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Villes sous l'Antiquité

​Aix-en-Provence - Entremont

Situé à 3 kilomètres au nord d'Aix-en-Provence, l'oppidum d'Entremont surplombait du haut de ses 365 mètres toute la vallée de l'Arc.
Cette cité fortifiée servait de capitale à la confédération celto-ligure des Salyens entre les IVe et IIe siècles avant notre ère.
Son nom d'origine ayant été oublié, elle porte maintenant le toponyme médiéval d'Entremont. Les Salyens occupaient un territoire s'étendant du Rhône à la Durance et à l'Argens. Ils entretenaient des relations commerciales avec Marseille, mais peut-être aussi avec Rome et Athènes, comme le laisse supposer la présence de nombreuses pièces de monnaie de ces deux dernières villes. Au Ile siècle, les Salyens ravagent régulièrement le territoire de
Marseille et deviennent un obstacle à son hégémonie. La cité des Phocéens fait alors appel aux Romains, pour défendre ses comptoirs. Ceux-ci parviennent à repousser les Salyens et détruisent la place forte d'Entremont en 123 av. J.-C. A la suite de cette victoire, ils fondent, près des sources chaudes, Aquae Sextinae ou Aix-en-Provence, transformée en colonie par César en 45 av. J.-C. La cité se dote de monuments, dont il ne reste que d'infimes vestiges.
L’oppidum celto-ligure d'Entremont présente une forme triangulaire, le plus grand des côtés mesurant 5 kilomètres, le plus petit, 3,5. Le rempart protégeant au nord la forteresse et deux tours en ruine constituent les principaux vestiges de cette ancienne capitale. Entremont se composait d'une ville haute et d'une ville basse, séparées l'une de l'autre par un mur. La première abritait des maisons en pierres sèches avec une pièce unique. Son plan orthogonal s'inspire sans doute de la conception urbanistique établie par Hippodamos de Milet au Ve siècle avant notre ère, comme nombre de colonies grecques construites alors.
La ville basse recèle un sanctuaire, dont une partie du portique adossé en auvent au rempart intérieur est encore visible. Elle comprend les restes d'une tête stylisée et deux cavités destinées à recevoir, semble-t-il, des têtes coupées. Les Celtes avaient en effet pour coutume de décapiter leurs vaincus pour suspendre leurs trophées devant les temples. Des crânes humains trouvés à l'intérieur du sanctuaire confirment cette hypothèse.

Les environs de Cazan : le temple de Vernègues

Le temple s'élève à 1 kilomètre à L’Ouest de Cazan. Cet édifice, érigé vers la fin du 1er siècle avant notre ère, appartenait à un domaine agricole de 9 hectares environ. Ce domaine comprenait une villa, sise à la place de l'actuel château, des thermes, des bâtiments de stockage pour les olives et les raisins. Le nom antique du site ayant été oublié, il s'appelle maintenant Vernègues, comme le village situé juste à côté.
Les vestiges du sanctuaire sont accolés à ceux d'une petite chapelle romane du XIIe siècle. On accédait au temple, porté par un soubassement de 3 mètres de haut, par un escalier d'une vingtaine de marches. Le sanctuaire comprenait une cella, lieu réservé aux prêtres, dont il ne reste qu'une grande partie du mur gauche, et un pilastre, portique ouvert destiné aux fidèles, dont ne subsiste plus qu'une colonne. Le temple mesure 15 mètres de long et 6 de large, dimensions relativement modestes comparées à celles de la Maison carrée de Nîmes. Les chapiteaux corinthiens des colonnes, à en juger par l'unique représentante, comportaient deux rangées de feuilles d'acanthe.
Ce temple, transformé en église dédiée à saint Césaire au XIIe siècle, était probablement voué aux Nymphes, déesses des eaux. La source jaillissant non loin de là fait pencher pour cette hypothèse, d'autant plus qu'à l'époque antique, les points d'eau étaient souvent l'objet de culte en Gaule.

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Arles

Les premiers habitants d'« Arelate », la ville près des marais, nom de racine celtique, étaient, semble-t-il, des pêcheurs celto-ligures pratiquant le cabotage.
Ils auraient été progressivement colonisés par les Grecs de Marseille à partir du VIe siècle av. J.-C. Restant sous la coupe économique des Phocéens, Arles devient « Théliné », la nourricière en grec.
La « Petite Rome des Gaules »
Au milieu du 1er siècle avant notre ère, les Arlésiens prennent le parti de César, tandis que les Marseillais soutiennent Pompée. Après sa victoire, César, reconnaissant, implante à Arles une colonie de droit romain composée des vétérans de la VIe légion. Il offre également à cette ville la majeure partie des territoires des Marseillais, qu'il veut affaiblir. Le geste de l'empereur s'avère décisif pour l'essor d'Arles, qui devient la « Petite Rome des Gaules ». Auguste développe aussi des liens privilégiés avec la cité, comme en témoigne l'installation sur le forum, dès 26 av. J.-C., d'une copie en marbre du bouclier d'or offert par le sénat à Auguste.

Un siège administratif

Au cours des cinq premiers siècles de notre ère, le poids politique et économique de la ville est considérable.
Située à la jonction de deux grandes artères : la voie Domitienne, reliant l'est à l'ouest, et la voie Agrippa, menant à Lyon, elle jouit d'une situation stratégique de carrefour commercial. Son port sur le Rhône constituant la première escale sûre pour le navigateur arrivant de la mer Méditerranée, elle détient également une place de choix dans le transport fluvial.
Des empereurs y séjournent, comme Constantin (vers 285-337), des manifestations importantes s'y déroulent, tel le concile de 314, où l'on condamne l'hérésie donatiste, développée en Afrique par un évêque de Numidie, Donat. La prospérité économique de la cité mais aussi les difficultés grandissantes que rencontre l'Empire sur ses marges à cause des attaques continuelles des Barbares, favorisent l'installation d'administrations impériales à Arles. Ainsi, un atelier monétaire y est implanté en 313, puis au début du Ve siècle, la préfecture des Gaules, anciennement installée à Trèves. Mais, au milieu de la décadence générale qui frappe l'Empire, Arles est, à son tour, assiégée par les Barbares. A partir des années 480, elle se trouve sous l'autorité des Wisigoths, puis en 536 sous celle des Francs.

