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Les Bouches du Rhône (13)

​La Camargue : Les étangs en liberté

Avec ses 85 000 ha qui paraissent hésiter entre mer et terre, la Camargue, c'est bien sûr le pays des manades, mais aussi le royaume des oiseaux. Pour la découvrir, n'hésitez pas à vous enfoncer sur de petits sentiers, loin des routes et des touristes. Entre sansouires, marais et lagunes, elle offre un visage bien plus riche qu'on ne veut le croire.

Situation géographique

Zone charnière entre la région Paca et le Languedoc-Roussillon, la Camargue est délimitée au nord par Arles, au sud par la Méditerranée, à l'est par le Grand Rhône et son embouchure et à l'ouest par le Petit Rhône qui se jette dans la mer aux Saintes-Maries-de-la-Mer. A l'ouest du bras du Petit Rhône, c'est la Petite Camargue gardoise qui s'étend entre Saint-Gilles et Aigues-Mortes.

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Paysages

Homogène en apparence, la Camargue se divise pourtant en trois zones bien distinctes Dans le nord du delta du Rhône et le long de son double tracé, on trouve une zone de culture. .A l'ouest du Petit Rhône et à Salins-de-Giraud, ce sont les salins qui s'étendent sur près de 20 000 ha. Ces vastes étendues où l'on récolte le sel prennent en sandwich la zone naturelle, qui occupe le sud du delta Une zone garnie d'étangs et de lagunes, bordés par un cordon dunaire qui galope sur les quelque 60 km de littoral.

Faune, flore

La Camargue offre un bel espace de liberté aux manades de chevaux et de taureaux qui la parcourent, mais elle est surtout le pays des oiseaux. Quelque 400 espèces y ont été recensées dont environ 160 migratrices. Dans les marais, ce sont des hérons pourprés, des butors, des foulques, des busards des roseaux, des poules d'eau et une grande quantité de variétés de canards (siffleur, chipeau, colvert...). Les étangs saumâtres proches de la mer sont célèbres pour leurs colonies de milliers de flamants roses, mais on peut y admirer également des avocettes, alors que les dunes abritent des sternes caugek, des huîtriers pies et de petits gravelots à collier interrompu. Sans oublier les habitants traditionnels du littoral : mouettes, goélands, grands cormorans, une multitude de passereaux (alouettes. bergeronnettes. fauvettes...) et un rapace, le busard des roseaux. De toute façon, quelle que soit la saison, vous aurez besoin de vos jumelles et de votre téléobjectif si vous faites de la photo. Et à partir de la mi-mai, la crème anti-moustique est obligatoire !
La flore varie en fonction de l'humidité du terrain et de la quantité de sel qu'il contient. Le long des berges des bras du Rhône, on trouve des forêts de peupliers blancs, de saules et de frênes. Autour de l'étang de Vaccarès ce sont des paysages de marais et de roselières avec des jonchaies, phragmites, scirpes maritimes, iris jaunes, potamots... La basse Camargue rassemble les sansouires, des terrains imprégnés de sel. Une flore bien particulière s'y développe, dont la salicorne et la saladelle.

Mille et une découvertes...

Derrière la monotonie apparente de ses paysages, la Camargue recèle mille et un trésors. Le centre d'information du Parc régional de Camargue, créé en 1970, propose une exposition temporaire qui vous en donne un avant-goût avant d'aller les découvrir sur le terrain. Un conseil pour cela savoir prendre son temps On peut bien sûr sillonner la région en voiture, mais pour apprécier toutes ses richesses naturelles, le mieux est encore de la parcourir à cheval — les centres équestres sont nombreux—, à vélo, ou enfin et surtout, à pied.

Le sentier de Vaccarès

Il longe l'étang de Vaccarès en  direction de la réserve des Impériaux et du mas de Cacharel. C'est une belle promenade qui permet de saisir la diversité des paysages de Camargue (lagunes, pelouses et sansouires). On peut y observer de nombreux oiseaux : flamants roses, canards, hérons et passereaux... A découvrir également, le sentier qui part du mas de la Capelière.

