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Introduction

La Provence constitue la partie la plus précocement romanisée de notre pays. Son nom vient du latin « provincia » et désigne la province de Gaule transalpine conquise par Rome dès le 1er siècle avant notre ère. Elle s'étendait sur un territoire beaucoup plus vaste que la Provence actuelle, puisqu'elle comprenait tout le pourtour méditerranéen, des Alpes aux Pyrénées et remontait au nord jusqu'à la ville de Vienne.
Les principaux vestiges parvenus jusqu'à nous se trouvent néanmoins dans un périmètre plus restreint, dont le Rhône constitue en quelque sorte la colonne vertébrale. Vaison-la-Romaine en marque la limite au nord, Nîmes à l'ouest, Aix-en-Provence à l'est et la mer Méditerranée au sud.
Cette région était occupée avant l'arrivée des Romains par les Celto-Ligures, considérés par les Anciens comme des guerriers très pieux, honorant dans les bois et les sanctuaires des dieux fort divers, comme les déesses mères ou des personnages masculins. Ils vivaient dans des « oppida », des villages fortifiés établis sur les hauteurs, dont on peut encore voir les restes à Entremont, Saint-Blaise ou Constantine.

Des commerçants Phocéens

Les Celto-Ligures avaient laissé s'établir sur les rivages de leur territoire des marins grecs. Ces commerçants venus de Phocée, cité d'Asie Mineure, avaient fondé Marseille en 600 avant notre ère, puis tout un chapelet de colonies comme Agde à l'ouest du Rhône ou Nice à l'est. Jusqu'au IIe siècle avant notre ère, ces deux peuples vivent en relative bonne intelligence. Les Grecs, peu nombreux, se contentent de commercer avec la population locale, sans tenter de la soumettre ou de lui imposer les valeurs de la culture.
Mais progressivement, les tribus celto-ligures deviennent plus agressives et pillent les comptoirs de la cité. Marseille, trop faible pour affronter seule ces Barbares, appelle Rome à son secours. En huit ans, entre 125 et 117 avant notre ère, les Romains soumettent les tribus locales et fondent ainsi la Narbonnaise, première province romaine de la Gaule. Soixante ans plus tard, entre 58 et 54 avant notre ère, César conquiert le reste de ce « pays ».
Jusqu'à cette époque, Marseille et Rome traitent encore d'égale à égale dans la région. Mais la lutte de pouvoir entre les deux proconsuls Pompée et César bouleverse cet équilibre. Marseille offre en effet son soutien au premier aux dépens du second. En 49 av. J.-C., César soumet Marseille et lui retire presque tous ses territoires. Il les offre à Arles, qui lui avait donné son appui contre Pompée.

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Prospérité en Provence

Une période de relative prospérité et de paix commence alors pour la Provence. Son destin reste pendant cinq siècles intimement lié à celui de Rome, dont l'Empire comprend la plus grande partie des terres du pourtour méditerranéen. En tant que province riche et stable, la Narbonnaise est placée sous l'autorité du sénat, contrairement aux autres régions de la Gaule, contrôlées par l'empereur. Les tribus celto-ligures de Provence ayant été pacifiées, Rome dégarnit le territoire de ses troupes, préférant les installer dans des lieux plus hostiles comme les provinces alpestres.
L'administration romaine est, en Provence, peu développée et peu voyante. Le sénat romain délègue certes chaque année un gouverneur, le « proconsul », choisi parmi ses membres, mais une grande partie des questions administratives se règle à l'échelon local, celui de la cité. Les institutions municipales sont calquées sur celles de Rome. Chaque ville possède deux ou quatre magistrats suprêmes, les duumvirs ou quatuorvirs, deux édiles chargés de surveiller l'entretien des rues et places, et deux questeurs, s'occupant des questions financières. Dans chaque cité se trouve également un sénat composé d'une centaine de membres.
Les villes de Narbonnaise ne possèdent pas toutes le même statut. Certaines sont des colonies de droit romain, c'est-à-dire que leurs habitants sont considérés à Rome comme des citoyens de plein droit. Arles et Orange, où César a installé des légionnaires vétérans en leur offrant un lopin de terre.
A partir du règne d'Auguste (27 J.-C.-14 ap. J.-C.), fils adoptif de César, la Provence se couvre de monuments. Rome sert de modèle à toutes les cités. Chacune d'entre elles veut posséder son forum, cette grande place entourée d'un portique, centre de la vie publique et commerciale, où se dressent les édifices officiels comme la curie, siège de l'administration locale, le trésor municipal, les greniers publics.
 En revanche, d'autres cités, comme Glanum, possèdent seulement le droit latin. Leurs habitants jouissent de droits civils complets, mais ils n'accèdent au droit de cité romaine que par l'exercice de magistratures municipales. Toutefois, en 212 apr. J.-C., l'édit de Caracalla unifie les statuts des personnes en accordant la citoyenneté romaine à tous les habitants de l'Empire.