L’amphithéâtre et les cryptoportiques

La façade, haute de 21 mètres, comprend deux niveaux de soixante arcades en plein cintre aux ouvertures de largeur irrégulière. A chaque niveau se trouve une galerie circulaire qui permet l'accès rapide aux gradins grâce à des passages horizontaux et à des escaliers disposés alternativement. Un attique, aujourd'hui disparu, surmontait la partie haute de la façade. On y fixait des mâts supportant le « velum ».
A l'intérieur, au pied des gradins, se trouve l'arène, réservée aux jeux. Un haut mur composé de dalles, le « podium », l'entoure. On distingue sur celui-ci une inscription à demi effacée. Elle indique qu'un certain C. Junius Priscus, candidat à une magistrature municipale, avait offert ce podium, une statue de Neptune en argent et quatre sculptures d'airain pour décorer ce monument. Il avait par ailleurs donné un grand banquet, fait célébrer pendant deux jours des jeux et organisé une chasse.
Les cryptoportiques : on y accède par l'ancienne chapelle des Jésuites, située dans la rue Balze. Ces portiques souterrains servaient de socle au forum, érigé, semble-t-il, au cours des années 30 et 20 avant notre ère. Les cryptoportiques, présents dans de nombreuses villes de l'Empire, ont la particularité à Arles d'être installés sur un terrain naturellement pentu. Leur construction a donc nécessité d'énormes travaux de nivellement. Ils ont la forme d'un fer à cheval. On a souvent voulu donner une fonction secondaire aux cryptoportiques, comme grenier à blé, marché public, lieu de culte pour procession. Or, ces hypothèses se heurtent toutes au fait que ces galeries sont difficilement accessibles pour de tels usages. Il semble toutefois probable que ces galeries aient servi de lieu de stockage dans l'Antiquité tardive.
  • Les thermes de Constantin : Les vestiges de ces thermes, situés au nord, ne constituent qu'une petite partie de ce vaste ensemble, construit au Ive siècle, entre le Rhône et le forum. A l'époque antique, la cité possédait aussi des établissements de bains au sud, sous l'actuelle place de la République. Ces thermes du nord étaient traditionnellement considérés comme le palais de l'empereur Constantin. A la fin du Moyen Age, ce monument a servi de fourrière aux animaux errants.
  • Les Alyscamps : cette célèbre nécropole s'est développée le long de la voie Aurélienne et était installée en dehors des enceintes de la ville conformément à la coutume romaine. Au cours de l'Antiquité tardive, la tombe du martyr saint Genest, décapité sous Dioclétien (245-313), fait la réputation des Alyscamps. En effet, dès la fin du Ive siècle, la plupart des habitants désirent être enterrés près du martyr pour bénéficier de sa protection, lors du Jugement dernier.
  • Le Musée de l'Arles antique : situé sur la presqu'île du Cirque romain, près des fouilles de cet édifice antique, le musée a ouvert ses portes en mars 1995. Dans un cadre moderne, il abrite plus de 1 300 pièces des collections arlésiennes. Il possède le « lion d'Arcoule », chef-d’œuvre de la sculpture préromaine, de très beaux exemplaires de statues augustéennes, des mosaïques, des sarcophages, des objets de la vie quotidienne. Il présente également onze maquettes, restituant les monuments romains de la cité.
  • La meunerie de Barbegal : Installée dans la commune de Fontvieille, sur le versant sud du chaînon de la Pêne, cette meunerie hydraulique date du 11e siècle de notre ère. Elle produisait environ 4,5 tonnes de farine par jour, ce qui permettait de nourrir les quelque 12 000 habitants d'Arles. L'eau, venue de la face sud des Alpilles par un aqueduc de 11 kilomètres de long, arrivait au haut de la colline. Elle se dédoublait alors en deux courants, alimentant une série de petits canaux de dérivation, placés les uns au-dessous des autres. Dans ces petits canaux, des roues à aubes faisaient tourner des meules en basalte. Construit au centre de la meunerie, un escalier desservait les deux séries de huit meules. On suppose que l'eau sortant des moulins permettait d'irriguer les champs de blé aux alentours.

Fréjus

Fréjus tient son nom de « Forum Julii », marché probablement fondé par Jules César, un peu moins de 50 ans avant notre ère. La ville constituait une sorte de relais fortifié sur la route maritime de Marseille. Il faisait également office de centre commercial sur la voie Julienne qui mène de la Provence à l'Italie en longeant la côte. En 39 av. J.-C., le futur empereur Auguste installe une importante base navale, où est construite une partie de la flotte qui remporte la bataille d'Actium en 31 avant notre ère sur Antoine et Cléopâtre. Après cette victoire, Auguste fonde à Fréjus une colonie de vétérans de la Ville légion. La cité reste toutefois une ville de fonction, entourée de remparts, aujourd'hui encore visibles au nord, avec une garnison, des entrepôts et des chantiers. Elle n'atteint jamais la munificence d'Arles ou de Nîmes. Avec la paix romaine, son activité militaire décline au profit de son activité commerciale.
  • L'amphithéâtre : construit au 1er siècle de notre ère, il se situe hors des murs de la ville. La moitié du bâtiment s'appuie sur le flanc d'une colline, couronnée par les remparts. Il mesure 114 mètres de long et 82 de large, dimensions relativement modestes comparées à celles d'Arles et de Nîmes. Ses trois séries de gradins pouvaient accueillir environ 10 000 personnes.
  • Le théâtre : érigé à la même époque que l'amphithéâtre, il ne présente plus que des ruines. Il se trouvait à l'intérieur des remparts. On aperçoit les restes du mur de scène, l'emplacement de I'« orchestra » et la fosse dans laquelle glissait le rideau.
  • La plate-forme : sur ces vestiges, appelés aussi « citadelle de l'est » se trouvait le quartier général, « pretorium », qui dominait le port. Ce bâtiment était vraisemblablement aménagé autour d'une cour carrée. On a trouvé les traces d'une citerne et des lieux de stockage, appelés les Greniers de César.
  • L'aqueduc : bâti au 1er siècle après notre ère, il ne subsiste que des piliers en grand appareil et des arcades. Il apportait dans la ville les eaux de la Siagnole.
  • La porte d'Orée : elle date du IIe ou du IVe siècle apr. J.-C. et faisait partie d'une salle des thermes du port.
  • La butte Saint-Antoine : sur cette butte se trouvait la « citadelle de l'ouest » qui dominait le port antique d'une dizaine de mètres. Le bâtiment ressemblait à celui de la plate-forme. Organisé autour d'une grande cour, il possédait en sous-sol des entrepôts.
  • La lanterne d'Auguste : cet édifice, restauré au XIXe siècle, marquait l'entrée du port. Il a été construit au Moyen Age sur les bases d'une tour romaine.