La réserve naturelle de Camargue

Fondée en 1927, c’est la plus ancienne réserve naturelle de France. Comprenant presque la totalité de l'étang de Vaccarès, elle couvre 13 117 ha. C’est au mas de la Capelière qu'est installé le centre d'information de la Réserve naturelle. Pour s’y rendre, prendre la D36 b à partir de Villeneuve. Un sentier d'initiation à la nature y a été aménagé. D'une longueur de 1,5 km en boucle, il comprend deux observatoires Puis, reprenez la route vers le sud, en direction de Salin-de-Badon. Là encore, plusieurs sentiers permettent d'observer les oiseaux en toute tranquillité. Ce parcours est jalonné par des bornes représentant les différentes espèces d'oiseaux rencontrés (flamants, foulques, aigrettes) et par trois observatoires. Allez-y le matin ou en fin d'après-midi. Continuez sur la même route, puis prenez vers la Digue de la Mer et le phare de la Gacholle. A partir de ce moment votre voiture ne vous servira plus a rien : la digue est strictement réservée aux piétons et aux cyclistes ! Sur près de 20 km de long, cette digue, construite en 1867, est sans doute l'un des plus beaux parcours-nature de Camargue ! A travers un paysage de lagunes, roselières et sansouires c’est un refuge pour de nombreuses espèces d'oiseaux héron, aigrette, busard des roseaux, sterne, flamant rose, canard.

Les Alpilles

Le goût de l'authentique

Les Alpilles sont comme le moulin de Daudet à Fontvieille : ouvertes aux quatre coins de la rose des vents. Des vents qui ont plissé ce massif pour donner du relief aux plaines environnantes, qui semblent avoir lavé le ciel pour lui assigner une couleur bleue à nulle autre pareille. De Glanum aux Baux, l'Histoire rencontre les légendes, sur les chemins de traverse d'une Provence authentique.

Situation géographique et accès

Dernier contrefort calcaire avant la mer les Alpilles s’élèvent, à un vol de fauvette du Lubéron. Elles ont un regard sur la Camargue, un autre sur la Crau et l'étang de Berre et lorgnent aussi du côté des monts de Vaucluse et de la vallée du Rhône.
D’Arles à Salon par la RN 13, remonter la D25 au carrefour vers Aureille. D'Arles, la D17 taille une ligne droite jusqu'à Eyguières. D'Avignon par la RN7 direction Sénas-Orgon puis prendre la D569 direction Eyguières qui traverse le massif du nord au sud De là, la D24 rallie Saint-Martin-de-Crau et la D78, les Baux.

Paysages

Les Alpilles offrent des paysages de basse montagne sur la frange d’une morne plaine comme si le mistral avait colporté sur ce piédestal calcaire un petit bout des Alpes. La comparaison s'arrête pourtant aux belles forêts de chênes verts et aux grappes de pins d'Alep. Elles se transforment au fil de l'altitude en garrigues touffues parsemées de bottes d'asperges sauvages et de chênes kermès aux feuilles piquantes puis en pelouse à thym et à romarin Le printemps y amène une belle mosaïque de couleurs.

Faune et flore

S'élevant entre deux plaines, les Alpilles sont un formidable perchoir pour les oiseaux. Davantage d'ailleurs du côté de la Crau que de la vallée de Saint-Rémy. La Crau offre en effet un aérodrome naturel aux oiseaux migrateurs et .es entrailles des falaises calcaires toutes proches, un gîte-étape réputé. Sa végétation étagée garantit aussi un garde-manger aux oiseaux C'est là que les fauvettes (pitchou, orphée à tête noire ou à lunettes) ont établi leur camp de base, rejointes par le pipit rousseline, le circaète Jean-le-blanc (un rapace diurne), le bruant ortolan et quelques perdrix.
Mais les Alpilles, de l'ubac à l'adret, distillent surtout tous les parfums de Provence, thym, genévrier de Phénicie, romarin, sauge, hysope... La légende raconte que Nostradamus (né à Saint-Rémy, mort à Salon), devin que l'on sait mais aussi herboriste de renom, sillonnait ces garrigues pour constituer ses philtres d’amour, ses onguents, ses fards, et ses confitures.

