage subalpin installe son avant-garde floristique.

Végétations « azonales »

Si les conditions ne sont pas directement liées à l'altitude, on parle alors de végétation azonale.
Ainsi en est-il dans les zones humides et détrempées, qui sont une « exception » en haute Provence. Ce sont alors des boisements de saules et de peupliers qui ourlent les rivières et les lacs, des roselières qui colonisent les berges plus ouvertes, ou la flore des marais qui constituent tous trois une unité inféodée aux zones humides, tout aussi facilement repérable.
De même, tout aussi facile à distinguer, la végétation très originale des éboulis et des falaises qui doit s'accommoder de l'instabilité des blocs ou de la « minéralité » ambiante pauvre en terre nutritive. Enfin, partout où la main de l'homme a posé le pied (!), le cortège des plantes cultivées et de leurs compagnes mal-aimées, les « mauvaises herbes » (terme bien pratique, même si le pour qui et pourquoi du « mauvais » mériterait un long commentaire indigné). Ces sept grands types de végétation, définis par une contrainte écologique majeure, altitude, disponibilité en eau, austérité des falaises, mobilité des éboulis, influence humaine, se retrouvent plus ou moins préférentiellement dans les sept secteurs géographiques présentés. Si vous vous piquez au jeu, vous repérerez, au sein de chaque végétation, d'autres puzzles dont les pièces correspondent aux différents milieux présents dans chaque étage. Enfin, au sein de chaque milieu, vous pourrez traquer les cortèges et associations qui varient aussi subtilement que les conditions qui les définissent. Vous êtes mûr pour la botanique. Bienvenue au club !

Durance, Asse et Verdon

Si cette végétation des zones humides est commune en France (ce ne sont pas les cours d’eau qui manquent, ni les régions plus humides que la Provence) elle reste rare en région méditerranéenne, limitée aux ourlets qui bordent les rivières ou auréolent quelques dépressions fraîches.
Elle n’en prend que plus de valeur pour le botaniste local, en particularité l’été où elle change un peu des paillassons carbonisés de soleil que sont les coteaux alentour. Cette végétation participe à la richesse du Parc.
Pour une plante au bord de l’eau, à priori, tout baigne. Le pied dans l’eau, ce qui lui enlève une belle épine (celle de la sécheresse estivale), elle n'aurait qu'à se laisser vivre en profitant de la manne apportée par la rivière ? Trop beau pour être vrai ! D'abord, elle n'est pas la seule à avoir eu cette idée et la concurrence est rude pour la place au soleil. Et puis, vous avez déjà essayé de pousser entre des galets ou dans du sable ? D'autant qu'une rivière, en Provence, c'est capricieux et n'a de cesse, à chaque crue, de vous les rouler sur le pied, ces galets, de vous faucher du sable ou au contraire de vous en recouvrir

Répartition de la flore

C'est d'abord en fonction de la disponibilité en eau, puis de la contrainte majeure des crues, que va se répartir la flore. Depuis le fil de l'eau jusqu'aux coteaux qui encadrent le cours d'eau ou le lac, l'humidité du sol et l'influence des crues diminuent (il n'y a pas de crues dans les lacs, mais un problème de marnage, au moins aussi difficile à gérer pour les plantes). Dans les zones les plus favorables on se bouscule au portillon, ce qui rend prépondérant le problème de lumière à l'origine d'une concurrence féroce. La végétation s'ordonne alors suivant ce double gradient (éventuellement modulé par la nature et la texture du sol), en liserés parallèles dominés chacun par quelques espèces caractéristiques. Si elle trouve son plein développement au bord de la Durance, de l'Asse ou du bas Verdon, cette végétation ne se limite cependant pas à ces seuls cours d'eau. On la retrouve, plus ou moins modifiée, dès qu'une source de fraîcheur est disponible. Ce peut être une maigre source, juste soulignée par la présence de quelques joncs ou roseaux, mais aussi les rives des lacs de retenue du Verdon, des prairies détrempées de montagnes, riches en laîches, narcisses et trolles, ou encore les très originaux marais du haut Var.

