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De Castellane à Digne par la Voie Impériale ou GR 406

​Le sentier GR 406

La Voie Impériale


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De Castellane à Digne-les-Bains    

Le 26 février 1815, Napoléon quitte l'île d'Elbe, débarque à Golfe Juan le 1er mars et gagne Paris, avec ses hommes, le 20 mars 1815. Il traverse le territoire du Moyen Verdon les 3 et 4 mars 1815. Ce cheminement historique a donné lieu à la création d'un itinéraire de randonnée thématique unique en France : la Voie Impériale, reliant Castellane et Digne-les-Bains sur une distance de 52 km. En 3 jours, la randonnée permet de traverser des paysages encore vierges et authentiques de la Haute Provence et de découvrir un patrimoine remarquable au fil des étapes. Afin d'éviter quelques tronçons routiers en privilégiant l'intérêt du randonneur et la découverte des sites, l'itinéraire a été réaménagé en 2011 par la Communauté de Communes du Moyen Verdon. Il est également désormais praticable à cheval.
  • De Castellane à  Taulanne    3h
- Au départ de Castellane (724 m), emprunter le GR 4 longeant la rive droite du Verdon en direction des gorges.
- Au lieu-dit La Colle, quitter le GR 4 et emprunter le GR 406 pour monter jusqu'à Brayal.
- Rejoindre le captage d'eau situé en amont du hameau, puis s'engager dans le bois pour remonter un grand vallon.
- Plus haut, couper à deux reprises une piste forestière et poursuivre le long d'une croupe débouchant à nouveau sur une piste forestière.
- Descendre vers le col des Lecques. Plus bas, emprunter la piste s'orientant à l'ubac des Cadières de Brandis, puis descendre en traversée par un chemin menant aux ruines des Cirigiers.
- Au carrefour, descendre sur la droite vers le hameau de Taulanne (1 054 m), situé en face du Bivouac Napoléon.
  • De Taulanne à  Senez     2h45
- Au départ du Bivouac Napoléon, l'itinéraire reprend l'authentique Voie Impériale.
- Longer la route en direction des Clues pour emprunter une passerelle permettant d'accéder à un chemin s'élevant en lacets jusqu'à l'oratoire de Saint-Pierre.
- Redescendre par un chemin taillé à flanc de montagne.
- Plus bas, après avoir pénétré dans le bois [' > borne milliaire romaine], rejoindre l'intersection Blieux/La Tuilière.
A voir : La borne milliaire N° 607 dite « Masse de Saint-Pierre » : Située à 607 milles de Rome, au bord du chemin dans les clues de Taulanne, cette borne milliaire date du règne de Caracalla (211 à 217 après J.-C.) Elle est la 6» borne de la Via Salinae entre Castellane et Digne. Les inscriptions latines qui y sont gravées ont été traduites en 1993: « L'empereur César Marcus Aurélius Antonin Auguste, pieux, heureux, très grand vainqueur des Parthes, très grand vainqueur des Bretons, revêtus de sa seizième puissance tribunicienne, consul pour la quatrième fois, père de la patrie, proconsul, a fait remettre en état cette route, endommagée par les ravages du temps, par les soins de lulius Honoratus, procurateur de l'empereur, ancien primipile. Six milles. »
Hors GR  > pour Blieux    2h. Au carrefour Blieux/La Tuilière situé après la borne milliaire romaine, délaisser à droite le chemin de la Tuilière pour continuer en face par un chemin forestier descendant progressivement jusqu'au pont roman enjambant l'Asse de Blieux. Suivre la D 21 à gauche sur 500 m, puis prendre sur la droite un chemin montant en traversée jusqu'à une campagne. Rejoindre plus bas la ferme de Brige, puis continuer à flanc par un sentier débouchant derrière l'église des Ferrajas. Descendre jusqu'à la route pour rejoindre le village de Blieux (960 m).
- Descendre sur la droite d'abord par un sentier puis une piste pour rejoindre la route d'accès à La Tuilière.
- Délaisser le tracé historique (emprunté par la route D 4085) et gagner le hameau de La Maurelière. - Monter tout droit pour suivre un chemin forestier surplombant la vallée de l'Asse.
- Arriver sur le plateau de La Lampie. Descendre par la piste jusqu'au village de Senez (777 m).

