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PASS VERDON
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Le Bas-Verdon à vélo

​Le Verdon

Un sifflement aigu déchire l'aube...
Sous les premiers rayons du soleil, les Trois Evêchés revêtent une parure rougeâtre.
Un second sifflement de marmotte, amplifié par l'écho rompt à nouveau le silence matinal. Comme par enchantement, les bruits jusqu'alors feutrés, se font plus distincts.
Dans l'alpage de Sestrières, rapidement inondé d'une lumière provençale, commence mon histoire. Après quelques suintements, je décide de quitter les hautes vallées vivifiantes des Alpes  pour irriguer la Provence.
En chemin, grossi par de multiples affluents, je deviens émeraude. De cascade en cascade, je franchis les barrages dressés par les hommes pour m'assagir et exploiter ma force.
La lumière et la pierre m'accompagnent pour ce voyage au long cours. Depuis la nuit des temps, les hommes se sont acharnés à polir, à tailler, à dompter ce matériau mis à vif sous le climat méditerranéen.
La pierre est, ici, œuvre d'art à découvrir jusque dans les sites les plus reculés, là, sculptée en chapiteau dans les édifices religieux ou taillée en bel appareil pour les demeures seigneuriales et les maisons de maîtres. A l'état brut, la pierre de Provence atteint son paroxysme dans le grand canyon dont le relief vertigineux et les gorges profondes d'une rare beauté sont le fruit de millions d'années d'érosion.
Ici, le soleil, d'une intensité rare, colore les paysages de nuances subtiles, pénètre au cœur des canyons mais ne franchit pas le seuil des maisons aux ouvertures réduites pour y conserver la fraicheur.
Après avoir traversé des plateaux chaotiques, fracturés, crevassés et entaillés qui dissimulent leur apanage, je me faufile entre collines et plaines. Là, une mosaïque de villages déploie avec grâce leur enchevêtrement de toitures d'où jaillit le campanile en fer forgé rappelant que l'heure rythme la vie paysanne. Les nombreux châteaux persistent, presque par miracle après des siècles d'histoire mouvementée, à brandir leurs tours sous un ciel cristallin.
Les traditions, les coutumes et les fêtes qui marquent les événements de tous les jours, y conservent un caractère authentique.
Mon périple s'achève. Après 170 kilomètres d'un cours à travers ce pays de lumière, paradis parfumé d'aromates, je retrouve la Durance.
Par chance, comme le phénix mon histoire est éternelle... Le mélèze, arbre vaillant, roi de l'étage alpin, m'attend et va revêtir sa parure d'or et de safran à l'annonce du berger qui rassemble son troupeau pour regagner la vallée.
Là-haut retentit un dernier sifflement... La montagne se couvre alors d'un voile lilial.

Conseils 

Les 18 itinéraires en boucle regroupés dans le guide peuvent être parcourus séparément. Cependant le maillage constitué par l'ensemble de ces circuits offre également de nombreuses possibilités de combinaisons et enchaînements pour des randonnées de deux à huit jours.

Promotions

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Époque

La période la plus propice à la découverte de cette région va de mai à octobre. Certains itinéraires sont en effet peu praticables à cause de l'enneigement en hiver, voire au printemps.
Avant de partir, il est judicieux de se renseigner sur l'état des routes, l'ouverture des cols et sur les prévisions météorologiques (fournies quotidiennement par les stations régionales).
Il est utile de posséder un équipement cyclotouriste approprié :
  • un vélo réglé à sa taille (selle et guidon), équipé d'une gamme de développements aussi large que possible (petits braquets) et d'un système de freinage efficace.
  • une trousse de dépannage contenant le nécessaire en cas de crevaison (démonte-pneus, colle, rustines, pompe). - un habillement adéquat comprenant entre autres un chapeau, des lunettes de soleil, un vêtement chaud et imperméable (attention aux brusques changements de conditions météorologiques!).
  • Pour éviter la classique «fringale» du cyclotouriste : boire régulièrement avant d'avoir soif et manger avant d'avoir faim (aliments énergétiques rapidement assimilables).
  • Certains itinéraires empruntent, en l'absence d'un réseau routier secondaire important, des axes classés à grande circulation ou très fréquentés en saison estivale.

Circuit 1 : Rians

Départ de Rians. Boucle de 60 km. Passage par Sain-Paul-les-Durance, Jouques, Vauvenargues et retour Rians.
  • Rians : une église monumentale couronne cette paisible bourgade campée sur un petit promontoire.
  • Tour de l'horloge du XIIe s. et campanile de 1792. Eglise reconstruite au XIXe s. Au pied du village, reste des remparts médiévaux : la porte Saint Jean est dotée d'une niche abritant la statue du Saint et d'un clocheton bâti ultérieurement.
  • 3 km à la sortie de Rians, à l'entrée d'un petit défilé, la route passe sous l'arche d'un aqueduc. Les eaux captées par les barrages E.D.F. proviennent du Verdon. Elles empruntent des galeries souterraines ainsi que des ouvrages d'art et sont destinées à l'approvisionnement des villes et à l'irrigation de la Basse-Provence jusqu'au littoral.
  • Saint-Paul-lez-Durance : modeste village établi sur une terrasse de tuf au débouché du vallon de l'Albéou entre le canal d'E.D.F. et la rivière. La mairie occupe une demeure du XVIIIe s.
  • On longe sur quelques centaines de mètres la Durance, rivière aux crues longtemps dévastatrices et redoutées qui prend sa source au pied du Montgenèvre à la frontière franco-italienne. La fougueuse Durance, désormais domptée, joue un rôle économique considérable au niveau régional. La société du Canal de Provence, créée en 1959 par les départements du Var et des Bouches-du-Rhône ainsi que par la ville de Marseille, gère les aménagements et assure quotidiennement la fourniture en eau domestique et agricole de 116 communes dont Marseille, Aix et Toulon, grâce à 3 000 km de canalisations.
  • Jouques : joliment logé sur une proue en bordure du Réal, rivière qui alimentait jusqu'à la fin du XIXe s. les moulins à grains, à huile, à papier et apportait ainsi une aisance à la population comme en témoigne le nombre appréciable de belles façades d'immeubles.
  • D'est en ouest, au sommet du village triomphent la chapelle d'origine romane de Notre-Dame de la Roque (M.H.), le portail de l'enceinte du XIIIe s. (M.H.), la tour de l'horloge, le portail à bossages du XVIe s. de l'archevêché (privé).
  • Un portail monumental s'ouvre sur un bâtiment à deux corps élevé au XVIIIe s.
  • A l'ouest, au-delà de la porte de la rue des Baumes, s'élève l'église Saint-Pierre de fondation romane, à chevet plat, remaniée au XVIe s.
  • En contrebas de la rue des Baumes : porte Saint-Pierre, vestige des remparts du XVIe s.
  • Rue Grande : portes, linteaux et façades des XVIe et XVIIe s.
  • Dans l'ancienne chapelle des Pénitents.
A la sortie du village au carrefour de la D 561 et de la D 11 gros pigeonnier circulaire.
Après le Sambuc, la route se faufile dans un couloir rocheux, jusqu'au débouché de la vallée de l'Infernet.
  • Vauvenargues : site apprécié des Aixois au pied de la montagne de Sainte-Victoire, abrite un vaste château des XVIe-XVIIe s. flanqué de deux tours rondes. Dans le parc (privé) repose la sépulture de Picasso décédé en 1973. Il avait acquis l'édifice en 1958. Plusieurs sentiers conduisent à la croix de Sainte-Victoire.