Les basses gorges du Verdon

Contiguës du haut Var mais subtilement différentes rappelant les grandes gorges mais en moins encaissées, proches de la Durance et du plateau de Valensole mais avec une tout autre géologie, les basses gorges revendiquent, à juste titre, une réelle identité. On reconnaîtra cinq ambiances dans lesquelles se développent des cortèges d'espèces assez différentes — les falaises et rocailles, — les bois et les bosquets arbustifs, — les garrigues basses et les pelouses,
  • le Verdon et les rives des lacs déjà décrits dans le premier chapitre,
  • les cultures et les zones urbanisées sur lesquelles nous reviendrons à propos du plateau de Valensole.
Sur les coteaux, et suivant leur histoire (débroussaillage, incendie, abandon des cultures) et la nature du sol, prend place une mosaïque de milieux plus ou moins ouverts,
  • Ce sont les pelouses d'herbacées et les garrigues à aromatiques pour la végétation la plus basse,
  • les fourrés broussailleux à chêne kermès, cade et ciste pour la strate arbustive,
  • et dans les bois, le chêne vert et le pin d'Alep qui, tous et toutes, témoignent d'un climat encore bien méditerranéen.
Mais c'est aux falaises que l'on s'intéressera plus particulièrement Jouer les acrobates en mourant de soif en pleine canicule n'est pas donné à tout le monde. Quelques espèces réussissent pourtant la gageure d'apprivoiser ce milieu particulièrement hostile. Les botanistes parient de la « série du genévrier de Phénicie » pour désigner le cortège de ces espèces rupicoles (rupi-, falaise et -cole, qui habite) qui se développent sur les escarpements rocheux (mais aussi sur les sols franchement rocailleux et à forte pente) dominant la plupart des rivières, des Alpes-Maritimes au Vaucluse, entre 300 et 800 m. Le chêne vert et le genévrier de Phénicie sont accompagnés de plantes plus discrètes comme l'euphorbe épineuse ou encore la globulaire alypum que vous ne verrez jamais bien loin de quelque bloc rocheux. Plus surprenant (car c'est une fougère que l'on s'imagine en général liée aux suintements), c'est aussi dans les fissures de ces rochers que vous rechercherez (pour peu qu'il y ait quand même un peu de fraîcheur), la rare doradille de Pétrarque.

Les grandes gorges du Verdon

Assemblage remarquable d'écosystèmes, les grandes gorges sont un monde à elles seules. Plus que l'amplitude altitudinale ce sont les particularités du relief et des microclimats qui diversifient les milieux et les espèces. Sur les pentes bien évasées qui dominent le canyon, l'étagement est « classique ». En remontant le versant de Margès (le sommet qui domine l'entrée des gorges en rive gauche), on rencontre d'abord, sur les rebords de falaises, la chênaie verte. Au-dessus, se développent la chênaie blanche, puis la hêtraie et enfin, en haut de versant, la hêtraie-sapinière à ifs. Dans le canyon, c'est en plongeant la tête la première que vous retrouverez vos marques (enfin, là, je parle au figuré). En descendant vers la rivière, la lumière se raréfie, la température baisse et l'humidité augmente. Ce phénomène particulier conduit à une inversion des étages de végétation. Sous la chênaie verte qui ourle les rebords du canyon, on retrouve de la chênaie blanche qui surplombe une hêtraie ou des érables de pente. Au plus profond des gorges, affranchis des contraintes méditerranéennes, l'if retrouve une ambiance quasi-montagnarde la fougère scolopendre, un semblant d'humidité océanique. À cet agencement déjà original s'ajoute une mosaïque de milieux définis par la pente ou l'exposition et cloisonnés par le relief. Ainsi, on peut voir à quelques mètres de distance, mais bien séparées par quelque arête rocheuse ou cassure de pente, des plantes de rocailles sèches comme l'iris nain ou la globulaire alypum et des compagnes de la hêtraie comme le lis martagon ou le géranium noueux.