Histoire : Salinae et la route Salinaria

Dès l'époque préromaine, le site de Castellane a été occupé par l'homme.
Les celto-ligures y établirent un oppidum du nom de Ducelia. Avec la conquête romaine entre 24 et 14 ans avant J.-C., Ducelia devint cité gallo-romaine, s'installa dans la plaine et pris le nom de Salinae ou civitas saliniensium, ce que l'on peut traduire par cité marchande de sel. Car Salinae possédait un trésor précieux : le sel que produit naturellement la source salée dite de « la Salaou ». Et à cette époque, où l'on n'exploitait pas le sel marin comme aujourd'hui, c'était là une vraie richesse. Car le sel, bien plus qu'un simple condiment qui agrémente le goût des aliments, est avant tout un élément indispensable à la bonne santé de tous les êtres vivants et également un bon agent conservateur en l'absence de procédés de stérilisation en frigorifiques. La morue, par exemple, seul poisson de mer à être consommé à l'intérieur du pays, fut pendant des siècles conservée dans le sel. L'eau salée de Castellane était donc consommée telle quelle par les habitants, mais aussi vendue pour l'alimentation du bétail, en particulier des moutons fort nombreux dans la région. Elle était aussi  « transformée », le sel était alors « tiré de l'eau » par évaporation naturelle ou ébullition. Mais Salinae était doublement concernée par le commerce du sel puisqu'elle était située sur la via salinaria, la route du sel, ancienne voie de colportage du sel probablement d'origine préromaine. Celle route marchande reliait la Méditerranée aux Alpes. Depuis Cimiez et Vence, elle atteignait Castellane puis continuait vers l'Escale, Sisteron et Embrun.

Les étapes de Napoléon

Avant-propos

Après avoir été contraint d'abdiquer le 6 avril 1814, Napoléon Bonaparte est exilé à l'île d'Elbe. Dès lors il n'a qu'un objectif s'évader et renverser la monarchie de Louis XVIII. Le 10 mars 1815, il débarque à Golfe Juan accompagné de 2 à 3 000 hommes. Afin d'éviter les troupes royalistes cantonnées en Basse-Provence, il décide alors de gagner Grenoble par l'intérieur du pays.

Castellane

Le 3 mars vers 9 h, Napoléon entre dans Castellane. Il découvre une petite cité provençale enserrée dans ses remparts où la population surprise, composée essentiellement de paysans, fraternise rapidement avec ses hommes d'autant que l'absence de sous-préfet interdit toute opposition à sa marche.

Barrême

Le 3 mars au soir, la troupe atteint Barrême (les hommes sont exténués) le froid est vif, la route n'est qu'un chemin de chèvres. Dans le col des Lecques, la neige oblige les cavaliers à descendre de cheval. Après une courte nuit passée chez le juge Tartanson, Napoléon quitte Barrême le 4 mars vers 6 h sur un petit cheval blanc.

La Clappe

Dans la matinée, Napoléon est à la Clappe, petite commune de 300 habitants. Il se restaure à l'auberge d'une omelette et d'une bouteille de vin. Surpris par le prix que lui annonce l'aubergiste, l'empereur lui demande : « les œufs sont donc si rares ici ? ». « Non pas les oeufs, mais les empereurs », lui répond l'aubergiste. Après la Clappe, les mulets avancent avec difficulté, l'un d'eux trébuche, laissant échapper une malle contenant 200 000 livres d'or.

Digne

Le 4 mars vers midi, Napoléon entre facilement dans Digne. Le préfet Duval, pourtant prévenu la veille, ne croyait pas à une avancée si rapide et ne pouvait guère avec seulement 132 hommes de garnison opposer une résistance armée. La population paraît indifférente. Après avoir déjeuné à l'auberge du Petit Paris, Napoléon repart vers Malijai où il arrivera le soir même.