L'olivier     

Arbre caractéristique de la Provence et de la ceinture méditerranéenne, il exige un climat sec et lumineux, avec des hivers doux.
La cueillette des olives s'effectue, suivant les variétés, de septembre à février et fait souvent l'objet de joyeux regroupements, où parents et amis se retrouvent à l'olivette pour prêter main forte au propriétaire car le ramassage est particulièrement long. De grands filets sont étendus au sol et chacun s'installe sur un escabeau ou grimpe aux branches maîtresses de l'arbre pour faire tomber les fruits qui sont détachés du rameau soit à la main, soit à l'aide de pinces ou encore de peignes.
La récolte est ensuite acheminée vers le moulin où les olives sont successivement broyées puis pressées. Certains utilisent encore la presse traditionnelle. La purée issue du broyage est répartie manuellement dans les "scourtins" (sortes de couffins circulaires en fibres d'alfa, de coco ou synthétiques) qui sont empilés et pressés.
A l'occasion de chaque récolte apportée au moulin, il était traditionnel que récoltants et meuniers goûtent "l'huile nouvelle" que l'on dégustait sur des croutons de pain rôtis et frottés à l'ail : c'était la "croustade".
Certaines variétés se prêtent bien à la fabrication d'huile, d'autres sont plus spécialement utilisées comme olives de table confites. Elles sont alors soit vertes, si elles sont récoltées ayant maturité, soit noires dans le cas contraire.
Symbole de paix, arbre sacré chez les anciens grecs, arbre éternel qui renait de sa propre souche après les gels les plus meurtriers, l'olivier s'inscrit dans le paysage provençal et demeure le témoin vivace d'une civilisation profondément marquée par la tradition méditerranéenne.
Le Provençal lui est attaché par des liens qui dépassent l'enjeu économique et qui révèlent une fidélité inconditionnelle à une culture millénaire.

Circuit 2 : Rians

Au départ de Rians, boucle de 56km, difficulté moyenne. Passage par Ginasservis, Saint-Julien, La Verdière, Esparron et retour Rians.
Après 7 km sur la D 11, on aperçoit à gauche, dans le creux d'un vallon boisé, les installations du CEN (Centre d'Etudes Nucléaires) de Cadarache (on ne visite pas).
Les activités de recherche, d'essais et d'expérimentation portent sur la fusion contrôlée, la chimie, la phytogénétique, la radiogronomie et le traitement des déchets radioactifs.
  • Ginasservis : les toitures rosées et ocrées s'enroulent autour d'une butte tronquée qui portait jadis le château-fort dont il reste quelques pans de murs et une tour ruiniforme.
  • Église paroissiale du XVIIe s., restaurée au XIXe s. A l'est du village : Eglise romane. Joli clocher-mur à deux baies, très dégradé. Campanile à l'allure épurée.
  • Saint-Julien-le-Montagnier : site en perchement absolu couronnant une falaise. Panorama sur les plans de Provence, succession de plateaux couverts d'une maigre végétation arbustive.

L'architecture traditionnelle en zone provençale     

Les villages de Provence chérissent une implantation en pente ou en croupe, héritage d'une période trouble où l'habitat était défensif et d'une préoccupation d'économie de l'espace cultivable. La maison provençale était composée d'un volume de base auquel, suivant l'évolution des moyens, ont été successivement accolés des volumes supplémentaires. Les maisons ouvrent une façade principale au sud. Les murs nord, exposés au mistral, sont aveugles ou récemment percés. Les façades sont généralement établies sous des murs- gouttereaux.
La Provence est le pays de la pierre, largement employée dans la construction. L'architecture traditionnelle utilise les matériaux disponibles sur place: calcaires en moëllon, grès d'Annot, galets roulés du plateau de Valensole. Les plâtrières, fours à chaux, tuileries répondaient localement aux besoins. Dans cette zone de civilisation latine, la construction privilégie de longue date la couverture en tuiles canais (très localement en lauzes) qui impose une pente entre 18 et 39%. A partir du XVIIe s. un ou plusieurs rangs de génoises protègent les façades du ruissellement. Celles-ci pouvaient être agrémentées de baies, de loggias (les pountins) à l'abri des vents dominants. Des ouvertures de forme rectangulaire percées au sommet du mur, sous le toit, appelées les souléaires, permettaient le séchage des récoltes.
Au cours des siècles passés, le crépissage des murs était réalisé dès que le propriétaire en avait les moyens, seuls les bâtiments annexes ou à usage agricole étaient laissés en pierres apparentes. Aujourd'hui la mode néo-provençale suggère aux occupants des maisons anciennes de décrouter les murs.
  • La Verdière : le vieux village s'organise en hémicycle sur un dôme où trônent l'église et le château.
  • Église (M.H.) : portail à stylobates et chapiteaux sculptés. Château (privé): son aspect actuel est le résultat de transformations réalisées au XVIIIe s. pour permettre à ses occupants, la famille de Forbin, de mener une vie mondaine confortable. Les parties basses de l'édifice remontent au XIIe s. Derrière le château, l'esplanade sous les pins s'anime en fin d'après-midi pour la partie de pétanque (jeu de boules dans le Midi de la France).
A 4 km de la Verdière sur la D 30 à droite : tour de donjon du château Notre-Dame (privé). Chapelle du XVe s.
  • Esparron-de-Pallières : village discret tapi dans un écrin de verdure au pied du château. Ample bâtisse sans grand caractère des XIVe-XVe s. et XVIIIe s. (privé). Dans l'église du XVIIe s. : maître-autel et rétable sculpté.
A 500 m du village, sous une superbe chênaie, église Notre-Dame du Revest (M.H.) : édifice roman du XIe s, à nef unique de 4 travées. Façade et abside en appareil très soigné, clocher du XIXe s, portail en plein cintre. Belle porte cloutée (clefs à la mairie).
La route serpente à travers le plateau de la Palière qui a donné son nom aux deux villages construits sur ses revers.