A découvrir

Sorties de terre comme par magie, les Alpilles invitent à la balade et chacun peut y tailler son chemin en devinant ceux des chasseurs de plantes aromatiques. Mais le massif, cible quasi annuelle des incendies doit être abordé avec prudence et sagesse. Le GR6 traverse la chaîne de part en part.
  • La balade des Opies
Amateurs de marche à pied ou de VTT, prenez la direction d'Eyguières, via Salon. A la sortie du village, en direction d'Aureille (CD 17), une piste forestière bordée d'oliviers s'ouvre discrètement dans un virage sur votre droite. Elle mène au site de la Romanière (qui fait l'objet de reboisements réguliers) et propose deux circuits, l'un en plaine, l'autre en dents de scie au pied des falaises ; le premier est couvert de graviers, le second serpente dans des langues de terre rouge. Préférez ce chemin-là, moins monotone qui vous permettra de traverser quelques chênaies à l'ombre du point culminant du massif (les Opies, 480 m), de croiser des "jas" (bergeries en pierres sèches) abandonnées et de vous enivrer du parfum de maquis que dispense l'endroit. La balade fait 5 km et débouche sur le village d'Aureille. Elle n’est pas très connue et offre, en plus de la tranquillité sauvage, de jolis points de vue sur la plaine cultivée de la Crau.
  • Les grottes de Calès
Accroché à la robe de traîne des Alpilles comme un garçon d'honneur aux basques de la mariée, le petit village de Lamanon (au nord de Salon) abrite le site enchanteur des grottes de Calès. En venant de Salon (par la route Jean-Moulin vers Sénas) on garera sa voiture à l'ombre de platanes séculaires pour emprunter un petit sentier botanique derrière l'église, bordé de pins et de chênes. Le sentier (court) débouche sur une prairie grasse, dans un cirque de rochers parsemés de grottes. L'occupation de ces baumes taillées dans les entrailles de la falaise (plus ou moins grandes et accessibles) remonte aux peuplades néolithiques, aux Saliens et aux Celto ligures qui colonisèrent la région. Un chevalier médiéval, Bertrand d'Allamanon (qui donna son nom au village) y fit construire son château, dont les vestiges se confondent dans la couleur ocre de l'endroit.
  • Les Baux-de-Provence
« Entre ciel et terre » prône la devise des Baux. Elle ne croit pas si bien dire. Le site (un des plus beaux villages de France), ourlé de crêtes déchiquetées dont la blancheur loue avec une des plus belles lumières de Provence, est perché sur un éperon rocheux qui se détache des Alpilles et faisait des Baux une des places fortes de Provence. On peut voir se découper dans l'ocre des carrières les vestiges d'un château féodal, démantelé sous Richelieu et ceux de la Tour Sarrasine, pièce maîtresse du guet à l’époque. Les visites de la citadelle et du village valent le détour, surtout depuis le balcon qui offre un panorama magique sur le site et ses alentours. Mais préférez des chemins moins touristiques qui jouent à saute-vallons. Ceux qui mènent par exemple aux Trémaies (au nord) ou au Val d'Enfer dont la légende raconte qu'il aurait inspiré la Divine Comédie à Dante. Pour s'en approcher (sur la route de Saint-Rémy), soyez bien inspirés de vous munir de bonnes chaussures car la descente plonge dans un éboulis de rochers dont le fond est tapissé de nappes vertes de garrigue.
Un détour s'impose aussi par la chapelle Sainte-Blaise abritant un musée de l'olivier et un diaporama qui, de Van Gogh à Cézanne, présente l'hommage des grands peintres à l'arbre fétiche de la Provence. Endroit féerique même si elle est très fréquentée, la Cathédrale d'images est installée dans d'immenses salles de carrière. Une halte fraîcheur, mais aussi une escale culturelle.
Pour y aller prendre la D27 de Saint-Rémy ou de Maussane, d'Arles prendre la D17 et remonter sur la D27.
  • La Crau : le dernier désert
Trait d'union entre la Camargue, les Alpilles et le Val de Durance, localisée entre Arles et Salon (RN113), la Crau est la dernière steppe semi-aride française. Une parenthèse entre les marais et les forêts ; un océan de cailloux de 11.000 ha Dans ce "coussous", les galets de l'ancien delta de la Durance n'en finissent plus de blanchir au soleil, et à l'explication géologique, s'ajoute les légendes forcément divines, d'Hercule sauvé de ses assaillants par la pluie de pierres de Zeus ou de ces Géants qui voulurent atteindre Dieu en empilant les montagnes (les Alpilles, le Ventoux, les monts de Vaucluse...) et qui reçurent en retour une avalanche de pierres les enfouissant à tout jamais. L’une d'entre elles, la variolite, de couleur verte zébrée de nervures blanches, est un gri-gri des bergers qui protège dit-on des serpents et de la foudre.
Mais sous son aspect de désert jalonné de cyprès, la Crau conserve un écosystème riche : elle est l'aérodrome naturel de tous les oiseaux migrateurs, un vrai sanctuaire classé par la CEE dans les six zones d'Europe à protéger en priorité.
Les enfants d'Adam de Craponne, qui irrigua la Provence, se sont accrochés à cette terre comme les rares plantes qui poussent chichement dans le coussous, et ont multiplié les canaux. Ils y cultivent dans des prairies immergées un foin que l'on coupe trois fois l'an pour l’expédier dans les haras du monde entier pour ses vertus alimentaires. D'autres ont choisi l'élevage du mouton et du Mérinos d'Arles notamment, dont la laine compte elle aussi parmi les plus réputées du monde. Mais les jas, ces bergeries de pierres sèches qui jalonnent la Crau et dont on a découvert récemment des traces remontant à l'Antiquité, ne sont plus aussi nombreuses qu’antan.
La Crau a perdu en vingt ans 80 % de sa superficie initiale (60 000 ha) et cédé sous le poids des arboriculteurs et des maraîchers. La meilleure façon de la découvrir est de quitter la RN 113 et d'emprunter les CD qui mènent à Eyguières ou à Aureille, au pied des Alpilles.
 