Marseille

La fondation de « Massalia » remonte à 600 ans avant notre ère. Des Grecs venus de Phocée, ville d'Asie Mineure, y installent une colonie, leur servant de relais pour le commerce maritime qu'ils exercent dans toute la Méditerranée. Ils s'implantent dans la région sans se heurter à la population celto-ligure. Une légende, selon laquelle la ville serait née des amours d'un jeune Grec dénommé Potis et de la fille du roi local, Gyptis, illustre parfaitement cette arrivée pacifique.
Grâce à ses activités commerciales, Marseille prospère et fonde à son tour plusieurs comptoirs sur la côte, dont Agde, à l'ouest du Rhône, et à l'est, Olbia ou Hyères, Nice et Antibes. Après la prise de Phocée par les Perses en 540 avant notre ère, une partie des Ioniens se réfugient à Marseille. Elle devient un centre important de l'hellénisme et compte parmi ses habitants quelques célébrités, comme le navigateur, géographe et astronome Pythéas (IVe siècle av. J.-C.), qui se rend vers l'actuelle Grande-Bretagne et atteint sans doute la Baltique. Elle possède une école de rhétorique et de médecine.
En 125 avant notre ère, les Celto-Ligures étant devenus plus agressifs, Marseille, trop faible pour se défendre seule, appelle Rome à son secours. Soixante ans plus tard, la ville des Phocéens prend le parti de Pompée, qui s'oppose à César. Ce mauvais choix lui vaut d'être assiégée en 49 av. J.-C. et défaite après six mois de lutte. César lui retire alors toutes ses colonies, sauf Nice et les îles d'Hyères. Si Marseille brille encore pendant deux siècles, en tant que vestige de l'hellénisme, elle perd son rôle de pôle commercial. Au Ve siècle, elle subit durement les invasions des Francs et des Goths.
  • Le jardin des Vestiges : situés derrière le Centre-Bourse, les vestiges des remparts antiques ont été dégagés en 1913, puis dans les années 1960. Les restes de la fortification orientale de la cité hellénistique datant des Ille et IIe siècles av. J.-C. constituent les éléments les plus importants. Les murs sont construits dans du calcaire rose, assemblés à joints vifs sans liant ni mortier. On remarque des éléments de la porte d'entrée de la ville. La voie d'accès, en pierre de Cassis, creusée d'ornières et bordée de trottoirs, date de l'époque romaine.
  • Le port romain en forme de corne date du 1er siècle après notre ère. Il se trouvait au sud-est de l'entrée de la ville. Le long des quais, on peut repérer le niveau marin antique grâce à une bande horizontale érodée. Le port a commencé à s'envaser dès le IVe siècle apr. J.-C. Devenu une sorte de dépotoir marécageux, il a été probablement comblé à la fin du Ve siècle. A l'est et à l'ouest du port s'étendaient des entrepôts. Un bassin d'eau douce, datant des 1er et IIe siècles apr. J.-C., se trouve à la pointe est du port. Un système hydraulique, dont on a retrouvé un fragment de roue à godets, permettait aux navires accostés à proximité de s'alimenter en eau.
  • Musée d'Histoire de Marseille : il présente les collections provenant des fouilles de la Bourse ainsi que l'épave d'un bateau antique long de 20 mètres sur 8 de large, datant du Ille siècle de notre ère et retrouvé dans le jardin des Vestiges.
  • Musée d'Archéologie méditerranéenne : installé dans le centre de la Vieille Charité, il abrite diverses collections d'antiquités égyptiennes, grecques, étrusques... Il possède également des vestiges de Roquepertuse, situé à proximité d'Aix-en-Provence. Longtemps considéré comme un sanctuaire, ce site salyen serait, selon les derniers travaux, un habitat ou un marché. Il a été détruit au début du IIe siècle av. J.-C. par les Marseillais. Parmi les pièces de choix rapportées de Roquepertuse, on peut admirer l'Hermès « Double tête ». Cette sculpture représentant deux têtes accolées, à l'image des Hermès doubles de la Grèce, date du III siècle av. J.-C. Elle faisait probablement partie du sanctuaire. Ce site est désormais accessible au public.
  • Musée des Docks romains : le musée présente une partie des docks romains sur leur site primitif. Mis au jour en 1947, ils s'étendaient sur plus de 200 mètres. On a également découvert une trentaine de jarres en argile importées d'Italie et servant au stockage des grains ou de l'huile. On remarquera l'entrepôt datant de la seconde moitié du 1er siècle de notre ère. Il se composait d'un rez-de-chaussée s'ouvrant sur le quai primitif et d'un étage donnant sur l'artère principale de la cité antique.

Nice

Nice et Cimiez ont pour premiers habitants des Ligures, établis sur deux oppida, lors du premier millénaire avant notre ère.
Au VIe siècle av. J.-C., Marseille fonde sur la côte un comptoir commercial, Nikaïa. Elle tente ainsi de pénétrer les marchés du Pô et de Ligurie. Rome succède à Marseille quelques décennies avant notre ère. Elle établit au pied du bois sacré de Cimiez un camp militaire, point de départ pour la conquête des régions alpines. En 13 av. J.-C., Cimiez, appelé alors Cenelum, devient le chef-lieu de la nouvelle province romaine des Alpes maritimes. Sorte de « bouclier » de la Cisalpine, la cité atteint son apogée au cours du IIIe siècle apr. J.-C., avec environ 20 000 habitants. En 297 apr. J.-C., Dioclétien, jugeant Cimiez trop excentrée, transfère la capitale à Embrun.
  • Les thermes : ils se composent de trois bains distincts, situés au nord, à l'est et à l'ouest. Dans chacun d'entre eux se trouvent des salles avec bassins froids, tièdes et chauds. Deux aqueducs assuraient leur alimentation, le premier amenait l'eau depuis une source située à 5 kilomètres au pied du mont Falicon, le second, beaucoup plus long, allait jusqu'à Mouraille. Les thermes du nord étaient réservés au procurateur et aux notables. 12 salle froide, conservée dans toute son élévation (10 mètres), était le seul bâtiment émergeant des terres cultivés avant que des fouilles ne soient entreprises sur le site. On a longtemps cru qu'il s'agissait d'un temple dédié à Apollon. Les thermes de l'est, destinés au peuple, possèdent un décor plus modeste que ceux du nord. Les bains de l'ouest, où se retrouvaient les femmes, ont été transformés au Ve siècle en ensemble épiscopal avec un baptistère. Dans la salle des bains froids s'élevait le chœur, où l'on peut encore voir les traces d'un autel. Au cours des années 1960, on a découvert au sud des thermes un quartier d'habitations, avec des boutiques, des égouts et une voie dallée.
  • L'amphithéâtre : cet édifice de petite dimension (67,20 mètres pour le grand axe et 56 pour le petit) a été construit en deux temps. Au 1er siècle de notre ère, il n'offrait guère que 500 places, réservées aux soldats de la garnison. Puis au début du IIIe siècle, la ville prospère s'étant agrandie, on ajouta douze autres gradins surélevés.
  • Musée archéologique : il abrite les objets découverts lors des fouilles de Cimiez et des environs de Nice, ainsi que des donations. On peut notamment voir une statue d'Antonia, la nièce d'Auguste, des stèles, des sarcophages.

Nîmes

Située à 25 kilomètres du Rhône et à une quarantaine du littoral méditerranéen, la ville de Nîmes s'est établie à l'emplacement d'une source pérenne, « La Fontaine ». Les premiers habitants, des Ibères et des Ligures, s'y sédentarisent à la fin du VIe siècle avant notre ère.
Environ cent cinquante ans après, s'installe un peuple celte, appartenant au groupe des Volces Arécomiques, établis dans le bas Languedoc.
Comme à Glanum, les premiers habitants honorent le point d'eau. Le génie de « La Fontaine » porte le nom de « Nemausus » en latin, qui donnera Nîmes. Selon les chercheurs, d'autres divinités faisaient l'objet d'un culte, telles les « mères nîmoises », comme en témoigne une dédicace gravée en gallo-grec et retrouvée près de la source.