Circuit 3 : Barjols

Au départ de Barjols, boucle de 47km passant par Brue-Auriac, Seillons-Source d’Argens, Saint-Martin-de-Pallieres, Varages et retour Barjols. Facile.
  • Barjols : bourgade adossée à un cirque de roche poreuse. Une eau limpide et abondante jaillit des nombreuses fontaines. Rue de la République: église plusieurs fois remaniée aux XIIIe s. et XVIe s.
  • Derrière l'église : portail renaissance de l'hôtel des Pontevès (M.H.). Quartier du Réal : chutes d'eau et roue à aubes d'un ancien moulin à papier. Un escalier monte à la tour. Vue plongeante sur les toits. Barjols fut un important centre de tannage jusqu'en 1960. Ateliers d'artisans dans les anciennes tanneries.
  • Fabrique de galoubets et tambourins.
  • Barjols est célèbre pour la fête des Tripettes qui se déroule à la Saint Marcel (mi-janvier). Tous les 4 ans, un bœuf est sacrifié puis rôti, avant d'être distribué à la population. Cette manifestation perpétue le souvenir d'un bovidé découvert lors d'un état de siège alors que la cité était au bord de la famine.
  • Brue-Auriac : village bâti au pied d'un escarpement, en marge de son terroir viticole. Il doit son nom à la réunion de deux villages autrefois distincts. Le tracé octogonal des rues est l'œuvre d'un armateur Marseillais, Georges Roux, qui fit fortune au XVIIe s. et créa une cité ouvrière puis attira des industries (tanneries, soieries, poteries). Prospérité éphémère ébranlée par la Révolution.
  • Église paroissiale : médiévale et XVIIIe s. Le pigeonnier rond arbore un décor de pilastres soutenant et encadrant ses toits en gradins. On aperçoit encore la guirlande de carreaux vernissés qui interdisaient aux rongeurs l'accès à la chambre des pigeons. Au sud du village sur un mamelon, la chapelle romane

Les campaniles    

Pendant des siècles, les clochers en pierre se sont bravement opposés au mistral qui les mettait à rude épreuve. Un employé (le campanié) était, au XVIIe  et au XVIIIe s,. affecté à la sonnerie des cloches. Il devait, selon un code précis, signaler à la population les événements importants.
Au XVIIIe s. la vulgarisation de la production de fer porta un coup fatal à ces vaillants clochers calcaires de Provence. Les cloches furent alors suspendues dans de robustes cages en fer forgé.
Modestes, élaborés, trapus ou élancés, ils sont tous différents. Chaque promenade permettra la découverte de ces campaniles, des structures fonctionnelles les plus épurées comme à Saint-Julien-le-Montagnier ou à Vinon, aux plus ouvragées comme à Flayosc ou à Aups.
  • Notre-Dame de Brue (M.H.) présente un portail en plein cintre aux larges claveaux. Le personnage sculpté sur le linteau pourrait dater du XVIe s.
  • Seillons-Source-d’ Argens : construit en terrasses orientées au Midi, sur un plateau embrassant la vallée de l'Argens. Cette rivière se jette dans la Méditerranée près de Fréjus après 116 km d'un cours hésitant et tortueux. Château des Grimaldi (privé) : bastide du XVIIIe s. Au nord : aires à battre le blé encore en parties caladées. Avant la place, chapelle gothique en ruine.
Route sinueuse à travers les bois de chênes verts et les genévriers fleurant bon le thym jusqu'à Saint-Martin.
  • Saint-Martin-de-Pallières : ensemble villageois sagement aggloméré à l'ombre d'une majestueuse demeure médiévale.
  • Château (privé) : grande bâtisse flanquée de massives tours d'angles. Edifié au XIIe s., il fut endommagé à la Révolution. Parc créé au XVIIIe s, aile et tour est construites vers 1865.
  • Dans les années 1920, les tours du centre et du midi, crépies depuis leur restauration furent décapées, les meurtrières et les fenêtres du XIIIe s. mises à jour et conservées avec soin.
  • Église construite par le châtelain en 1690.
  • En quittant Saint-Martin, sur la gauche dans la descente, lavoir autrefois animé par les commères.
On quitte la large dépression où les vignobles voisinent avec les cultures et les prairies pour suivre le ravin du Grand Vallot.
  • Varages : établi sur un plateau en bordure d'une falaise, Varages, fut célèbre dès la fin du XVIIe s. pour ses faïenceries. Cette fabrication périclita avec l'avènement de la grande industrie. Une seule faïencerie subsiste. Musée de la céramique (ouvert en été).
  • Église du XVIIe s. de style gothique (M.H.) dotée d'un clocher couvert de tuiles vernissées polychromes. Autel élevé à Saint-Claude, patron des faïenciers

Circuit 4 : Barjols

Au départ de Barjols, boucle de 55.5km, passant par Chateauvert, Correns, Montfort-sur-Argens, Cotignac, Sillans-la-Cascade, Fox-Amphoux et retour Barjols. Difficulté moyenne.
  • Châteauvert : à l'entrée du défilé de l'Argens. Du village médiéval, il ne reste que des pans de murs sur la colline. Au-delà du pont : vestiges de l'église du XVIIe s., tour de guet accolée au cimetière.
La route traverse les «gorges Vallon Sourn» (sombre) où l'on peut apercevoir les grottes qui servirent de refuge au moment des guerres de religion.
  • Correns : le village est regroupé à la circonférence d'une butte où se dresse la tour du fort Gibran. Il subsiste un îlot médiéval près de l'église paroissiale du XVIIIe s. Porte Saint-Germain à herse du XIIIe s. (M.H.). Vieux pont sur l'Argens.
  • Montfort-sur-Argens : les habitations surplombent le vignoble qui fait la prospérité du village. A l'entrée: maison natale de Joseph Lambot qui mit au point le ciment armé en 1840. Château reconstruit au XVe s. sur les soubassements d'un château féodal du XIIe s. qu'un comte de Provence avait cédé aux Templiers. Vers 1430, il devint commanderie des Hospitaliers qui le rasèrent et le reconstruisirent au goût du jour.
  • Montfort resta résidence des chevaliers de Malte jusqu'au XVIIIe s. En 1793, le château (privé) fut transformé en prison révolutionnaire, ce qui le sauva de la destruction. Restes des fortifications : une porte à herse du XIIIe s. Ruelles caladées, portes sculptées dans la rue du Logis. Chapelle Saint Blaise des XIIe s. et XVe s. en haut du village. Route à travers les vignobles et oliveraies.