Des espèces à répartition très localisées

Les parois elles-mêmes portent leur contingent de plantes, certaines communes, mais, pour la plupart, originales. Les conditions extrêmes et le cloisonnement, (en limitant les échanges génétiques) ont sélectionné et isolé des adaptations et des formes particulières. Au fil du temps des sous-espèces puis des espèces se sont individualisées (on les dit endémiques) dont certaines n'occupent que des territoires restreints. Pour la doradille de Jahandiez, la raiponce de Villars et la sabline du Verdon, seul le grand canyon est Digne de leur présence. D'autres, comme le rare orpin à odeur suave, spécialiste des balmes, la potentille des rochers ou le saxifrage à languettes, sont un peu moins exclusifs, avec un cadre de vie quand même limité aux Alpes du Sud. In fine, c'est presque une infinité de milieux qu'il faudrait retenir pour appréhender la richesse des grandes gorges. On se contentera ici de les regrouper en quatre grands types que l'on pourra reconnaître facilement lors des balades :

Les différents couverts forestiers

  • Les milieux frais : gorges, ravins en eau, et surplombs humides, sources et tufs « actifs »
  • Le monde minéral des falaises et éboulis grossiers 
  • Les vires, replats et coteaux rocailleux et arides.

L’est du haut var

Premier contrefort des Alpes, la « Suisse varoise » doit son nom à son climat et aux reliefs montagneux verdoyants de ce secteur. La pluviométrie et les températures basses observées ont un rôle déterminant sur la nature des formations végétales en permettant le développement de forêts denses. L'altitude moyenne y est élevée (800 à 1 000 m), et deux sommets dépassent les 1 500 m. Très typique et peu peuplé, ce territoire montagnard a conservé (ou vu se reconstituer, après la déprise agricole), une végétation essentiellement forestière, d'où émerge, au sommet du Lachens, point culminant du secteur avec 1 715 m, une très originale pelouse. Suivant l'altitude et l'exposition, le chêne blanc, le pin sylvestre, le hêtre ou le sapin dominent, chacun avec un cortège différent d'espèces. Deux formations particulières complètent le tableau : la flore qu'hébergent les falaises et les coteaux rocailleux, et celle que l'on trouve dans les marais qui occupent des dépressions plus ou moins marneuses.

La chênaie pubescente

Elle abrite un cortège arbustif où le buis, omniprésent, est accompagné par le fustet, l'érable opale ou encore le cormier Plus modestes, le cotonéaster, la lauréole ou l'hépatique habillent le sous-bois. Si les conditions écologiques varient ou que quelque aléa intervient (naturel ou lié à l'action de l'homme) la forêt s'éclaircit ou disparaît, laissant la place aux landes et aux pelouses
  • La buxaie, formation pure de buis, recouvre les versants les plus abrupts.
  • À ses côtés, la lande à genêt et lavande fine « avec ses aigres genêts et ses herbes en couteau (Giono) » couvre de vastes (et assez mornes) espaces.
  • Enfin, stade ultime de « pauvreté », une pelouse dominée par le brachypode penné et le brome érigé.
Au-dessus de la chênaie, deux types de pinèdes à pin sylvestre.
  • Sur les adrets secs, le pin, qui remplace le chêne trop sensible aux gelées de printemps, domine une lande à genêt cendré et lavande.
  • Sur les ubacs, l'humidité, beaucoup plus importante, se traduit par un sol riche en humus, recouvert d'un tapis de mousses dans lequel se développe toute une flore de saprophytes (plantes qui se nourrissent de la matière en décomposition du Lachens. Toutes les deux, mais pour sapinière, bien développée à l'est sur le flanc n de l'humus), pyroles, néottie, racine-de-corail, goodyère...
En continuant de s'élever, on voit apparaître, dans les ubacs, la hêtraie, plutôt dans la partie ouest (ubac de Brouis), et l pour des raisons différentes – « opacité » de la frondaison des hêtres et densité des boisements de sapins – laissent pénétrer peu de lumière dans leur sous-bois, limitant le développement des strates inférieures. Ces conditions particulières font cependant le bonheur de quelques espèces originales comme la rare androsace de Chaix.
Au sommet du Lachens, une pelouse remarquable où « survivent », depuis le retrait des glaciers, quelques plantes franchement montagnardes, voire alpines, comme la renoncule de Kupfer et la pédiculaire.
Enfin, quatre milieux, liés à autant de microclimats particuliers, hébergent des espèces rares, endémiques (on ne les trouve qu'à cet endroit) de la région, voire de ce secteur, ou en limite sud de leur aire de répartition.
Les falaises ensoleillées ou fraîches, éboulis, et rochers élevés, avec leurs flores spécifiques décrites dans les secteurs des grandes gorges et des Préalpes.
Les landes basses à genêt de Villars des croupes rocheuses et coteaux rocailleux.
Les marais et zones humides qui abondent : Plan de Finiel de La Bastide, Plan d'Anelle à La Martre, Font du Buis, Desmuèyes, Saint-Pierre à Châteauvieux, Font Freyère au Bourguet... Domaine des laîches, on y trouve aussi quelques-unes des plus belles espèces du Parc comme la linaigrette, la rare trolle ou l'helléborine des marais.
Ultime curiosité : Exceptionnelles, dans le monde calcaire du haut Var, existent quelques petites zones à sol acidifié ou décarbonaté, humides et fraîches, où peuvent se développer la callune et la myrtille.