La Côte Bleue

Entre Marseille et Fos, la côte hésite entre deux couleurs, le bleu de la mer et le vert des collines. Pour avoir conservé à ces côtes dentelées et ourlées par endroit de sable fin, l'allure d'une oasis coincée entre deux sites industriels, certains parlent de miracle,... mais ici on ne prie qu'une chose : le talent de la nature et celui des hommes qui ont su la préserver.

Situation géographique et accès

La Côte Bleue étire ses 24 km de côte et ses 3 000 ha de collines sur la frange orientale du massif de la Nerthe entre la rade de Marseille et le golfe de Martigues-Fos. Elle se présente sous forme de calanques abruptes sur Ensuès, puis dans une succession d’anses tapissées de sable ocre entre Carry-le-Rouet et Carro.
Par l'A55 (Marseille-Martigues), puis la D5 qui se dirige vers Ensuès on descend entre le Vallon de l’Aigle et celui de I' Escalayole, pour relier Carry à Carro par le front de mer. De l’A55 (direction Carry), la D9 relie, à quatre voies, mais à l'intérieur des terres cette fois, les différentes communes du bord de mer.

Paysages

Avec la mer pour horizon et des plages échancrées dans les falaises, la garrigue partage ce domaine calcaire avec des forêts de pins d'Alep, essaimant ici et là des vallons tapissés de chênes et abritant une flore plus variée arrachée aux incendies. A deux pas des calanques mythiques sorties de mer comme une curiosité géologique et qui se prolongent par celle de Figuerolles, la Côte Bleue met en scène le paysage typique du littoral méditerranéen, avec une succession de falaises verticales, de collines adossées à la mer et de ravins qui s'y jettent. Les plages arrachées à la colline adoucissent le paysage. Du côté du Rove et d'Ensuès, on peut voir se dessiner les "bancaous" qui serpentent en terrasses entre des murets de pierres sèches témoignant de l'activité agricole et pastorale importante au XIXe.

Faune et Flore

Aux côtés des pins d’Alep, chênes kermès et cistes, « enfants » des incendies qui ont ravagé le domaine, résistent quelques espèces d’olivier, bien adapté au climat, des peupliers noirs et blancs près du Puits-Saint-Antoine et quelques figuiers ci et là. Près de Figuerolles, un genêt d'Espagne (rare) donne ses boutons d'or à l'endroit. 27 espèces d'oiseaux nicheurs se partagent ces perchoirs, du rossignol à la fauvette pitchou de la pie au bruant ortolan en passant par quelques rapaces comme le faucon crécerelle qui niche dans les falaises, le busard, caché dans les roseaux, ou l'épervier d'Europe qui règne sur les forêts de pins et surveille le ballet des écureuils, les ébats des lapins et les tanières des renards. Côté mer, cette côte rocheuse — la première depuis l'Espagne —abrite l'un des plus féeriques jardins sous-marins de la Méditerranée.