Les Temples romains

Dans ces bâtiments, dont le meilleur exemple est la Maison carrée à Nîmes, les citoyens honorent l'empereur et sa famille, exprimant ainsi leur loyauté à Rome. Ils ne considèrent toutefois pas l'empereur de son vivant comme un dieu. Seul le sénat romain lui décerne ce titre après sa mort et seulement si son règne a été exemplaire.

Les loisirs romains

En Provence, comme dans tout l'Empire, les citoyens adoptent les loisirs de Rome, en bâtissant des thermes, des théâtres, des amphithéâtres...
Les thermes, dont on peut voir quelques vestiges à Vaison-la-Romaine, Arles, Glanum sont publics et gratuits. Ils servent de bains, gymnase, lieu de rencontres et de discussions. Ils ouvrent en début d'après-midi et ferment à la tombée de la nuit. Le baigneur y suit un circuit médicalement établi. II commence par quelques mouvements de gymnastique dans une salle à température extérieure. Après s'être reposé dans une salle tiède, il se nettoie dans le « destrictarium » en s'aspergeant d'eau et en se raclant la peau à l'aide de « strigiles ». Il passe ensuite dans une étuve sèche pour éliminer les impuretés des pores, prend successivement un bain chaud dans le « caldarium », tiède dans le « tepidarium », froid dans le « frigidarium ». La séance se termine par des massages avec onction d'huile.
Pour chauffer l'air et l'eau, on utilise des « hypocaustes ». Ces foyers installés en sous-sol diffusent la chaleur par des piliers en briques qui soutiennent le dallage des salles. L'air chaud remonte ensuite dans les murs par des conduits en terre cuite et s'échappe à l'extérieur par des cheminées. Les sols des thermes, parfois brûlants, obligent les baigneurs à se déplacer avec des sandales à semelles de bois.
 

Les trois ordres

En architecture, les Romains ont beaucoup emprunté aux Grecs. Ainsi ont-ils repris dans leurs monuments les trois ordres des colonnes, architecture classique définie par les Grecs à la fin du VIe siècle av. J.-C. Le plus simple et le plus ancien s'appelle le dorique ou toscan pour les Romains. Reconnaissable à son chapiteau sobre, il figure surtout à l'étage inférieur des bâtiments. L'ionique porte un chapiteau en forme de cornes de bélier, tandis que celui du corinthien est orné de feuilles d'acanthe.

L’architecture du théâtre

Les gradins, en hémicycle, sont agencés autour de l’orchestre et devant la scène. La population s’y installe selon la classe  à laquelle elle appartient. Ainsi, les esclaves et les étrangers se retrouvaient en haut, debout, sous les gradins. Le peuple était en haut, les citoyens romains au milieu des gradins et enfin les magistrats municipaux et chevaliers aux meilleures places. La « scena » est légèrement surélevée par rapport à l'« orchestra » et séparée de celui-ci par le « pulpitum », petit mur décoré de statues. Elle possède un plancher reposant sur des poutres et percé de trappes d'où surgissent et disparaissent les acteurs.
Un mur, comportant plusieurs étages de colonnades et orné de statues et de mosaïques, ferme la scène. Il est percé de portes par lesquels les acteurs, les divers animaux et les véhicules entrent et sortent.
Les théâtres de Narbonnaise présentent quelques comédies et tragédies grecques, mais surtout des mimes et pantomimes, deux genres apparus à la fin de la République (-30 av. J.-C.) à Rome et qui supplantent au Bas-Empire toutes les autres formes de spectacles. Le mime, proche de la comédie dans sa tendance à la caricature, puise son inspiration dans les scènes de mœurs et l'actualité. La pantomime, apparentée à la tragédie par son goût du drame mythologique, ressemble à une danse exécutée par un acteur accompagné d'un chœur. A l'époque de l'Antiquité tardive, les mimes ont largement évolué vers la pornographie, provoquant l'indignation des auteurs chrétiens.
Les notables des cités dépensent des sommes considérables pour l'organisation de ces divertissements. Ainsi à Nîmes, dont le théâtre n'est plus visible, le sénat local honore un certain Q. Avilius Hyacinthus en le remerciant d'avoir offert à la ville un « velum », bâche destinée à protéger les spectateurs des intempéries. Les magistrats municipaux entretiennent également parfois des troupes d'artistes.
Les acteurs, à la fois courtisés et réprouvés, possèdent un statut ambivalent. Ainsi, si l'empereur romain Néron (54-68) avait pour favori un célèbre pantomime dénommé Paris, un long texte d'un sénatus-consulte datant de 19 de notre ère et trouvé à Larino (Italie) juge « dégradant » de se produire sur scène. Il interdit d'ailleurs aux membres de l'ordre équestre ou sénatorial une telle activité.