« As au crocodile »

A la fin de l'époque césarienne, est fondée, semble-t-il, la colonie de droit latin de Nîmes. Pendant longtemps, on a supposé qu'Octave, le futur empereur Auguste, avait créé à Nîmes une colonie pour ses vétérans, victorieux de l'armée d'Antoine et de Cléopâtre à Actium, en Grèce. Cette hypothèse reposait sur l'existence des « as au crocodile », monnaies coloniales émises dans les ateliers de Nîmes et diffusées dans tout le monde romain. Elles représentent au revers un crocodile enchaîné à une palme, au droit les bustes adossés d'Auguste et d'Agrippa. Mais on ne possède aucune preuve de l'arrivée de ces anciens soldats dans la ville à cette époque. Actuellement, les chercheurs pensent que cette iconographie exprime simplement l'attachement des Nîmois à Auguste. Car sous son règne la ville prospère et se couvre de monuments. Elle fait partie des nombreuses haltes « obligées » de la voie Domitienne, menant de la Provence à l'Espagne, grande zone de transit de marchandises.
Contrairement à sa voisine Arles qui rayonne jusqu'à la fin de l'Antiquité, Nîmes perd progressivement de l'importance. Au Ve siècle, elle passe sous l'autorité des Wisigoths, puis sous celle des Francs.
  • L'amphithéâtre : Situées au cœur de la ville actuelle, les arènes, parmi les mieux conservées du monde romain, datent de la fin du Ier siècle apr. J.-C. l'amphithéâtre a servi durant tout le Moyen Age de forteresse et de château, comme en témoignent les murs à ouvertures de style roman, qui obturent certaines arcades de la partie orientale. Sa façade comporte deux niveaux d'arcades. Deux avant-corps de taureaux ornent l'entrée principale. Ses gradins, qui pouvaient accueillir environ 23 000 personnes, étaient divisés en trois zones séparées par un couloir de circulation et une sorte de parapet. Les premiers rangs portaient des inscriptions et étaient réservés à un public choisi, comme les bateliers du Rhône et de la Saône. Le « velum » était soutenu par des mâts de bois fixés à des consoles percées, dont certaines sont encore visibles dans les parties les mieux conservées de l'attique. La piste, longue de 70 mètres et large de 38 environ, comporte en sous-sol deux galeries qui se recoupent à angles droits et correspondent probablement à des coulisses.
  • La Maison carrée : achevée au tout début de notre ère, la Maison carrée se trouvait dans la partie méridionale du forum romain. Ce temple a été édifié en l'honneur de Caius César et Lucius César, petit-fils et fils adoptifs de l'empereur Auguste, comme le signalait l'inscription, aujourd'hui disparue, placée sur l'entablement de la façade principale. Le texte, déchiffré grâce à l'observation de la disposition des trous ayant servi au scellement des lettres de bronze, disait exactement ceci : « A Caius César, fils d'Auguste, Consul ; A Lucius César, fils d'Auguste, consul désigné ; aux princes de la jeunesse ». Temple païen consacré au culte impérial, la Maison carrée est construite selon un modèle répandu dans tout l'Empire romain. Erigée sur un podium rectangulaire, elle mesure 25 mètres de long et 12 de large. Elle possède six colonnes sur ses petits côtés et onze sur les longs. Cet édifice comprend un vestibule, auquel on accède par un escalier, et une salle cultuelle, abritant la statue divine impériale. Cette salle n'est normalement pas accessible aux fidèles, car les rites et les processions se déroulent à l'extérieur.
  • La porte d'Auguste : comme la tour Magne, elle faisait partie de l'enceinte augustéenne, construite en 16-15 avant notre ère. Elle s'ouvrait sur la voie Domitienne, en direction d'Arles. Les deux arcs les plus importants, décorés par des avant-corps de taureaux aujourd'hui méconnaissables, servaient au passage des véhicules. Les deux arcs plus petits, surmontés de niches, abritant à l'origine des statues, étaient destinés aux piétons. Sur les blocs supérieurs de la porte, on distingue une inscription latine. Elle signifie : « César Auguste, imperator, fils du divin (Jules César), consul pour la onzième fois, revêtu de la puissance tribunicienne pour la huitième fois, donne ses portes et ses murs à la colonie ». Derrière cet édifice a été installée une statue en bronze d'Auguste, copie d'une œuvre antique.
  • Le Castellum : situé dans la rue de la Lampèze, ce château d'eau date du 1er siècle de notre ère. Découvert en 1844 par Auguste Pelet, il est l'un des trois vestiges de ce genre connus dans le monde romain. A l'époque antique, le castellum recevait, grâce à un aqueduc de 50 kilomètres de long, passant par le Pont du Gard, les eaux de la source d'Eure, près d'Uzès, réparties ensuite dans tous les quartiers de Nîmes. La ville ayant en effet considérablement grandi depuis sa fondation, les eaux de « La Fontaine » ne suffisaient plus à toute la population. Les eaux apportées par le canal jaillissaient dans le château d'eau par l'orifice rectangulaire. Arrivées dans le bassin de 5,50 mètres de diamètre, elles repartaient dans dix tuyaux de plomb, fixés aux ouvertures circulaires. Ces tuyaux alimentaient ensuite les fontaines, les thermes et une partie des habitations de la cité. Le débit de cette construction a été évalué à environ 125 000 m3 par jour. Au fond du bassin, se trouvaient trois trous permettant sa vidange. Des peintures sur enduit représentant des poissons et des dauphins ornaient le mur entourant la pièce d'eau.
  • Le temple de Diane : ce bâtiment, construit au IIe siècle de notre ère, se situe dans le « jardin de La Fontaine », au nord-est de la ville. Sa fonction demeure inconnue. Ce « temple » faisait parti du sanctuaire romain, consacré au culte de l'empereur et établi sur le lieu où jaillit la source de Nîmes. Certains voient en lui un édifice cultuel, d'autres une bibliothèque. Il était composé d'une grande salle rectangulaire et de deux couloirs latéraux en plan incliné permettant d'accéder aux niveaux supérieurs. Dans la grande salle, on peut observer les restes de colonnes, de pilastres corinthiens ainsi que des niches surmontées de frontons cintrés ou triangulaires.
Les autres vestiges du sanctuaire ont été complètement réaménagés au XVIIIe siècle, même si le plan d'ensemble a été conservé. Il comprenait notamment un théâtre et un nymphée, sanctuaire dédié aux nymphes, déesses des eaux, élevé autour de la source. Au centre de ce nymphée se trouvait un autel destiné au culte impérial. Le sanctuaire romain a été établi sur un lieu de culte indigène, consacré à « l'esprit de la source », le dieu Nemausus.
  • La tour Magne : située au haut du mont Cavalier, la tour Magne a été édifiée une première fois au IIIe siècle av. J.-C., à l'époque gauloise. Construite en pierres sèches, elle a été englobée et remplacée par la tour romaine, bâtie en 16-15 avant notre ère, au même moment que l'enceinte augustéenne de Nîmes, dont elle fait partie. Cet ouvrage de défense mesure aujourd'hui une trentaine de mètres de haut, mais on suppose qu'il devait atteindre 40 mètres à l'origine. La tour octogonale se divise de bas en haut en deux parties : un socle de 7,50 mètres de haut surmonté d'une corniche, puis au-dessus et un peu en retrait, des pilastres toscans, hauts de 6,50 mètres. Un troisième étage, aujourd'hui disparu, comportait des colonnes engagées, dont il ne reste que le socle et deux bases.
  • Musée d'Archéologie : créé en 1896, il abrite différents objets retrouvés dans la région, notamment les fameux « as de Nîmes », ces monnaies dites au crocodile. Il possède également une belle collection épigraphique.   