Les vins de Provence     

Le Var produit des vins blancs, rouges et rosés élevés au rang d'appellation contrôlée (A.O.C.) pour les Côtes de Provence et les Coteaux d'Aix, et à celui de vin délimité de qualité supérieure (V.D.Q.S.) pour les Coteaux Varois. A côté de ces vins d'appellation existe une multitude de vins de pays.
Une route des Côtes de Provence serpente à travers le vignoble varois, de domaines en châteaux, de caves coopératives en caves de producteur-récoltant.
Les circuits de ce guide l'empruntent de Cotignac à Montfort-sur-Argens et d'Entrecasteaux à Lorgues. Plus de 2000 ans d'histoire marquent le vignoble varois. Des fouilles archéologiques, réalisées lors de chantiers de construction dans les villes de Toulon,
Hyères et Marseille, ont permis d'exhumer des épaves de bateaux chargés d'amphores destinées à transporter du vin. Au Moyen-Age, les iconographies livrent des scènes de vendange. Au XVIIIe et au XIXe s. le vignoble a souffert d'attaques de parasites (oïdium en 1846, mildiou en 1878 et surtout phylloxéra à partir de 1864). La vigne a alors régressé au point de disparaitre du paysage rural.
Après la deuxième guerre mondiale, des cépages nobles ont été replantés et le Var s'est orienté vers une production de qualité. Aujourd'hui les vins varois, dignes d'accompagner les mets les plus fins, sont présents sur les meilleures tables.
  • 1,5 km avant Cotignac sur une butte, chapelle Notre-Dame de Grâces. Fondée en 1519, devenue en 1586 le siège du premier établissement de congrégation de l'Oratoire. Sa fondation se rattache à une apparition de la Vierge.
  • Ex-voto en marbre noir offert par Louis XIV, lors de sa visite au sanctuaire en 1660, en souvenir du vœu fait par ses parents avant sa naissance. Ceux-ci désespéraient depuis de nombreuses années d'avoir un jour un enfant.
  • Cotignac : Le bourg, plaqué à la falaise de tuf alvéolée de grottes, offre un pittoresque désordre de toitures. Le centre est occupé par un cours ombragé. A son extrémité, en direction de la falaise, belle fontaine avec têtes de marbre sculptées symbolisant les quatre saisons.
  • Dans la Grand-Rue : église du XIIIe s. plusieurs fois remaniée. Passages couverts, ruelles caladées menant à la partie ancienne du bourg. Mairie installée dans un bâtiment du XVIIIe s. Campanile pyramidal. Restes d'un pressoir à huile. Au hasard du cheminement on découvre des maisons des XVIe- XVIIe s. et XVIIIe s.
A la sortie sur la gauche (1 km) : 2 tours carrées, vestiges du château médiéval.
2 km sur la gauche après Cotignac : prieuré Saint-Martin, édifice roman sur l'emplacement du bourg primitif.
  • Sillans-la-Cascade : remparts médiévaux avec tours crénelées plus récentes. Le château est une construction de composition sévère. (Visites payantes, expositions.) Un chemin de terre balisé (800 m) conduit à une cascade. La chute d'eau de la Bresque (45 m), érode les bancs de tuf et forme des miroirs d'eau étagés. Ambiance équatoriale inattendue en Provence due à la forte humidité de l'air et à l'enchevêtrement de lianes et de lierres.
3 km à gauche après Sillans : chapelle Saint-Barnabé (1882).
  • Fox-Amphoux : sa silhouette fluette surgit d'un océan de chênes. Site charmant suspendu hors du temps. Place plantée de micocouliers : le plus proche de l'église aurait été planté en 1638 en application des règles édictées par Sully, ministre d'Henri IV, qui avait donné l'ordre de planter un arbre sur la place de toutes les paroisses de France. Autrefois utilisé pour la fabrication de fourches à foin, le micocoulier sert encore aujourd'hui pour les manches de fouets et d'outils.
  • Eglise romane restaurée. Clocher, campanile. Ruelles étroites, maisons des XVIIe s. et XVIIIe s. aux linteaux datés.
  • Maison natale de Barras qui contribua à la chute de Robespierre en 1794. Au presbytère, ex-voto du capitaine Barras. Son navire «La Sardine» avait bloqué l'accès du port de Marseille à la suite d'une mauvaise manœuvre pendant une tempête. La mésaventure de Barras alimente une légende dans laquelle on plaisante en disant qu'à Marseille une sardine est capable de boucher le port.
Au nord-ouest, dans une grotte : chapelle Notre-Dame du Bon Secours.
  • Pontevès : village accroché à un épaulement de la montagne du Petit Bessillon. Tours ruinées du château des Pontevès, puissante famille qui joua un rôle important en Provence, notamment au moment des guerres de religion.
Sur la place : église du XVIIe s. rénovée récemment et dotée d'un joli crépi rose. Tour octogonale coiffée d'un campanile du XVIIIe s.

Circuit 5 : Gréoux-les-Bains

Au départ de Gréoux-les-Bains boucle de 67km en passant par Esparron-de-Verdon, Quinson, Montmeyan, Vinon-sur-Verdon et retour sur Gréoux-les-Bains. Moyen.
  • Gréoux-les-Bains : ville thermale dominée par le coffre de son château. Le noyau ancien entièrement rénové, à l'exception de la rue du Vieil Horloge se déploie en hémicycle au pied du château. Une avenue bordée de marronniers conduit des hôtels aux bains thermaux. Portail du Vieil Horloge et tour tronquée de la première enceinte (XIIe- XIIIe s.). Rue des Remparts : vestige de la seconde enceinte. Château dit des Templiers (M.H.) : donjon du XIIe s., flanqué d'un bâtiment rectangulaire allongé au sud (XIIIe - XIVe s.) qui abrite une cour intérieure à promenoir et galerie. Tour ronde : ajout du XVIIe s. Le château a été largement modernisé au XVIIIe s. Propriété de la commune depuis 1977, il est en cours de restauration. (Concerts dans la cour en été.)
  • Église Notre-Dame des Ormeaux : nef d'origine romane à extensions latérales des XIVe s. et XVIIe s.
  • La station thermale était déjà fréquentée par les Romains. Une stèle, exposée dans l'établissement thermal, dédiée aux «nymphis griselicis» (Nymphes de Gréoux) atteste cette occupation et renseigne sur l'étymologie de la ville. Les eaux sulfureuses employées pour traiter les rhumatismes, l'arthritisme et les affections des voies respiratoires attirent plus de 30 000 curistes par an et conditionnent profondément l'économie locale.

Les Templiers à Gréoux ?    