Balade: La Martre-Châteauvieux

Cet itinéraire en boucle est un des plus agréables l'été. La luxuriance (tout est relatif, on est quand même en haute Provence) de son couvert bien boisé apporte une ombre (rare en cette saison) et ses reliefs doucement vallonnés évitent les trop gros efforts.
Accès (Carte IGN au 1/60 000 du Parc naturel régional du Verdon)
Depuis Castellane suivre la RN85 vers Grasse sur 12 km, puis dans une montée, prendre une petite route à droite (D 52 A) vers La Martre et Châteauvieux.
Depuis Comps, deux possibilités :
— remonter sur Jabron (D955) où l'on prend à droite vers Brenon, Châteauvieux et La Martre (D52),
— ou remonter sur La Bastide (D21).
On peut alors faire une halte à la chapelle de Sainte-Pétronille (carrefour vers Bargème) pour observer le plateau rocailleux au nord-ouest où se situe une riche localité de genêt de Villars. Après le col de Clavel, prendre à gauche (D 52) vers La Martre. On se garera à Châteauvieux ou à La Martre, où il y a des parkings aménagés.
Itinéraire (Carte IGN au 1/25 000 : Top 25 3542 OT : Castellane) : ± 7 km ; dénivelée de ± 100 m.
Le chemin, balisé en vert et blanc, débute au-dessus de l'église de la Martre. Le suivre jusqu'à Châteauvieux. À la sortie de Châteauvieux en direction de Brenon, descendre à gauche (balisage vert et blanc) jusqu'à une petite rivière. Prendre à gauche une petite route qui ramène sur La Martre.

Botanique

Quatre milieux sont déclinés tout au long de cet itinéraire. Ce sont d'abord les plantes rudérales et les « échappées » des jardins que l'on rencontre dans les deux villages et à leurs abords. Mais, l'essentiel du trajet se fait à l'ombre d'une pinède sylvestre. On pourra y découvrir la flore des sous-bois et ses nuances, en fonction de l'exposition, de la densité du sous-bois et de l'humidité du sol. Forêt toujours assez claire, cette pinède permet le développement des deux strates arbustive et herbacée. Au lieu-dit La Font du Buis (quand on débouche sur la route goudronnée), de part et d'autre de la route, recèle une riche flore linaigrette, parnassie, épipactis des marais, orchis de mai, entre autres laîches.