Orange

Orange, située en bordure du Rhône, a pour premiers habitants des Celto-Ligures, installés dans un oppidum sur la colline Saint-Eutrope.
En 40 av. J.-C., la cité devient colonie résidentielle des vétérans de la lie légion. Les nouveaux venus s'installent alors dans la plaine aux alentours de Saint-Eutrope.
Orange se dote d'un rempart, dont les vestiges restent visibles sur la route de Roquemaure, à l'entrée du cimetière moderne. Située sur la voie Agrippa, reliant Arles à Lyon, elle constitue une halte pour les commerçants. En 381 apr. J.-C., elle devient le siège d'un évêché. A la fin du Ve siècle, elle subit, comme beaucoup de ses consœurs de la région, les invasions barbares.
L'arc de triomphe : Probablement érigé entre 21 et 26 avant notre ère, il s'élève au nord de la ville sur l'ancienne voie Agrippa. Très bien conservé, il est construit en pierre calcaire de la région et percé de trois baies. Ses quatre faces orientées selon les quatre points cardinaux comportent chacune quatre colonnes corinthiennes engagées, un fronton et deux attiques, le tout surmonté d'une plate-forme qui supportait sans doute un quadrige et des statues d'angle en bronze.
Sur la face nord, la mieux conservée de toutes, au-dessus des baies latérales, on observe deux reliefs, représentant des casques, des armures, des javelots... Les deux attiques montrent, à droite, des dépouilles navales, à gauche, des objets de culte. Sur le socle central, tout en haut, on voit un combat entre Romains et Gaulois. Ce thème est repris au même niveau sur la face sud, avec un Germain en plus. La face sud possède également des panneaux d'armes au-dessus des baies latérales. Sur le médaillon du socle se trouve une tête de femme auréolée de draperies, que l'on n'a pas encore identifiée.
Sur la face est, on distingue trois groupes de deux captifs, placés entre deux colonnes sous des trophées. Sur la façade occidentale, en grande partie reconstituée, on observe la même scène. Les plafonds des trois passages sous les trois baies de l'arc sont creusés de caissons hexagonaux en nids d'abeille.
Dernières hypothèses, un temple et un forum, que l'on a longtemps pris pour un gymnase. Ce groupe de monuments a été dégagé entre 1925 et 1937, après la démolition de vingt-deux maisons. Le temple, datant du IIe siècle apr. J.-C., a conservé sa salle basse avec péristyle et portique. On ignore à quelle divinité il était consacré.
Musée de la ville : situé face au théâtre, il comprend notamment des fragments du cadastre de la ville et de ses dépendances, gravés sur plaques de marbre. Découvert en 1949, le cadastre couvre environ 850 km2 et date de 77 apr. J.-C. Selon une inscription reconstituée, sa rédaction aurait été ordonnée par l'empereur Vespasien (69-79). Ce système de cadastration permet de répartir équitablement les terres, mais surtout de fixer le montant des impôts. Le musée comprend également des objets de la vie quotidienne à l'époque romaine.

Carpentras

De la cité antique, à qui Auguste a octroyé le droit latin en 14 avant notre ère, il ne reste que quelques vestiges de maisons, des tombes, des inscriptions et l'arc de triomphe. Des fouilles sous la ville médiévale permettraient d'en savoir plus sur l'ancien site. Arc de triomphe, construit en 16 apr. J.-C., a sans doute servi d'entrée latérale à la cathédrale romane avant d'être englobé dans les cuisines du premier palais épiscopal. Une seule arcade, haute de 10 mètres, large de 5,9 et profonde de 4,50, subsiste. Elle est ornée de bas-reliefs, représentant des Barbares enchaînés à des trophées, rappelant ainsi, comme à Glanum ou Orange, la victoire des Romains sur les Celtes. A Carpentras, se trouve également un musée lapidaire, présentant des amphores gallo-romaines, des autels votifs, des urnes funéraires, des lampes...

Pont du Gard

Construit dans le courant du 1er siècle de notre ère, le Pont du Gard se situe dans la vallée encaissée du Gardon.
Cet ouvrage est l'élément le plus spectaculaire de l'aqueduc qui alimentait la ville de Nîmes grâce aux sources d'Eure, près d'Uzès. Ce canal parcourait 50 kilomètres pour une dénivellation de 17 mètres, soit 34 centimètres par kilomètre.
  • Hauteur totale : 49 mètres au-dessus des basses eaux du Gardon.
  • Étage inférieur : 6 arches, 142 mètres de long, 6 mètres de large, 22 mètres de haut. Les ouvertures des arcades n'ont pas toutes la même dimension. Celle qui enjambe le lit du Gardon est plus large pour permettre l'écoulement de la rivière.
  • Étage moyen : 11 arches, 242 mètres de long, 4 mètres de large, 20 mètres de haut.
  • Étage supérieur (celui qui portait le canal) : 35 arches, 275 mètres de long, 3 mètres de large, 7 mètres de haut.
L'aqueduc a fonctionné jusqu'au VIe siècle. Les riverains ont alors détourné les eaux à leur profit et pillé les pierres de certains tronçons. Resté intact, le Pont du Gard a servi de passage pour piétons, puis pour véhicules à partir du XVIIIe siècle. Il comptait parmi les étapes obligatoires du « tour de France des compagnons », comme en témoignent les nombreuses inscriptions gravées dans la pierre des piliers.
Le pont est bâti dans de gros blocs, pesant jusqu'à 6 tonnes et provenant d'une carrière voisine, à Vers. Ces pierres gigantesques ont été hissées à l'aide d'un treuil actionné par une grande roue en bois que faisaient tourner des hommes placés à l'intérieur du tambour.