Leur présence à Gréoux est très hypothétique. Une marquise au début du XVIIIe s. et un médecin un demi-siècle plus tard notent dans leurs carnets de route un voyage "au pays des templiers".
"Aucune preuve documentaire ne confirme l'occupation des Templiers" précise la société scientifique et littéraire des Basses-Alpes (dans bulletin N° 285; pp 159-170). Les documents relatent seulement que le château fut géré par l'ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem de 1307 à 1319-22. Barrage de Gréoux : retenue en terre sur le Verdon de 260 m d'épaisseur à la base. Construit en 1967, il retient 85 millions de m3 d'eau et alimente la centrale de Vinon et le canal de Provence.
  • Esparron-de-Verdon : vieux village coupé en deux par le ravin du Sorbiou. Architecture villageoise modeste mais homogène. Donjon du château : puissante et élégante tour quadrangulaire des XIIe-XIV e s. (M.H.), percée d'archères (meurtrières plus spécifiquement conçues pour le tir à l'arc et à l'arbalète) sur 3 niveaux.
  • Plusieurs corps de bâtiments disposés autour d'une cour étroite des XVIe-XVIIe s. (privé). Aile latérale du XVIIe s., gros œuvre repris en 1780. Église Saint-André : ravalée vers 1710 abrite des éléments gothiques. Campanile du XVIIe s.
  • Depuis la mise en eau du barrage en 1967, Esparron est devenu une station touristique appréciée.
  • Quinson : en bordure du lac artificiel, le village a su préserver son architecture ancienne circonscrite à l'intérieur des vestiges de l'enceinte. Deux tours carrées surmontent 2 portails du XIV e s. L'un offre 2 arcs en plein cintre parallèles et s'ouvre sur la Grand-Rue. L'autre à un arc brisé et un de plein cintre. Eglise Notre-Dame du Plan sur une placette ombragée. Restaurée au XIXe s. La partie appuyée contre les remparts date du XIVe s. Passages couverts. Fontaines et lavoirs hors de l'enceinte. Le barrage de Quinson, dont les travaux débutèrent en 1972, s'intègre dans le vaste complexe de retenues aménagées sur le Verdon et la Durance.
  • Il est une des pièces maîtresses de la production hydro-électrique de la région.
Cinq barrages ont été édifiés sur le Verdon. L'ainé est celui de Castillon, le cadet est celui de Sainte-Croix. Les réserves d'eau qu'ils emmagasinent sont prépondérantes pour l'extension de l'urbanisation sur le littoral Varois.
  • Montmeyan : étiré sur un belvédère, le village émerge d'un moutonnement de collines individualisées entre les plaines cultivées. Plusieurs tours : héritage des fortifications. Ruelles en escaliers, passages couverts.
  • Église romane relevée au XVIIe s. et restaurée en 1880.
  • Vinon-sur-Verdon: village primitif juché initialement sur un mamelon à l'embouchure du Verdon. Le Verdon endigué au début du XIXe s. a permis l'urbanisation en rive droite et en plaine. Grande place ombragée où se rassemblaient autrefois les troupeaux qui montaient passer l'été en alpage. Les platanes séculaires auraient été plantés par les bergers d'Arles. Eglise Saint-Sauveur restaurée en 1854. Tour de l'horloge du XVIIe s., chapeautée d'un campanile. Ruelles en pentes, modestes vestiges des fortifications. Cultures maraichères pour l'approvisionnement des marchés citadins. On y cultive «le coco» de Vinon, haricot utilisé clans la soupe au pistou.

Les Charbonnières     

La fabrication du charbon de bois était une activité répandue en Provence. Après la première guerre mondiale la consommation a été abandonnée au profit des boulets de houille noire.
L'ancienne technique de fabrication du charbon de bois était très pénible.
Le charbonnier ou «bouscatié», souvent d'origine Piémontaise ou Italienne, terrassait d'abord une plateforme, puis empilait le bois autour d'une cheminée. La meule était ensuite recouverte de terre puis mise à feu.
La carbonisation durait plusieurs jours et nécessitait une surveillance constante.
Aujourd'hui encore les traces de cette activité marquent le paysage en bordure des routes du Haut-Var occidental et du plateau de Valensole : les amoncellements de blocs de pierres, grossièrement placées en cercle.

Circuit 6 : Valensole

Départ de Valensole, boucle de 39km, facile, passant par Allemagne-en-Provence, Saint-Martin-de-Brômes, Gréoux-les-Bains et retour Valensole.
  • Allemagne-en-Provence : Village aux maisons construites en galets roulés, se niche au fond d'une dépression drainée par le Colostre. Campanile au-dessus de la mairie. Eglise : chœur à chevet plat, chocher-arcade du XIIIe s. Bas-côté du XVIe s.
  • Château de la fin XVe-début XVIe s. (ouvert l'été, expositions temporaires). Il présente une forme en équerre. Le corps orienté nord-sud est flanqué de deux tours rondes. Dévasté et pillé à la révolution puis transformé en grenier à foin. Très dégradé en 1882, il fut restauré et reconstruit en totalité dans la partie supérieure en style Louis XII avec fenêtres à gâbles sculptés de lions assis. Le crénelage date de cette époque. Cours plantée d'essences exotiques.
  • Saint-Martin de Brômes : Au chevet de l'imposant donjon, le village s'étage suivant les courbes de niveau en un désordre de toits dans la veine de la tradition provençale. Eglise (M.H.) basse et massive remonte aux Xe-XIIe s. Seconde nef ajoutée au XVIe s. sur le flanc sud. Les voûtes retombent sur des consoles sculptées. Clocher à flèche pyramidale. Donjon (M.H.) : tour du XIVe s. à mâchicoulis, appareil en léger bossage. Au rez-de-chaussée : musée abritant une belle collection gallo-romaine. Étant donné l'époque de construction de la tour, il est abusif de l'attribuer aux Templiers : leur ordre, en effet, a été dissous au début du XIVe s. Des passages étroits en escaliers se faufilent sous des voûtes. Dans la rue principale : maison à baie géminée.
  • Bel-Air : plusieurs distilleries installées en bordure de la plaine.

L'architecture traditionnelle du plateau de Valensole

Faute de pierres de construction disponibles sur place (carrières, moellons ...), les villages du plateau de Valensole sont bâtis avec ces galets à la belle patine farineuse et dorée. Les anciens ont fait preuve de créativité et de savoir-faire local en mettant en œuvre ces galets émoussés liés à la chaux grasse. Seules les parties les plus sensibles (chaînes d'angles, chambranles) étaient traitées avec des matériaux plus résistants et plus coûteux: pierre taillée ou brique. On notera l'étroitesse des ouvertures dans

Circuit 7 : Valensole

Au départ de Valensole, boucle de 57k, moyenne, passant par Brunet, La Begude Blanche, Poteau de Telle, et retour Valensole.
  • Valensole : se développe sur les flancs d'une dépression, à l'abri du mistral, dans un enchevêtrement de toitures. On observe «intra-muros» un contraste entre le bâti de la basse ville marquée d'urbanité (hauteurs et ordonnancements des façades enduites, encadrements de portes) et les maisons érigées au sommet du bourg qui dénotent une architecture liée à l'activité agricole (maisons de plain-pied ou sur un étage, grand portail de remises, galets et maçonneries apparentes).
  • Église Saint-Blaise : le chœur à chevet plat du XIVe s. s'élance majestueusement. Il est éclairé par six fenêtres en lancettes formant verrière, alors que les chevets en Provence sont généralement obscurs. Nef du XIXe s. dans son aspect actuel. Campanile du XVIIIe s. couronné d'une balustrade en fer forgé. Place Thiers : Fontaine en pierre du XVIIe s. (M.H.).
  • Au lieudit «le Bars», on aperçoit la vallée de la Durance et les contreforts septentrionaux du Luberon. La route remonte la vallée de l'Asse, au fond plat cultivé et aux versants rectilignes boisés. Le torrent capricieux de l'Asse entaille le plateau de Valensole.
  • Brunet : village accroché à mi-pente. Beau coup d'œil depuis la route. Vestiges du château féodal. Eglise remaniée au XIXe s.
  • Bras d'Asse : pour les passionnés de vieilles pierres, l'ascension du vieux village livre les ruines du château-fort flanqué de tours, d'un mur d'enceinte et des habitations. Au village: église classique des XVIIe s. et XIXe s.
  • La Bégude-Blanche : hameau linéaire.
Les lacets de la rampe de Telle sont jalonnés de sources salvatrices. Au Poteau de Telle : panorama à 360°, des Alpes aux chaînes côtières. Sur le plateau, on croise encore quelques troncs tourmentés d'amandiers. L'énorme silo à grains témoigne de la transformation des modes culturaux.