Épilogue

La nuit que Napoléon passe au château de Malijai est sans doute la plus agitée de tout le voyage, il redoute que ses ennemis n'utilisent la Glue de Sisteron gardée par la célèbre citadelle. Il rentrera pourtant dans la ville le lendemain vers 10 h sans difficulté, le maire de la ville n'ayant pu obtenir les forces armées nécessaires à une résistance efficace. Mais ce n'est qu'à Gap que retentiront les premiers cris de « Vive l'Empereur », dès lors l'aigle « volera de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame » qu'il atteindra le 20 mars 1815.
  • De Senez à Barrême    2h
- Emprunter la piste d'accès aux clues de la Melle (panneau) sur 1 km, puis bifurquer sur la droite.
- Passer la ferme de Chaurits pour rejoindre plus bas la piste d'accès à La Bastide Neuve.
- Descendre sur la droite pour rejoindre le Riou d'Ourgeas.
- Descendre à droite vers l'Asse de Blieux, traverser le ruisseau du Riou d'Ourgeas et monter à la ferme de la Grande Bastide.
- Plus loin, le chemin rejoint la piste forestière d'Ourgeas, la traverse, puis se prolonge jusqu'à rejoindre la rivière et le village de Barrème (721 m).
- On accède au village en traversant l'Asse par un pont au lieu-dit le Coullet Pointu, puis la D 4085, et en longeant l'affluent en sa rive gauche jusqu'à l'ancienne distillerie.
- Après avoir emprunté la passerelle au-dessus de la rivière, l'itinéraire traverse le village et passe devant la maison du juge Tartanson où dormit Napoléon le 3 mars 1815.
A voir : L'Asse est une rivière à caractère torrentiel très marqué. Son cours, qui présente un débit très réduit en été, peut être empli d'eaux furieuses après l'orage. Ses débordements ont de tout temps terrifié les populations locales, car si son débit estival n'excède jamais 5 à 6 m3 à la seconde, il peut atteindre plus de 700 m'en période de crue.
Depuis sa source, près de la montagne du Cheval Blanc à presque 2000 m d'altitude, jusqu'à son confluent avec la Durance au-dessous d'Oraison, l'Asse se gonfle de nombreux petits affluents. À Barrême, l'Asse venue de Clumanc reçoit deux petits cours d'eau : l'Asse de Moriez et l'Asse de Blieux, et devient une rivière des plus dangereuses. Le dicton local le montre bien : « l'Asse bien fou qui la passe ! »
Hors GR > pour la chapelle Saint-Jean 1h aller-retour. Pour accéder à la chapelle Saint-Jean (821 m) depuis le village, suivre un chemin de croix dont les stations ont été érigées en 1849. Terminer la promenade en passant devant Notre-Dame-de-la-Miséricorde, petite chapelle du XIIe siècle juchée sur un rocher à l'entrée du village.