Saint-Blaise

Installé sur un plateau escarpé accessible seulement par le sud, Saint-Blaise se trouve entre l'étang de Berre et le golfe de Fos. Habité dès le Néolithique, cet oppidum a été abandonné entre le 1er siècle av. J.-C. et le IVe siècle apr. J.-C., après avoir été assiégé, comme le prouvent les boulets découverts dans les vestiges.
Il semble que ce site ait joué un rôle primordial pendant l'époque pré-romaine grâce au commerce du sel. En effet, Saint-Blaise se trouve à proximité d'une « poussière » d'étangs saumâtres formés au fond de cuvettes profondes, comme l'Olivier à Istres, Rassuen, Citis. Les amphores étrusques et grecques retrouvées en grande quantité sur le site témoignent d'échanges intenses avec ces régions.
La très belle enceinte hellénistique édifiée au IIe siècle av. J.-C. illustre parfaitement bien la prospérité de la ville, bien plus riche que les oppida voisins. Ce rempart a été construit au même moment que celui de Glanum et sans doute par les mêmes ouvriers. Il est composé d'un mur en grand appareil à joints vifs, sans mortier. Certains blocs portent des lettres ou des signes, qui sont soit les marques des tâcherons, soit des repères de contrôle indiquant la quantité de pierres assemblées. Un crénelage à merlons arrondis couronnait le mur.

Saint-Rémy-de-Provence

Saint-Rémy-de-Provence possède un musée antique, installé dans l'Hôtel de Sade. A deux kilomètres au sud de la ville, se trouvent l'ancienne cité de Glanum ainsi qu'un mausolée et un arc municipal, couramment appelés « les Antiques ».

Glanum

Situé à 2 kilomètres au sud de Saint-Rémy-de-Provence, Glanum s'étend au pied du versant septentrional des Alpilles. Les ruines s'élèvent en enfilade, sur une pente légèrement inclinée, au pied du mont Gaussier. Au nord de cette ancienne cité, de l'autre côté de la route moderne, se dressent un mausolée et un arc municipal, couramment appelés « les Antiques ». Ces deux monuments, contrairement au reste de l'ancienne cité de Glanum, ont toujours été visibles et se livrent à nous presque intacts, malgré les siècles traversés.

Deux atouts géographiques

Glanum doit sa prospérité dans l'Antiquité à deux atouts géographiques majeurs : la présence d'une source abondante, indispensable à la vie dans ce pays relativement sec et la situation de la ville à un carrefour stratégique. Glanum est en effet bâti au débouché du seul passage échancrant les Alpilles du sud au nord et permettant d'éviter le contournement de cette barrière montagneuse de 30 kilomètres de long. En outre, à proximité de la cité, passe la voie Domitienne, reliant l'Espagne à la Provence. Sur cette artère, qui longe le flanc nord des Alpilles à l'écart de basses plaines marécageuses, transitent les marchandises destinées à Rome.

Celtes, Grecs et Romains

L'occupation humaine de ce site remonte, semble-t-il, au XVe siècle av. J.-C. A cette époque, cet espace aurait été un lieu de culte et atout défensif non négligeable (vallons et remparts naturels des Alpilles).
Glanum commence à se développer au IIe siècle, lorsque la ville d’Arles connaît un léger essoufflement. Le peuple appartient à la confédération des Salyens. Après leur défaite face aux romains, la ville, influencée par l’architecture grecque, se transforme peu à peu en une cité romaine, devenant : Glanum.
Au IIIe siècle de notre ère, les habitants désertent la ville. Ils auraient été victimes des attaques des Barbares et les sources se seraient taries. Les populations des alentours utilisent les pierres des édifices pour ériger leurs propres maisons, dans un lieu qui deviendra Saint-Rémy-de-Provence.
Le site visible actuellement correspond environ à un tiers de la cité romaine. Les bâtiments sont presque tous construits dans la « molasse blanche » miocène, couramment appelée pierre de Saint-Rémy, visible dans la petite carrière à l'entrée du site. Dans ces ruines, dégagées depuis une quarantaine d'années, se superposent deux ou trois états successifs d'occupation du terrain.

La source, cœur de la cité

Au sud de la cité, c'est-à-dire à l'opposé de l'entrée actuelle, se trouve le « cœur » de Glanum, la source, dédiée au dieu Glan et aux mères glaniques, déesses de fécondité, auxquels les habitants vouent un culte. Pour découvrir la ville chronologiquement, il est préférable de commencer la visite par ce côté.