L’amphithéâtre, une invention romaine

Les villes de Provence se dotent aussi d'amphithéâtres, que l'on peut encore voir à Arles, Nîmes et Fréjus... Contrairement aux théâtres, qui existaient déjà chez les Grecs, les amphithéâtres sont des inventions romaines. Ils accueillent principalement des combats de gladiateurs. Ces spectacles ont lieu à l'occasion de fêtes fixes, de célébrations du culte impérial ou lors d'un événement extraordinaire comme une victoire militaire. Les magistrats municipaux prennent en charge les frais de ces divertissements qui durent en moyenne de un à cinq jours.
Les jeux commencent par une parade, à laquelle prennent part le commanditaire des jeux, des musiciens et les gladiateurs. Puis, les combattants s'échauffent avec des armes inoffensives. Ils reçoivent ensuite leurs armes réelles, examinées par le commanditaire des jeux et se voient alors attribués un adversaire.
Surveillé par un arbitre, le combat prend fin à la mort d'un des gladiateurs. Si l'un des deux, blessé ou épuisé, s'avoue vaincu, le commanditaire des jeux peut lui accorder la grâce. En général, celui-ci demande l'avis du public. Quand la majeure partie des spectateurs agite une pièce d'étoffe ou lève la main, le vaincu a la vie sauve. Si, au contraire, la plupart baissent le pouce vers la terre, le gladiateur meurt égorgé par son adversaire. En récompense de sa force et de sa bravoure, le vainqueur reçoit des pièces d'or. Quand deux combattants, particulièrement vaillants, ne parviennent pas à l'emporter l'un sur l'autre, ils sont tous les deux graciés.
En général, les gladiateurs gardent le torse nu. En revanche, la tête, les bras et les jambes restent protégés, pour éviter que les protagonistes ne soient estropiés et donc obligés de cesser le combat. Ils portent des armes très diverses, comme un filet, un lasso, un trident, une épée, un poignard, un sabre, un javelot...
La plupart des gladiateurs s'engagent volontairement, attirés par l'appât du gain. Ils perdent alors leurs droits civiques. Leur service dure en moyenne cinq ans. S'ils ont survécu, ils reçoivent à la fin de cette période une épée de bois en symbole de leur retour à la vie civile. Un petit nombre de ces combattants sont des condamnés à mort. Ceux-ci n'ont jamais droit à la grâce. D'autres sont des condamnés aux travaux forcés, qui, s'ils survivent jusqu'à la fin de leur peine, sont libérés.

Maison romaine  

Si leur extérieur est plutôt modeste, leur intérieur est, en revanche, très décoré. Les murs et le plafond sont revêtus d'enduit, le sol recouvert d'une marqueterie de marbre ou d'une mosaïque polychrome. La maison s'organise autour de deux grandes pièces, l'atrium et le péristyle. Le premier, dont la partie centrale est à ciel ouvert, comporte un bassin, appelé « impluvium », destiné à recevoir les eaux de pluie. Autour du bassin se trouve une galerie, souvent surmontée d'un étage. Sur l'un des côtés est installé le « tablinum », cabinet de réception du chef de famille. Le péristyle, cour entourée d'un portique et comportant généralement un jardin avec bassin, constitue le centre de la partie de la maison réservée à la famille. Les chambres, le triclinum ou salle à manger et le grand salon « oecus » donnent sur cette cour. Les chambres à coucher, de petite dimension pour faciliter le chauffage, comprennent le plus souvent seulement un lit sans drap. Dans la salle à manger, se trouvent une table et des lits sur lesquels les convives s'installent.
La cuisine se situe le plus souvent au nord pour favoriser la conservation des denrées. Elle possède un important plan de travail avec un ou plusieurs foyers. Afin de réduire les dépenses en tuyauterie de plomb et en raccordement aux égouts, la cuisine, les bains, apanages des gens fortunés, et les latrines, toilettes munies de banquettes en pierre percées d'orifices, sont fréquemment rapprochées. Grâce aux aqueducs romains, dont certains tronçons, comme le Pont du Gard, sont toujours intacts, de nombreuses maisons reçoivent l'eau à domicile.