La cathédrale de Senez et l’évêque Soanen

La Voie Impériale a été avant notre ère la voie romaine qui reliait Vence à Sisteron ; Senez était alors un chef-lieu de cité. Quand la chrétienté s'implanta dans la région vers le Ve siècle, l'Église conserva le découpage romain et Senez devint une cité épiscopale avec son château fort sur la Roche, demeure très inconfortable des évêques, dont plusieurs s'installèrent à Castellane ; parmi eux, Monseigneur Soanen s'y fit construire un palais.
Au cours des siècles, le château fort et la cathédrale souffrirent des invasions lombardes et sarrasines. Les guerres de Religion achevèrent de tout saccager. À partir de 1569, les évêques se réfugièrent à Castellane, mieux fortifiée, y espérant toujours le transfert de leur évêché. Les nombreux papes qui se sont succédé à Rome ont toujours refusé ce transfert, pour des raisons inconnues. Les chanoines restés sur place engagèrent les premières réparations du toit de la cathédrale. Ils insistèrent pour que l'évêque Jacques Martin revienne à Senez pour redonner vie à la cathédrale et visiter ses paroissiens.
C'est ainsi que la voie romaine a été pendant près de 14 siècles le chemin des 53 évêques connus (certains ne sont pas encore identifiés), de Castellane à Senez, passant par le col de Saint-Pierre et le petit pont de pierres sur l'Asse de Blieux, en amont de la Maurelière, à Champ de blé. Les évêques faisaient entretenir avec beaucoup de soins cet axe essentiel du diocèse de Senez.
Bel exemple d'architecture romane provençale, la cathédrale surprend par ses dimensions. Malheureusement, le porche est mutilé. En faisant le tour de l'édifice, on admirera le chevet très bien conservé et son magnifique toit. Sur la façade ouest, le cadran solaire restauré en 1999 est unique par son ancienneté (1674), son grand format, ses couleurs, ses tracés horaires, ses inscriptions latines, ses motifs.
Chaque évêque a laissé son empreinte. Monseigneur Martin commanda à François Mimault en 1614 le grand tableau de l'Assomption. Monseigneur Duchaine, soucieux du bien-être de ses paroissiens, fit ériger une fontaine au milieu du village vers 1642 ; la source captée se trouvait à 1,5 km du village. En 1644, il fit construire le premier séminaire diocésain. Monseigneur Villeserin fit installer les stalles en noyer magnifiquement conservées. Arrivé à Senez en 1695, Monseigneur Soanen, actif, simple, généreux lors de ses visites pastorales, acquit une grande popularité. C'est lui qui consacra la pierre du maître-autel en 1706, comme le confirme une belle inscription gravée. Janséniste, il s'opposa au pape Benoit XIII. Convoqué au concile d'Embrun en 1727, il fut suspendu de ses fonctions par Louis XIV, qui l'assigna à résidence à l'abbaye de La Chaise-Dieu en Auvergne, où il mourut en 1740. Son successeur, Monseigneur de Vocance, s'appliqua à rétablir la paix et la confiance dans le pays. Il fit réparer le séminaire qui tombait en ruine et entreprit en 1751 le grand chantier du palais épiscopal. Mais il mourut lors d'un voyage en 1756.

Succession

Monseigneur Amat de Volx lui succéda. Il acheva le palais épiscopal et travailla à redonner un nouvel essor à sa ville. Fils du marquis de Volx, il mit sa fortune personnelle au service de ses paroissiens, reconstruisant les maisons, recouvrant les toits, colmatant les brèches des digues. Il mit en route un grand projet de détournement du torrent de la Bonde, qui dévastait le village lors de crues fréquentes. En même temps se dessinait un autre grand projet, la construction d'un pont sur l'Asse. Senez n'avait alors qu'un passage dans l'Asse, au gué du Moulin. Malgré bien des péripéties, les orages et les crues emportant les échafaudages, le pont en « anse de panier » était achevé en 1770. Indispensable, il est toujours utilisé à l'heure actuelle. Malheureusement, Amat de Volx mourut à 56 ans. Senez restait avec un barrage mal entretenu malgré sa mise en eau.
Les évêques suivants s'impliquèrent peu dans la vie du village. Les travaux du barrage n'étaient toujours pas achevés et Senez croulait sous les dettes. C'est sans doute le dernier évêque, Monseigneur Ruffo de Bonneval, qui offrit à la cathédrale les tapisseries des Flandres et d'Aubusson qui ornent encore la nef.
À la Révolution, l'évêché de Senez fut supprimé.
  • De Barrême à Chaudon    2h30

Barrême, un village en Haute-Provence

Jadis situé sur la colline Saint-Jean, le village de Barrême « descendit » sur son site actuel au début du IIe siècle à cause de l'inhospitalité de ses seigneurs, les Villeneuve, si l'on en croit la légende. A cette époque, saint Isarne se serait trouvé dans la contrée par temps d'orage. Cherchant un refuge, il aurait frappé à la porte du château qui serait restée ostensiblement fermée, comme toutes les autres portes du village. Seule une vieille femme aurait accepté de l'héberger dans sa grange. Aussi Dieu, pour punir les habitants égoïstes, aurait déchaîné les feux du ciel et le village et le château auraient été détruits à l'exception de la maison de la vieille femme qui avait accueilli le saint.
Les historiens quant à eux pensent que le village a été détruit par un gigantesque incendie en 1040 et que depuis cette époque la seule construction qui ait subsisté sur la colline est la chapelle dédiée au saint Jean-Baptiste. Celle-ci, de fondation probablement très ancienne, est un petit édifice de style roman, à la fois solide et élégant, flanqué d'un clocher couronné d'une flèche pyramidale.