Les carrières de Glanum

Les premiers vestiges plus nets de bâtiments datent des VIIe et VIe siècles av. J.-C. A cette époque, les Grecs d'Asie Mineure s'implantent à Marseille. Les « Glaniques », appartenant au peuple celto-ligure des « Salyens », développent progressivement les échanges commerciaux avec les nouveaux venus. Aux deux derniers siècles avant notre ère, les habitants de Glanum se sont largement hellénisés, même s'ils gardent toujours leur autonomie vis-à-vis de Marseille. Leur cité se couvre de bâtiments publics, civiques et cultuels.
En 49 av. J.-C., César s'empare de Marseille et la colonisation romaine commence. Les Glaniques, qui ont pris le parti des Phocéens, connaissent une période difficile.
Le nymphée : on accède à la source par un escalier, construit à l'époque hellénistique. Les pèlerins espéraient, en touchant l'eau, voir leurs souhaits se réaliser. Les Romains ont récupéré ce culte, en bâtissant à sa gauche un temple corinthien. A sa droite, ils ont érigé une salle quadrangulaire consacrée, semble-t-il, à Hercule. Cet édifice jouissait d'une grande popularité, à en juger par la multitude d'ex-voto retrouvés à cet emplacement. En face de ce temple, vers l'ouest, on aperçoit un escalier menant à une petite terrasse taillée dans le rocher, qui faisait office de sanctuaire. Les Celto-Ligures y déposaient des offrandes animales, dont on a retrouvé les ossements.
  • La porte fortifiée : protégeant le périmètre sacré de la source, se trouve une porte fortifiée datant de l'époque hellénistique, faisant partie d'une grande muraille, dont la tour gauche subsiste encore. Au niveau de cet ensemble, qui ressemble aux remparts de Saint-Blaise ou de Marseille, les « Glaniques » réclamaient vraisemblablement un péage aux voyageurs.
  • En allant vers le nord, on découvre, à l'est de la porte, un portique dorique romain installé à l'emplacement d'une salle hellénistique au plafond soutenu par des colonnes. En face, les propylées, portique à colonnes formant l'entrée d'un sanctuaire. A peu de distance se tient le « bouleutérion », lieu de rassemblement des responsables de la cité hellénistique. A l'intérieur, la présence d'une table de sacrifices rappelle que ces magistrats exerçaient aussi des fonctions religieuses.
  • Les temples géminés : juste à côté, en se dirigeant vers le nord, on observe les vestiges de deux bâtiments romains, les temples « géminés », appelés ainsi à cause de leur ressemblance. Une partie de la façade du plus petit de ces deux sanctuaires, édifiés entre 30 et 20 av. J.-C., a été reconstruite en 1992. Les portraits en marbre de l'épouse et de la sœur de l'empereur Auguste, Livie et Octavie, découverts dans ces lieux, laissent supposer qu'on leur vouait ici un culte. En face de ces deux édifices, se trouvent les restes de deux fontaines. Celle située au sud date de l'époque romaine, l'autre, plus au nord, du temps des Grecs.
  • Le forum : en descendant, on atteint un ensemble architectural érigé entre la fin du 1er siècle av. J.-C. et le début du 1er siècle apr. J.-C. Il comprend dans la partie méridionale le forum, bordé de portiques à l'est et à l'ouest et muré au sud, la grande basilique civile et dans la partie septentrionale, la curie, lieu de réunion du sénat local. En contrebas, se trouvent les thermes, érigés entre 50 et 25 av. J.-C. Ils comptent parmi les plus anciens de la Gaule.
  • Les demeures privées : de l'autre côté de la rue, se tiennent des habitations hellénistiques, occupées sans aucun doute par des notables. La plus vaste d'entre elles est sans conteste la maison des Antes. Son nom provient des piliers, « antes », ornant la baie de la salle occidentale. Toutes les ouvertures de cette demeure donnent sur une cour intérieure rectangulaire, permettant de se protéger du soleil et du mistral. Les pièces privées, comme les chambres ou le bureau du maître de maison, se trouvent du côté opposé à la voie publique. Le comptoir, espace commercial, donne sur la rue.
  • Au nord de l'ancienne cité, se dressent le mausolée et l'arc de triomphe. Le premier date des années 30 ou 20 avant notre ère, le second des années 20 apr. J.-C. Malgré leur proximité, ces deux monuments remplissent des fonctions tout à fait différentes. Le mausolée, même s'il ne contient pas de corps, reste un bâtiment funéraire. L'arc de triomphe marque l'entrée de la ville de Glanum.
  • Le mausolée : d'après l'inscription située sur la face nord du mausolée, ce cénotaphe a été érigé par les trois fils d'un dénommé Julius, en l'honneur de leurs « parents », c'est-à-dire leurs père et grand-père. Leur aïeul aurait été doté par César du statut de citoyen romain, à la suite de ses loyaux services dans les armées du conquérant. Les deux personnages, installés dans le petit temple circulaire au sommet, portant une toge, représentent probablement ces deux parents dans un style héroïsé. Sur le socle en bas, se répartissent quatre bas-reliefs. La face sud montre une scène de chasse au sanglier, la face ouest une bataille d'infanterie, la face nord un combat de cavaliers. A l'est, on observe un combat avec une Victoire et la remise d'un diplôme par une Renommée ailée. Une frise peuplée de créatures composites orne le bandeau au-dessus de l'architrave de l'étage à arcades. On y distingue neuf tritons (mi-hommes, mi- poissons, tous ailés sauf un), quatre griffons (créature ailée à bec crochu, avant-train de lion et queue de poisson) et deux dragons. Sur toutes les faces, sauf au nord, les tritons maintiennent un disque représentant vraisemblablement le soleil.
  • L'arc de triomphe : il est moins bien conservé que le mausolée. Son programme iconographique rappelle à la population locale sa défaite devant les Romains. Ainsi, les reliefs de la face orientale représentent des Celtes enchaînés, homme comme femme, à des poteaux de bois où pendent des dépouilles guerrières. Le relief sud de la face occidentale montre une image de la Gaule vaincue, assise, des chaînes aux mains. A ses côtés, un captif tourne le dos aux passants. Sur le relief septentrional de cette même face, un « Gallo-Romain », drapé dans un manteau gaulois à franges comme dans une toge, montre aux visiteurs un guerrier gaulois enchaîné. Des fruits et des feuillages, symboles d'abondance, ornent la frise de l'archivolte.
  • Hôtel de Sade : le dépôt lapidaire, situé dans le vieux Saint-Rémy, permet de compléter la visite. Il présente des sculptures préromaines, des objets de la vie quotidienne, des inscriptions, des pièces d'architecture, trouvées sur le site de Glanum et dans les environs.

Vaison-la-Romaine

L'agglomération actuelle recouvre encore la plus grande partie de la cité romaine, notamment le forum. Pendant des siècles, seuls le pont antique et les deux arceaux du théâtre, surnommés les « lunettes » par les habitants de la région, témoignaient du passé très ancien de Vaison. Les fouilles, commencées en 1907 par l'abbé Joseph Sautel, constituent la plus grande surface archéologique de France. Deux quartiers s'offrent à nos yeux : Puymin et Villasse, ainsi que les thermes du nord.

Voconces et Romains

A la fin du IVe siècle av. J.-C., un peuple de souche celtique, les Voconces, s'installe à Vaison et en fait sa capitale. Peu après la conquête de César, Rome leur octroie le statut privilégié de cité fédérée. Jusqu'au IIIe siècle apr. J.-C., les habitants vivent dans la paix et la prospérité. Certains d'entre eux deviennent d'illustres personnages à Rome, comme Sextus Afranius Burrus, plus connu grâce au « Britannicus » de Racine, en tant que précepteur de l'empereur sanguinaire Néron (54-68 apr. J.-C.). Entre 250 et 300 apr. J.-C., le territoire des Voconces se trouve partagé en quatre. Vaison garde la direction de la partie sud-ouest, tandis que trois autres cités apparaissent : Die, Gap et Sisteron.