À découvrir

Micro-site très protégé depuis l'incendie de 1989 (11 500 ha détruits en 48 h) la Côte Bleue est bien desservie sur le littoral mais a été progressivement fermée à la circulation automobile à l'intérieur des terres, côté Rove. 22 km de piste ont pourtant été aménagés et plusieurs sentiers (dont un sentier littoral) offrent un accès pédestre aux massifs boisés.
  • La  forêt de Figuerolles
C'est l'un des derniers espaces forestiers sur le littoral de l'étang de Berre, un site qui décline en trois collines couvertes de garrigues, de taillis de chênes et de pins odorants (au nord de Martigues, à l'est de Saint-Mitre-les-Remparts) l'écosystème méditerranéen. Au départ de Saint-Mitre, on peut y jouer à saute-vallons entre des vestiges d'oliveraies, des champs de vignes et des cordons de tamaris, s'enivrer des odeurs de rétine teintées des parfums entêtants des plantes aromatiques, s’abandonner au hasard sur les nombreux chemins de traverse fréquentés par les chasseurs et qui sillonnent la forêt. On peut oublier ainsi les relents du complexe industriel tout proche et faire des rencontres. Sur le versant sud de la forêt, un tapis de myrte accueille par exemple le promeneur attentif.
  • La réserve de Carry-le-Rouet
Créée en 1983, délimitée par des bouées qui flottent à 1 km au large, la réserve de Carry-le-Rouet étire sur 85 ha le plus grand musée sous-marin de Méditerranée. Il est interdit d'y pécher, d'y mouiller en bateau et d'y plonger en bouteilles. Mais les marchands de masques et de tubas du secteur font recette. Non pas à 20 000 lieues mais à quelques mètres sous la mer, on peut pousser les portes de ce jardin féerique où dansent les anémones roses, les étoiles rouges et une variété d'algues aux reflets turquoise, vert tendre et roux. La princesse des lieux répond au doux prénom de Posidonie et a établi ici un royaume d'un millier d'hectares tapissant le fond de la mer (30 m maximum). Cette vaste prairie et son dédale de tiges qui est à la fois le cœur et le poumon du site a été colonisée par les poulpes, les bars, les dorades, les corbs, les mérous et les girelles qui se déplacent en bandes ; mais aussi par des espèces (50 au total) plus rares de blennies, de saupes (le seul herbivore exclusif en Méditerranée) ou de crénilabres qui ajoutent leurs couleurs à cet incroyable patchwork.
  • Les Theys du Mazet
A deux pas de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis-du-Rhône, le domaine du Mazet met une virgule entre la Côte Bleue et la Camargue. Ici commence le territoire des salicornes, ces touffes d'herbes grasses qui poussent entre les fissures d'un sol aride et craquelé. Le paysage est plus monotone mais la halte, conseillée tout de même pour la qualité de l'avifaune. Les observateurs pourront y découvrir de nombreuses espèces d'oiseaux nicheurs et notamment la sterne raine et le chevalier gambette en voie de disparition. D'importantes colonies de mouettes rieuses, d'huîtriers-pies, de bergeronnettes, de gravelots et de goélands font du Mazet un paradis des oiseaux.
  • L’Estaque, les dernières amarres
Si vous devez vous offrir une parenthèse urbaine à mi-chemin des Calanques et de la Côte Bleue alors faites escale à l’Estaque l'un des quartiers les plus pittoresques de Marseille, lové au pied de la chaîne de la Nerthe qui le protège du mistral et lui confère le titre de dernier poumon vert au nord de la cité phocéenne. N’ayez que l'intention de faire escale sur ce belvédère car vous pourriez bien faire un séjour prolongé En provençal, l'estaque signifie « attache » et beaucoup s’y sont attachés : Cézanne, Braque. Dufy, Monticelli. Les plus grands peintres ont emprunté la route du port et de l’église mais ont arpenté aussi les chemins de traverse, pour croquer le vallon du Marinier qui serpente entre des pins odorants au bout d’un sentier de rocailles ou celui de Riaux qui plonge vers la mer entre des jardins aux couleurs chatoyantes aux arômes enivrants
Les peintres « fauves » ne s’étaient pas trompés. L’Estaque respire la lumière et a une âme aussi bigarrée qu’une palette de couleurs, entre l'ocre et le rouge, les verts et les bleus.