Retour GR

- Au départ de Barrême, prendre derrière l'église pour gagner les hauteurs dominant le village.
- Traverser le plateau des Vignes et monter en lacets dans un bois. L'itinéraire s'oriente alors vers l'ouest.
Variante > pour le site à nummulites de Saint-Jacques 1 h 15. Possibilité de bifurquer à droite pour emprunter un chemin de petite randonnée (balisé en jaune) rejoignant Saint-Jacques. Descendre à travers la colline jusqu'au ravin de Saint-Martin et rejoindre en face le chemin d'accès à Saint-Jacques. Le site géologique à nummulites (site aménagé) est sur votre droite, à 500 m, juste avant le village. Pour rejoindre la Voie Impériale, prendre à gauche. Le sentier monte à flanc de colline jusqu'à un col situé au nord du sommet de la Sacristie. Bifurquer vers l'ouest pour franchir la naissance du ravin de Saint-Martin, puis remonter par un sentier en lacets jusqu'au col de La Gardivoire (jonction avec l'itinéraire Barrême/Chaudon).
- Contourner le sommet de Pied Marcellin par la gauche et rejoindre plus haut une piste forestière.
- Continuer en face sur la piste surplombant le ravin de Saint-Martin pour arriver plus haut au col de La Gardivoire.
Hors GR > Jonction avec l'itinéraire en provenance de Saint-Jacques.
- Entamer la descente sur Chaudon en longeant l'adroit de la barre de Chaudon.
- Les deux ravins principaux franchis, passer devant une chapelle et arriver peu après au village de Chaudon (1 016 m).