Les Préalpes

Espace de transition entre les Alpes et la Méditerranée, les Préalpes de Castellane constituent un lieu de rencontre privilégié entre les espèces méditerranéennes et celles des Alpes dans un ensemble très original d'écosystèmes de pelouses. Les Préalpes de Castellane, les géologues parlent aussi de « l'arc de Castellane », se présentent comme une succession de chaînons calcaires en croissant situés au nord-est du Parc. Aucun sommet ne dépasse les 2 000 m d'altitude, mais plusieurs s'en rapprochent, le point culminant est le Mourre de Chanier avec 1 930 m. Outre une topographie mouvementée et des pentes accentuées, tous ces chaînons ont aussi en commun une dissymétrie marquée entre les versants nord et sud.
  • Les ubacs sont forestiers, dominés par les pins, pin sylvestre pour la végétation naturelle, pin noir pour les reboisements. À l'abri des grands escarpements ou dans les ravins humides, s'installe la hêtraie.
  • À l'adret, le paysage est marqué par les landes à buis ou à genêt cendré, ponctuées dans le bas par des îlots de chênes pubescents. 
  • Le long des rivières, le peuplier « de plaine » fait place à l'aulne blanc et parfois au bouleau. 
  • Mais la grande originalité de ces montagnes réside dans les vastes surfaces herbeuses qui coiffent les sommets.
Ces « pelouses sèches » constituées d'herbe, souvent rase, sont agrémentées de fleurs particularité se colorées et piquetées d'arbrisseaux élevés ou rampants. Leur particularité tient aux conditions climatiques contrastées qu'elles supportent avec un froid hivernal souvent rigoureux, un enneigement irrégulier et une sécheresse estivale prononcée. Leur genèse est intimement liée à l'histoire humaine puisqu'elles résultent de déboisements très anciens réalisés en vue d'accroître les pâturages. Formations « artificielles », elles ne subsisteraient pas sans l'entretien par la dent du bétail, l'abandon du pâturage se traduisant rapidement par une fermeture du milieu. Les variations d'altitude, de l'exposition et du relief dessinent une mosaïque végétale dont chaque facette comprend un cortège floristique et faunistique spécifique.
  • Dans les vieux prés abandonnés, le gazon est dominé par le brome, et souvent remarquable par l'abondance des orchidées.
  • Sur les pentes rocailleuses et ensoleillées riches en espèces succulentes ou aromatiques, prospère l'avoine élevée. Les croupes au relief plus doux supportent une herbe plus rase, marquée par les coussinets de l'astragale toujours verte, caractéristique des montagnes méditerranéennes.
Enfin, les combes sommitales et les couloirs froids où la neige persiste plus longtemps accueillent une flore où l'influence alpine est prépondérante.
Éboulis et chaos rocheux hébergent quelques plantes endémiques que l'ancolie de Bertoloni ou le dryoptéris sub-montagnard.
Tandis que, sur les falaises, s'accrochent, suivant l'exposition, les derniers éléments méditerranéens et les espèces associées au grand froid.

Balade 1: Le Poil-Majastres

Une balade sans difficulté, mais que sa longueur (plus de 10 km) réserve aux bons marcheurs. Tout l'itinéraire est régulièrement parcouru par les troupeaux de moutons des éleveurs locaux, ce qui permet d'appréhender l'importance de l'élevage dans l'entretien des paysages ouverts.
Accès (Carte IGN au 1/60 000 du Parc naturel régional du Verdon) Entre Estoublon et Mézel (D907), une petite et tortueuse route (D17) conduit à Majastres, point de départ de cette balade.

Balade 2: Les Cadières de Brandis

Cet itinéraire permet de découvrir, outre de très beaux paysages, les végétations très particulières des éboulis et des parois « froides » où s'installent des espèces alpines.
Accès (Carte 1GN au 1/60 000 du Parc naturel régional du Verdon) Se garer au col des Lèques, entre Castellane et Senez (RN85), L'itinéraire emprunte le chemin de terre qui part vers l'ouest, en face de l'accès au vallon des siréniens (dont nous recommandons aussi vivement la visite).
Itinéraire (Carte IGN au 1/25 000: Top 25 3542 OT : Castellane) : 6 km, 400 m de dénivelée. Cette promenade nécessite d'être bien chaussé, il y a des passages d'éboulis et de rochers souvent un peu glissants. Soyez prudents. Suivre le chemin sur 1 km jusqu'à un carrefour. Rester sur la piste principale à gauche et monter (des tronçons de sentier balisé permettent de couper les « S » de la piste) jusqu'au relais de télécommunication. Passer devant les bâtiments et trouver un sentier qui part à flanc de coteau dans les éboulis. Il n'y a plus ensuite que ce sentier balisé en jaune jusqu'à une piste que l'on prend à droite pour revenir au col des Lèques.
Botanique Cette balade présente quatre des paysages botaniques montagnards du Parc. L'ascension jusqu'au relais se fait dans un vieux reboisement de pins noirs, avec un sous-bois « classique » de genêts, églantiers, érables... Çà et là au printemps, plusieurs espèces d'orchidées (céphalanthères, néotties, dactylorhizes...). Après le relais, le sentier traverse un éboulis à avoine toujours verte. Le début de la descente, dans une falaise exposée plein nord, permet de découvrir quelques joyaux : Dryopteris submontana, plusieurs espèces de saxifrages, primevère marginée,... Puis, une hêtraie qui abrite l'ancolie de Bertoloni, le daphné et la pulsatille des Alpes confirmant le caractère subalpin de ce secteur