Calanques, Les dents de la mer

« Kola » signifie pierre et « calanques »... océan de pierres. Dans cette côte échancrée, le ton est à la blague, l'allure excentrique et la balade forcément buissonnière. Terre mythique terre mystérieuse comme l'a prouvé la découverte récente de la grotte Cosquer avec ses peintures rupestres, ce massif calcaire, à fleur d'eau et ourlé de rochers en dentelles, mord dans la Méditerranée comme la proue d'un vaisseau amiral bravant l'éternité. Il vous emporte comme "la Malaisie" emporta Marius en son temps : dans un voyage exotique. A un vol de goéland de Marseille...

Situation géographique

Retenu à l'ouest par le massif de Marseilleveyre et poussé à l’est par celui du Puget qui culmine à 564 m, le massif des Calanques est le fleuron de la chaîne de la Nerthe. Il étire ses dentelles de rochers sur 20 km, entre Marseille et Cassis. En retrait, la vaste plaine du Ris et les vallons de Vaufrèges dominent le paysage.

Paysages

Des falaises abruptes aux sentiers escarpés, les Calanques jouent à saute-vallons, sur un tapis de cailloux parsemé de nappes vertes. A l'aube du XXe siècle, le massif des Calanques était déjà une richesse naturelle, mais surtout un atout économique où les bûcherons côtoyaient les semeurs de charbonnières, les tailleurs de pierre et les bergers. Cette exploitation (active) et des incendies, qui firent saigner l'endroit, ont donné naissance au paysage de garrigues plongeant vers Cassis, non pas dans la mer mais dans un océan de vignes aux crus réputés.
On ne peut pourtant parler des calanques sans évoquer l'étendue émeraude qui leur sert d’horizon la mer ici a des reflets d'argent et la roche calcaire qui s'y regarde danser les rend peut-être plus brillants qu’ailleurs. L’émergence de sources d'eau douce glacée, ruisselant dans les strates calcaires et se jetant dans la Grande Bleue, donne à l'eau sa couleur exceptionnellement cristalline.

Faune et Flore

Si la garrigue domine, une colonie de pins, à Port-Miou ou Port-Pin, a reconquis une partie du massif, s’arc-boutant devant la mer comme une révérence ou une sentinelle pour les marins. Le chêne kermès s'accroche encore à ses racines avec ses compagnons de résistance que sont le genévrier, l'amandier et le ciste de Montpellier. On peut même retrouver quelques chênes verts qui tapissaient antan les lieux, sur le plateau de Cadéron ou dans la forêt domaniale de la Gardiole.
Mais si elle a perdu ses arbres et un peu de son âme, la calanque a su garder ses arômes, celui du romarin fait un festin de narines tandis que fauvette, faucon pèlerin, aigle de Bonelli, grand-duc, merle (bleu ou de roche) et autres goélands se régalent des mulots, lézards, couleuvres et des sauterelles éphippigères qui fourmillent ici. Le molosse de Cestoni s'invite souvent au banquet du soir quand les cigales se sont tues : cette chauve-souris qui peuple les falaises peut atteindre 50 cm d'envergure.