Genèse du plateau de Valensole    

A la fin de l'ère tertiaire, les poussées alpines ont formé des chaînes de montagnes, qui ont été érodées sous l'action d'un régime torrentiel. Des galets descendant des Alpes ont été roulés et émoussés avant de se déposer sur l'immense cône de déjection de la région de Valensole. Au fur et à mesure de l'accumulation des galets, sables et argiles, le bassin de réception s'affaissait sous leur poids. On nomme cet agglomérat : le poudingue. L'épaisseur maximale de ce dépôt peut atteindre 1300 m.

Le plateau de Valensole    

Ce vaste plateau d'environ 800 km2 présente un modelé monotone au sol brunifié. Les grandes vallées affluentes de la Durance, Rencure-Bléone, Asse et Verdon le découpent en grandes tables, inclinées vers le sud-ouest et plus ou moins disséquées.
Cette monotonie du relief exacerbe les couleurs, les parfums des amandiers pleurant en myriades de pétales blanches, les violets orageux de la lavande, les blés ondulés docilement sous le vent. Chaque saison est un enchantement. Cet espace largement tourné vers l'agriculture est le domaine favori des céréales, du lavandin et de l'apiculture. Les parois des versants rectilignes sont habillées d'un taillis épais formé essentiellement de chênes. Un programme d'irrigation sera progressivement mis en place et entraînera une mutation du paysage.
A terme 4 000 ha. de surface cultivable seront équipés. Le groupement de développement agricole (GDA) plante des vergers expérimentaux, qui s'avèrent prometteurs. L'objectif est de proposer d'ici quelques années sur le marché européen des fruits de qualité, comme par exemple : "la pomme de montagne", une golden à face rosée, la pistole (variété ancienne de prune qui était séchée... et très appréciée des Mandarins chinois au siècle dernier). Les cultures traditionnelles telles que l'amandier et la truffe seront développées.

Circuit 8 : Riez

Au départ de Riez, boucle de 41km, facile, en passant par Roumoules, Puimoisson, Valensole et retour Riez.
  • Riez : petite ville attachante d'allure provençale chapeautée par la colline Saint-Maxime. L'agglomération conserve les traces de sa splendeur d'antan. Une visite attentive à travers les siècles est vivement conseillée. Une colonie romaine s'était fixée dans la plaine en bordure du Colostre. Quatre colonnes corinthiennes en granit gris plantées en plein champs interpellent le visiteur. Avec l'architrave en calcaire qu'elles supportent, elles pourraient être les vestiges d'une partie d'un temple dédié à Apollon. (Leurs bases et leurs chapiteaux sont en marbre.)
  • Des collections gallo-romaines sont regroupées au musée Lapidaire ouvert dans le baptistère (ME.), qui est un des rares vestiges paléochrétiens (VIe-VIIe s.) de la Gaule (visite : s'adresser à l'O.T.). De plan octogonal, il abrite en son chœur un bassin baptismal. Il est coiffé d'une coupole du XIIe s. qui s'appuie sur huit colonnes de granit à chapiteaux de remploi (prélevées sur un monument romain). Porte Saint-Sol au nord et Porte Ayguière au levant : vestiges des fortifications du XIV s.
  • Dans la Grand-Rue : hôtel de Mazan, joyau d'architecture du XVIe s. avec fenêtres à meneaux et vaste escalier à gypseries. Les voûtes, en croisées d'arêtes à clé pendante, reposent sur des colonnettes torsadées. L'hôtel, acquis par le Ministère de la Culture accueillera prochainement un musée archéologique et le musée Lapidaire. Dans la Grand-Rue : deux maisons à façades médiévales et une grande demeure à encorbellement.
  • Cathédrale : érigée de 1490 à 1524, plusieurs fois réparée. Peu d'intérêt si ce n'est le mobilier (un orgue de 1847) et les tableaux.
  • A la mairie, ancien palais épiscopal du XVe s., embelli aux  XVIIe-XVIIIe s. : musée Nature en Provence. Chapelle Saint-Maxime (M.H.) du XVIIe s. avec des colonnes antiques en remploi.

A la sortie de Riez : château de Campagne (privé) appartenant depuis ses origines à la famille de Clérissy. Faïenciers de Moustiers, ils ont montré la latitude d'utilisation de la faïence jusque sur les tuiles polychromes aux teintes automnales qui couvrent les pavillons latéraux.

  • Roumoules : comme Rome, le village est entouré de sept collines. Restaurant dans une bâtisse du tournant des XVIIe - XVIIIe s. Architecture domestique aux toits serrés, à l'abri desquels les prunes séchaient dans les «soleilhas».
  • Puimoisson : témoin de l'architecture villageoise privilégiant les masses horizontales plutôt que les verticales pour minimiser l'emprise au mistral.
  • Église Saint-Michel relevée en 1496. Vers 1120, l'évêque de Riez la donna aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Etendant ses possessions, la commanderie devint l'une des plus puissantes que l'ordre possédait en Provence. Portail gothique flamboyant à encadrement de hauts pinacles à fleurons. L'allure du portail est chétive si on la compare aux ouvrages du Nord de la France, mais avec celui de l'église d'Aups, ils représentent les seuls souvenirs en Provence de l’art maniériste.
  • Nef de 3 travées sur croisées d'ogives. Clocher de1741. Les deux portes fortifiées attestent de la présence du château détruit à la Révolution.

Lavande et lavandin     

Les Romains parfumaient déjà leur bain à la lavande mais l'utilisaient aussi pour les blessures de guerre. La fleur de lavande a été longtemps cueillie dans les garrigues provençales avant de devenir une plante cultivée au XXe s.
La fleur de lavande est reconnaissable à son odeur très camphrée. La récolte a lieu en juillet-août. Il faut 300 kg de fleur pour obtenir un litre d'essence.
Toute la production n'est pas distillée. On trouve des sachets de fleurs séchées.
La lavande présente de nombreuses propriétés officinales. Son essence ainsi que celle de la lavande fine sont appréciées pour la parfumerie de luxe.
Mais la culture régresse en raison de la concurrence des produits de synthèse et des importations en provenance d'Europe de l'Est et notamment de Bulgarie.
Dans les années 1930 s'est répandue la culture du lavandin. Il s'agit d'un hybride qui offre des rendements environ deux fois supérieurs à la lavande. Il s'est substitué à celle-ci dans les zones de moyenne montagne et plus particulièrement sur le plateau de Valensole. Bien que son essence soit d'une qualité inférieure, elle est employée dans l'industrie cosmétique.
Les abeilles s'enivrent du pollen de cette fleur bleue et produisent un miel de lavande et de lavandin très apprécié.