Protection, Préservation

Savoir que l’onn possède une telle richesse, c'est bien. La préserver, c'est encore mieux. C’est ce constat, ni nouveau ni propre au Verdon, est à l'origine (à partir de la fin du XIXe) de la mise en place progressive de mesures et de procédures de protection. Outre les règlements et diverses mesures prises, quelques règles de bon sens permettent de profiter de la nature en sachant s'y faire oublier.

Des règles de bon sens

On peut commencer par se poser la question sur la nécessité de récolter. Si c'est pour faire un bouquet qui va se flétrir sur la lunette arrière de la voiture ou pourrir dans un sac au fond d'un placard (et finir à la poubelle lors du grand nettoyage de printemps), une bonne photo se révélera le plus souvent une alternative judicieuse.
Dans tous les cas, ne récolter que des plantes que l'on a identifiées, et qui ne soient ni rares, ni protégées. Telle espèce, abondante ici, peut être en réalité rare ou vulnérable.
Et même dans le cas où il s'agirait d'une espèce « banale », penser à vérifier si elle n'est pas seule à des kilomètres à la ronde.
Ne serait-ce que par respect pour ceux qui viendront après vous, couper proprement les plantes avec un couteau ou des ciseaux — Au passage, en parlant de couper, éviter aussi de couper les virages des pistes et des sentiers. Le piétinement et le ravinement sont deux des principaux problèmes posés par la fréquentation des espaces naturels.
On a vite fait d'avoir les yeux plus gros que le ventre. Pour les aromatiques, une bonne poignée est généralement suffisante pour une saison de cuisine. Est-il alors vraiment nécessaire d'en récolter un tombereau ?
Enfin, j'ose à peine le dire, mais les récoltes de cannettes, bouteilles et autres reliquats de pique-nique de fin de saison m'y poussent, ne peut-on vraiment pas repartir chez soi avec les restes de ses agapes ? Attendu que l'on ne réinvente pas l'eau tiède, l'arsenal législatif et réglementaire ne fait finalement que reprendre ces recommandations, mais en assortissant leur non-respect des foudres judiciaires.

Attention

Sur la liste des espèces présentes dans le Parc, il s'en trouve une centaine légalement protégées pour lesquelles « sont interdits, en tout temps et sur tout le territoire métropolitain, la destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat de tout ou partie des spécimens sauvages », (ouf!) sous peine d'une « amende de 60 000 euros et d'un emprisonnement d'une durée maximale de six mois ou de l'une de ces deux peines seulement ».

Une politique de gestion

Interdire la destruction d'une espèce ne sert pas à grand-chose si, parallèlement, on ne préserve pas le milieu dans lequel elle se développe. Cette notion, présente dans la première grande loi de protection de 1976, est longtemps restée lettre morte. Sous l'influence de deux directives européennes, elle est maintenant au cœur de toutes les procédures mises en œuvre par les différents gestionnaires. De par son objet même, concilier développement et environnement, le Parc se doit de s'impliquer dans la politique régionale de préservation. Il décline celle-ci en fonction des enjeux et des acteurs. Le principal chantier vise à la mise en place d'un réseau européen, appelé Natura 2000, d'espaces remarquables. Dans un autre domaine, une loi de 1998 amorce timidement la prise en compte des impacts de l'agriculture sur l'environnement. À terme, les aides dont bénéficie celle-ci seront assujetties à des pratiques plus compatibles avec le maintien de la biodiversité. Le parc participe à l'élaboration des cahiers des charges d'une telle agriculture. Plus ponctuellement, il peut aussi financer des actions originales. Il a ainsi aidé l'installation d'un jeune agriculteur qui, à la Verdière, par des pratiques agricoles adaptées, permet la préservation d'espèces messicoles en forte régression ailleurs.

Saint-Pancrace - Digne
Digne
Vallée de la Bléone - Digne
Digne
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