À découvrir

Milieu austère et capricieux, le massif des Calanques n'offre que deux façons de le découvrir, à pied ou en bateau. Au départ de Cassis, un grand nombre d'itinéraires vous mèneront hors des sentiers battus. Les amoureux de garrigue pourront partir de la Maison forestière de la Gardiole à l’assaut de la Gineste, via le vallon de Chalabran ; les sportifs mettront une corde dans leur sac pour accéder à la calanque abrupte de l’Oule (après En Vau).
  • Le cap Canaille
A l'est de Cassis et de la chaîne s'élève la plus haute falaise maritime d'Europe avec ses 416 m au garrot. On y accède par le GR98 et un joli sentier amenant à la Baume noire. Un peu plus haut, un sentier de crêtes (prendre le GR du port de Cassis vers le pas de la Colle et bifurquer à droite) serpente à côté de la route qui mène à La Ciotat. On poursuit après le cap Canaille sur la frange des falaises soubeyranes plus uniformes jusqu’au sémaphore du Bec de l’Aigle.
  • Port Miou
Plus qu’une balade, un vrai pèlerinage sur cette presqu'île où l'on accède par le GR98 depuis Cassis et où l'on pourra découvrir les ruines de Notre-Dame-de-Bon-Voyage que croisent les marins-pêcheurs. Pèlerinage dévot, pèlerinage des traditions oubliées aussi, le sentier longe une carrière qui fut exploitée jusqu'en 1961 et qui arracha aux calanques ces pierres calcaires aux vertus éprouvées pour la construction du canal de Suez ou du quai d'Alger. Certaines firent même leurs valises pour traverser une autre mer, l'Atlantique, et servir de socle à la statue de la Liberté.
Après la carrière, on emprunte un sentier ombragé où l'on peut voir affleurer une rivière souterraine d'eau douce. Si vous suivez le sentier qui s'avance sur la presqu'île de la Cacau, vous déboucherez sur le "trou souffleur", une sorte de grotte marine semi-immergée où s'engouffrent les vagues avec vacarme. Adossé à la mer, on découvre l'océan vert de la forêt de la Fontasse.
  • La calanque d'En Vau
Elle est fidèle au nom qu'elle s'est donnée : elle vaut le détour. Parce qu'elle résume le charme des calanques. Étrange cocktail de falaises austères et de plage de galets accueillante, d'un monde où le blanc immaculé des parois se reflète dans le vert émeraude de la crique. En Vau est un joyau dans un décor carte postale, mais elle se mérite. Que vous arriviez d'un côté ou de l'autre du GR, la pente est raide et les dalles, glissantes, même si un sentier détourné permet d'éviter la plongée directe vers l'écrin et si une piste forestière vous y laisse glisser depuis le plateau de Carpiagne
En Vau est aussi le paradis des grimpeurs car la roche, retenue jusque-là, se craquelle et explose en sillons profonds pour mieux permettre aux araignées multicolores de se frayer une route vers un paradis artificiel. Monter jusqu'au refuge du Piolet tout proche offre un fabuleux point de vue sur la Grande Bleue.
  • Le Devenson
De Marseille, on laissera derrière soi les calanques habitées de Sormiou et Morgiou. De Cassis, on aura dans les jambes 4 h de marche et un arrêt au joli col de l'Oule. De bonnes raisons donc d'apprécier l'aiguille du Devenson qui caresse les nuages au détour du col du même nom, et ses falaises qui s'étirent à 300 m de haut. On est là entre ciel et mer, dans un univers où des plaques scellées dans le calcaire rappellent que certains alpinistes ont subi ici, les lois d'une nature puissante Le pierrier du Petit Couloir est raide et la Corniche Paretti à franchir au-dessus des flots invite au respect et à la prudence. Ce qui fait aussi le charme de l'endroit. Avec en contrebas l'anse des Enfers qui fait danser l'écume sur les voûtes des grottes marines et l'île du Dromadaire qui n'a pas la forme d'un mammifère mais qui vient rappeler — si on ne le savait pas déjà —que les calanques sont à classer dans la catégorie des déserts. La carte IGN n° 269 (au 1/15 000) est indispensable pour découvrir le site et un entraînement adapté pour franchir les passages acrobatiques est conseillé.
  • Le dernier aigle des garrigues
Son plumage ressemble à son ramage et pourtant l’aigle de Bonelli n’est pas l’hôte de tous les bois ; à peine de quelques parois calcaires de la zone méditerranéenne. Victime des fables modernes, (chasse, urbanisation et tourisme), ce petit rapace à l’habitat fragile est l’une des espèces les plus menacées en France, au point de faire l'objet d’un plan de sauvegarde depuis 1984. Quelques couples placés sous haute surveillance hantent encore les Alpilles, la Camargue, les Calanques et le massif des Maures. L’aigle de Bonelli est reconnaissable à sa petite taille, à sa longue queue brune, à la tache blanche qu’il porte sur son dos et aux flammèches noires qui parsèment sa poitrine beige. Mais aussi à son vol rapide, souple et élégant ou à sa manière de mettre ses ailes en cœur en plein ciel et à la saison des amours d’octobre à janvier ! Cet esthète du piqué qui rate rarement ses proies est le dernier aigle des garrigues, qui aime à fréquenter les paysages accidentés et les falaises calcaires où il trouve refuge Il vit en couple et son aire accueille généralement deux œufs en février-mars.

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