La truffe ou rabasse     

La truffe est traditionnellement récoltée dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence et du Var qui en produisent environ une dizaine de tonnes par an. Elles sont pour la plupart commercialisées sous l'appellation «truffes du Périgord».
La truffe est un champignon ascomycète dont les fructifications que l'on consomme ont l'aspect de tubercules.
Elles se forment sous terre, entre 10 et 20 cm de profondeur, généralement au voisinage des racines de chênes ou de noisetiers.
Des conditions climatiques particulières augmentent la production (pluies d'été et hiver doux).
"Lou rabassié" récolte les truffes aidé d'un porc ou d'un chien truffier, qui grâce à son odorat décèle le champignon dans le sol.

Circuit 9 : Aups

Au départ d’Aups, boucle de 63 km, moyenne, en passant par Salernes, Villecroze, Entrecasteaux, Lorgues, Flayosc, Tourtour et retour Aups.
  • Aups : est niché au pied des pentes de la montagne de l'Espiguières, bassin de réception qui alimente sources et fontaines chantant dans la bourgade.
  • Vestiges des fortifications des XIIe s. et XVIe s. : porte des aires au nord, tour de l'Horloge (M.H.) surmontée d'un campanile en fer forgé à balustrade, tour de guet dite tour sarrasine.
  • Les ruelles étroites bordées de hautes façades conservent la fraîcheur.
  • Église Saint-Pancrace (M.H.) de style gothique provençal des XVe-XVIe s. Portail à grand tympan encadré d'un arc surbaissé. Gâbles à fleurons garnis de feuillages. Place de l'église : une fontaine porte une pyramide élevée à la mémoire des républicains tombés en 1851, avec à la boutonnière un brin de thym ou farigoule, emblème de la Montagne. Le Var s'insurge lors du coup d'Etat de Napoléon III en 1851. L'insurrection fut écrasée à Aups, où il y eut plusieurs dizaines de morts.
  • Salernes : le bourg se développe tentaculairement au pied des ruines du château féodal.
  • Église romane du XIIIe s., agrandie aux XVIe s. et XVIIe s. Belle façade en pierre de taille. Deux clochers dont un surmonté d'un campanile cosmologique à boules de fer. Vieilles rues pittoresques qui fleurent bon la cuisine aux aromates vers midi. Place de la Révolution : fontaine à large bassin octogonal ) Rue J-J. Rousseau : chapelle du XVIIe s. encastrée entre deux maisons. Promenades sur la colline boisée de pins et de chênes majestueux.
Par Villecroze, on pourra écourter le circuit pour rejoindre Tourtour puis Aups.
  • Villecroze : Une église surgit au cœur d'une combe boisée entaillant une falaise de tuf. Très beau parc aménagé sur 2 ha. Une cascade formant des concrétions dévale près de 40 m. Grottes aménagées (visite en été) par des seigneurs au XVIe s., vestiges des fenêtres à croisées à meneaux sur la paroi rocheuse.
  • Église paroissiale du XVIIIe s. Tour de l'horloge : ancien donjon accolé au château. Ruelles étroites en escaliers. Passages voûtés, fontaines.

A 400 m en direction de Salernes, une belle église romane remaniée jouxte le cimetière.

  • Entrecasteaux : vieux village installé sur un promontoire dans un coude de la Bresque. Le château : vaste bâtisse allongée dominant le village ne remonte pas au-delà du XVIIe s. dans son aspect actuel. Il est établi sur des soubassements moyenâgeux. Balcons en fer forgé du XVIIIe s. Bel ordonnancement de fenêtres à petits carreaux. Accès par une rampe caladée. 
  • Jardin à la française dessiné par l'architecte Le Nôtre : allées de buis en double rangée, marronniers, micocouliers et pièce d'eau.
  • L'église Saint-Sauveur en partie romane conserve la trace de ses fortifications : mâchicoulis de trois corbeaux à doubles rouleaux sur le côté occidental. L'unique collatérale repose sur une voûte enjambant la rue. La tour du clocher porte une inscription datée de 1682.
  • Village aux vieilles rues étroites. Linteaux à écusson. Mairie dans une chapelle des Pénitents-blancs du XVIIe s. Deux ponts du XVIIe s. franchissent la Bresque.
En direction de Saint-Antonin : terrasses de culture où subsistent encore quelques oliviers sous les pins.
  • Saint-Antonin : village éclaté en hameaux. Chapelle largement restaurée, à trois baies à arcades et colonnettes géminées à l'abri de gros chênes.
  • Notre-Dame de Benva : du provençal «Bonne Voie». Le porche enjambait le chemin d'Entrecasteaux. Fresques naïves du XVIe s., dont une représente Saint-Christophe, patron des voyageurs. On peut les apercevoir à travers la fenêtre en s'éclairant d'une torche électrique.
  • Lorgues : gros bourg logé à flanc de coteau, au cœur d'un riche terroir viticole et agricole. Collégiale Saint-Martin (M.H.) du XVIIIe s. (ouverte toute l'année). A l'intérieur : chœur orné de boiseries, Piéta en marbre qui aurait été réalisée par Pierre Puget. Riche mobilier. Les portes (Trébarry et Sarrasine) : restes de l'enceinte vraisemblablement du XIVe s. et non pas du XIIe s. comme l'affirment certains ouvrages.
  • Beffroi ou tour de l'horloge au campanile daté de 1623. Dans le centre ancien : fontaines et maisons aux éléments d'architecture ancienne ; linteaux, voûtes, fers forgés ; four à pain communal ; moulin à huile, vestige d'une activité caduque, transformé en galerie de peinture (ouvert au public).
  • Ancien palais de justice érigé en 1768, au portail Louis XV.
  • Sur le cours : fontaine de la Noix du XVIIIe s., en marbre de Carrare.
  • En haut du cours : hôtel de ville, façade classique au fronton portant le blason de la ville.
  • Flayosc : les façades contiguës des vieilles bâtisses forment muraille et enserrent une acropole.
  • L'église mentionnée dès le XIe s. date des XVIe-XVIIe s.. L'appareil en pierre de taille a disparu sous le crépi. Grande toile du XVIIIe s. dans le chevet. Tour carrée du clocher dotée d'un campanile à cage très ouvragée légèrement bulbée (fin XVIIIe s.). Vestiges des fortifications du XIVe s.: porte Paris au couloir à encorbellement sur sa face intérieure. Fontaines sur les places de la République et de la Reinesse.
  • Tourtour : village perché dominant un paysage vallonné, apparaît tel un vaisseau de pierre voguant sur une mer de pins et d'oliviers. Église Saint-Denis au sommet de l'éperon rocheux : d'origine romane, reprise aux XIVe s. et XXe s. Château du XVIe s. muni de 4 grosses tours rondes. Il abrite la mairie, la poste ainsi que l'école. Ormes qui auraient été plantés sur ordre de Sully en 1638. Chapelle du XVIIe s., dotée d'un porche qui enjambe la route et d'un clocher-mitre. Ruelles étroites, passages voûtés. Un des « plus beaux villages de France ».
  • Chambranles, chaînes d'angles en tuf, linteaux sculptés. Vieux château (privé) restauré et vestiges des remparts. Restes d'un moulin à huile à la sortie du village.
  • Tour des Grimaud (XIIe s.) à 800 m en direction d'Ampus.