Le Barrémien et les richesses géologiques de la région

La variété des paysages fait le charme de cette Haute Provence qualifiée de sauvage par les premiers guides touristiques. Le randonneur d'aujourd'hui aime à comprendre comment s'est mise en place cette topographie chahutée, qui détourne les rivières et l'oblige à monter ou descendre par des sentiers improbables. Les chemins serpentent dans le paysage et feuilletant la lointaine histoire géologique du « pays ».
Que ce soit dans les Gorges du Verdon, ou plus au nord dans les contrées de Barrême et de Digne, partout, les reliefs en falaises ou en pentes douces, montrent des empilements de couches. Des grosses barres calcaires aux fines lamines argileuses, toutes ces roches ont une origine sédimentaire. Déposées au fond de la mer, au fond d'un lac ou dans une plaine alluviale, elles ont enregistré au moment de leur dépôt, l'histoire de la région, et sont les témoins des paysages et de la vie passée. Elles sont ainsi les plus vieilles archives de la Haute Provence : respectez-les.
Les fossiles que le randonneur découvrira tout au long de la Voie Impériale, racontent quand et où ils vivaient. Dans le secteur de Castellane et les gorges du Verdon, vers 145 millions d'années (Jurassique), alors que la mer occupait toute la région, l'énorme masse des Calcaires Blancs de Provence s'édifiait lentement à l'emplacement d'une barrière récifale. Vers le nord, une mer plus profonde était le lieu de vie au sein même de la mairie (à visiter aux heures d'ouverture des bureaux) depuis le hall jusque dans la salle du conseil, où la commune a mis en valeur la collection de fossiles de Louis et Marthe Maurel, anciens collectionneurs locaux.
Les paysages et leurs fossiles racontent bien évidemment aussi la sortie des eaux de la région, et l'édification de la chaîne alpine. Le gisement des siréniens fossiles (site aménagé près du col des Lèques) et le musée de Castellane qui lui est en partie consacré, illustrent une partie de cette histoire, ici il y a 35 millions d'années, à la charnière entre la mer et les Alpes.
Mais pour en savoir plus, tant sur l'histoire géologique et les fossiles, que sur la réglementation attention, la Voie Impériale traverse une Réserve naturelle qui protège le patrimoine géologique une visite du musée-promenade à Digne-les-Bains ouvre la porte vers d'autres horizons lointains.
  • De Chaudon à Entrages          3h
- S'engager sur l'ancien chemin de Digne situé en contrebas de la D 20, puis retrouver celle-ci pour monter en direction du col du Corobin.
- Suivre la route sur 400 m et prendre la piste partant à gauche juste avant la première épingle.
Variante Hors GR > par le col du Corobin 1 h 15. Attention, en cas de très forte pluie, le passage du ravin du Vas est impossible. Rester alors sur la route pour rejoindre La Clappe. Le passage par le col du Corobin est aussi recommandé à l'année pour les cavaliers (passage du ravin du Vas délicat).
A voir : Le col du Corobin, étape célèbre du rallye de Monte Carlo, à 1 261 m d'altitude, ouvre sur deux pays bien différents. À l'est la barre des Dourbes, continuée au sud-est par la barre de Chaudon, paysage déjà montagnard dont les crêtes souvent en falaises calcaires sont enneigées plusieurs mois de l'année, où le résineux est roi. À l'ouest, les montagnes se font collines, le chêne constitue l'essentiel des parties boisées, les altitudes des sommets n'excèdent guère les 1 500 m. Le col du Corobin offre ainsi un magnifique poste d'observation entre les Alpes et la Haute Provence. Jadis environné de crêtes dénudées, le col du Corobin est aujourd'hui entouré de la forêt domaniale des Trois Asses et largement reboisée de pins noirs depuis 1860.    
- Après 200 m, bifurquer à droite sur le chemin en sous-bois qui débouche sur une zone de « robines » (terres noires).
- Descendre jusqu'au ravin des Vas puis emprunter la piste qui remonte à la route départementale, et ainsi gagner le lieu-dit de La Clappe.
- L'itinéraire rejoint le col de Pierre Basse par un agréable sentier situé en contrebas de la route.
- Continuer la traversée de la forêt pour rejoindre, 2 km plus loin, le col de Pierre Basse.
- À partir de ce point, l'itinéraire rejoint la Grande Traversée des Préalpes (GR de Pays reliant Digne-Les-Bains à Entrevaux). Prendre la piste à gauche en direction d'Entrages sur 1 km environ.
Hors GR > pour Chabrières 1h15. Possibilité de quitter le GR et de descendre à Chabrières par la piste du Pas de l'Ane (itinéraire balisé en jaune). Au hameau de Chabrières (rattaché à la commune d'Entrages), on rejoint la ligne de chemin de fer du train des Pignes (possibilité de rejoindre Digne-les-Bains ou Barrème en train).