La Villasse

La Villasse signifie « la grande maison ». Ce quartier doit son nom au château du XVIIIe siècle, dont dépendait l'exploitation agricole que l'abbé Sautel entreprit de fouiller dès 1924. Actuellement, on peut y voir les ruines de deux demeures antiques : la « maison au Dauphin » et celle « au buste d'argent », encadrées par deux voies : la « rue à colonnes » et celle « des boutiques », ainsi qu'une salle appartenant aux thermes publics.
La rue des Boutiques : à l'époque romaine, les chars circulent sur la partie dallée de la rue, large d'environ 4,20 mètres. Certains blocs irréguliers présentent parfois des trous. Ces cavités servaient de points d'accroche aux pinces à l'aide desquelles on transportait les pierres. Un égout, large de 0,80 mètre et haut de 1,10 mètre en moyenne, occupe le sous-sol de la voie. Il rejoint l'Ouvèze, après que des canalisations transversales s'y sont déversées. Sur la partie piétonne de la voie, protégée dans l'Antiquité par un portique, s'ouvrent les seuils des boutiques, installées en enfilade. Adossée à l'une d'entre elles, se tient une statue de Mercure, patron des marchands. On le reconnaît grâce à ses trois attributs : les ailerons aux pieds, la tige du caducée à la main gauche et la tortue sur le piédestal.
La grande salle thermale : Installé au bout de la voie, cet édifice fait partie des thermes du centre, dont la plus grande partie est enfouie sous la ville moderne. La grande salle mesure plus de 12 mètres de large. Sa longueur reste inconnue, car elle se prolonge sous Vaison. Une arcade, délimitée par des pilastres, décore le mur du fond. Excepté quelques blocs du sommet, l'ensemble date de 1936. Dans une pièce adjacente, on observe six petites latrines et le canal d'évacuation des eaux.
  • Maison au buste d'argent : Elle se situe en face des thermes. Cette demeure tient son nom de la sculpture découverte par l'abbé Sautel en 1920 et actuellement exposée au musée. Elle représente un notable vaisonnais, peut-être le propriétaire ou l'un de ses ancêtres. On entre dans cette villa de plus de 5 000 m2 au sol (davantage si l'on compte les étages) par le vestibule, dallé de pierre de Beaumont. Suit l'atrium, entouré de colonnes de style corinthien, sur lequel donne le tablinum, le bureau du maître de maison. Au sud, en contrebas, se trouvent un péristyle, muni d'un bassin et, au nord, une courette, délimitée par deux baies à colonnes. A l'ouest de celle-ci, on remarque une pièce, présentant une mosaïque noir et blanc en son centre, encadrée d'un assemblage de plaques de marbre de diverses couleurs. Un peu plus au nord, on découvre des latrines. En face, on accède à un jardin, doté d'un bassin et bordé au nord par des installations de bains. Cet ensemble thermal, beaucoup plus vaste que dans les autres maisons de Vaison, suscite des interrogations. Une hypothèse, formulée parmi d'autres, consiste à croire qu'il s'agit d'anciens thermes publics. Devenus trop petits pour la collectivité, ils auraient été remplacés par d'autres établissements. Le propriétaire de la maison du buste en argent aurait alors racheté le terrain, dont il se serait servi comme jardin.
  • Maison au Dauphin : cette demeure doit son nom à une petite sculpture de marbre blanc, retrouvée en ses murs et représentant un dauphin chevauché par un Amour. Cette habitation, datant de la fin du Ter siècle apr. J.-C., se superpose à l'une des maisons les plus anciennes de Vaison, construite entre 40 ou 30 av. J.-C. Selon des recherches effectuées dans les années 1970, le bâtiment d'origine serait une installation rurale, comportant une grange ou une étable. Vaison s'urbanisant, les propriétaires successifs auraient transformé cette sorte de « ferme » en maison de ville. Cette habitation comprend une partie centrale organisée autour d'un jardin, encadré de quatre portiques à colonnades, sur lequel s'ouvrent différentes pièces, parfois difficiles à identifier à cause de la disparition de leur mobilier. Au nord de cette cour, se situent de petits thermes, composés d'une pièce de chauffe, d'une salle de bains chauds et d'une autre de bains tièdes. A l'opposé, dans la partie méridionale de cette maison, s'étend un vaste jardin, flanqué d'un grand bassin, dont une partie sert de viviers. En remontant vers le nord-ouest, le visiteur découvre l'atrium. Le petit bassin central recueille les

Quartier de Puymin

Ce quartier porte le nom de la colline de « Puymin » sur laquelle il est construit. Il comprend de nombreuses demeures, des boutiques, le théâtre antique et accueille également le musée.
  • La maison à l'Apollon Lauré : cette demeure doit son nom à la statue d'Apollon Lauré, c'est-à-dire portant une couronne de lauriers, découverte en ses murs. Un moulage de cette sculpture a été placé ici, l'original étant exposé au musée. L’abbé Sautel avait attribué cette maison aux « Messii », parce qu'une inscription portant ce nom avait été trouvée dans cette habitation. Une grande partie de la « domus » se situe toujours sous la ville moderne, ce qui rend l'identification de certaines pièces difficile. On remarquera la marqueterie de marbre dans le « tablinum », le bureau du maître de maison.
  • Le sanctuaire à Portiques : la ville moderne recouvre la majeure partie de ce grand jardin. Sa fonction, édifice public à vocation religieuse ou domaine privé, reste discutée. Des moulages de statues de l'empereur Hadrien, de sa femme Sabine et du « Diadumène », athlète portant un bandeau au front, ornent le mur très restauré, situé au nord. Le « Diadumène » est une copie d'époque romaine de l'original du sculpteur grec Polyclète (Ve siècle av. J.-C.). Toutes les colonnes du jardin datent du XXe siècle, sauf celle placée à côté de la statue d'Hadrien et entaillée d'un coup de pioche, qui est authentique.
  • Quartier artisanal : boutiques et ateliers, regroupés en îlots. On aperçoit une grande jarre brune (dolium) d'environ 2,50 mètres de haut. A l'origine, elle se trouvait à moitié enfouie dans le sol. Les habitants y stockaient les olives.
  • Château d'eau ou nymphée : selon l'abbé Sautel, cet édifice serait un nymphée dédié aux déesses des sources. Les archéologues penchent aujourd'hui pour l'hypothèse plus prosaïque du château d'eau. En 1932, on a trouvé des tubes de plomb, visibles au musée.
  • La maison à la Tonnelle : l'abbé Sautel l'avait surnommée le « Prétoire », croyant à tort qu'il s'agissait de la maison du préteur, le gouverneur de province. Cette vaste demeure, d'environ 3 000 m2, ressemble assez à celle au « buste d'argent », dans le quartier de la Villasse. Seuls les sous-sols subsistent, ce qui rend toute interprétation difficile. La partie « noble » de cette « domus » s'ordonne autour d'une colonnade surplombant le jardin auquel on accède par un escalier à double volée. Au milieu du jardin, se trouve la trace d'une salle à manger d'été, aménagée en tonnelle, qui a donné son nom à la maison. A côté, on peut voir la pièce de service, comprenant un four à pain, un bassin et un égout.
  • Le théâtre : installé sur le flanc nord de la colline, le théâtre date du 1er siècle de notre ère. Il pouvait accueillir jusqu'à 7 000 spectateurs. Du mur de scène, il ne reste que les fondations. Les statues d'Hadrien et de Sabine, dont les moulages sont visibles dans le sanctuaire à Portiques, ont été retrouvées dans une fosse sous la scène. L’orientation plein nord du théâtre permettait au public de ne jamais avoir le soleil dans les yeux.
  • Musée ThéoDesplans : il abrite de nombreux objets trouvés lors des fouilles. On peut voir notamment les statues impériales de Claude, Domitien, Hadrien et son épouse Sabine, qui décoraient le mur de scène du théâtre.

Castellane

Le peuplement de cette ville remonte à l’Age de Bronze, selon des découvertes faites dans une grotte de Castillon.
Plus tard, quelques ligures s’installeront près du Roc pour établir un oppidum : Ducelia.
En 14 av. J.-C., Auguste termine de conquérir la région. Grâce à son rattachement à la province romaine des Alpes Maritimes, Ducelia se développe. Des habitations voient le jour et la ville est renommée Civitas Saliniensum (la cité des marchands de sel). La ville est un petit carrefour, de nombreuses voies romaines sont construites comme la Via Salinaria, Ventiania, et une jonction entre les voies Aurélia et Domitia.
La ville va encore changer de nom et devenir Salinae. En effet, les habitants s’étaient regroupés près du Verdon pour profiter des sources salées. Aujourd’hui quelques-unes sont encore visibles.
Il ne reste plus de vestiges du patrimoine bâti romain.

Verdon
Verdon
Verdon
Verdon
Verdon
pédalo dans le lac de Sainte-Croix
Accrobranche
Rafting
Pont de Galetas
Pont du Roc

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