La bauxite     

Roche sédimentaire qui marque le paysage environnant, elle doit son nom du lieu les "Baux" près d'Arles dans la chaîne des Alpilles où elle a été découverte en 1821. Formée à l’ère secondaire par altération de roches argileuses sous un climat tropical, ses composants minéralogiques sont essentiellement des hydrates d'alumine, de l'oxyde de fer et de la silice.
Le Var produit de la bauxite rouge, base de la métallurgie de l'aluminium. F. Berthier, chimiste français a déterminé l'intérêt de la bauxite, en mettant en évidence sa teneur en alumine.
Il faut 4 tonnes de bauxite pour produire une tonne d'aluminium. Les gisements français qui occupaient le premier rang mondial jusqu'en 1914 ne représentent plus aujourd'hui que 5% de la production mondiale dont plus de la moitié est extraite dans le Var.

Circuit 10 : Aups

  • Moissac-Bellevue : village amarré à flanc de colline. Ruelles en escaliers, passages couverts. Aires à fouler au sommet du village. Tour de l'horloge dotée d'un campanile au XIXe s. Tour du clocher octogonal de 1838 jouxte l'église paroissiale restaurée au XVIIe s. Ancien pigeonnier seigneurial et demeure noble du XVIIIe s. laissée à l'abandon.
  • Régusse : un lacis de vieilles maisons s'agglutine sur une éminence au-dessus de la plaine agricole et des vignobles. Vestiges des remparts et du château au nord du village. Eglise du XVIIe s. Clocheton en tuiles vernissées. Tour de l'horloge du XVIe s. et campanile du XVIIIe s. Place de la mairie: joli encadrement présentant une tête chevelue en pierre. Deux moulins à vent ruinés sur le CD 260.
  • Saint-Laurent-du-Verdon : village lové dans une plaine ondulée à quelques enjambées de son coteau boisé. Traces du château-fort en remploi dans les maisons. Sous la mairie : l'eau claire du lavoir s'écoule dans une gargouille courant entre deux murets d'enclos. Maisons du XVIIIe s. Rue du portail : ruelle couverte. Eglise du XIXe s. Château des Castellane (fin XVIIe- début XVIIIe s.) : austère quadrilatère à 4 tours d'angles. Porte en plein cintre encadrée de pilastres portant un entablement horizontal. Transformé en hostellerie. Pigeonniers au château et dans le village.
  • Artignosc : se dresse sur le revers d'un talus livrant l'horizon bleuté des collines du Haut-Var. Eglise mentionnée dès 1034, remonte dans son état actuel aux XVIIe et XIXe s. Derrière l'église : énorme pigeonnier. Une large pierre en surplomb sert pour la promenade et l'envol des pigeons. Château à façade classique où siège la mairie. Accès par un large perron. Un angle fut évidé en proue de navire pour faciliter le passage des charrettes.
  • Passage couvert à l'ouest du château. Dans le dédale de ruelles pavées : plusieurs types de linteaux ou d'encadrements, de matériaux et d'époques différentes. Sur un linteau en pierre monolithique est gravé un soufflet de forgeron. Ferme de la Fontaine : cour fermée d'un portail en arc à imposte et limitée par deux pigeonniers. Le plus proche de la route conserve un bandeau de carreaux vernissés. A droite de la route : fontaine et bassins.
  • Baudinard : village qui se perpétue sur son Cardo Maximus, axe transversal (généralement le seul des cités antiques et par extension des villes médiévales). Ruelles et percées latérales permettent les échanges.
  • Rue du Passé : une androne s'engouffre sous une maison et conduit à la rue des Jardins, jalousement clos par des murets. Vestiges du donjon du XVe s. Eglise du XVIIe s. Beau point de vue depuis la chapelle Notre-Dame sise sur la colline.

Barrage de Sainte-Croix     

En aval de la retenue, le Verdon se faufile dans les gorges de Baudinard. L'arche du pont Saint-Sylvestre relie le Var et les Alpes de Haute-Provence. Le barrage de Sainte-Croix, mis en eau en 1973 est un ouvrage de type voûte mince. Il crée une retenue d'une superficie d'environ 2200 ha, à peu près équivalente à celle du lac d'Annecy. Ce lac est l'élément essentiel de l'aménagement hydro-électrique du Verdon. Il sert à l'alimentation en eau des villes de Marseille, Toulon, Hyères grâce aux installations du canal de Provence qui prend naissance en aval du bassin de Gréoux les-Bains.
Le plan d'eau autorise de nombreuses activités nautiques.
Bauduen : tissu bâti ancien ramassé à l'abri de la falaise. Château: grand parallélépipède du XVIIe s. dissimulé par des platanes centenaires. Transformé en maison familiale de vacances. Passages plafonnés ou voûtés, aménagés sous la procession de façades du pied de ville menant au cœur de Bauduen.
Belle unité d'architecture : toits en appentis (à un seul pan) munis de séchoirs : les fameux soleilhas provençaux, aujourd'hui fermés par des portes fenêtres.
Accès à l'église par une calade en pas d'ânes : édifice principalement des XVIe-XVIIe s. à abside en cul de four antérieure. Clocheton carré.

Les terrasses de pierre sèche ou restanques     

On rencontre encore des restanques ou "bancau" comme on les appelle en Provence, pays de la pierre, là où l'urbanisation galopante ou inversement l'exode et l'abandon des terres n'ont pas entrainé leur destruction. Les terrasses retiennent la terre en zone pentue, elles permettent la création de tables horizontales et augmentent la surface cultivable. Leur mise en œuvre demande beaucoup de peine et nécessite le respect de règles de construction que les anciens se transmettaient à chaque génération.
Elles sont le résultat d'un épierrage minutieux des champs. Cette pierre encombre les parcelles, gêne la mise en culture : aussi deux solutions s'offrent à l'utilisateur : soit la stocker et l'entasser sommairement en gros tas "les clapiers" ou "clapas" soit l'utiliser à la construction de terrasses, solution retenue quand la terre est rare ou prometteuse d'un bon rapport.
Les terrasses de culture correspondent à une période de croissance agricole au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. On observe des terrasses bien conservées et entretenues dans les vignobles de coteaux. Elles créent un remodelage des versants, protègent les vignobles des vents et permettent un bon drainage du sol sans causer de ravinement.
On parle de terrasses de pierre sèche dans les cas où les terrasses de culture sont bâties exclusivement en pierre sans emploi de liant ni mortier.

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