Un commerce prospère

Comme dans tout l'Empire romain, l'économie en Provence est avant tout agricole. La majeure partie de la population tire ses ressources de la terre et le plus souvent, la richesse des individus se mesure à l'importance de leur propriété foncière. Dès le début de l'Empire (en 27 avant notre ère), la Gaule Narbonnaise connaît un essor économique remarquable, grâce à la mise en valeur de la vigne, l'olivier, le blé ou l'élevage d'ovins. Les vestiges de la bergerie de la Crau et du moulin de Barbegal, près d'Arles, témoignent du dynamisme de ces activités. En revanche, l'artisanat se développe assez peu. On trouve certes à Arles des charpentiers, mais contrairement au reste de la Gaule, pratiquement pas de fabriques de céramiques ou de textile.
La Provence exporte surtout son huile et son vin très renommé, mais elle est aussi un lieu de passage des denrées venues du Nord comme l'étain, le cuivre, le fer, ou des marchandises du Sud, tels les vins d'Italie. Trois grandes routes, construites par les Romains, dominent le réseau de communication. La voie Agrippa, reliant Arles à Lyon, en longeant le Rhône, la voie Aurélienne, allant de Rome à Nîmes et la voie Domitienne, la plus ancienne des trois, partant d'Italie du Nord pour rejoindre l'Espagne. Elles ne sont le plus souvent dallées qu'à l'entrée des villes et leur état laisse parfois à désirer. Ainsi le géographe grec Strabon (58 ? - entre 21 et 25) écrit à propos de la voie Domitienne : elle est « excellente l'été », mais « toute fangeuse en hiver, voire au printemps » et « il lui arrive même quelquefois d'être tout entière envahie et coupée par les eaux ».
Les techniques d'attelage, comme le collier antique ou de gorge, limitent le chargement à 500 kilos environ. Les charrois, tirés par des bœufs ou des chevaux, avancent lentement. Pour ces deux raisons, les transports fluviaux et maritimes sont plus appréciés par les marchands. En Provence, le Rhône et ses affluents, tels que la Durance ou l'Ouvèze, sont très fréquentés, comme le montrent les nombreuses associations de bateliers sur ces cours d'eau. La mer Méditerranée, considérée par les Romains comme leur propriété puisqu'ils en détiennent tous les rivages, contribue aussi très largement aux échanges commerciaux. Les saisons dictent le rythme des voyages. Officiellement, la mer est « fermée » de septembre à mai. Mais les affaires ayant parfois la priorité sur la sécurité, la Méditerranée « s'ouvre » de mars à novembre. Pour éviter les tempêtes et faciliter leur ravitaillement, les marins pratiquent le plus souvent le cabotage le long des côtes.

Pont Julien (Apt)

Son nom vient de la famille impériale des Julii. Il date, semble-t-il, du début de notre ère. Situé dans les environs d'Apt, il permet à la voie Domitienne de franchir la rivière du Cavalon. Les Romains ont choisi un terrain particulièrement favorable à l'édification de cet ouvrage. En effet, le cours d'eau se resserre à cet endroit, ce qui permet de construire un pont moins grand qu'ailleurs. En outre, les affleurements rocheux sont particulièrement nombreux et offrent ainsi une solide assise pour supporter le pont. Construit en pierres de grandes dimensions, il mesure 68 mètres de long et se compose de trois arches en plein cintre de grandeur inégale. Les deux arches placées aux extrémités sont en effet plus petites que celle du milieu. La chaussée présente un profil en dos d'âne, comme en possédait le pont de Vaison-la-Romaine avant ses nombreuses réfections.

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