- Continuer tout droit sur le chemin forestier. Gagner ainsi le village d'Entrages (960 m).
Variante > pour Digne-les-Bains par les Thermes 2 h 15. L'itinéraire historique emprunté par Napoléon pour rejoindre Digne-les-Bains se confond aujourd'hui avec la route départementale. Cette variante (non balisée ; longueur 9 km sur la route) descend par la route d'Entrages et suit la route D 20 jusqu'au centre-ville. Après être passé devant les Thermes de Digne, Napoléon rejoignit la rue Mère-de-Dieu et l'auberge du Petit Paris où il déjeuna (une plaque commémorative est fixée sur la façade du bâtiment situé rue du Jeu-de-Paume, l'immeuble est aujourd'hui transformé en résidence).
  • D'Entrages à Digne-les-Bains    2 h 15
A voir : Surplombant la vallée du torrent des Eaux Chaudes, le château d'Entrages semble écraser de sa masse imposante les quelques maisons villageoises. Construit en gros blocage de pierres ferrugineuses, à la fin du XVIIIe siècle, ce quadrilatère fruste semble ne jamais avoir été terminé comme l'atteste l'absence d'enduit aux façades. La tradition orale voudrait que ce soit la Révolution qui ait empêché le seigneur du lieu de pousser plus avant les travaux de ce mystérieux château. Mais l'œil est surtout étonné par le nombre incroyable d'ouvertures de ce bâtiment. Sur quatre niveaux sont organisées régulièrement six ou sept travées de fenêtres cintrées encadrées de pierres ou de briques. Ce qui donne un total de 104 percements si l'on compte également les portes. Sans doute le propriétaire aimait-il par-dessus tout jouir du paysage alentour quand l'automne embrase les collines.
- Entrages, suivre le chemin montant en direction du Cousson.
- Rapidement celui-ci se transforme en sentier et rejoint le Pas d'Entrages (1 213 m).
- Descendre par le sentier l'autre versant et rejoindre, après une traversée en balcon, les Hautes Bâties de Cousson.
A voir : Expédition favorite des marcheurs dignois, la montagne du Cousson comporte deux sommets quasi jumeaux (environ 1 520 m d'altitude). Située au cœur d'un triangle délimité par les rivières de l'Asse, la Bléone et les Eaux Chaudes, elle offre un magnifique belvédère. Au sud, par beau temps, on voit nettement le mont Faron, la Sainte-Baume, la chaîne de l'Étoile et la Sainte-Victoire ; au sud-ouest le Luberon ; au nord la Blanche, l'Ubaye, le Blayeul et la barre de Géruen ; au nord-ouest Lure et le Ventoux. Presque au sommet, la petite chapelle rurale de Saint-Michel, perchée sur un rocher à pic donnant sur un précipice vertigineux, est depuis des temps immémoriaux un lieu de pèlerinage réputé le lundi de pentecôte.
- L'itinéraire continue à descendre par un agréable sentier en sous-bois, rejoint la piste, puis les ruines des Basses Bâties de Cousson. L'arrivée sur Digne-les-Bains (600 m) se fait par le sentier des Oreilles d'Anes.
- L'itinéraire débouche au cœur de la ville, face au collège Gassendi.
Hors GR > Il est conseillé aux cavaliers d'effectuer la descente sur Digne par la piste rejoignant le quartier de Barbejas (rester sur la piste avant les Basses Bâties de Cousson, ne pas prendre le sentier).
A voir : Située dans le vallon du Mardaric, l'ancienne cathédrale de Digne est aujourd'hui bien discrète. C'est pourtant l'un des plus intéressants édifices religieux de Haute Provence. Construite au XIIe siècle à l'emplacement de deux édifices plus anciens, elle fut jusqu'au XIVe siècle le fleuron de la cité médiévale, époque à laquelle la ville se déplaça sur son site actuel et où fut édifiée l'actuelle cathédrale Saint-Jérôme. Autour de Notre-Dame-du-Bourg, un véritable » quartier épiscopal » s'était alors agrégé. L'architecture de Notre-Dame-du-Bourg renvoie indéniablement à l'art roman alpin : belle stéréotomie polychrome, aspect massif des proportions, épais contreforts, sculptures du portail, cloché de type lombard hérité de la construction précédente... Pourtant, l'influence naissante de l'art gothique est ici très présente : arc brisé au 2° niveau de la façade principale, chapiteaux à crochets, grande rosace... Aux XIVe et XVe siècles, deux importantes campagnes de décorations murales ont été réalisées. Restaurées il y a peu, les fresques (en particulier une Annonciation et un Jugement dernier) font l'admiration des spécialistes.
Un torrent vert-jade s'engouffre dans des gorges étroites aux parois verticales. Les grottes succèdent aux voûtes, les amas de rocher; prennent des allures fantastiques. En 1905, Martel découvrait l'œuvre sculptée par les eaux du Verdon : «on a la tête perdue au milieu de tout ce qui épuise l'attention C'est vingt fois qu'il faudrait parcourir ce canyon pour oser dire qu'on l'a vu».

Saint-Pancrace - Digne
Digne
Vallée de la Bléone - Digne
Digne
Provence

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